BULLETIN
DE LA
* *
SOCIETE LINNEENNE
DE NORMANDIE
Les opinions émises dans lès publications de la Société
sont exclusivement propres à leurs auteurs ; la Société
n'entend nullement en assumer, la responsabilité (art. 23 du
règlement intérieur).
Là Société Linnéerine de Normandie ayant été reconnue
établissement d'utilité publique, par décret en date du
22 avril 1863, a qualité pour accepter les dons et legs dont»
elle serait gratifiée.
BULLETIN
DE LA
SOCIÉTÉ LINNÉKNNË
DE NORMANDIE
FONDÉE EN 1823
El reconnue d'utilité publique par décret du '2'2 avril I863
7e série. — 3e volume
ixifi; 1930
CAEN
E. LANIER, Imprimeur
31, Boulevard Bertrand, 31
1921
■
l \ &
COMPOSITION DU BUREAU DE LA SOCIÉTÉ
■ •oui- l'année 1930
Président . . .
Vice-Président
Secrétaire. . .
Vice-Secrétaire
Trésorier . . .
Bibliothécaire
Vice-Bibliothécah
Archiviste . . .
MM. Moutibr (Dr A.),
Leboucher (J.).
Bigot (A-)-
Bugnon (P.).
Mazetier (G •)•
Lortet (M.).
Poisson (R.)
Chemin (E.).
Sont Membres de la Gorriiiiission d'impression
pour l'année 1920 :
MM. les Membres du Bureau ;
MM. Lebailly (Dr), Lucas (Abbé), Gidon (Dr),
sortant en 1921 ;
Mercier, Viguier, Osmoxt (Dr), sortant en
1922.
j
MEMBRES DÉCÈDES PENDANT L'ANNÉE 1919
MM. Bureau, membre correspondant depuis 1858.
Chevrel, membre résidant depuis 1882.
Dutot, membre correspondant depuis 1883.
Gosselin (Dr), membre résidant depuis 1878.
Mahot, membre correspondant depuis 1905.
Liste générale des Membres de la Société
AU 1" JANVIER 1920
MEMBRES HONORAIRES
Date de la nomination.
MM. Barrois (Ch.), membre de l'Institut, professeur à la
Faculté des Sciences de Lille (Nord) 1892
Bather (F. -A.), conservateur au Brilish Muséum (Natural
History), South Kensington, à Londres, S.W. . . . 1900
Capellini, professeur de géologie à l'Université de
Bologne (Italie) 1878
Dangeard (P. -A.), membre de l'Institut, chargé de cours
à la Faculté des Sciences, rue Cuvier, 12, à Paris (Ve),
(m. c. 1883). 1919
5 Douvillé, membre de l'Institut, professeur de paléonto-
logie à l'Ecole des Mines, boulevard Saint-Germain,
207, à Paris (VIP) 1883
Geikie (Sir Archibald), associé étranger de l'Institut, ancien
directeur général du Service géologique de Grande-Bre-
tagne et d'Irlande, Shepherd's Down, Haslemere, Sunvv. 1908
Guillouard, correspondant de l'Institut, professeur à la
Faculté de Droit, rue des Cordeliers, 9, à Caen. . . 1890
Miers, vice-chancelier de l'Université, BirchHeys, Cromwell
Bange, Fallowfield, à Manchester (Angleterre) . . . 1908
Moniez (B.), recteur de l'Université de Caen .... 1909
10 Nathorst, Vetenskapsakadcmien, Stockholm (Suéde) . . 1907
Œhlert (D.-P.), correspondant de l'Institut, directeur
du Musée de Laval (Mayenne) 1897
Scott (D. IL), East Oakley House, Oakley, liants, An-
gleterre 1914
Sollas, professeur de Géologie à l'Université d'Oxford
(Angleterre) 1908
Toni (he), professeur à l'Université de Modena (Italie) .
Date de la nomination
15 MM. Woodward (A. Smith), conservateur des Collections
paléontologiques du British Muséum (Natural History),
South Kensington, à Londres, S.W 1908
MEMBRES RÉSIDANTS
MM. Aubert-Champerré, avoué, rue Guillaume-le-Conquérant, 9. 1901
Belcour (J.), étudiant en médecine, rue Jean-Romain, 29. 1913
Bigot (A.), correspondant de PInsti'ut, doyen de la Faculté
des Sciences, Secrétaire, rue de Geôle, 28 . ... 1881
Bourienne (Dr), rue de Geôle, 76 1891
5 Bu gnon (P.), chef de travaux de botanique à la Faculté
des Sciences, Vice-Secrétaire 1918
Chemin (E.), professeur de Sciences naturelles au Lycée
Malherbe, Archiviste, rue de l'Eglise-St-Julien, 5 . . 1911
Dalibert (M.), avocat, rue Saint-Manvieux, 20 . 1918
Danjou, pharmacien de 1" classe, professeur à l'École de
Pharmacie, place Malherbe, 5 1908
Drouet (P.), propriétaire, rue Docteur-Rayer, 8 . . . 1891
10 Duncombe (F.), chirurgien-dentiste, boulevard des Al-
liés, 98 19i6
Gidon (Dr F.), docteur es sciences naturelles, professeur
à l'École de Médecine, rue Basse, 151 1895
Hollier-Larousse, à Louvigny (CalvadosJ 1913
Jouan (L.), libraire, rue Saint-Pierre, 98 . . . . . 1904
Lanier (E.), imprimeur, boulevard Bertrand, 31 . . . 1892
15 Lebailly (Dr C), chef de travaux de zoologie à la Faculté
des Sciences, directeur du Laboratoire départemental de
bactériologie, rue Saint-Martin, 68 1906
Ledart (R.), rue Mélingue, 17 1895
Le Moulec, ingénieur, rue de Geôle, 110 1913
Lortet (M.), conservateur des Collections botaniques à la
Faculté des Sciences, Bibliothécaire, rue de Geôle, 123. 1906
Lucas (abbé), curé d'Hérouville (Calvados) .... 1913
20 Marie (E.), professeur à l'Ecole primaire supérieure, rue
de Baveux, 149 1900
— 5 —
Date de la nomination
MM. Maugeais (Dr), rue Sadi-Carnot, 11 1911
Mazetier (G.) , agent principal de la Caisse d'Épargne,
Trésorier, rue de Bras, 9 1905
Mercier (L.), chargé de cours de zoologie à la Faculté
des Sciences 1919
Moutier (Dr A.), professeur à l'École de Médecine, Pré-
sident, rue Jean-Romain, 6 ........ 1870
25 Osmont (Dr), professeur à l'École de Médecine, rue Docteur-
Bayer.23 . 1896
Poisson (R.), préparateur de zoologie à la Faculté des
Sciences, Vice-Bibliothécaire 1919
Pouettre, propriétaire, place de la République, 19 . . 1901
Sève (P.), professeur-adjoint de physique à la Faculté des
Sciences 1919
29 Viguier (R.), chargé de cours de botanique à 'a Faculté
des Sciences 1919
MEMBRES CORRESPONDANTS (1)
MM. "Allorge (P.), préparateur de botanique à la Sorbonne,
rue Gustave*Nadaud, 7, à Paris (xvie) 1919
"Antoine, répétiteur au Lycée d'Amiens (Somme). . . 1904
Albert (C.-G.), inspecteur des Eaux et Forêts, rue de
l'Adoration, 26, a Alençon (Orne) 1919
Rallé (É.), place Saint-Thomas, 14, à Vire (Calvados). . 1891
5 Bansard des Bois, à Bellème (Orne) 1888
Barbé (Dr C), rue Cazault, 54, à Alençon (Orne). . . 1888
B\rré, entomologiste, à Sées (Orne) 1914
Bazin (Dr), à Condé-sur-Noireau (Calvados) 1913
Bedel, vétérinaire, à Dozulé (Calvados) 1904
10 Bibliothèque de la ville de Fiers (Orne) ' . 1917
Boudier (É.), correspondant de l'Institut, rue de Grétry,
22, à Montmorency (Seine-et-Oise) 1876
(1) Les Membres correspondants dont le nom est précédé d'un " sont
ceux qui ont demandé à recevoir les Mémoires.
IL
— 6 —
Date de la nomination
m Chevalier (Aug.), explorateur, boulevard Saint-Marcel,
lia Paris (Ve). . . 1894
Collignon (Dr), correspondant de l'Académie de Médecine,
à Cherbourg (Manche) . 1898
Corbière (L.), secrétaire perpétuel de la Société natio-
nale des Sciences naturelles et mathématiques de
Cherbourg, rue Asselin, 70, à Cherbourg (Manche). . 1887
15 Créances (J.-B.), principal honoraire de l'Université, rue
Blanchard, 12, à Fontenay-aux-Boses (Seine). . . . 1886
Damécourt, vétérinaire, à Cauraont-l'Éventé (Calvados) . 1914
Delaunay-Lariviére. pharmacien, à Mortain (Manche) . . 1905
Delavigne (V.), pharmacien de 1" classe, rue Sainte-Gene-
viève, 2, à Vernon (Eure) 1884
Denizot (G.), préparateur à la Faculté des Sciences de
Marseille (Bouches-du-Bhone) 1914
20 Desmars, directeur de l'Hygiène et de l'Assistance publiques
au Ministère de l'Intérieur, à Paris 1919
Dollfls (G.), ancien président de la Société géologique
de France, rue de Chabrol, 45, à Paris (X*) t . 1873
"Doranlo (Dr R.), à Mathieu (Calvados) 1911
Doucet (G.), pharmacien à Beaumonl-le-Roger (Eure) . 1915
Duboscq (Dr 0.), professeur à l'Université de Montpellier
(Hérault) 1894
25 Duquesne (A.), pharmacien honoraire, à Saint-Philibert,
par Montfort-sur-Risle (Eure) 1873
Durel (A.), professeur au Collège d'Avranches (Manche) . 1905
Duret, professeur à la Faculté libre de Médecine, boule-
vard Vauban, 21, à Lille (Nord) 1870
""Fauvel (P.), docteur es sciences naturelles, professeur à
l'Université catholique, Villa Cœcilia, rue du Pin, 12, à
Angers (Maine-et-Loire) 1894
Focet (R.), avoué, rue du Jeudi, 13, à Alençon (Orne). 1912
30 Fontaine, naturaliste, à la Chapelle-Gauthier, par Broglie
(Eure) 1881
" Formigny de La Londe (de), château de La Londe, à Bié-
ville-sur-Orne (Calvados) . 1901
"Fortin (B.),rue du Pré, 24, à Rouen (Seine-Inférieure) . 1874
Foucher, rue de la Véga, 17 et 19, à Paris (XIIe). . . 1871
— 7 —
Date de la nomination
MM. Frémy (abbé), professeur de Sciences naturelles à l'Insti-
tution secondaire libre de Saint-Lô (Manche) . . . 1913
35 Gadeau de Kerville, correspondant du Muséum, rue
Dupont, 7, à Rouen (Seine-Inférieure) 1888
Gerbault (E.-L.), ancien magistrat, avenue Victor-Hugo,
83, à Fresnay-s-Sarthé (Sartlie) 1908
Godard (L.), ingénieur en chef des Ponts et Chaussées,
rue d'Antin, 3, à Paris (II*) 1905
Hébert, ancien notaire, rue du Jeudi. 24, à Alençon (Orne) 1902
"Hée (A.), préparateur de botanique à la Faculté des
Sciences de Strasbourg (m. r. 1917). 1919
40 Hommex (Dr J.), à Sées (Orne) 1881
"Holard (C), professeur de botanique à la Faculté des
Sciences, directeur de l'Institut et du Jardin botaniques,
a Strasbourg . . (m. r. 1912). 1919
Houel (P.), ingénieur des Arts et Manufactures, à Condé-
sur-Noireau (Calvados) -■ . 1890
"Husnot (T.), botaniste, à Caban, par Athis (Orne) . . 1864
Joly (Dr), médecin consultant, à Bagnolles (Orne). . . 1919
45 "Kollmann, préparateur de zoologie à la Sorbonne, à
Paris (Ve) 1919
Laxglais, directeur en retraite des Services agricoles, bou-
levard Lenoir-Dufresne, à Alençon (Orne) .... 1883
Leboucher (J.), ancien pharmacien, S ice-P résident, route du
Mans, 118, à Alençon (Orne) 1886
m Leclerc (G.), pharmacien de 1" classe, licencié és-
sciences, chef de laboratoire à la Pharmacie centrale de
France, rue des ÎS'onnains-d'Hyéres, 21, à Paris (IV#) 1907
Lecœlr, pharmacien, à Vimoutiers (Orne) 1880
50 M"' Lecœir, à Vimoutiers (Orne) 1891
Lecointe. professeur à l'École normale, à Évreu.v (Eure). 1892
Lemée (E.), horticulteur-paysagiste, ruelle Taillis, 5, à
Alençon (Orne) . 1896
Lemke,' trésorier-payeur général, à Auch (Gers) . . . 1919
Lemercier, pharmacien, rue Saint-Martin, à Argentan
(Orne) 1905
r> i Lenoir, professeur au Lycée, rue du Général-Fromentin,
11, à Alençon (Orne) 1911
— 8 —
Date de la nomination
MM. Le Roy (Dr R.), avenue de Neuilly, 136 bis, à Neuilly-sur-
Seine (Seine) 1904
Lescuyer (C), conservateur des Eaux et Forêts, rue du
Rercail, 14, à Alençon (Orne) . 1919
Le Sénéchal (R.), docteur en droit, Le Merlerault (Orne) 1883
"Letacq (abbé A.), aumônier des Petites Sœurs des Pauvres,
route du Mans, 151 bis, à Alençon (Orne)" 1877
60 Lhomme (L.), éditeur, rue Corneille, 3, à Paris (VIe). . 1911
"Maire (Dr R.), professeur de botanique à la Faculté des
Sciences d'Alger (Algérie) 1905
Matte (H.), inspecteur d'Académie, à Moulins (Allier). . 1898
"Mazet (P.), propriétaire, château de la Haizerie, par Vaux-
sur-Aure (Calvados) 1913
Michel, agent voyer, à Évrecy (Calvados) 1887
65 Moisy, avocat, boulevard Herbet-Fournet, 57, à Lisieux
(Calvados) . 1896
Moutier (Dr F.), rue de Monceau, 95, à Paris (VHP). . 1899
Perdreau (De), Le Merlerault (Orne) 1905
Potier de Lavarde, à Lez-les-Eaux, par Saint-Père-sur-
Mer (Manche) 1919
Prince (Dr), directeur de l'Asile d'aliénés, à Alençon
(Orne) . . . . 1919
70 Renault (C), professeur de Sciences physiques et naturelles
au Collège, rue de Relfort, 41, à Fiers (Orne) . . . 1881
"Robine (Dr), à La Haye-du-Puits (Manche) 1901
Saintange-Savouré, receveur-buraliste, à Nonant-le-Pin
(Orne) 1905
"Tison (A.),maitre de conférences à la Faculté des Sciences,
rue Marceau, 8, à Rennes (llle-et-Vilaine) .... 1895
Tolmer (L.), licencié es sciences, rue des Roucheis, 50,
à Rayeux (Calvados) . 1908
75 "Touljion (de), Château de Bazoge, à Juvigny-le-Tertre
(Manche) ." . 1916
"Vaullegeard (Achille), docteur ès-seiences, industriel,
rue Armand-Gasté, à Condé-sur-Noireau (Calvados) . 1891
77 Zurcher (P.), ingénieur en chef des Ponts-et-Chaussées. 1893
PROCES-VERBAUX DES SEANCES
-^3*1
TRAVAUX ORIGINAUX
— 11 —
Ph. HOUEL. — Le Problème des sources et
des cours d'eau dans ses rapports avec
l'atmosphère, le sol et la végétation.
Raro fhwius miniiitur ac crescit; sed
qualis aestate. talis esse solet hieme ;
Aquam praebet jucundissimam vo-
lenti bibere...
(Misopogon)
CHAPITRE PREMIER
Données climatériques . — Régime ancien des cours
d'eau. — Comparaison avec le régime actuel. —
Transformations de la surface du sol depuis les
temps anciens. — Conséquences.
OBJET PRINCIPAL DU MEMOIRE
L'eau de source, qui est précieuse partout, Test
surtout dans les villes ; aussi tout le monde
s'accorde aujourd'hui à mettre au premier rang de
l'utilité pour une agglomération la distribution de
l'eau potable aux habitants. Suivant même un
hygiéniste des plus autorisés, le docteur Rochard,
l'eau pure devrait être assez largement distribuée
pour permettre d'aller jusqu'au gaspillage. Pareil
état de choses a existé, et l'antiquité Romaine l'a
connu au temps de ses Aqueducs et de ses
Thermes ; mais, de nos jours, de cette abondance
ou de cette prodigalité, il ne reste trop souvent
que le programme.
Non seulement il y a chez nous très peu de loca-
lités où on puisse gaspiller l'eau de source ; mais
— 12 —
beaucoup au contraire n'ont que le nécessaire
pour les besoins immédiats de l'alimentation,
heureuses encore lorsqu'elles peuvent compter
sur la stricte ration dans les périodes de sécheresse.
J'entreprends de montrer qu'il est des cas très
nombreux où, malgré l'apparence peu favorable
d'un terrain pour la conservation des eaux, il est
possible néanmoins d'en tirer bon parti à ce point
de vue.
La plupart des villes anciennement pourvues
d'un bon service d'eaux doivent cet avantage à la
situation qu'elles occupent sur un sol privilégié
qui avait mis tout d'abord des sources à leur
portée. En général ces villes occupent des régions
dont le sous-sol est relativement perméable. Une
sera pas question de leurs installations puisque le
problème posé ici, celui du rassemblement des
eaux de source, était résolu pour elles à l'avance
Je ne m'attacherai qu'à l'étude de la même ques-
tion pour les régions où les sources, à la fois nom-
breuses et disséminées, sont en même temps
faibles et inconstantes. Cette répartition est celle
qui caractérise les contrées de sous-sol imper-
méable qui occupent comme on sait sur le sol de
la France d'assez grandes étendues.
Dans ces régions, quand arrive l'automne, on
n'entend généralement que plaintes sur la pénurie
croissante des eaux de source. Il faut se persuader
alors qu'au cours naturel des choses, le mal ne
peut aller que s'aggravant, comme si l'eau pure
avec le temps devait prendre la valeur d'un pro-
duit rare, et que le moyen de détourner cette
— 13 —
perspective est de revenir à un état de choses
aboli. J'entreprendrai de montrer qu'à l'aide de
deux moyens : l'acquisition de surfaces suffisantes
sur terrains de sources et l'application de couver-
tures végétales appropriées à ces mêmes places, il
est possible de préserver les sources elles-mêmes
de la manière la plus efficace et qu'en dehors de
ces moyens il n'y a à prévoir pour elles, dans ces
régions de sous-sol imperméable, que la dispa-
rition totale.
DISSÉMINATION DES POINTS DE SOURCES
La dissémination des points de source est par-
ticulièrement visible sur les régions de sous- sol
granitique.
Là, partout où le sol bosselé forme cuvette, il
existe une source dont le débit est en rapport
direct avec les précipitations reçues et la surface.
Quand cette surface est dégarnie de sa couverture
de végétation, l'évaporation se manifeste très
intense et très apparente en raison de ce que le
sous-sol n'a pu rien réserver dans son intérieur de
ce que les pluies ont apporté. Sur les formations
géologiques perméables les apparences -sont diffé-
rentes, car le sous-sol alors est plus ou moins
absorbant. Les sources dans cet état de choses sont
ordinairement fortes et clairsemées. Les précipita-
tions atmosphériques transportées par les assises
généralement peu inclinées du sous-sol vont se
rassembler souvent très loin des points où elles
ont pénétré tout d abord. Ces réserves internes
.
— 14 —
accumulées viennent alors au jour à la faveur
d'un accident de la surface, une vallée transver-
sale par exemple, qui met à nu en les recoupant
les assises perméables de la stratification à leur
contact avec une zone inférieure imperméable.
On comprend donc que, dans ces conditions,
les effets de l'évaporation sur les sources sont
moins apparents ou moins intenses quand l'obser-
vation ne porte que sur des régions circonscrites
qu'ils ne le sont pour les régions de sous-sol gra-
nitique. Sur les formations sédimentaires dites
perméables ou relativement, les infiltrations peu-
vent suivre en outre les lignes de faille ou de cas-
sure des roches compactes ou leurs lits de stratifi-
cation, sans préjudice de l'action dissolvante
qu'elles peuvent exercer sur elles avec le temps.
Enfin, lorsqu'elles sont emprisonnées entre des
couches imperméables elles donnent lieu aux
phénomènes dits « artésiens ». Mais pour tous les
cas et pour tous les terrains, il faut admettre en
principe que les eaux venant comme sources à la
surface du sol ont pour unique origine les préci-
pitations atmosphériques.
Le rôle du sous-sol, comme ou le voit, est
entièrement passif, mais il peut aussi servir de
réserve en raison de sa masse ou des dislocations
plus ou moins profondes qui peuvent l'affecter.
Trois éléments extérieurs au sous-sol sont à con-
sidérer : le sol, la couverture du sol par la végé-
tation et l'atmosphère. Ce sont les milieux d'ori-
gine de tous les phénomènes qui intéressent les
sources.
— 15 —
RÔLE DU SOL
Le sol est presque toujours poreux à quelque
degré.
En raison de sa masse, il agit en plus ou moins
grande mesure comme réserve Si la masse est
assez forte, elle parera aux interruptions du débit
des sources en période de sécheresse; mais, aux
conditions ordinaires de la surface, le cas se pré-
sente très rarement.
RÔLE DE LA VEGETATION
La couverture végétale du sol exerce une
influence très grande sur les sources et particuliè-
rement sur leur régime. Elle arrête presque en
toute saison le ruissellement des eaux sur les
pentes, et le ruissellement détourne l'eau destinée
aux sources pour la donner aux torrents. Ensuite
elle combat très énergiquement l'évaporation par
le sol même en le préservant de la radiation
solaire directe et du haie. Enfin, par l'intermé-
diaire de ses racines elle favorise la pénétration
des eaux en profondeur. Ce sont là ses effets en
quelque sorte visibles. Elle en a encore un autre,
moins apparent, et sur lequel il faudra revenir ;
elle détermine du sol à l'atmosphère et par évapo-
ration, le mouvement d'une très forte quantité
d'eau qu'elle y ramène incessamment. C'est même
là son rôle propre dans la préservation des sources.
On peut remarquer d'ailleurs que, si dégarni de
végétation permanente que soit aujourd'hui un
sol de culture, il ne montre guère de point de
â
Ok
- 16 —
source saus quelque végétation arborescente tout
auprès.
RÔLE DE L'ATMOSPHÈRE
L'atmosphère a également une action complexe.
Ses précipitations sous forme de pluies, de neiges
ou de rosées, alimentent seules le débit des
sources et des rivières ; mais, parallèlement elle
reprend, évaporées, une grande partie des eaux
qu'elle déverse. Ici se place une donnée expéri-
mentale essentielle. Pour les régions Ouest ou
Nord-Ouest de la France, l'atmosphère enlève en
moyenne dans le courant d'une année les deux
tiers des eaux déversées par elle sur le sol dans le
même temps. Le sol, dans son état moyen ordi-
naire, n'en garde par conséquent que le tiers pour
tout. Ce tiers enfin se fractionne lui-même en deux
parties suivant l'état des surfaces : une qui roule
sur le sol en le pénétrant à peine, une autre qui
s'infiltre à l'intérieur et alimente plus particulière-
ment les sources.
La hauteur moyenne annuelle des pluies pour
une même contrée est considérée comme cons-
tante à la condition d'être prise sur un assez grand
nombre d'années, sur cent ans par exemple Par
contre, cette même hauteur peut être assez diffé-
rente d'une contrée à une autre, ces contrées
même étant voisines. Il suffit de différences
d'altitude, de différences d'orientation des vallées
ou des lignes de faîte pour donner lieu à des écarts
accentués. Dans nos régions Ouest, une ligne de
faîte orientée Nord-Sud recevra annuellement
— 17 -
beaucoup plus d'eau sur le versant qui regarde
l'Ouest que sur le versant opposé.
t
DONNÉES CLLMATÉRIQUES
La répartition des pluies sur l'année pour nos
régions de l'Ouest suit une marche parallèle à
celle des températures. Le minimum des pluies
appartient à l'hiver et le maximum à l'été. Le
printemps et l'automne ont des valeurs intermé-
diaires. Une moyenne portant sur 90 années,
calculée sur les chiffres consignés aux annuaires
météorologiques de Paris-Montsouris, donne les
résultats suivants rapportés à une hauteur
moyenne annuelle de un mètre.
Automne .... 0,255 l
Hiver 0,191 < Soit -f
Printemps .... 0,2G7 /
•>
Eté 0,287 Soit^-
1.000 ou y
Il est possible que le voisinage de la mer apporte
quelques modifications à ces proportions pour les
localités qui en sont à proximité, puisque ce voi-
sinage modifie aussi le régime des vents ; mais,
faute de données statistiques suffisantes les con-
cernant, les chiffres précédents sont à maintenir
en raison de leur généralité.
Parallèlement à la donnée expérimentale rela-
tive à la réserve par le sol du tiers des pluies
annuelles aux conditions actuelles de sa surface,
se place une autre constatation très importante
18
pour le régime de nos cours d'eau. Elle établit
qu'en été l'évaporation par le sol est assez intense
pour rendre à l'atmosphère au cours de la saison
même la totalité des pluies déversées dans les
trois mois- Le fait a été posé en principe acquis
Les pluies estivales ne profitent pas aux cours d'eau.
Le rapprochement des deux points, assez certains
isolément pour servir de base permet de préciser
l'intensité d'évaporation propre aux deux groupes
de saisons qui viennent d'être distingués : l'au-
tomne, l'hiver et le printemps d'une part, l'été de
l'autre. Le résultat est le suivant :
L'automne, l'hiver et le printemps en-
semble évaporent une fraction des pluies
déversées par leur groupe égale à . . . .
Le même groupe conserve au sol la frac-
tion des pluies déversées égale à. . , . .
L'été évapore à lui seul le total des pluies
qu'il déverse c'est- à dire
et ne réserve rien au sol.
15
1
15
15
IF
L'exactitude de ces déductions se vérifie très
aisément.
Lorsque le groupe des trois saisons froides
réserve au sol les — des pluies qu'il déverse, il
garde au sol par le fait les — de — de leur total.
Or, les —r- de tt donnent -rrr ou exactement — •
15 7 1U5 à
On retombe ainsi sur la donnée première.
Si on veut procéder autrement, on dira que le
groupe des trois saisons évaporant les — de ce
15
qu'il reçoit évapore par le fait les — de — par
— 19 —
rapport au total ou les — — . Mais L'été, d'autre
part, évaporant les — de ec même total ou les
30
■jzr on a pour l'évaporation annuelle totale :
40 + 30 70 I
— r^— ou -rrr soit exactement 4- : ce qui revient
10a JOj .{ ^
encore à la vérification du point de départ. Telles'
sont approximativement les bases climatériques
qui règlent l'alimentation des sources et des cours
d'eau dans l'Ouest de la France.
REGIME ANCIEN DES COURS D EAU ET DES SOURCES
Or ces bases ne sont certainement pas celles qui
Ont présidé aux faits de tout temps. Toutes les
inductions qu'on peut tirer de la tenue actuelle
de nos rivières par rapport à leur tenue antérieure,
même à celle d'il y a cinquante ou cent ans, suffi-
raient à le montrer. Mais l'attestation la plus nette
à invoquer est encore le texte qui sert d'épigraphe
à ce mémoire. La citation est tirée du Mlsopogon
de l'Empereur Julien Divers auteurs et savants
l'ont reproduite : Dausse, Elie de Beaumont,
A. de Lapparent. Le lleuve mentionné est la Seine,
la Seine de l'époque Gallo -Romaine, telle qu'elle
était au temps de Lulèce vers le milieu du ive siècle
de notre ère, quand elle baignait le pied des jar-
dins du palais des Thermes.
La ville de Paris ne peut la reconnaître aujour
d'hui. A ce régime si uniforme d'il y a quinze
siècles un autre a succédé, presque torrentiel. A
l'eau si parfaite et si agréable à boire qui alimen-
tait son cours, une autre s'est substituée. Nous
savons qu'aucun filtre n'est encore en mesure de
20
lui rendre sa pureté d'autrefois et n'y sera peut-être
de longtempe. Il faut ajouter que la Seine ne
retrouvera plus sa constance de régime. Des mo-
difications de la température n'expliquent pas ces
changements ; d'autant plus que la suite de la
citation, tout en mentionnant le climat doux et
tempéré de Lutèce, parle de la qualité particulière
de ses vignobles. Les étés, au temps de l'empereur
Julien ne devaient pas être moins chauds que de
nos jours.
Ce qui était vrai de la Seine l'était aussi de la
plupart des autres cours d'eau de la Gaule. La
Loire elle-même, suivant les auteurs du premier
siècle, n'était pas le fleuve aux eaux troubles et
torrentielles que nous connaissons. C'était le fleuve
aux eaux calmes et limpides. Ainsi, peu après la
conquête des Gaules, la Loire n'inondait pas ses
rives et ne charriait pas.
Il faut penser qu'à ces époques reculées la Gaule
pouvait compter au plus sept ou huit millions
d'habitants ; et encore, répartis principalement
dans la partie méridionale. Le pays au Nord et à
l'Ouest était presque entièrement couvert de forêts.
Les grandes vallées au confluent des rivières
n'étaient que marécages étendus. L'eau rencontrait
des obstacles presque à chaque pas et se montrait
un peu partout, même sur les plateaux et sur les
pentes, Les sources, protégées par la grande et par
la moyenne végétation étaient très nombreuses et
se montraient à plus haute altitude que mainte-
nant. Il n'est guère de localité où on ne trouve
quelques vestiges de cet ancien état de choses.
— 21 —
Près de la ville de Coudé même, on remarque
ce lieu dit, au cadastre, La Fontaine Limet, situé
commune de Saint-Pierre du-Regard à mi-côte.
Là existait certainement une source. Elle était voi-
sine dune station Gallo-Romaine ; et l'emplace-
ment de celle-ci est encore marqué dans une pièce
de labour par des fragments de tuiles à rebords
que la charrue disperse un peu plus tous les ans.
Maintenant la désignation de Fontaine Limet est
celle d'un champ au cadastre Non seulement il
n'y a plus de source mais la place et les abords ne
laissent pas voir de traces d'infiltrations. La source
a descendu et s'est tarie. avec le déboisement des
terrains supérieurs.
C'est à la présence de l'homme et aux progrès
de son industrie quïl faut attribuer les change-
ments survenus. Pour l'homme, en effet, lâge
d'or n'est plus relégué dans le passé ; mais celui
des sources s'y trouve à coup sûr. Il existait pour
elles au temps de la nature sauvage, protégées
qu'elles étaient par la végétation Lorsqu'on
voudra les faire renaître avec leur pureté et leur
constance, même approximative, il faudra leur
rendre les conditions d'abri et d'isolement qu'elles
avaient Leur décadence n'a pas été brusque, nous
la voyons même continuer tous les jours.
VICISSITUDES DU REGIME DES SOURCES AVEC LE TEMPS
Le régime des cours d'eau a suivi en effet les
vicissitudes de la propriété du sol. La prise de pos-
session a été marquée d'abord par des défriche-
— 22 -
ments. Les parties dénudées, si rares qu'elles aient
été au commencement, ont donné prise à une
éxaporation pius intense qu'auparavant. En même
temps la culture a dû procéder à l'évacuation de
proche en proche des eaux stagnantes des points
hauts vers les points bas- Ces deux effets concou-
rants ont été continus et croissants de toute
manière. La division de la propriété, conséquence
de l'accroissement de la population, les a cons-
tamment amplifiés. Les progrès de la culture, la
diversité même des cultures, ont agi parallèlement
Aux époques plus récentes, des travaux d'utilité
publique de tout ordre ont commencé à s'imposer.
Les voies terrestres ont étendu peu à peu leurs
ramifications jusqu'aux plus hautes parcelles.
Dans les vallées, le débouché des eaux fluviales a
été facilité en même temps. Tout a concouru en
somme, avec le temps, à favoriser par ruisselle-
ment l'écoulement rapide des eaux. Il n'est pas
jusqu'au bon entretien de tous ces ouvrages qui
n'ait eu la même conséquence. En dernier lieu les
applications du drainage ont ajouté leurs effets
aux précédents. Or, le jeu de ces influences n'a
pas de terme ; il représente la lutte perpétuelle de
la vie avec l'inertie naturelle aux choses. Les
sources qui ne vivaient que d'uniformité et de
stabilité ont subi le contre-coup de l'accélération
qui se propageait autour d'elles. Elles ont d'abord
fléchi, puis beaucoup ont disparu. En même temps
l'écoulement torrentiel inconnu à l'origine, a
grandi et continue encore de grandir. Autrefois la
masse énorme d'eau qui était réservée en perm
- 23 -
nence dans le sol exerçait sa fonction régulatrice
sur les débits des saisons froides aux saisons
chaudes ; aujourd'hui où elle est en grande partie
tarie, les oscillations des unes aux autres qui
riaient peu sensibles sont devenues plus intenses
et beaucoup plus brusques. Nous le constatons à
toute occasion à partir du mois de juin dans les
régions de sous-sol imperméable.
RÉGIME ACTUEL DES SOURCES ET DES COURS D'EAU
Le débit de nos cours d'eau subit à partir de
cette époque de l'année des abaissements successits
bien tranchés. La première chute suit la coupe des
trèfles, des foins et des luzernes ; la seconde vient
après celle des avoines et des blés; la troisième
qui dans beaucoup de cas supprime presque
l'écoulement accompagne en Bretagne et en Nor-
mandie l'enlèvement des sarrasins. Les sources se
ravivent ainsi de plus en plus tard. C'est à peine
si elles reviennent en Novembre. Rien ne montre
mieux que ces constations l'intervention de plu-
sieurs facteurs dans le travail de l'évaporation.
"Celle ci en effet, à la manière dont elle s'opère sur
un sol abrité serait assez peu sensible si elle n'était
duc qu'à la seule différence des températures
moyennes de l'air entre l'été et les trois autres
saisons ; c'est-à-dire celle de 18°2 à 8°2 ou dix degrés
centigrades seulement, d'après les annuaires
météorologiques de Montsouris. Et, en effet, tant
que le sol conserve son manteau de végétation
herbacée, de trèfles, de luzernes ou de sarrasins,
— 24 —
il n'a de contact avec l'extérieur que par l'inter-
médiaire d'un matelas d'air emprisonné presque
saturé d'humidité, ne se renouvelant que difficile-
ment et, pendant le jour, d'une température infé-
rieure à l'ambiance, L'humidité est alors retenue
dans le sol comme elle le serait dans un vase clos.
L'abri végétal disparaissant, c'est une double pro
tection qui s'en va avec lui La radiation solaire
directe et le haie entrent aussitôt en jeu. Ce sont
là les deux facteurs importants de l'évaporation,
et leur effet est immédiat. Le sol ordinairement
doué d'un grand pouvoir absorbant prend alors
des températures de surface qui s'élèvent à 40 et
42 degrés pour la moyenne des maxima de juillet ;
c'est-à-dire plus que doubles de la température de
l'air au même moment En valeurs extrêmes, à
Montsouris, on a constaté sur le gazon au soleil
des températures telles que 50 et 60 degrés en
juillet 1900. C'est dans ces conditions que la dénu-
dation du sol laisse le champ libre à la ventilation.
Il n'est pas surprenant que le régime de nos cours
d'eau s'en ressente aussitôt. Lorsqu'au contraire
au début de la période historique le sol était
presque entièrement protégé contre la radiation
solaire et le haie et qu'en même temps le ruissel-
lement était inconnu; qu'en plus de cela des
réserves restaient abondantes dans le sol, le
régime des cours d'eau devait bien être la cons-
tance comme la tradition l'indique-
— 25 —
COMPARAISON DK REGIMES
Alors les pluies estivales profitaient aux cours
d'eau, non pas dans la même proportion que
celles des autres saisons, mais certainement dans
une proportion intermédiaire puisqu'il faut tou-
jours faire la part des différences de température
de l'été à l'ensemble des trois autres saisons.
En résumé, les débits d'étiage devant être
augmentés et ceux des autres saisons restant les
mêmes, les débits moyens des cours d'eau au
début de la période historique devaient être plus
forts en quelque mesure que ceux que nous cons-
tatons aujourd'hui. Certaines conséquences, au
point de vueclimatérique, peuvent résulter de ces
conclusions.
CONSÉQUENCES CLIMATERIQUES ADMISSIBLES
Le courant d'eau que l'atmosphère déverse sans
fin sur le sol sous forme de pluies dans nos
régions tempérées, et qui se renouvelle incessam-
ment par l'évaporation directe ou indirecte, est
toujours le même en moyenne annuelle, quand
on prend cette moyenne sur une période de
temps suffisante. Il ne varie sous nos yeux qu'en
apparence avec l'état du sol La partie qui se rend
aux océans, et qui est la moindre, peut nous
paraître plus ou moins forte ; mais la somme des
deux parties, celle des eaux condensées et celle
que le sol renvoie en vapeurs dans l'atmosphère
est toujours invariable. Il ne peut en être autre-
ment parce que le flux de chaleur ou d'énergie qui
26
agit au cours d'nne année sur notre globe et qui
donne lieu à ce mouvement permanent des eaux,
est invariable lui-même en moyenne. De là cette
conséquence que la température qui préside à cette
absorption de chaleurpar la terreestelle-mêmecon-
stante etinvariable, toujours en moyenne donnée.
Si, dans ces conditions, une modification
apportée au sol de surface intervient, ayant le
pouvoir de modifier sur le sol même, et dans
l'année, la répartition des masses liquides par
rapport aux vapeurs, une oscillation de la tempé-
rature se produira au cours de l'année même
entre deux périodes de celle-ci, sans toutefois que
sa température moyenne puisse changer en quoi
que ce soit. Un rapprochement peut se faire ainsi
entre l'état des choses tel qu'il se présentait il y a
deux mille ans et leur état actuel. Lorsqu'autrefois
le débit des cours d'eau était plus élevé que main-
tenant, le sol retenant une partie plus forte des
pluies de l'été, ce sol d'été avait moins d'eau à
évaporer qu'aujourd'hui et bénéficiait davantage
d'une réserve de chaleur. La température des étés
pouvait être ainsi un peu plus élevée qu'aujour-
d'hui et par compensation celle des hivers un peu
plus basse puisque cette compensation est forcée.
Au reste, qu'on pousse le raisonnement à
l'extrême en supposant que toutes les précipita-
tions atmosphériques retournent directement aux
océans (1), l'atmosphère plus dégagée de vapeurs
(1) Voir à ce sujet la discussion de l'évaporation, détaillée
au chapitre III. La masse des eaux de pluie retenue par le
sol peut très bien échapper à toute limite.
27
se prêtera d'autant plus au rayonnement dans les
deux sens. Les étés deviendront certainement
plus torrides et les hivers plus glacés.
La tradition historique s'accorde avec ces vues,
au moins sur un point. Autrefois en Gaule nos
rivières gelaient tous les hivers, alors qu'elles ne
gèlent plus que rarement de nos jours Ceci
revient à dire qu'autrefois la Gaule participait plus
que maintenant du climat continental tandis que
maintenant la France participe davantage du
climat marin. Nous devrions ce changement à la
disparition des forets qui couvraient alors la
grande partie du territoire
WCJEN ÉTAT FORESTIER
L'action solaire sur le globe terrestre n'a pas
changé depuis deux mille ans, mais il n'en est pas
de même de l'influence de la végétation sur le
régime des eaux, même la superficie des couver-
tures végétales mises à part Les forêts de
l'ancienne Gaule en effet ne ressemblaient pas de
tout point à celles d'aujourd'hui : le sol forestier
en particulier était très di lièrent Nos forets
actuellement n'ont qu'une efficacité restreinte
dans la plupart des cas sur la retenue des eaux par
rapport à l'ancien temps parce qu'elles n'occupent
plus sur le territoire que les régions ingrates qui
seraient stériles pour toute autre culture, et que la
géologie aurait pu déterminer d'avance. La pro-
■ondeur d'un sol de réserve leur fait défaut, et
elles ne sont que les débris de l'ancien état forcs-
28
tier. Tout ce qui pouvait être sol de rapport a été
enlevé à ces anciennes forêts qui recouvraient
alors le sol des vallées et de leurs versants aussi
bien que le sol maigre des plateaux. Sur un sol
profond de ce genre rendu spongieux par les
débris accumulés, la réserve des eaux était consi-
dérable et donnait infiniment moins de prise à
l'évaporation que maintenant où la végétation
forestière ne s'accroche plus qu'à des affleurements
rocheux dans la plupart des cas.
OBSTACLES A UN RETOUR A L 'ANCIEN ETAT
Quand il s'agit, aujourd'hui, pour préserver un
terrain de sources., de revenir à l'état ancien pri-
mitif en couvrant de végétation un sol riche pour
d'autres cultures et de bon rapport, divisé peut-
être entre de nombreux propriétaires, les diffi-
cultés pratiques sont sans fin. Le point de vue
qui prévaut alors est de se contenter d'acquisitions
restreintes ou de n'acheter rien du tout. C'est
ainsi que la question des terrains de sources, la
principale dans un projet d'adduction, est souvent
laissée dans l'ombre. Les exigences bactériolo-
giques ont légèrement atténué les tendances res-
trictives en prescrivant l'établissement de péri-
mètres de protection sur les terrains en question
au voisinage immédiat des émergences ; mais la
surface de ceux-ci est généralement loin d'être
suffisante pour la protection des débits et de leur
constance.
Tous ces faits qui relèveut plus ou moins direc-
tement de l'observation ont leur enseignement.
- 29
CAPTAGES
Les systèmes ou les procédés de captage ont
presque tous, sinon tous, le principe du drainage
à leur base. On voit à quelles conditions on peut
en attendre de l'efficacité. D'abord, tous les sols
ou sous-sols, même couverts de végétation arbo-
rescente, ne sont pas drainabies. Ensuite, le drai-
nage superficiel ou profond, là où il est applicable,
doit comporter pour être de bon rendement per-
manent : la possession de surfaces de réception
étendues en rapport avec les besoins en eau ; puis,
un sol poreux ou relativement et profond; enfin
une couverture végétale permanente destinée à le
maintenir poreux ou spongieux en toute saison.
Les mêmes prescriptions s'appliquent a un sol
rocheux ou compact quand il est perméable aux
infiltrations par ses lits de stratification ou ses
diaclases Alors, les captages doivent être très
profonds et opérés par tranchées ou galeries en
travers-bancs, afin de recouper le plus grand
nombre possible de ces lits ou diaclases dans
l'unité de longueur.
'&>'
INFLUENCE DU TEMPS SUR LE REgIME DES SOURCES
L'action du temps, sur le régime des sources est
connue depuis longtemps. Elle a été constatée il
y a nombre d'années, à Paris par le service des eaux
qui a établi que, sans cause apparente, sans modi-
fication du régime des pluies, le débit des sources
alimentant la capitale avait baissé de 20 % environ
dans un intervalle de cinquante années-
30
D'autre part, le parti à tirer da reboisement pour
enrayer l'amoindrissement du débit des cours
d'eau est connu depuis longtemps aussi. Les indi-
cations qui précédent font comprendre pourquoi
sa mise en œuvre n'a guère été entreprise que de
l'initiative des gouvernements. En France, la loi
relative au reboisement et au gazonncment des
montagnes du 20 juillet 1860 est venue tardivement
essayer de porter remède à une situation qu'on
eût pu sans doute empêcher de naître en la pré-
voyant plus à l'avance.
Il a dû en être de même aux Etats-Unis où le
gouvernement et l'état de New-'i ôrk ont pris des
mesures pour l'acquisition ou la mise en réserve
d'un territoire montagneux de quelques centaines
de mille hectares d'étendue d'où parlent les hauts
affluents de l'Hudson, afin de maintenir à son
débit le fleuve qui, à l'origine de la colonisation, a
fait la prospérité du port et de la ville de New-
York.
Si les états ne sont pas toujours prévoyants, les
particuliers ou leurs groupements locaux le sont
encore moins, les questions d'argent les arrêtant
davantage. Il a fallu en outre un certain temps
pour se familiariser avec l'idée que l'eau qu'on a
pour rien prise aux ruisseaux ou aux rivières,
doive être payée cher quand elle alimente une
ville. Le prix de l'eau cependant était mieux
apprécié dans l'antiquité, même à l'époque Gallo-
Romaine, et le témoignage en est visible quelque-
fois. Telle de nos villes, poussiéreuse en été et
boueuse en hiver, laisse encore voir à son horizon
— 31 —
quelques débris d'arcades ensevelies sous le lierre,
derniers vestiges de l'aqueduc qui amenait l'eau
autrefois dans l'ancienne cité ; a la même place,
le touriste détournant le regard, voit près de lui
les habitants de la ville nouvelle empressés auprès
d'une pauvre fontaine insuffisante pour eux: à
certains jours. En matière d'hygiène nous sommes
encore sur trop de points les héritiers du moyen-
âge.
CHAPITRE II
Terrains de sources — Réseau d'alimentation des
sources. — Rôle propre de la végétation. — Con-
séquences forcées de la dénudation des surfaces.
— Cheminement des infiltrations dans le sous-sol.
TERRAINS DE SOURCES
Les terrains de source sont limités ici aux
couches homogènes plus ou moins poreuses, plus
ou moins épaisses et non remaniées qui recou-
vrent ordinairement un fond imperméable. Ces
couches sont aptes à devenir terrains de source
surtout quand le rôle de la végétation intervient.
A ce point de vue une source sera le rassemble-
ment des lentes infiltrations qui traversent un sol
vierge de suffisante profondeur.
Il n'est personne qui n'ait eu l'occasion
d'observer, en été, la chute de gouttes de pluie sur
un amas de poussière. Cette pluie, tout le monde
le sait, ne pénétre que difficilement L'eau finit
bientôt par glisser sur la surface avant d'avoir
— 32 -
traversé l'intérieur. J'étendrai seulement le cadre
de cette observation si commune. Je substituerai
à un amas accidentel une coucbe couvrant le sol
et formée de la même matière, c'est-à-dire de la
poussière sableuse des routes. La couche aura une
étendue, une pente ordinaire à la surface et une
épaisseur marquée. Enfin on admettra par pre-
mière hypothèse, que sa masse entière soit à L'état
de parfaite dtssication.
L'effet de la pluie sera le même alors que sur
l'amas accidentel. Les gouttes, refoulées dès le
moment de leur contact par l'air interposé dans
l'intérieur, s'étaleront en humecta ni chacune la
petite place où elles tomberont, el la juxtapo-
sition des tâches humectées donnera bientôt Lieu
à une surface limoneuse glissante. Sur celle-ci,
l'eau finira par rouler en formant tonl au plus des
traînées peu profonde^ : mais L'intérieur restera
sec. La pluie aura cessé et L'évaporation sera venue
avant qu'aucun filtrage nail pu se faire.
Admettant maintenant que le sol ancien qui a
été couvert par cette couche sableuse ;iit possédé
antérieurement une source, ce ne sont certaine
ment pas les pluies qui ont pu tomber sur la cou-
verture sèche superposée qui l'auront ravivée.
Malgré donc la venue de ces pluies que le ruissel-
lement aura emportées au loin, les choses resteront
en l'état. C'est là en principe ce qui a lieu pour
les sources temporaires dont le bassin de réception
dénudé est brûlé parle soleil. La terre est si sèche
qu'elle refuse l'eau. C'est même le propos textuel
qu'on entend se répéter à toutes les périodes de
- 33 -
sécheresse. La terre refusé l'eau en effet, que sa
surface soit meuble ou compacte.
Modifiant maintenant l'hypothèse sur un seul
point, on admettra que la même couverture
sableuse ait été humectée aussi légèrement qu'on
voudra, mais humectée dans toute son épaisseur
quand on l'a mise en place. Tout changera par ce
seul fait. Les pluies survenant ne rouleront plus sur
la surface, la pénétration goutte par goutte se fera
complète et rapide à l'intérieur; la source du sol
inférieur retrouvera son alimentation et, si celle-ci
n'avait pas tari elle reprendra de la constance Une
influence nouvelle, celle de la capillarité sera entrée
en action et cette action, il faut le remarquer, n'a
pu se produire qu'en vertu de l'amorçage préalable
par humectation. Les sources permanentes s'ali-
mentent ainsi sous la seule influence d'une
couche homogène suffisamment épaisse tant que
peut être maintenu ce jeu de la capillarité. Qu'il
vienne à s'interrompre, la marche des infiltrations
en souffre et s'arrête en peu de temps, la zone
superficielle revient à l'état de dessication, et
l'inertie première réapparaît. Si on veut éviter
autant que possible ce retour il faut recourir à la
végétation.
La couche en question en effet renforcée d'un
abri végétal permanent donnera lieu au maximum
d'absorption parce que la radiation solaire et le
haie auront beaucoup moins de prise sur la sur-
face. Un sol ainsi disposé et maintenu actif est par
excellence un terrain de source. Tous les sols
même les sols profonds et argileux deviennent
3
— 34. -
aples à donner les résultats indiqués, la végétation
aidant, que l'eau y arrive en pluie, en neige, en
rosée ou en brouillards.
RÉSEAUX CAPILLAIRES DES SOURCES
Une autre observation aussi facile à vérifier que
les précédentes montre que le sol sous bois ou en
forêt est toujours meuble. Il est toujours frais
aussi relativement, sans qu'il y ait à invoquer pour
cela l'effet de telle ou telle pluie survenue depuis
peu. L'eau existe là, en permanence le plus sou-
vent sur des surfaces étendues mais à un état de
division extrême. Elle est à l'état capillaire, seul
intermédiaire admissible entre l'état liquide ordi-
naire et l'état gazeux. La théorie de la capillarité
comme on sait, fixe à l'avance les formes diverses
qu'elle peut prendre, et peut servir de guide,
quant au mode de circulation de l'eau entre la
surface d'où elle part et le point d'émergence où
elle arrive sous l'action de son poids.
En remontant de l'émergence à la surface supé-
rieure l'eau se trouve à l'état de filets pleins, gros,
moyens ou imperceptibles, à l'état de gouttes ou
de gouttelettes de toutes dimensions; enfin à l'état
de bulles ou de vésicules, même à l'état de tubes
ou de simples cloisons aqueuses. Quand il y a
évaporation par le sol, ces vésicules ou ces cloi-
sons lamellaires passent à l'état de vapeur. Etant
parvenues là, c'est-à-dire à la surface du sol, au
dernier degré de ténuité, il suffit de la plus faible
élévation de température pour qu'elles disparais-
sent. La plupart des formes capillaires qui vien-
— 35 —
nent d'être énumérées sont d'observation cou-
rante : les cloches d'eau qui se forment dans les
rivières au saut des chutes, les cloisons planes qui
séparent deux de ces cloches quand elles viennent
à se juxtaposer, l'écume persistante au voisinage
des remous quand l'eau retient quelque matière
étrangère en dissolution ou en suspension, les
cloisons liquides qui garnissent les mailles des
filets de pêche, etc.
Le sol dans son épaisseur est la partie inerte du
système. Il ne sert que de support à un réseau
qu'il tient en quelque sorte suspendu au-dessus
de l'émergence.
Pour un terrain profond et homogène et dans
le cas d'un point unique d'émergence, on se
figurera le réseau sous la forme d'une sorte de
cône plus ou moins régulier, plus ou moins
oblique, placé la pointe en bas et l'ouverture en
haut à la surface du sol. Les mailles seront
serrées et ténues à l'infini en haut et plus fournies
ou plus déformées en descendant vers la pointe.
A l'intérieur de ce cône ou à son extérieur on en
supposera autant d'autres s'emboitant qu'on
voudra, tous ayant le sommet commun, jusqu'à
englobement complet de la surface supérieure. La
pointe du cône sera un centre de rassemblement.
En l'allongeant on aura l'image du canal d'émer-
gence.
L'eau descend le long du réseau d'une manière
particulière. Elle glisse en le gonflant et le disten-
dant de proche en proche et par pulsations lentes,
comme s'il était formé d'une succession de gaines
- 36 —
élastiques toutes partant de la surface où elles
existent à ['infiniment petit vésiculaire ou lamel-
laire. Ce mouvement uniforme dans l'ensemble
n'a rien d'uniforme considéré dans ses parties,
puisqu'il consiste en une succession de mouve-
ments variés interrompus et se rapproche d'un
écoulement par compte-gouttes ; mais dans son
ensemble il équivaut au point de vue du débit à
celui que donnerait une infinité de filets conver-
gents fournissant chacun son volume particulier
dans l'unité de temps. Le réseau dans ces condi-
tions possède, comme on voit une capacité de
réserve très variable suivant qu'il est, dans son
ensemble, gonflé ou distendu.
Les réseaux d'alimentation ainsi décrits échap-
pent forcément à la vue, tout en répondant par
image à la réalité. Les phénomènes dégonflement
ou de distension dont ils sont le siège résultent des
mouvements de l'eau sous l'action delà pesanteur,
combinés avec les réactions dues à la tension
superficielle des enveloppes suivant la théorie de
la capillarité.
NIVEAUX AQUIFÈRES
Les réseaux n'étant pas matériellement visibles,
on leur substitue couramment dans le langage
ordinaire ou dans les traités la notion des nappes
d'eau ou de nappes aquifères qu'on ne voit pas
davantage. Le terme de nappe ne peut-être que
figuré. L'eau d'un puits n'est pas la partie visible
d'une nappe qui se prolongerait en tous sens à la
— 37 —
périphérie et dans les terres au-dessous du sol
environnant. A peu de distance du puits, l'eau
n'est plus dans le sol en masses équilibrées et
stables La preuve en est qu'un fonçage pratiqué
au voisinage ne laisse pas apparaître l'eau tout
d'abord au niveau voulu comme s'il s'agissait
pour les deux excavations de vases communi-
quants
Le niveau dans le second puits commence
d'autant plus en contre bas de l'autre que le fon-
çage nouveau a été mené plus rapidement. On
peut même avancer en toute certitude qu'un fon-
çage instantané dans un terrain de source, si ce ter-
rain est homogène, ne laisserait voir aucune trace
d'eau au fond au premier moment et que le moyen
d'accélérer son apparition serait d'en amener d'en
haut pour produire un amorçage. L'eau viendra
donc peu à peu et son niveau définitif ne s'établira
qu'avec le temps. Aussi la dénivellation de l'eau
d'un puits par rapport au sol environnant ne
mesure-telle qu'une perte de charge répartie sur
les cheminements variés des infiltrations.
La notion des nappes reprend sa raison d'être
dans le cas de zones aquifères imprégnées qui
peuvent se rencontrer dans un sous-sol fissuré ou
disloqué par un accident géologique, ou formé
d'arkoses meubles. En pareille circonstance les
réserves internes, quand elles se font jour, don-
nent même naissance aux venues d'eau les plus
remarquables sous le rapport du débit et de sa
constance mais ces venues ne sont de véritables
sources que si elles ont d'abord traversé avant
— 38 -
l'émergence les réseaux capillaires d'un sol
homogène.
Lorsqu'une galerie souterraine captante est
menée en Travers-banc dans un massif de roches
compactes, les infiltrations suivent les lits plus ou
moins inclinés de la stratification. Leur circulation
dans ces joints d'épaisseur extrêmement faible
s'opère alors par une série de mouvements partiels
extrêmement lents plus ou moins discontinus
dans la descente et qui tout en obéissant aux lois
de la pesanteur reviennent pour l'ensemble à un
mouvement uniforme.
Les faits attestent la puissance d'appel des
galeries souterraines qui suffit à déterminer le
passage des infiltrations dans les lits verticaux ou
inclinés des bancs rocheux les plus compacts ;
mais l'effet à attendre au mètre courant de captage
est souvent incertain et varie en tous cas avec
l'allure de la stratification traversée. Si celle-ci est
régulière, c'est-à-dire d'inclinaison sensiblement
uniforme sur une étendue suffisante, l'effet sera
maximum, quelle que soit la nature de la roche.
Si, au contraire, son inclinaison générale se
trouve compliquée de plissements accusés dans le
parcours à suivre par les infiltratfons, il sera des
plus réduits ou tout à fait nui-
LIAISON DES SOURCES ET DE LA VEGETATION
La permanence des sources nées d'un sol homo-
gène réclame donc l'exécution de deux conditions :
la préservation des bassins de réception de la
radiation solaire et le maintien en activité persis^
— 39 —
tante des réseaux d'alimentation à leur épanouis-
sement sur le sol. La végétation à elle seule réalise
l'accomplissement des deux exigences à la fois.
La vie végétale pour accomplir ses fonctions
met en mouvement dans le tissu des plantes de
très fortes quantités d'eau Suivant une expression
consacrée, les plantes transpirent. L'expérience a
établi, et Dehérain en a confirmé les chiffres dans
sa communication du 14 décembre 1898 à la
Société Nationale d'Agriculture, que les plantes
herbacées au cours de leur croissance pouvaient
mettre en mouvement sous "forme de vapeur d eau
deux cent cinquante à trois cent fois leur poids
compté en matière sèche. Ce sont les plantes her-
bacées qui donnent lieu à l'évaporation la plus
active, surtout quand elles croissent isolées et à
l'air libre. La cause principale du phénomène
paraît dépendre surtout de la radiation solaire. Le
rôle de la chaleur en valeur absolue serait moins
important. De fait l'évaporation est surtout mar-
quée pendant le jour.
La donnée est susceptible d'une interprétation
bien appropriée au sujet traité ici.
Nombre de plantes fouragères arrivant à leur
maturité dans les trois mois du printemps, il est
très facile d'évaluer pour cette période, et en poids
de matière sèche, l'importance des récoltes qu'elles
fournissent à l'hectare. Le calcul le plus simple
montre alors que ces 250 à 300 kilogrammes d'eau
qui sont mis en mouvement par kilogramme de
matière sèche produite équivaudraient à l'absorp-
tion par les plantes dans les trois mois du prin-
— 40 —
temps du tiers des pluies que l'atmosphère déverse
sur le sol dans la même saison. On a tiré delà des
conclusions souvent erronées ou au moins très
vagues.
Si la végétation prend autant d'eau au sol pour
la verser dans l'atmosphère, que devient en effet
l'efficacité de son rôle dans les conditions où on
le préconise? Le bénéfice que l'abri végétal procure
au sol n'est-il pas effacé et même au-delà par la
perte en eau qu'il lui fait subir du fait même de
sa croissance ? Jl y a là en réalité pétition de prin-
cipe sans aucun, antagonisme d'effets.
Quant l'expérience a dit et prouvé en effet que le
sol d'automne, (l'hiver et de printemps conservait
et envoyait aux cours d'eau les -V des pluies de
ces trois saisong suivant ce qui a été consigné au
chapitre précédent, elle a tenu compte de l'action
de la végétation sur le sol puisque celle-ci existait
dans le moment- Cette action est comprise dans le
chiffre et il n'y a pas lieu de la surajouter. Si léva-
poration par les plantes devait être considérée
comme indépendante des constatations, elle
représenterait en effet autant à déduire pour le sol
sur cette proportion de ~ laissée aux cours d'eau-
1 0
Il ne parviendrait à ceux-ci que -£r moins — soit
-£r . Ln réalité il ne devrait même rien y parvenir
dans les trois mois de printemps si on remarque
que le chiffre de ~ s'applique à une moyenne de
trois saisons et non au printemps seul, période
pendant laquelle la retenue des pluies par le sol
est à peine le quart de celles de la saison. Le rai-
— 41 —
sonnement poussé à sa limite extrême aboutit
comme on voit à la négation absolue des faits
observés.
La végétation, soit de printemps, soit d'été,
quelle qu'elle soit, ne stérilise donc ni ne dessèche
le sol. Son effet est tout contraire. Elle fait naître
dans le courant des infiltrations qui vont des
cendre vers les sources de véritables boucles de
remous par les plantes. Il faut que l'eau passe en
partie dans leurs tissus et en revienne avant
d'achever son parcours Les boucles du remous
sont plus ou moins amples ; mais tout aboutit à
des rentrées de l'eau au sol après l'évaporation par
les feuilles, Il y a permanence d'effet, que l'eau
rentre aux points même d'où elle est partie où sur
d'autres plus éloignés Elle ne peut rentrer d'ail-
leurs que là où elle trouve la fraîcheur relative du
sol ; c'est-à-dire là où existe la végétation. La réso-
lution de la vapeur en pluie ou en gouttelettes
n'est peut-être même pas nécessaire pour que le
cycle s'accomplisse. On conçoit qu'elle puisse
rester, sortant des feuilles à l'état vésiculaire. Aussi
doit-on redire à nouveau que les bois et taillis sont
en même temps que des évaporateurs, des conden-
seurs naturels. Par le travail même de sa crois-
sance, la végétation maintient ainsi les surfaces
qu'elle recouvre dans l'état de moiteur et de poro-
sité nécessaire pour préserver les réseaux capil-
laires des sources à leur zone d'épanouissement ou
d'amorçage. Au mécanisme de l'action s'ajoute, il
faut le remarquer, encore un travail d'épuration,
soit par les plantes, soit par le sol, d'une délica-
\
***. i
— 42 —
tesse particulière Les procédés artificiels de trai-
tement des eaux de rivière en vue de les rendre
potables, seront toujours grossiers à côté de
celui-là.
Enfin, considération qui sera développée au
chapitre suivant, la végétation, principalement la
végétation herbacée, entretient en contact avec le
sol une zone d'air à un état hygrométrique voisin
de la saturation qui modère de la manière la plus
efficace Tévaporation de l'eau par le sol lui-même.
Une véritable source ne doit plus être en
résumé tel point localisé du sol où l'eau sort de
terre ; c'est avec ce point là, et en amont, tout un
réseau intérieur au sol, ramifié jusqu'à épanouis-
sement sur de très grandes surfaces et communi-
quant par l'intermédiaire de la végétation avec
l'atmosphère et ses vapeurs. L'appareil est stable
tant que ses conditions naturelles d'existence sont
maintenues; mais il est en même temps fragile
Dès qu'une solution de continuité intervient dans
l'enchaînement des parties, la communication
avec l'atmosphère se rompt et le fonctionnement
se trouve compromis. Voici quelle est alors la
succession des altérations qui surviennent dans le
régime de l'écoulement Je prends un exemple :
DISPARITION FORCÉE DES SOURCES EN TERRAIN* DENUDE
Une source permanente sort de terrains pro-
fonds et recouverts de végétation. A un moment
donné la dénudation complète de la surface inter-
vient. La dessication superficielle en résulte par
cela même. Le contact du réseau aqueux du sol
.-43-
avec l'extérieur se trouve ainsi rompu à la zone
d'amorçage dès la première sécheresse. Le réseau
se distend peu à peu de proche en proche et de
haut en bas Les ramifications extrêmes s'étant
abaissées après avoir perdu le contact, une zone
de terre desséchée et isolante commence à se
former tout en haut.
Lorsque les pluies reviennent, elles ne pénètrent
plus comme auparavant, arrêtées qu'elles sont par
cette zone devenue compacte. Si elles doivent
pénétrer, cç ne sera que plus tard, car le ruisselle-
ment et l'évaporation les auront enlevées d'abord.
Dès lors l'intérieur recevra un peu moins d'eau
qu'avant le déboisement. Recevant moins, l'écou-
lement jusqu'à la période suivante de sécheresse
sera moindre aussi- La seconde sécheresse prendra
en conséquence plus d'empire que la première.
Comme elle renforcera davantage la zone isolante
de la surface, la réduction de l'écoulement se
poursuivra croissante d'année en année jusqu'à ce
que la source soit venue à tarir une première fois.
Ayant tari une fois, les interruptions du débit
deviendront de plus en plus longues En même
temps le niveau du point d'émergence tendra de
plus en plus à s'abaisser. Ce ne sera pas, bien
entendu, parce que la charge d'eau aura diminué
elle même qu'il en sera ainsi ; mais parce que
l'humidité et la porosité du sol de surface, sans
lesquelles il n'y a pas de sources possibles, auront
gagné inévitablement les bas-fonds à mesure que
le ruissellement venant d'en haut aura rendu
plus propices les surfaces placées en contre-bas-
— 44 —
Aux conditions données, les sources descendent
donc forcément à mesure que s'altère leur régime,
et en fin de compte elles disparaissent, cédant la
place au ruissellement. L'avenir des eaux de source
est en image dans la description qui précède, tant
que l'influence de la végétation n'intervient pas.
PARCOURS DES INFILTRATIONS DANS LE SOL
La vitesse de circulation des infiltrations à
l'intérieur du sol sous l'action d'appel de drains
ou de galeries captantes présente de l'intérêt quand
on veut apprécier l'effet à attendre de moyens de
captage appliqués ou à appliquer à un massif
donné. La question est alors la suivante
Le massif étant figuré par une coupe analogue à
celle ci-contre menée normalement au drain ou à
la galerie 0 débou-
a _ chant à l'air libre,
déterminer au bout
de combien de
temps il sera assé-
ché de son eau de
réserve entre deux
points A et B dési-
gnés, et placés à une même distance de la ligne
médiane OC ? En d'autres termes, et en admettant
par hypothèse que les infiltrations doivent suivre
toutes des lignes droites rayonnantes à partir du
point 0, déterminer le temps clans lequel les infil-
trations comprises dans les deux triangles égaux
AOG et BOC auront complètement disparu,
absorbées par le drain ou par la galerie.
— 45 —
Les vitesses, d'après les indications données plus
haut sont à prendre comme constantes dans l'en-
semble, sur chacune des lignes de pente. Elles
sont maxima évidemment de G à 0 sur la verticale
et minima de A ou B au même point 0 sur les
lignes inclinées.
Si on connaissait la vitesse maxima de C à 0, le
problème serait résolu parce qu'alors on pourrait
en déduire la valeur de toutes les autres et en par-
ticulier celles à appliquer aux lignes de pente AO
et BO. Alors, le temps employé au parcours de^A
ou B au point 0 serait le temps cherché, puisque
passé ce temps, toutes les autres infiltrations
seraient parvenues à destination.
Je désignerai par la lettre h la hauteur OC ; par
la lettre v la vitesse supposée connue de G à 0 sur
la verticale ; par Tg a la tangente de l'angle que les
lignes AO ou BO font avec l'horizontale ; et par T
le temps inconnu ou temps de parcours de A ou B
au point 0.
Des considérations très simples montrent que
la valeur du temps ï est donnée par l'expression :
V \ 1g a /
C'est à dessein qu'est introduite ici la notion de
la tangente au lieu du sinus ou de la cotangente
de l'angle a; Tang. a n'étant autre que la pente par
mètre courant de la ligne OB, et représentant la
donnée usuelle, la plus immédiate.
Que la vitesse v soit de 30 mètres par mois, par
exemple et la hauteur h de 3 mètres, la valeur de T
— 46
sera exprimée en mois. Que les distances AC et BC
soient données en outre égales à 5 fois la hauteur h,
Tg« aura pour valeur — et Tg2« sera égale à —- •
Dans ces conditions on aura pour valeur de ï :
T = -JK1 + 23)= 2'00
c'est-à-dire un peu plus de 2 — mois.
Pour une hauteur h réduite à 1 mètre, le résultat
serait le -r- de celui-ci, soit 0,87 mois ou 26 jours.
o
L'assèchement complet, la formule le montre,
n'est jamais atteint complètement, même quand
le massif est limité d'étendue ; seulement, quand
les distances AC ou BC approchent de 10 fois ou
même de 5 fois seulement la hauteur H les débits
de réserve deviennent si réduits que leur valeur
est négligeable.
Le Ministère de l'Agriculture dans un projet
dressé par ses services techniques, daté du
23 juillet 1909, et relatif au drainage des prairies
bordant la Druance dites du « Bas-Mesnil » à
Condé-sur-Noireau, prévoit les drains à la profon-
deur de 1 m. 05 avec un écartement de 13 mètres
seulement entre leurs lignes. L'action demandée
à ces drains s'étend ainsi à 6 m. 50 seulement de
distance latérale, c'est-à-dire à un peu plus de cinq
fois la profondeur, ce qui s'explique avec la
nature assez défavorable d'un sol compact et très
argileux.
La vitesse de 30 mètres par mois appliquée à la
marche des infiltrations dans un sol très argileux
n'est pas arbitraire. Le chiffre se rattache à des
— 47 -
constatations toujours vérifiantes observées au
Tunnel des Gouttes en 1901 et 1902.
CONSTATATIONS AU TUNNEL DES GOUTTES
Le tunnel des Gouttes sur la ligne de Caen à
Laval est aligné Nord-Sud ; sa longueur est de
1791 mètres et sa pente Nord-Sud est de 0 m. 002
par mètre sur toute cette longueur. Il coupe en
Travers-banc le massif des schistes verticaux de
la région et joue ainsi le rôle d'une galerie souter-
raine de captage. L'intrados de la voûte est à
110 mètres environ en contre-bas du sol supérieur
vers le milieu du parcours. La galerie donne lieu
à l'écoulement d'eaux de filtration dont le débit est
en rapport avec l'abondance des précipitations
atmosphériques ; mais en retard sur elles d'un
temps qui varie avec l'altitude du sol supérieur
dans la verticale du lieu d'observation.
Le débit minimum des deux rigoles à la suite de
sécheresses prolongées est d'environ 6 litres par
seconde. Il passe à 12 litres par seconde ou plus
dans les périodes pluvieuses. Les infiltrations
sont loin de régner uniformément sur toute la
longueur delà galerie. Presque toutes viennent de
la moitié sud, sur une* longueur de 900 mètres
environ. Enfin, elles sont plus particulièrement
abondantes dans la partie médiane de ces 900 m.,
position vers laquelle la hauteur verticale du
massif traversé est de 80 mètres.
Le 25 novembre 1901, à la suite de sécheresses
prolongées, tous les ruisseaux de la région envi-
ronnante étant à sec, le débit de la galerie était
- 48 —
tombé à 6 litres par seconde. A l'intérieur, l'in-
trados de la voûte était sec également et les pié-
droits donnaient seuls des infiltrations- Le temps
à partir de celte date devint très pluvieux quoique
sans neiges persistantes et le 7 mars 1902, le débit
atteignait 12 litres par seconde environ. A ce même
moment les infiltrations tapissaient l'intrados à la
clef sur les 900 mètres de la moitié sud du tunnel.
Le massif traversé par les infiltrations sur le
parcours des 900 mètres partait donc d'une épais-
seur verticale de 116 mètres à son origine pour
arriver à 80 mètres en son milieu, et à 44 mètres à
la fin, vers la tête Sud, inégalités du sol supérieur
compensées. Par suite en remontant du Sud au
Nord, les infiltrations avaient commencé à la tête
Sud sous un retard dû au parcours vertical de
44 mètres, puis de 80 mètres pour le point milieu,
enfin de 11G mètres pour le point d'origine. Le
calcul donne dans ces conditions pour la vitesse
des infiltrations dans leur descente suivant la
verticale 1 m. 14 par jour ou 34 mètres par mois,
évaluation qui suppose les infiltrations parvenues
toutes à la clef de voûte sur 900 mètres à partir de
la tête Sud dans les 102 jours de durée de l'expé-
rience.
L'assèchement du massif jusqu'à l'inclinaison
de y a dû demander ainsi une durée de 61 mois
ou 5 ans en le comptant à l'épaisseur moyenne
verticale de 80 mètres. A partir de ces cinq années,
le débit de la réserve ancienne n'a pu altérer d'une
manière appréciable le régime moyen annuel des
infiltrations.
— 4U —
Le contraste entre le pouvoir filtrant des schistes
verticaux de la moitié Sud du parcours du tunnel
et la moitié Nord est frappant, puisque la forma-
tion rocheuse est la m.éme partout, sans plus de
différences là qu'ailleurs entre un enscmhlc de
hancs et le suivant. Il se trouve même que la
partie Sud est plus dégarnie de sol arable que la
partie Nord. L'explication paraît résider dans un
certain plissement des bancs vers la surface de la
moitié Nord comme s'ils avaient suhi la friction
et la compression des conglomérats pourpres qui
ont dû les surmonter dans cette partie sans affecter
le versant Sud. L'affleurement des conglomérats
se trouve d'ailleurs rompu transversalement à
cette même place et suivant l'axe du tunnel. Le
fait prouve en tous cas combien peuvent être
aléatoires les prévisions de rendement des galeries
souterraines decaptage en tous terrains.
Les vitesses au chiffre de 1 m. 14 par jour ou de
34 mètres par mois, même dans la constatation
précédente, ne peuvent être qu'approximatives.
Elles sont très probablement minima ; mais e41es
fixent les idées quant à leur ordre de grandeur, et
cet ordre de grandeur, on le retrouve dans les
données qui président à l'établissement de filtres
à sable pour épuration des eaux de rivière ou
même de certaines sources.
FILTRAGE ARTIFICIEL
Dans tel de ces systèmes l'eau entrera dans la
série des appareils sous un débit de tant de litres
par seconde toujours maintenu au même chiffre.
4
50 —
D'un premier assemblage de filtres à gros graviers
elle passera dans un second à graviers plus fins,
dans un troisième, enfin dans un quatrième à
sables fins. Les surfaces filtrantes iront en augmen-
tant de la première série d'appareils à la dernière,
Dans celle-ci la surface totale filtrante sera telle
que le volume à filtres ne puisse traverser l'en-
semble des couches que sous une vitesse ayant
quelque rapport avec celle des infiltrations dans
un sol vierge. On s'arrête aux vitesses de 0 m. 10
à 0 m. 12 par heure qui répondent à celles de 72
ou 86 mètres par mois. Le débit de 1.000 m. cubes
par 24 heures exigerait ainsi une surface d'environ
400 mètres carrés pour l'ensemble des filtres à
sables fins sans compter celles des filtres prépa-
rateurs
Quel mécanisme en somme retrouve-ton par
cette méthode? rien autre, sinon pris en sens
inverse, que celui d'une source naturelle tel qu'il
est décrit au commencement du chapitre, à part
ceci toutefois que le mécanisme industriel
demande un entretien, des soins et une surveil-
lance de tous les jours, alors que l'autre, plus
parfait, n'en demande pas.
La ville de Pau a adopté ce système de filtres
en 1903. Elle l'a appliqué en toute efficacité à son
adduction ancienne d'eaux de source prises à
l'œil du Néez, source dite Yauclusienne, dont la
pureté laissait à désirer, qui n'était en réalité
qu'une dérivation souterraine du gave d'Ossau
distant de l'émergence de 4 kilomètres, et n'avait
de source que l'apparence.
— 51 -
SOURCES APPARENTES
L'accident gélogicfue ici mentionné occasion-
nellement est un exemple de ceux qui, position
géographique à part, affectent communément le
sous-sol des régions calcaires, même formées de
calcaires les plus compacts comme les marbres,
quand, à une action dissolvante des eaux de pluie
ou de surface, vient s'ajouter concurremment un
travail d'afïbuillement.
A proximité de la ville de Gondé, la commune
de Clécy dont le territoire repose en partie sur les
marbres Gambriens, présente deux exemples loca-
lisés de cheminements souterrains avec les sources
du hameau de La Fontaine et du village du Goutil.
Les deux sources sont anormalement fortes pour
la configuration du terrain aux abords et l'empla-
cement de leur émergence. La première est
presque au contact avec le ruisseau de Binettes ;
et la seconde, toute voisine de l'Orne, n'est que de
quelques mètres en contre-haut du niveau de la
rivière. Il est très probable qu'elles ne représentent
l'une et l'autre autre chose que des dérivations
soit du ruisseau des Binettes, soit de la rivière de
l'Orne avec prise d'eau en aval du Vey.
ACCIDENTS
Le filtrage artificiel ou la stérilisation des eaux
destinées à l'alimentation ne vont pas sans les
aléas qui sont inhérents à toute installation indus-
trielle en raison de l'entretien et des réparations
d'appareils toujours à prévoir, sans compter le
— 52 —
hasard des accidents. Il n'est pas hors de propos
de mentionner à cette occasion l'incident déjà
bien ancien des casernes de Dinan où l'eau d'ali-
mentation était une eau de source soumise au
filtrage dans une batterie de filtres Ghamberland.
Une épidémie de fièvre typhoïde brusquement
survenue appela l'intervention d'une commission
sanitaire qui procéda à de analyses multiples de
l'eau à tous les points de prise de la distribution.
Le résultat fut concluant, partout l'eau était à
incriminer Les investigations terminées, et les
conclusions de la commission arrêtées, un de ses
membres proposa de soumettre à l'analyse l'eau
de source'alimentant les filtres. La mesure ne fut
pas superflue ; l'eau d'origine fut reconnue sinon
parfaite, au moins relativement bonne. On décou-
vrit alors qu'une fêlure survenue dans la porce-
laine d'une bougie de filtrage avait donné issue à
toute une réserve microbienne accumulée d'an
cienne date sur la paroi et aux abords.
Ce qui a manqué là pour une part c'est une sur-
veillance et un entretien des appareils. Ce travail,
les sources naturelles n'en ont pas besoin, parce
que c'est la végétation elle-même qui l'effectue
dans le réseau de ses racines et de ses radicelles.
— 53 —
CHAPITRE III
Mesure de l'efficacité des couvertures végétales pour
la réserve des eaux par le sol. — Aménagement à
cet effet des surfaces de réception.
ABSENCE DE DONNÉES DIRECTES
Aucune expérience n'existe pouvant conduire à
la mesure directe de l'action modératrice de la
végétation sur l'évaporation par le sol L'observa-
tion a seulement établi qu'elle existait de manière
indéniable et la constatation de principe a suffi
pour les applications qu'on avait en vue. Pour
aller plus loin et résoudre la question de la mesure
des effets produits, l'induction à tirer de faits expé-
rimentaux indirects, mais bien établis, reste le
seul guide. Les chiffres d'expérience à ce sujet
seront pris dans les annuaires météorologiques de
Montsouris des années 1891 et 1896 plus spéciale-
ment
Une base de comparaison est déjà acquise :
celle qui caractérise l'action du sol pouiTensemble
des trois saisons, automne, hiver et printemps.
Le sol évapore alors les — des précipitations
atmosphériques déversées dans la période et en
garde seulement les -r=- . Ce sont des chiffres
analogues qui sont à déterminer pour le sol d'été
couvert et boisé puisqu'il n'existe jusqu'ici pour
ce qui le concerne qu'une seule indication, c'est
que dénudé, aux conditions moyennes ordinaires
— 54 —
de la culture, il évapore exactement tout ce qu'il
reçoit-
COMPLEXITÉ APPARENTE
DES PHÉNOMÈNES MÉTÉOROLOGIQUES
L'évaporation par le sol, au cours d'une année
isolée parait soumise aux influences les plus
variables et les plus nombreuses. La physique
enseigne qu'elle est proportionnelle dans l'air sec
à la tension maxima de la vapeur d'eau pour telle
ou telle température, et ici il s'agit de la tempéra-
ture du sol. Mais elle dépend aussi de la ventila-
tion plus ou moins active de la surface, et celle-ci
l'est plus ou moins suivant que le sol est abrité ou
découvert*: influence impossible à prévoir ou à
calculer. Elle dépend encore de l'état hygromé-
trique de l'air dont il est impossible de suivre à
l'avance toutes les variations ; en quelque mesure
aussi de la pression barométrique qui n'est pas
moins changeante. Seulement, en arrière de la
diversité ou de l'imprévu des phénomènes, on
distingue une cause dirigeante qui est unique :
l'action solaire calorifique. Elle est constante sen-
siblement et continue. La diversité des effets ne
vient pas d'elle, mais du double mouvement de
notre globe dans l'espace. De là les perturbations
les plus confuses : les effets si tranchés d evapo-
rations et de condensations successives, de calmes
atmosphériques suivis de tempêtes, tous ceux en
outre qui se rattachent à l'alternance et à l'inéga-
lité des jours et des nuits, ou, dans l'année à la
succession des saisons. Mais, clans l'année même,
— 55 —
et pour la terre entière, l'imprévu météorologique
s'élimine de lui-même dans la somme des effets
produits, parce que cellc-ei doit toujours repré-
senter un même travail ou une même dépense de
chaleur, et cette somme est seule utile à considérer.
Or, ce qui est vrai pour l'année et pour tout le
globe, est vrai pour une période de temps quel-
conque si elle est comprise entre deux dates fixes
du calendrier, et aussi pour une région localisée
quelconque à la condition d'appliquer les obser-
vations à un grand nombre d'années pour en tirer
une moyenne certaine Ce qui le prouve ce sont
les états d'observation des températures sur tous
les points du globe. Du solstice d'hiver au solstice
d'été, elles reviennent toujours identiques en
moyenne et égales deux à deux Toute région
revoit en résumé les mêmes températures aux.
mêmes dates en moyenne et par suite, utilise entre
deux dates fixes la même quantité de chaleur.
COMPARAISONS
Le courant permanent d'un fleuve avec sa
vitesse moyenne et son débit constant, ses contre-
courants et ses remous, est l'image parfaite du
cours du temps accompagné dans sa route par les
vicissitudes saisonnières de chaque jour Avec le
fleuve, vouloir calculer sur un certain parcours
chaque travail intérieur des eaux séparément:
telle annulation passagère de la vitesse, telle action
d'affouiliemenl d'un tourbillon, est perdre sou
temps quand on sait que l'ensemble de ces travaux
— 56 —
se traduit par la simple différence de niveau de
|( au cidre le point de départ en amont et le point
d'arrivée en aval
Avec le courant saisonnier du temps il en est de
même, le calcul séparé des effets entre deux dates
lixes du calendrier est inutile. Il se résume là
aussi en une différence de niveau, mais d'un autre
genre, celle qui sera due aux températures diffé-
rentes applicables aux périodes considérées du
temps ou mieux, aux tensions de vapeur dépen-
dant de ces températures différentes.
RAPPORT SIMPLE D'EFFETS COMPLEXES
Avec le fleuve d'autre part, l'action totale es^
caractérisée par le produit d'un débit supposé
constant par la différence de niveau dont il a été
question. Dans la marche du temps, ce sera la
même chose pour un flux de chaleur qui est cons-
tant aussi, puisque c'est le soleil qui le donne. En
matière de comparaison, le rapport des deux effets
sera dans le premier cas le rapport entre deux
différences de niveau ; dans le second, le rapport
entre deux tensions de vapeur.
TEMPÉRATURES DU SOL ÉVAPORANT
Il résulte ainsi de cette longue discussion que la
comparaison à faire entre les puissances d'évapo-
ration par le sol appartenant à deux périodes dis-
tinctes du temps, sera donnée par le simple rap-
port de deux tensions de vapeur répondant
chacune aux températures moyennes du sol appli-
cables à chaque période, toutes variations météo-
— 57 —
rologiques compensées. La détermination des
températures moyennes du sol évaporant reste
seule à faire.
Le tableau suivant donne à ce sujet les premières
indications nécessaires.
TABLEAU I
Désignation
des mois
Tempéra-
tures de
l'air
Hauteurs
des pluies
Humidité
relative
minima
Tempéra-
tures du
sol
Octobre . .
11°3
0,004
0,747
10°8
Novembre .
6°5
.0,085
0,810
10°8
Décembre .
3*7
0,076
0,848
40°8
Janvier . .
2°4
0,068
0,828
10°8
Février. . .
4°5
0,058
0,747
10' 8
Mars ...
6°4
6,065
0,657
10°8
Avril ...
10°1
0,074
0.502
10"8
Mai
1 4°2
0,002
0,576
10°8
Juin . . . .
17°2
0,101
0, 604
10°8
i Juillet . . .
1 8°9
0.090
0,600
10°8
Août ....
1 8°:;
0,093
0,610
10°8
Septembre
1 5°7
0,095.
0,078
10' 8
Moyennes ou
1 0°8
1 000
« «
10°8
La première colonne donne les températures
moyennes mensuelles de l'air, près de terre. Ce
sont bien entendu les températures à L'ombre ei
moyennes de lôur et de nuit.
- 58 —
La seconde colonne donne la répartition men-
suelle des pluies pour Paris -Montsouris. Les
chiffrés reproduisent les moyennes de 90 années
de 1805 à 1894 avec cette particularité qu'ils sont
rapportés à une hauteur annuelle de 1 mètre alors
que la hauteur moyenne réelle pour ParisMont-
souris est seulement de 0,ol8. Il est assez probable
que, si les hauteurs totales peuvent différer beau-
coup d'une localité à une autre dans la même
contrée, la répartition relative sur les divers mois
de l'année reste au contraire assez fixe pour une
grande étendue de pays. Le parallélisme de
marche des hauteurs pluviales et des températures
moyennes mensuelles clé l'air l'indique suffisam-
ment
La troisième colonne renferme les movennes
mensuelles de l'humidité relatives minima,
moyennes sur 21 années de 1873 à 1893. Ce sont les
états hygrométriques de l'air; mais portant seu-
lement sur le milieu du jour, autour de midi.
L'indication fournie n'est ainsi que partielle, mais
elle sera suffisante pour les déductions à suivre,
parce que les chiffres n'entreront clans le calcul
que parleurs rapports.
La quatrième colonne enfin ne porte qu'un seul
chiffre : 10°8 température du sol à ParisMont-
souris, constante à faible profondeur en moyenne
et égale à la température moyenne de l'air dans
L'année. Il reste à déterminer en partant de ces
données les températures du sol évaporant aux
diverses dates ou périodes de l'année, en faisant
remarquer que les chiffres essentiels pour Paris-
- 59 -
Montsouris sont applicables aux régions Est ou
Ouest de même latitude ou approximativement.
La zone à la température fixe de 10°8 existe tou-
jours dans le sol à peu de profondeur. Même, pour
l'ensemble de Tannée, toutes les irrégularités de
chaud et de froid compensées, elle doit être consi
dérée comme très voisine de la surface. Le calcul
en effet ne doit voir que l'oscillation lente peu
accusée et toujours la même des températures de
2°4 à 18 9 et inversement, entre les solstices. La
gelée par exemple n'entre pas en compte C'est
donc d'extrêmement peu en moyenne que la zone
de 10°8 s'abaisse au-dessous de la surface, soit par
refroidissement, soit par échauffement de la
couche superficielle Son abaissement est maxi-
mum en janvier et en juillet, mais vers avril et
octobre il se réduit à rien.
Une expérience bien facile à répéter montre
qu'aux jours les plus chauds de juillet la tempéra-
ture du sol, pour un sol meuble et abrité par la
végétation, est de 10° à (PIO seulement de profon-
deur le matin à l'heure du lever du soleil, et de
18° à deux heures de L'après-midi. La température
moyenne pour 24 heures à cette profondeur de
0m 10 environ est ainsi de 14° à très peu près. La
zone à la température fixe de 10°8 serait clans ces
conditions à la profondeur de 0m20 seulement (1).
(1) Les sources à tour émergence sont à la température
constante de + 10"<S. Ignorerait-on celle donnée d'expérience,
qu'on la trouverait par cette autre constatation, qu'à nos
latitudes, les rivières gèlent à la température de— 10° environ ;
et ce second point est exactement le symétrique du premier
par rapport au zéro do l échelle, comme ce doit être.
— 60
Il faut conclure de là Cfue la température du sol
évaporant est, sans erreur appréciable, égale à la
moyenne arithmétique entre la température de la
zone fixe, c'est-à-dire 10°8 et la température de l'air
extérieur poar les diverses périodes de l'année
qu'on veut considérer. Ces éléments nouveaux
figurent au tableau II pour tous les mois de l'année
avec, et en regard des températures du sol évapo-
rant, les tensions maxima correspondantes de
la vapeur d'eau exprimées en millimètres de
mercure.
TABLEAU II
Désignatio
des mois
n Tempéra-
tures de
l'air
Tempéra-
tures du
sol
Tempéra-
tures du
sol évapo-
rant
Tensions
maxima
de la va-
peur d'eau
Octobre
ira
10°8
ll°l
9,86
Novembr
e. 6°5
10°8
8°7
8,40
Décembr
3 . 3°7
10°8
7°3
7,65
Janvier
. . 2°4
10°8
6°6
7,29
Février
4°5
10°8
7°7
7,86
Mars . .
6°4
10°8
8°6
8,35
Avril . .
Mai. . .
10°i
. . 14°2
10°8
108
!0°5
1 2°5
9,48
10,81
Juin . .
Juillet .
. • 17°2
. . 48°9
10IJ8
1 0°8
14°0
14°9
11,91
12,62
Août . .
. 18°5
10°8
1 4° ;
12,46
Septembr
e. 15°7
1 0°8
13°3
11,38
Moyenne!
? • 10°8
10°8
« «
(( «
— 61 —
La moyenne des tensions maxima de la vapeur
d'eau applicable au sol évaporant pour les neuf
mois d'automne, d'hiver, de printemps est d'après
le tableau de 9,07 millimètres de mercure- A ce
chiffre correspond comme on sait une évaporation
par le sol de -rr des pluies déversées.
La moyenne des tensions de vapeur dans les
mêmes conditions pour le sol évaporant dans les
trois mois d'été est, d'après le même tableau, de
12,15 millimètres de mercure. A ce nombre cor-
respondra un autre coefficient d'évaporation pour
le sol ; mais il faut le remarquer non pas pour le
sol boisé, mais simplement pour le sol d'été cou-
vert puisque les températures d'où il dépendra
n'ont rien autre de particulier que d'être prises à
l'ombre.
COEFFICIENT D EVAPORATION
En vertu de la proportionnalité établie, ce nou-
veau coefficient d'évaporation aura pour valeur :
8 w 12,15
X — tt^t = 0,7t4
15 9,07
Le sol d'été simplement abrité contre la radia-
tion solaire directe évaporerait ainsi les 0,714 des
pluies de la saison et conserverait le reste, c'est-à-
dire 0,286, ou 28,6 %, alors qu'aux conditions
moyennes ordinaires, il évapore absolument tout.
Le résultat ainsi présenté ne peut pas être défi-
nitif bien que les températures à l'ombre ou les
températures sous bois puissent être les mêmes.
L'évaporation en effet n'est pas fonction des seules
— 62 —
tensions maxima de la vapeur d'eau dans les deux
périodes; mais dune résultante qui est la diffé-
rence entre celle ci et les tensions de vapeur exis-
tant alors dans l'atmosphère ambiante, et qui
dépendent comme on sait des états hygromé-
triques de l'air. Des deux termes de la fraction
ci-dessus : 12,15 et 9,07, il faut, pour l'exactitude
du résultat, retrancher du premier la tension
moyenne de vapeur régnant dans l'atmosphère
pour la période estivale ; et du second, celle qui
convient à la moyenne des neuf autres mois-
Le problème se trouve compliqué d'autant plus
par cette considération que les états hygromé-
triques inscrits au tableau I ne peuvent pas tous
servir de guide lorsqu'on fait intervenir la végéta-
tion, puisque le rôle de celle-ci est précisément de
modifier les états hygrométriques de l'air à la
surface du sol.
Les états hygrométriques du premier tableau
se rapportent en effet à une atmosphère lilSre dans
laquelle l'humidité est uniformément répartie.
Ils peuvent s'appliquer tels, ou très approximati-
vement, sur la plupart des mois de l'année, mais
non sur tous. Diverses modifications sont à
apporter à" leurs chiffres pour les adapter à un sol
qui tout en restant dans l'état moyen au cours des
années, n'en est pas moins influencé passagère-
ment dans chacune par la végétation printanière
à laquelle succède la dénudation des étés. Ces
modifications, comme la suite le démontrera,
n'auront d'arbitraire que l'apparence.
— 63 —
CORRECTIONS COMPLEMENTAIRES
Au mois de mai d'abord, où la végétation her-
bacée atteint à peu près son plein développement,
où la couche d'air interposée entre le sol et la
surface libre, d'après ce qu'on sait, tend à se
i approcher de la saturation, l'état hygrométrique
ne peut être égal à 0,576, chiffre du tableau I.
Le chiffre qui convient sera celui de 0,620. De
même pour juin, mois pour lequel le sol est
encore couvert pour bonne partie de sa durée de
ses herbes fourragères, l'état hygrométrique réel
convenant au sol de culture sera 0,640 au lieu
de 0,604 Aucune correction par contre n'est à
apporter aux états hygrométriques des sept
autres mois de la période automne, hiver,
printemps.
Parallèlement à ces corrections obligées des
états hygrométriques, d'autres sont à apporter
aux températures du sol évaporant pour la saison
estivale où la température à la surface est certai-
nement supérieure à la température de l'air- Pour
le mois de juillet, où la surface du sol déjà
dégarnie d'une partie de ses récoltes commence
à être atteinte par la radiation solaire directe, la
température du sol évaporant inscrite au tableau
à 14°9 a été portée à 16°. Pour le mois d'août, où le
sol est encore plus découvert et où la radiation
solaire a son effet maximum, elle a été portée de
14°7 à 17°. Pour le mois de septembre enfin, où
l'action solaire s'atténue malgré la dénudation
presque complète du sol de culture, elle a été
64
portée de 13°3 à 15°7, température de l'air pour la
même époque.
Tous ces nouveaux chiffres des états hygro-
métriques et des températures du sol évaporant
ont été inscrits au tableau III qui suit avec les
autres données non modifiées. Il est dans cet état
exactement en rapport avec les conditions
moyennes ordinaires d'un sol de culture, celui
pour lequel il a été établi, d'expérience, que les
plaies estivales ne profitaient pas aax cours d'eau et
que, simultanément, le sol ne réservait pour tout
dans l'année que le tiers des pluies totales.
VÉRIFICATION DES DONNEES
NUMÉRIQUES COMPLÉMENTAIRES
Anticipant en effet sur un développement à
suivre, la modification des états hygrométriques
de l'air pour mai et juin a répondu à L'obligation
de retrouver exactement et par le calcul raisonné,
la réserve du tiers des pluies totales annuelles
égales à 333 % sur les mois de l'automne, de
l'hiver et du printemps. De même la modification
des températures du sol évaporant d'été a répondu
à l'obligation de retrouver dans les mêmes condi-
tions de calcul, et pour Ja saison, l'évaporation
totale des pluies estivales, tous résultats que met
en évidence ce même tableau, et qui ne pourraient
être acquis sans les corrections susdites appliquées
aux données de l'Observatoire de Montsouris qui,
elles-mêmes, ne pouvaient évidemment tenir
compte de considérations étrangères à un pro-
gramme général.
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- 66 -
Résumé :
Hauteur des pluies gardées par le sol
dans les 9 mois d'Octobre à Juin en
millimètres 333,28
Hauteur des pluies gardées par le sol
en Juillet, Août, Septembre en millimétrés 0,46
Les données du tableau réalisent ainsi les deux
conditions essentielles du problème : celles de
l'évaporation dans l'année des -y des pluies
totales et, simultatément, l'évaporation complète
des pluies estivales.
COEFFICIENT DE RETENUE DES EAUX PAR LE SOL
Revenant à la question de calcul, maintenant
que les éléments indispensables sont rassemblés,
on voit d'abord que l'état hygrométrique moyen
de l'air convenant aux trois mois de l'été pour un
sol simplement couvert serait d'après le tableau I
de 0,629, et celui applicable à l'ensemble des trois
autres saisons de 0,710. Les tensions de vapeur
correspondantes dans l'atmosphère seraient ainsi
pour chacune des périodes :
0,629 X 12,15 = 7,64 % de mercure
0,710 X 9,07 = 6,44 % de mercure
Le coefficient d'évaporation pour le sol d'été
deviendrait alors :
15 9.0/ — 6,44
Chiffre bien différent du résultat d'abord mis en
avant de 0,714. Le coefficient de réserve par le sol
serait donc 1 — 0,915 ou 0,085, au lieu de 1 —
0,714 ou 0,286.
Ce coefficient de 8,50 % de retenue par le sol
des pluies de l'été sera un point de départ dans la
question, mais ne pourra représenter encore
qu'une solution partielle. Interprété sur ces seules
données, il se rapporte exclusivement en effet à
un sol simplement préservé de la radiation solaire
directe ; mais il fait abstraction complète du rôle
modificateur apporté par la végétation à l'état
hygrométrique de l'air pendant ïélè dans le voi-
sinage du sol. Cet état hygrométrique de 0,629,
en moyenne estivale et en atmosphère libre,
suivant les seules données de Montsouris, sera
très notablement dépassé sous une couverture
végétale, même ordinaire, donnant lieu, comme
on vient de l'expliquer à une aspersion continue
d'humidité. Le coefficient de 8,50 % est évidem-
ment donc un minimum Un maximum reste à
déterminer appuyé sur des faits constatés et qui
devront être rapprochés des données complémen-
taires inscrites au tableau III.
Ces considérations gagneront en clarté à être
présentées sous forme algébrique.
Désignant par la lettre S le coefficient de retenue
des pluies par le sol, par la lettre e L'état hygro-
métrique moyen de l'air pour la période estivale,
par E l'état hygrométrique égal à 0,710 qui
s'applique au groupe automne, hiver et printemps,
on a pour expression de S d'après le calcul
arithmétique détaillé ci-dessus :
8 xi^-x
15 9,07 1 — E
— 68 —
La formule ne comporte que la seule variable e
état hygrométrique à réaliser pour l'été dans la
couche d'air préservée par la végétation de la
radiation solaire directe et du haie.
Lorsqu'on donne à e sa valeur moyenne mini ma
de 0,629, on retrouve pour S la valeur également
minima de 0,085 ou 8,50 %.
L'expression de S montre que si l'abri et l'amé-
nagement du sol permettaient d'augmenter e
jusqu'à le rendre égal à E, ou à 0,710, état hygro-
métrique moyen d'automne, d'hiver et de prin-
temps, ce qui n'est pas impossible, on retom-
berait aussitôt pour le coefficient de retenue S sur
le chiffre de 0,286 déjà mis en évidence. Elle
montre surtout qu'on arriverait à la réserve totale
des pluies de l'été par le sol si on pouvait réaliser
la condition limite e = 1 qui répond à la saturation
complète de la couche d'air supposée stagnante au
dessus du sol. Là est tout l'intérêt de la formule.
Alors la surface du sol ferait en quelque sorte office
de citerne car à e = f répond en même temps S = 1.
Une constation déjà faite, relative à la culture
du sarrasin, indique la voie à suivre pour appro-
cher de cet idéal.
A l'époque de sa floraison et de son plein déve-
loppement vers le 15 août, le sarrasin constitue
un abri végétal à peu près parfait, quoique peu
élevé au-dessus du sol.
Sous cette couverture, aucun rayon solaire ne
pénètre, et aucun souffle d'air ne passe. L'air
emprisonné ainsi est presque saturé en plein été,
apparence du sol sousjacent le fait bien voir.
— 69 —
L'état hygrométrique de la couche d'air dans
ces conditions n'est certainement pas inférieur
à 0,710, ou à la valeur de E applicable aux trois
autres saisons, état hygrométrique de l'air qui
est aussi celui des derniers jours de septembre en
atmosphère libre. Il conduit pour le coefficient S
au chiffre de 0,286 déjà plusieurs fois mentionné.
Qu'on le prenne pour un maximum si on veut,
puisqu'on se trouve là en présence de conditions
d'abri plutôt exceptionnelles, il restera ceci : que
le coefficient cherché applicable dans le cas ordi-
naire de couvertures végétales permanentes, sera
aisément réalisable au chiffre de 0,185, moyenne
arithmétique des coefficients minimum et
maximum 0,085 et 0,286.
Ce résultat de 0,185 qui résout ce problème posé
dans ce chapitre est susceptible de contrôle.
Reporté à la place de S clans la formule précédente,
il permet de calculer la valeur de l'état hygro-
métrique e qui devra lui correspondre. La résolu-
tion de l'équation donne ainsi e — 0,657,,chiffre à
peine supérieur suivant le tableau III à l'état
hygrométrique de l'atmosphère à 0,640 pour le
mois de juin quand la couverture du sol est "quel-
conque, sans aménagement spécial différent de
celui d'un sol ordinaire de culture. Sa réalisation
est ainsi rendue certaine.
Je conclus donc que la couverture végétale per-
manente à appliquer aux terrains de source dans
les conditions moyennes ordinaires d'efficacité
aura pour effet de réserver au sol la proportion
de 18,50 % des pluies dé l'été.
- 70 —
COEFFICIENT DE RETENUE. — FORMULE GENERALE
L'expression S, telle qu'elle se présente plus
haut, part comme donnée toute particulière d'un
sol évaporant caractérisé par une tension maxima
de vapeur de 12,15 millimètres de mercure. Elle
pourrait évidemment partir de telle autre tension
maxima qu'on aurait lieu de supposer. Si donc on
désigne par la lettre H la tension maxima en mil-
limètres de mercure de la vapeur d'eau à la tem-
pérature du sol évaporant à tel moment, quand
létat hygrométrique de l'air est égal à e, et si
on effectue le reste des calculs indiqués à l'expres-
sion précédente, l'expression S prendra la forme
plus générale et plus simple :
S = 1 - 0,1955 H(l — e)
Elle donne ainsi le coefficient de retenue des
pluies par le sol, non seulement pour un groupe
de saisons, mais pour un jour quelconque de
l'année en raison des valeurs de II et de e qui s'y
appliquent Les douze valeurs du coefficient S
pour les mois de l'année, tels qu'ils figurent au
tahleau III, ont été calculées par cette formule.
INTERPRÉTATION DES RESULTATS DE CALCUL
Les valeurs en question peuvent être négatives,
ainsi qu'il arrive d'ailleurs pour les mois de juillet
et d'août. La particularité ne comporte qu'une
interprétation ; c'est que le mois de juillet et sur-
tout le mois d'août évaporent plus d'eau que les
pluies de ces deux mois n'en déversent ; et il n'y a
pas à voir là d'impossibilité. Le fait se réalise en
— 71 —
raison du retard qu'ont mis les infiltrations à par-
venir à leurs issues dans leur marche très lente en
suivant les inclinaisons très faibles du sol, ainsi
que Font démontré les calculs du chapitre précé-
dent. Le retard peut être de un mois, de deux, de
trois ou même plus. Juillet et août évaporent
ainsi pour partie les infiltrations de mois anté-
rieurs. La compensation se fait sur le mois de
septembre comme le prouve les chiffres de la der
nière colonne du tableau III, et les faits sont ainsi
d'accord avec l'interprétation. Le retard enfin est
d'autant plus grand que le sol meuble a plus de
profondeur, et c'est là encore une des circons-
tances qui expliquent la constance du débit des
cours d'eau au temps où les forêts couvraient une
grande partie du territoire.
La pression barométrique a aussi son rôle dans
les phénomènes de l'évaporation ; mais ici son
influence a pu être laissée de côté, les moyennes
barométriques étant sensiblement les mêmes pour
l'été et pour l'ensemble des autres saisons.
AMÉNAGEMENT DU SOL DE SURFACE
La question de principe ainsi résolue, son
application dans la pratique est tout indiquée.
Théoriquement, et au mieux faisant, la méthode
à suivre consisterait à garantir les surfaces de
réception au moyen de couvertures arborescentes
sous lesquelles serait constamment maintenue
une couche d'air voisine de la saturation. La
réserve des pluies serait alors le double ou le
— 72 -
triple tic la prévision moyenne établie à la pro-
portion de 18,o0 % seulement. La couche d'air
stagnante et saturée serait o*b tenue par l'interpo-
sition sur le sol d'une couche épaisse de pierrailles
sur laquelle viendraient's'implanter des herbes et
des mousses. Ce serait le retour à l'état naturel
primitif, à celui qui entretenait de lui-même les
sources à leur constance.
Le prix de revient de semblable aménagement
serait certainement très élevé. Aussi n'est-il mis
en avant qu'à titre de programme Une autre dis-
position toute primitive, étrangère à toute
recherche de sylviculture ou de botanique, s'offre
en regard de la précédente ; moins efficace sans
doute, mais ayant l'avantage de ne rien coûter, les
acquisitions nécessaires en surface une fois faites.
Elle se bornerait à remettre ces surfaces en friche,
en laissant à la nature protectrice naturelle des
sources, le soin de garnir le sol à sa guise. L'em-
placement se couvrirait en peu de temps d'herbes
de tout genre, d'ajoncs, de genêts ou de ronces,
où de toutes autres espèces résistantes, vivant côte
à côte sans se nuire et emprisonnant une couche
d'air au dessus du sol plus efficacement peut-être
que ne le ferait un bois taillis. Le rendement serait
seulement moyen, égal à la retenue par le sol de
18,50 % des pluies de l'été, sauf à croître avec le
temps.
— 73 —
CHAPITRE IV
Rapprochements. — Régimes moyens des cours d'eau.
— Régime de deux sources.
Les résultats qui viennent d'être exposés repo-
sent presque uniquement sur deux faits expéri-
mentaux admis comme vérité moyenne par les
autorités scientifiques déjà mentionnées
Dans les régions Nord-Ouest de la France, pour
l'un d'eux, les pluies estivales ne profitent pas aux
cours d'eau, et pour l'autre, dans le bassin de la
Seine la fraction des précipitations atmosphé-
riques réservées annuellement par le sol est égale
au tiers de leur total. Si les deux faits sont exacts
pour nos régions de l'Ouest les résultats consignés
au tableau III le sont également. Or, une expé-
rience particulière est venue apporter pour nos
régions normandes la confirmation des faits éta-
blis pour le bassin de la Seine.
DONNÉES COMPLÉMENTAIRES D'OBSERVATION
En 1874 et 187o des observations précises ontété
faites sur tout le département de l'Orne par
M. H. de la Tournerie, ingénieur des Ponts-et-
Chaussées. De nombreux cours d'eau ont leur
origine comme la carte l'indique sur la ligne de
faite qui traverse la contrée dans sa longueur.
Tous les cours d'eau existant sur le périmètre ont
été jaugés à intervalles rapprochés, soit à leur
entrée, soit à leur sortie du département et pen-
— 74 —
danl les deux années en question. L'expérience
après calculs, a montré que là, comme ailleurs, le
tiers seulement du volume total des précipitations
atmosphériques se retrouverait dans le débit des
cours d'eau. Le résultat a été consigné vers la
même époque dans les notices météorologiques
du département de l'Orne imprimées à Alençon.
Un autre fait d'observation, qui est celui-là de
vérification courante, se rattache étroitement aux
températures du sol évaporant telles qu'elles ont
été évaluées au chapitre précédent. Leur influence
se manifeste deux fois dans l'année sur les six
mois d'un équinoxe au suivant. Des premiers
jours d'octobre aux premiers jours d'avril la sur-
face du sol ne sèche plus qu'exceptionnellement.
Alors la température du soi est, suivant le calcul
adopté, supérieure aux températures moyennes de
l'atmosphère. Les vapeurs émises par le sol se
condensent à sa surface dès leur sortie et l'eau y
reste en permanence parce que l'air en contact,
qui est alors presque saturé, ne peut la reprendre
que très lentement. Pareille chose n'existerait pas
si le sol évaporant avait la même température que
l'atmosphère, celle-ci même étant voisine de la
saturation. L'inverse du phénomène se produit
par compensation des premiers jours d'avril aux
premiers jours d'octobre. Alors, la température
du sol évaporant, toujours suivant le calcul
adopté, est inférieure aux températures moyennes
de L'atmosphère. Les vapeurs émises par lui sont
absorbées sans arrêt dès leur sortie par l'air exté_
rieur plus chaud et dont l'état hygrométrique
— 75 —
est, de plus* très éloigné de la saturation- D'autres
conséquences relatives aux cours d'eau, ont un
intérêt plus immédiat.
RÉGIMES MOYENS DES COURS D'EAU
Les résultats du tableau III développés per-
mettent en effet de définir les régimes moyens des
cours d'eau dans leurs rapports avec l'état de cou-
verture des surfaces de réception. A telle hauteur
moyenne des pluies réservée par le sol dans
l'intervalle d'un mois répondra un certain volume
d'eau dépendant de la superficie d'un bassin de
réception, superficie qu'on pourra supposer fixée
à cent hectares comme point de comparaison. Le
même volume divisé par le temps exprimé en
secondes pour l'intervalle donné répondra ainsi à
un débit de tant de litres par seconde propre à tel
ou tel mois de l'année. Ce sera un débit spécial, il
est vrai, car appliqué au même mois, il suppose
l'écoulement parvenu à destination au moment où
les pluies touchent le sol, hypothèse qui équivaut
à affecter toutes les précipitations atmosphériques
au ruissellement, alors que ce cas n'est que l'excep-
tion. Il y a donc là correction à apporter.
Le débit réel d'un cours d'eau à un moment
donné, si on supposait les pluies continues ou
venant à intervalles fixes, ne devrait en effet rien
devoir au ruissellement. Pour tel mois désigné, il
représenterait alors partie des infiltrations du mois
même, partie des infiltrations dues aux mois qui
le précèdent et dont le nombre est indéterminé.
Et ce nombre dépendrait sur tel bassin de récep-
- 76 —
tion de la profondeur du sol meuble, de sa poro-
sité et des déclivités de la surface. Le moven
terme en rapport ici avec l'observation et avec ce
qu'on sait de la lenteur de marche des infiltra-
tions, porte à admettre que les infiltrations à pro-
venir d'un mois spécifié quelconque s'arrêtent par
épuisement à l'expiration des trois mois qui le
suivent, et que chacun des quatre mois en ques-
tion donne lieu à la réception par le cours d'eau
du quart de la quantité totale infiltrée Les débits
réels inscrits au tableau IV, en regard des débits
bruts d'origine, ont été calculés sur cette base de
répartition qui laisse invariable le débit annuel.
CALCUL DES ELEMENTS DU TABLEAU IV
Les cent hectares de superficie du bassin de
réceptiou sont, on le comprend, supposés porter
sur une région de sous-sol imperméable, ou ne
pouvant donner lieu au transport des infiltrations
en dehors du périmètre qui les délimite-
Le tableau IV donne les débits pour deux états
extrêmes de la surface de réception. L'un d'eux
vise un sol moyen homogène en état ordinaire de
culture ; c'est-à-dire couvert de sa végétation spé-
ciale jusque vers fin Juin ; mais dégarni plus ou
moins complètement de tout abri sur les trois
mois suivants. L'autre, un soi de même nature,
mais abrité par une végétation qui lui sert de cou-
verture permanente sur les trois mois de l'été et
lui assure la réserve des pluies de la saison dans
la proportion de 18,50 °/0.
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— 78 —
Dans le premier cas, le rendement en eau se
traduit par le débit moyen annuel de 10,58 litres
par seconde, comportant 2,63 litres par seconde en
moyenne de trois mois d'étiage : dans le second,
par 12,32 litres par seconde comme débit moyen
annuel, avec 6,89 litres par seconde en moyenne
d'étiage. Dans le premier cas, le sol a gardé seule-
ment le tiers exactement des pluies annuelles et
dans le second 16 % environ de plus.
Dans un cas comme dans l'autre la hauteur
moyenne annuelle des pluies a été comptée par
convention à un mètre, En résumé, le tableau IV
établi pour deux conditions de surfaces extrêmes,
donne le moyen dévaluer assez approximative-
ment le rendement en eau d'un bassin de récep-
tion quelconque boisé à moitié ou au tiers ou dans
telle. ou telle autre proportion, pour telle super-
ficie ou telle hauteur annuelle des pluies pouvant
lui convenir.
Le régime des débits bruts transformé par le
retard à l'écoulement des infiltrations a été cal-
culé sur la base de retard déjà indiquée Pour juin
par exemple, et pour un sol ordinaire de culture,
on obtient comme débit avec ce point de départ :
\ (6,21 + 6,89 -f 6,87 + 10,88)
= 7,71 litres par seconde
Pour septembre, et toujours pour un sol non
couvert :
~ (5,91 — 3,52 — 2.21 +6,21)
-A
= 1,60 litres par seconde
- 79 —
Semblable calcul appliqué à un écoulement des
infiltrations fractionné au -77- par mois conduirait,
12 l
comme on voit, à la constance absolue du débit à
sa valeur moyenne annuelle de 10,58 litres par
seconde pour un sol ordinaire non couvert, et de
12,32 pour le même sol abrité, aux conditions
définies de végétation permanente.
MAXIMUM DES DEBITS EX JANVIER. — INONDATIONS
Le tableau IV montre à première vue qu'en
temps moyen normal le débit de nos cours d'eau
passe par un maximum vers le mois de janvier.
Le maximum à ce moment est presque en oppo-
sition avec le minimum des pluies de février et,
d'un autre côté, tout à fait en rapport avec les
états hygrométriques de l'air pour la même
saison. En temps ordinaire, la diminution du
volume pluvial coïncidant avec l'abaissement de
la température en hiver, ne rend pas ces crues
hivernales inquiétantes ; mais l'irrégularité même
qui préside à la répartition des pluies, jointe à
d'autres causes, peut amener de tout autres effets,
et faire de ce débit maximum un véritable flot de
dévastation. Il en a été ainsi en janvier 1910 lors
des inondations de Paris et de sa banlieue.
Les pluies persistantes et anormales survenues
vers cette époque sur tout le bassin de la Seine
très peu abrité en tous temps, et particulièrement
dégarni au moment, eurent un effet désastreux.
La crue devint inquiétante vers le 21 janvier; le
28 janvier le niveau de la Seine à Paris-Bercy
atteignit la cote d'altitude maxima de 34,60 supé-
— 80 -
Heure de 7 à 8 mètres au niveaux ordinaires
d'étiage, et causa des dommages qui sont encore
présents à toutes les mémoires. Le sol en grande
partie saturé d'eau, le ruissellement remplaçant
en grande partie aussi l'infiltration en profondeur,
l'évaporation réduite à son dernier terme, expli-
quent suffisamment les faits.
Il en eût été autrement au début de la période
historique alors que des forêts occupaient presque
toute l'étendue du bassin de réception et que la
végétation opposait au ruissellement des obstacles
sans nombre.
Postérieurement à la catastrophe, des constata-
tions suivies ont établi que le débit de la Seine était
resté anormalement fort très long-temps, même
jusqu'en juillet II faut en conclure pour d'autres
cas, que les couvertures végétales permanentes
même partielles, auraient en hiver et dans les cir-
constances ordinaires une action modératrice
encore plus certaine, puisque le ruissellement
existe toujours dans cette saison à un degré plus
ou moins fort. L'effet produit serait alors d'ordre
purement mécanique.
*
FIGURATION DU REGIME DES DEBITS
L'épure qui suit est l'image représentative de
l'allure des débits d'un cours d'eau dans une
année moyenne d'après les indications du
tableau IV, et pour les deux cas extrêmes d'un
bassin de réception découvert et d'un bassin de
réception entièrement boisé. Les courbes ont été
obtenues comme on voit en portant le temps en
— 81 —
abscisses et les déhits mensuels en ordonnées. Si
le tracé comporte trois courbes au lieu de deux,
c'est afin de faire ressortir par la figuration même
la perturbation due au ruissellement, perturbation
Allure des cours deau en régime moyen
pour l'Ouest de la France
que le calcul ne peut prévoir. A cet ellet, la courbe
initiale 0, en pointillé, représente seule la marche
des débits réels d'après le tableau IV pour le cas
d'un bassin de réception découvert Elle suppose
par le fait Le régime des pluies continu suivant la
donnée du tableau, considération qui élimine
entièrement les effets du ruissellement Les
courbes 1 et 2 qui mettent en évidence l'action du
ruissellement sur les régimes des débits s'appli-
aquent, la première à un bassin de réception déçou-
6
— 82 —
vert, et la seconde à un bassin de réception entiè-
rement boisé.
Pour la courbe 1 en effet, le ruissellement vers
les mois de décembre, janvier, -février, mars, a
évidemment pour effet d'exagérer dans une
mesure plus ou moins grande les débits normaux
relatifs à ces époques au détriment de ceux que
des infiltrations lentes pourraient maintenir sur
les mois suivants. En conséquence, de novembre
à avril, les ordonnées de la courbe 1 doivent être
en général plus grandes que celles de la courbe 0,
et plus faibles qu'elles, par contre, sur les autres
mois à partir d'avril. Les écarts sont surtout mar-
qués pour les mois de décembre, janvier et février.
La courbe 2 donne le régime des débits pour un
bassin de réception couvert d'une végétation per-
manente Ses ordonnées de novembre à avril, sont
plus faibles que celles de la courbe 0 clans cet
intervalle, parce que les débits mensuels consta-
tâmes se trouvent réduits en raison de la plus
grande résistance à l'écoulement que le sol possède
alors. La réserve se trouve ainsi reportée sur les
mois suivants où elle vient augmenter celle qui
résulte de la réduction de 1 evaporation pour l'été.
La courbe 2 figure donc la tendance des débits
vers l'uniformité.
L'ensemble des courbes 0, 1 , 2, dans son caractère
conventionnel, présente une régularité et une
symétrie en contraste avec le caprice apparent des
saisons, mais il est en rapport avec des données
qui ne peuvent être que des moyennes. La figure
admet ainsi que la hauteur des pluies est la même
— 83 -
tous les ans, et qu'il en est de même pour leur
répartition mensuelle. Dans ces conditions où le
volume débité par un cours d'eau est toujours le
même annuellement, ce que le ruissellement
supposé donnerait à l'écoulement d'hiver en Je
prélevant sur ce qui irait aux sources, contribue-
rait à l'appauvrissement de celles-ci aux saisons
suivantes et conduirait à chercher dans quelle
mesure il viendrait ainsi réduire le débit moyen
d'étiage tel qu'il a été inscrit au tableau IV sous le
chiffre de 2,03 litres par seconde pour cent hec-
tares de superficie de bassin de réception La
réduction sur l'été ne pourrait être évidemment
que très faible car elle aurait été supportée anté-
rieurement et pour une forte part par les mois de
printemps, mais, comme on ne peut s abstraire de
son principe d'existence, on doit conclure de la
remarque, que le débit à l'étiage donné par la
courbe 0-0 pour cette période ne peut être que
supérieur à la réalité que représente dans ce pas-
sage la courbe 1 .
La comparaison des régimes moyens théoriques
d'un cours d'eau ou d'une source avec leurs
régimes réels établis par jaugeage peut donner
dans certaines circonstances des indications utiles
sur la constitution du sous-sol. Le cas se présente
pour les deux sources de l'Etre et du Vieux-Douet
que La ville de Coudé a eu le projet de capter pour
son alimentation, projet qu'à son détriment elle a
abandonné.
— 84 —
RÉGIME PARTICULIER DE DEUX SOURCES
La ville de Condé, dont le territoire repose sur
les phyllades précambriens dits « Phyllades de
Saint-Lô », n'a pas à sa proximité immédiate de
sources réellement pérennes. Les sources de l'Etre'
et du Vieux-Douet, voisines l'une de l'autre, sont
situées à 6 kilomètres environ au Nord-Nord-Ouest
de la ville sur le revers de l'affleurement des con-
glomérats pourprés Cambriens qui dessinent sur
la région une crête continue Est Ouest couverte de
bruyères et de bois taillis. Elles font partie d'une
série de sources ayant toutes le même caractère de
pérennité, et dont les émergences jalonnent un
alignement presque droit entre les hameaux de
l'Etre, commune de Saint-Pierre-la-Vieille, et de
Canteloup, commune de Clécy. L'alignement est
sensiblement parallèle à l'affleurement des con-
glomérats, et se place à quelques centaines de
mètres seulement au Nord de la Crête des bruyères.
Les sources de l'Etre émergent à l'altitude de
170 mètres, celles du Vieux-Douet à 220 mètres
environ, celle de la Porte à 185 mètres environ.
Le bassin de réception des sources de l'Etre,
assez mal délimité vers le Sud, mesure, au
maximum, 30 hectares en superficie, dont 10 hec-
tares de bois taillis.
Celui des sources du Vieux-Douet, peu accusé
lui-même comme déclivité, comporte 00 hectares
y compris 12 hectares de bois taillis et d'ajoncs.
Les deux cuvettes ont leur issue vers le sud par
deux coupures existant dans l'affleurement des
— 85 —
conglomérats. Le sous-sol, à en juger par les
roches d'affleurement, est parfaitement compact el
imperméable transversalement aux bancs. Ceux-ci
plongent vers le Nord-Nord-Est sous une incli
naison de 20 à 25 degrés.
Les jaugeages ont donné les résultats suivants
en litres par seconde :
Jaugeages
Débit moyen
annuel
Débit moyen
Etiage
Source du Yieux-Douet
4,-98
6,50 (1)
2,85
3,07
Totaux de réunion . . .
11,48
5,92
ANOMALIES
Les débits théoriques à résulter de la donnée
des surfaces de réception et de la hauteur moyenne
annuelle des pluies qui, à 0 m. 75, est celle qui
convient à la région, sont tout autres. Il reste à
les évaluer, en tenant compte de l'abri végétal
partiel propre à chaque point de source.
Les données et les calculs qui ont servi à élablir
le tableau IV, appliqués à un bassin qui ne com-
porterait que - de sa surface boisée, comme à
(1) Lcchitlre de 6,50 litres par seconde comprend, comme
ce doit être, toutes les sources de la cuvette de réception
du Yieux-Douet en amont de leur rassemblement à la brèche
des conglomérats, et non pas seulement la plus haute
d'entre elles qui est celle de la Tasse, la seule dont le projet
de la ville de Condé ait voulu tenir compte, on ne sait
pourquoi.
86 —
l'Etre, conduiraient pour le rendement en eau de
cent hectares avec hauteur annuelle des pluies de
un mètre aux chiffres suivants :
Débit moyen annuel : 11,12 litres par seconde.
Débit moyen d'étiage : 4,40 litres par seconde.
De même, pour un bassin de réception qui ne
comporterait que y de couverture, comme au
VieuxDouet. les chiffres deviendraient :
Débit moyen annuel : 10,90 litres par seconde.
Débit moyen d'étiage : 3,95 litres par seconde.
En conséquence le débit moyen annuel de la
source de l'Etre devrait être :
-^- X il. 12 X 0,75 = 2,50 litres par seconde et
100
le débit moyen d'étiage :
— X 4,40 X 0,75 = 0.99 litres par seconde.
Pour la source du Vieux-Douet, le débit moyen
annuel serait :
*^p X 10,90 X 0,75 : 4,91 litres par seconde:
et le débit moyen d'étiage :
— X 3,95 X 0,75 1,78 litres par seconde.
De sorte qu'en regard du tableau précédent, rela-
tant les résultats des jaugeages, se placerait le sui-
vant, très différent du premier, obtenu par le
calcul il est vrai, mais par un calcul appuyé lui-
même sur l'observation.
Calcul
Débit moyen
annuel
Débit moyen|
Etiagc
Source de l'Etre ....
Source du Yieux-Douet.
2,50
4,91
0,99
1,78
Totaux de réunion . • .
7,41
2,77
87
Ainsi, pour la source de l'Etre, le débit moyen
annuel constaté par jaugeages est le double, et
celui d'étiage presque le triple de ce qu'ils devraient
être si la constitution du sous-sol répondait comme
imperméabilité à son apparence. Il est cependant
impossible, soit sur la carte, soit sur le terrain,
d'étendre à plus de 30 hectares la surface du bassin
de réception dont le contour doit évidemment
passer au point bas des émergences, là où les jau-
geages ont été faits.
La même anomalie se présente, quoique moins
accusée, pour les sources du Vieux-Douet dont le
bassin de réception est contigu au précédent, en
raison peut-être de son altitude plus grande par
rapport à l'autre, et sans doute aussi parce qu'il
existe quelque communication entre eux par le
sous-sol.
nécessité de l'intervention
d'un accident géologique
Pour l'ensemble des deux sources qui naissent
probablement, étant voisines, d'une réserve d'in-
filtrations commune, l'anomalie se traduit donc
par un excédent du débit moyen de 4,07 litres par
seconde, et du débit d'étiage de 3,15 litres, sur ce
qu'ils devraient être pour une surface de réception
de 90 hectares en total. La divergence entre le
résultai des jaugeages et les prévisions est telle
qu'il faut recourir pour l'expliquer à l'intervention
d'un accident géologique qui a dû rendre le sous
sol beaucoup plus propre à g-arder une réserve
88
d'eau que ne le ferait supposer la nature compacte
des roches qui le forment.
La coupe schématique ci-dessous, menée trans-
versalement à l'affleurement des conglomérats à
800 mètres à l'est de la brèche du Vieux-Douet,
vers le village de La Bidardière, montre ce que
peut être sa nature. Elle laisse voir ce que serait la
configuration du
% sous-sol si on se
3 guidait exclusive-
ment sur les cons-
tatations de la sur-
face, et en particu-
lier sur ce fait :
qu'à 300 mètres en-
viron au Nord de la
crête des conglo-
mérats, les bancs
qui plongaient à
25° environ vers le Nord-Nord Est au départ, sont
devenus là presque horizontaux-
Une masse de roches compactes et parfaitement
stratifiées d'au moins 150 mètres d'épaisseur se
serait ainsi trouvée infléchie de 20 degrés sur une
distance aussi faible que 300 mètres sans se dis-
joindre ou se désagréger L'impossibilité est
absolue avec la rigidité des assises. Il y a eu, sans
doute, sur toute la hauteur de la stratification,
rupture vers la charnière A, et suivant une ligne
de direction Est Ouest presque parallèle à l'affleu-
rement des conglomérats. Elle a laissé en place
au Nord la masse rocheuse principale en dislo-
1. Phyllades. — 2. Conglomérats.
— 3. Grès blancs bleuâtres et
schistes jaunes verdàtrcs les sur-
montant.
— 89 —
quant plus ou moins la partie au Sud, et créant
peut être entre les deux un rejet vertical plus ou
moins accusé en raison du mouvement de bascule
qui s'est opéré. Sur cette ligne de cassure Est-
Ouest, se sont fait jour les sources de l'Etre, du
Vieux-Douet, de la Porte, et probablement de
Canleloup, toutes sources pérennes. La disloca-
tion à l'Etre et au Vieux-Douet a été surtout
accusée, puisque l'existence de deux brèches dans
l'affleurement des conglomérats en ces points
témoigne à l'évidence de cassures Nord-Sud exis-
tant en profondeur et allant recouper un peu en
amont la ligne principale de rupture de direction
Est Ouest. Les deux premières sources ont ainsi
leur issue au Sud par ces brèches; les autres,
s'écoulent sur le versant Nord des bruyères.
EXTENSION DES SURFACES APPARENTES DE RÉCEPTION
L'accident ainsi défini supprime toute anomalie
entre le régime théorique des sources et celui
qu'accusent les jaugeages. D'après ceux-ci en effet,
le débit moyen annuel des deux sources réunies
est de H ,48 litres par seconde. Dans l'état de cou-
vert nie où se trouve le sol. et en tenant compte
d'une hauteur annuelle des pluies de 0 m 75, il
déviait correspondre à une surface de réception
de 140 hectares. Il n'en est rien, au moins en
apparence, comme on sait, puisque la délimita-
lion des cuvettes sur le terrain ne permet pas de
leur attribuer ensemble plus de 00 hectares. Mais
il arrive, l'accident une fois admis, que lesSOhec-
— 90 —
tares manquants se retrouvent, et viennent
s'ajouter aux 90 par adjonction à cette surface
primitive de celles qui occupent les espaces figurés
en a b sur la coupe, et qui vont de la limite Sud
des cuvettes à l'affleurement des conglomérats.
Sur ces parties, les infiltrations prises par les lils
et les joints des bancs rocheux, plongent comme
eux en inclinaison vers le Nord et vers les réserves
internes d'alimentation des sources ; elles chemi-
nent en réalité en sens inverse de la direction
qu'elles prendraient suivant les pentes de la surface
qui, au contraire, les porteraient au Sud au détri-
ment des sources En résumé la surface de récep-
tion qui profite aux sources mesure ainsi 140 hec-
tares et non 90.
L'anomalie qui porte sur la constance du débit
d'étiage au chiffre relativement élevé de 5,92 litres
par seconde pour les deux sources réunies, s'expli-
quera de la même manière.
EXISTENCE DE RÉSERVES INTERNES DES INFILTRATIONS
La surface de réception de 140 hectares dont il
faut partir, et dans l'état de couverture où se trouve
le sol, conduit pour la valeur du débit moyen
d'étiage au chiffre de 4,10 litres par seconde seule-
ment, d'après les données du tableau IV; mais
alors le débit s'applique à un sol ordinaire consi-
déré comme homogène et n'ayant qu'une capacité
de réserve restreinte, tandis qu'il en est tout autre-
ment dans le cas des deux sources. Le sol recouvre
alors une masse rocheuse ayant subi une disloca-
91
tion ou au moins une disjonction : celte masse
devenue absorbante en raison de la rupture de
stratification survenue, présente en outre une
grande puissance. Ce ne sont plus là les conditions
du sol moyen qui sont prévues au tableau IV, et
il faut avoir égard à cet état nouveau du sous-sol
devenu relativement poreux sur une grande pro-
fondeur.
Aux conditions moyennes ordinaires du tableau.
A/
les débits moyens mensuels répondent à une
répartition des infiltrations clans le sol dans la
proportion du quart sur quatre mois. Avec un sol
absorbant d'une masse supérieure à la moyenne,
la répartition s'étend sur un temps plus prolongé,
lel par exemple que six mois, et par sixièmes À
la limite, et pour un sol absorbant dont la puis-
sance serait indéfinie, la répartition s'opérerait sur
les douze mois de l'année et par douzièmes. Alors,
les débits mensuels seraient tous égaux au débit
moyen, et la constance deviendrait absolue. Dans
le cas présent, la répartition des infiltrations, en
raison d'une masse absorbante d'importance
anormale,, peut porter ainsi sur six mois au lieu
de quatre. Les chiffres du tableau IV, à ces condi-
tions, ne s'appliquent plus au cas des deux sources
et. par le fait, toule anomalie disparaît.
La même considération s'appliquerait à toute
autre configuration anormale du sol, à un sol
aride par exemple, et de puissance absorbante
réduite. La répartition des infiltrations, au lieu de
s'opérer sur quatre mois comme dans la moyenne,
ne se ferait plus que sur 3 mois, sur 2, etc. On voit,
92
qu'à ces conditions, les débits moyens d'étiage
tendent vers zéro; ce que l'expérience confirme
avec les sources temporaires nées sur des régions
de sous-sol complètement imperméables et dont
le sol arable est sans profondeur.
La constitution et l'allure générale des couches
du Gambrien dans la région des deux sources sont
connues par les documents relatifs au pli synclinal
de Saint-Rémy dont elles forment la partie Ouest.
Ici, toutefois, ces couches ont leurs accidents par
ticuliers. Alors que dans la région de Clécy-Saint-
Rémy toutes les couches du flanc Sud à partir de
l'affleurement plongent au Nord-Nord-Est par 20
à 25 degrés d'irrclinaison, et conservent la même
allure jusqu'à une distance assez grande de
l'affleurement, les mêmes couches ou similaires,
dans la région des sources, partant de l'inclinaison
de 25 degrés ou environ, se retrouvent à très peu
près horizontales à 300 ou 400 mètres seulement
de distance de l'affleurement. A la brèche de l'Etre,
la distance est même moindre. Ces remarques
viennent en explication complémentaire de la
coupe géologique figurée plus haut. La poursuite
de la discussion conduit encore à d'autres préci-
sions.
CONSTITUTION GÉOLOGIQUE DU SOUS-SOL
La rupture dans là stratification indiquée sur la
figure précédente au changement de pente, si
probable qu'elle soit, n'est cependant qu'une hypo-
thèse. La stratification à l'affleurement pourrait
— 93 -
très bien en effet partir de l'inclinaison de 20°à2;'>°
pour se raccorder en courbe à peu de distance
avec l'horizontale, une certaine plasticité des bancs
y aidant. Mais, s il en était ainsi, le régime des
sources ne serait pas celui que montrent les jau-
geages; ce serait celui qu'indique le tableau IV
pour une surface de réception de 90 hectares
seulement, et non celui qui se rapporte à une
surface de 140, paisqiïalors les lits de stratifica-
tion ne seraient plus absorbants. Et, dans ce cas
même, il resterait encore à trouver l'explication
d'une réserve interne des infiltrations dont l'exis-
tence est nécessaire pour rendre compte des débits
d'étiage anormalement forts en pareille circons-
tance, débits qui ne s'expliquent que par la dislo-
cation ou la rupture survenue dans la masse
entière stratifiée. En résumé donc, la tenue toute
spéciale du régime des sources de l'Etre et du
Yieux-Douet, comparée à ce qu'elle serait sur une
stratification inaltérée, a permis de conclure à la
constitution géologique réelle du sous-sol et, par
le fait, au meilleur mode de ca plage des infiltra,
lions.
RENDEMENTS EN EAU
A ATTENDRE DES SURFACES DÉSIGNÉES
L'ensemble des aperçus développés dans les
quatre chapitres de ce mémoire sur le problème
des sources et des cours d'eau dans ses rapports
avec la végétation comporte en dernière analyse
la réponse à faire à la question suivante-
— 94 —
Quelle devra être, évaluée en hectares, la surface
du sol qu'il faudra couvrir de telle ou telle végé-
tation appropriée, pour donner lieu pendant les
trois mois de l'étiage et pour nos régions de
l'Ouest, à un supplément d'infiltrations ou d'eau,
de source représenté par le débit constant et per-
manent de un litre par seconde dans le même
laps de temps ?
Il sera admis que la surface en question recouvre
un sous-sol imperméable, ne donnant lieu par
conséquent à aucune action de transport des infil-
trations en dehors de la cuvette de réception des
pluies, celle-ci formantelle-même bassin fermé en
terre arable de suffisante profondeur.
La hauteur moyenne annuelle des pluies sera
prise au chiffre de 0m75, pour fixer les apprécia-
tions sur une condition climatérique moyenne.
Le tableau IV montre immédiatement que le
supplément d'infiltrations à attendre d'une sur-
face de cent hectares aménagée sera :
6,89 X 0,75 == 5,17
disons 5 litres par seconde.
La surface répondant à la quantité supplémen-
taire de un litre par seconde pendant les trois
mois d'étiage sera par conséquent :
o
Soit 20 hectares, aux conditions du tableau IV ;
c'est-à-dire dans l'hypothèse où la couverture
végétale serait celle qui couvrirait un sol de cul-
ture remis en friche, apte à conserver dans son
û
intérieur et avec le temps, la proportion de 18,50 %
des pluies de l'été.
Il est possible en outre de concevoir un aména-
gement de surface conduisant à un coefficient de
réserve supérieur, puisqu'un sol cultivé en sar-
rasin et assuré de cet abri sur les trois mois de
l'année, serait apte à retenir, comme on l'a indiqué,
la proportion de 28,6 °/0 des pluies de la même
saison.
La superficie répondant alors au débit supplé-
mentaire de un litre d'eau par seconde se réduirait
à 13 hectares seulement. Il a dû en être ainsi, pour
un état différent de couverture, au début de la
période historique, alors qu'en même temps les
e fiels du ruissellement étaient inconnus.
LE DÉBIT DU NOIREAT \ CONDÉ
Le débit des rivières, ici, celui du Noireau et de
la Druance dont le confluent est à Condé même,
se mesure de la même manière et sur les mêmes
bases que pour une source isolée, en partant des
données du tableau IV.
Le bassin du Noireau à Condé couvre à l'amont
une surface de 10.500 hectares dans laquelle se
trouvent compris 550 hectares de bois ou de taillis
représentant — de la superficie totale.
Pour cette proportion de couverture, le calcul
conduit, pour le rendement en eau de cent hec-
tares avec hauteur annuelle des pluies de un mètre,
au débit de 10.038 litres par seconde pour le débit
moyen annuel et à celui de 2,772 litres par seconde
— 96 —
pour le débit moyen d'étiage au lieu de 10,58 el
2.03 pour sol découvert.
Le débit mo>en annuel de la rivière pour une
hauteur moyenne annuelle des plui is qui sera
évaluée à 0m95 esl ainsi :
iiiSl x 10,638X0,93 1662 litres par seconde.
Et le débit moyen d'étiage :
-^ V 2.772 0,93 1-35 litres par seconde.
LE Dl BJ I i»i I \ mu \n« I v C( »M>i
Le bassin de réception de la Druance, plus
étendu que le précédent, couvre une bu r face de
20.850 hectares dans laquelle se trouvent compris
1115 hectares de bois ou de taillis situés en grande
partie dans la région des hautes sources vers les
bois d'Ondefontaine el delà Ferrière. La propor
lion de couverture esl de — eni iron
Le tableau l\. sui baises, donnerait poui le
rendement en eau de cent hectares avec hauteur
annuelle des pluie- de un mètre, 10,667 litres par
seconde au lieu de 10,58 pour un boI découvert.
Le débil moyen annuel de la rivière est ainsi,
pour une hauteur des pluie- de 0 75, inférieure
de 0,20 à celle île la vallée du Noireau :
X 10,667 0,7 i I 665 litres par seconde.
Le débit d'étiage appelle, lui, une remarque
particulière Comparé au régimedu Noireau, celui
de la Druance allée le une allure sensiblement plus
— 97 —
torrentielle qu'explique aisément la configuration
du sol du bassin de réception de ce cours d'eau.
Alors que le Noireau, dans la plus grande partie
de son cours en amont du confluent, coule dans
une très large vallée, peu ramifiée, déversants très
peu inclinés, et où le sol présente presque partout
une grande épaisseur, la Druance traverse son
bassin de réception sur un terrain d'aspect tout
différent. Transversalement au cours de la rivière,
la vallée principale assez peulargeettrèsencaissée,
est coupée par un grand nombre de ravins abrupts,
rocheux ie plus souvent ou peu garnis de terre
arable, et sur les plateaux il en est de même On
peut remarquer encore à cette occasion que, sur
cette surface, la direction générale de la rivière
prend en écharpe l'orientation sensiblement Est-
Ouest des phyllades verticaux et aussi les assises
cambriennes du bassin supérieur. Il n'est certai-
nement pas admissible avec cet état de surface, où
toutes les pentes du relief sont accusées, que les
infiltrations dans le sol aient, pour le bassin de la
Druance, une marche ralentie au même degré que
celles qui alimentent le Noireau et ses affluents.
Si, pour ce dernier bassin, les infiltrations se
divisent ou s'étalent par quarts de leur total sur
une durée de quatre mois, conformément aux
prévisions du tableau IV on pourra admettre que,
pour le bassin de la Druance, il faille limiter leur
durée moyenne de marche à trois mois et même
à deux. Le débit moyen annuel n'est affecte en
rien par ce changement ; mais le débit moyen
d'étiage l'est au contraire très sensiblement- Le
_ 98 —
débit, chiffré au tableau IV à 2.li.'{ litres par
seconde en bassin découvert, tombe alors à 4,78
litres seulement pour le bassin couvert de bois à la
proportion du vingtième.
Le débit moyen d'étiagede la rivière la Druance
est ainsi :
-=^-X 1,78 X0.75 =278 litres par seconde.
A la réunion des deux rivières au confluent, les
débits d'ensemble pour les deux cours d'eau
réunis sont :
Débit moyen annuel 1.665 \- 1-665 3.330
Débit moyen d'étiage 135 -f 278 713
en litres par seconde.
VARIATION m DÉBIT DES COURS D'HAÏ
AVEC LA RÉPARTITION DE8 IM.l II S SUE IWMI
Ces chiffres de débit, moyenne certaine, parce
qu'ils portent, d'après le tableau IV, sur un nombre
extrêmement grand d'observations et, par le fait,
sur un régime annuel des pluies un »> en lui même,
n'ont rien de commun avec des moyennes parti-
culières de débit obtenues au cours d'années
isolées. Il faut reconnaître en effet que le débit
moyen annuel d'un cours d'eau en pareil cas,
même pour une hauteur annuelle des pluies toujours
la même, varie entre certaines limites avec le mode de
répartition de celles-ci <l<ms Vannée considérée. Le
tableau Y a été calculé pour mettre le fait en évi-
dence pour les bassins du Noireau et de la Druance
et pour deux cas extrêmes.
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— 100 —
Il s'applique d'abord à une répartition qui se
présente assez souvent dans notre région basse-
normande ; celle d'un automne et d'un hiver
anormalement pluvieux suivis d'un printemps et
d'un été relativement secs ; le toul pour une année
normale cependant dans l'ensemble au point de
vue de la hauteur totale des pluies déversées.
L'application des méthodes et des coefficients
adoptés jusqu'ici conduit alors à un rendement en
eau d'écoulement qui surprend de prime abord en
ce qu'il dépasse de beaucoup le tiers des précipi-
tations annuelles ; à ce point que, pour retrouver
ce tiers considéré comme réglementaire, il faut
multiplier par 0,80 tous les coefficients S de retenue
précédemment adoptés si on veut satisfaire au
programme des tableaux III et IV !
Pour un régime pluvial autre, mais toujours
irrégulier, la correction serait autre aussi. En
résumé la retenue des eaux par le sol devrait être
diminuée par rapport à la normale pour les années
anormalement pluvieuses en saisons froides, et
augmentée dans le cas d'une irrégularité de régime
inverse. Le fait peut sembler extraordinaire, mais
il est réel cependant, et la discussion de la formule
qui donne le coefficient S en facilite beaucoup
l'explication. Cette formule déjà employée est :
S== 1 — 0, 1.955 H (I — e)
Ses éléments variables sont e et H, état hygro-
métrique de l'air et tension maxima de la
\ apeur d'eau à la température du sol évaporant.
101 —
VARIATION DES COEFFICIENTS DE RETENl E
Pendant les pluies d'automne ou d'hiver, et
même consécutivement à l'observation, les états
hygrométriques de l'air sont toujours également
voisins de la saturation d'une année pour l'autre,
qu'il s'agisse dans un cas d'une année à répartition
normale des pluies ou dans un autre d'une année
exceptionnellement pluvieuse au\ mêmes pé
riodes : ces états existent dans les deux cas à leur
même valeur: mais plus ou moins longtemps- En
conséquence la valeur de la parenthèse (1 e est
la même dans les deux cas. Mais, dans le second.
celui des pluies anormales d'automne et d'hiver,
l'autre facteur essentiel del'évaporation, la tension
de vapeur II, s'exagère très notablement par
rapport à ce qu'elle était en année normale. Les
périodes exagérément pluvieuses de l'automne et
de l'hiver sont en effet toujours accompagnées
d'une élévation marquée de la température de
l'air par rapport à la moyenne. Les tensions II
acquièrent alors des valeurs qui, pour le mois
de janvier peuvent être de 20 à 25 % supérieures
à ce qu'elles étaient en années normales,
froides relativement. Le terme 0,1955 H (I — e)
augmente en conséquence et par suite la différence
1 — 0,1955 11(1 — e) ou S, coefficient de retenue
par le sol, diminue.
L'évaporation qui se trouve ainsi exagérée dans
ces périodes est perdue au complet pour l'écoule-
ment, puisqu'il un automne et un hiver mouillés
— 102 —
doivent succéder, suivantla donnée, un printemps
et un été secs.
L'augmentation de H appréciée comme possible
à 20 ou 25 % pour janvier, d'après l'échelle des
températures est, à ce chiffre, un maximum cer-
tain, mais non applicable aux trois mois d'au-
tomne qui le précédent et aux trois mois qui Le
suivent. Appliquée à l'ensemble des deux saisons
d'automne et d'hiver, elle ne peut certainement
dépasser 10%, ce qui revient à multiplier par 0,90
les coefficients S de retenue des tableaux 111 et 1\
pour les adapter au régime pluvial nouveau- Ces
nouvelles valeurs du coefficient de retenue' des
pluies sont inscrites à La quatrième colonne du
tableau V.
Pour le printemps ef L'été, l;i question reste
entière ; mais il est visible qu'elle aboutit à une
solution en tout semblable à La précédente. Les
deux saisons sont données comme sè< lies, par
continuation d'un régime anormal ; alors les états
hygrométriques e ont une valeur au-dessous de
la moyenne de saison et, par le fait, la parenthèse
(1 — e) augmente encore de valeur. Il en est é\ i
demment de même pour II. tension maxima de La
vapeur d'eau. 1 températures ne pouvant
qu'augmenter dans les mêmes conditions. Dès
lors la différence 1 — 0,1955 H il — e), ou S.
diminue pour le printemps et l 'été comme cela a
été le cas pour l'automne et l'hiver, malgré l'oppo-
sition des situations, excès de pluie d'un côté,
rareté de l'autre. La 4me colonne du tableau V com-
prend ainsi, comme nouvelle- \aleurs du coeffi-
— 103 —
cient de retenue S, celles du tableau III et IV mul-
tipliées toutes par 0,90, c'est-à-dire pour les douze
mois de Tannée.
En regard de ce résultat, il reste à placer celui
auquel conduirait le régime pluvial inverse : e'est-
à dire celui qui comporterait l'automne et l'hiver
anormalement secs avec un printemps et un été
exagérément pluvieux. Il serait en tout l'opposé
du précédent Les coefficients de retenue des pluies
par le sol seraient ceux des tableaux III et IV, non
plus réduits de 10% ou multipliés par 0,00, mais
majorés de 10 °/0 par la multiplication par 1,10.
Dans le premier cas cependant le débit moyeu
annuel augmente et dans le second il diminue
Donc en résumant :
OSCILLATION DES DEBITS AUTOUR DUNE MOYENNE FIXE
La réserve par le sol du tiers des précipitations
atmosphériques est la règle quand le régime de
ces précipitations est moyen, ou parallèle dans sa
marche à celle des températures moyennes de l'air.
Les oscillations sont plus ou moins grandes autour
de cette moyenne suivant que les irrégularités de
régime sont plus ou moins accusées. La nature des
choses enfin tend, par elle-même, à amortir ces
oscillations (1). Telles sont les principales cône In
1) Les pluies anormalement fortes en saisons extrêmes par
rapport n la moyenne ordinaire réchauffent l'ambiance en
hiver et la refroidissent en été. La chaleur de condensation
due aux pluies est en effet prépondérante en hiver à eau-''
de l'évaporation presque nulle, tandis qu'elle se trouve plus
qu'atténuée en été en raison de l'évaporation beaucoup plus
intense de la saison. De lacet équilibre relatif quant aux
réserves des pluies par le sol au cours des années.
— 104 —
sions àtirerde la discussion. Le résumé par chiffres,
et pour le cas spécifié, est le suivant :
Pour des hauteurs annuelles de pluies de 0m95
pour le Noireau et de 0m75 pour la Druance, les
débits moyens annuels, en répartition normale
des pluies dans l'année sont de 1865 litres par
seconde pour chacun des cours d'eau. Les débits
moyens d'étiage sont :
Pour le Noireau, de 435 litres par seconde ;
Pour la Druance, de 278 litres par seconde.
Dans le cas spécifié de répartition exagérée des
pluies sur l'automne et l'hiver, les hauteurs plu-
viales annuelles restant les mêmes avec le sol rete-
nant une moindre proportion de celles-ci qu'en
temps normal, les débits moyens des deux cours
d'eau passent de 1665 à 1850 litres par seconde.
Par contre, les débits moyens d'étiage faiblissent,
et deviennent :
Pour le Noireau, de 240 litres par seconde;
Pour la Druance, de 107 litres par seconde. .
Et pour toute la région, il en est du régime des
puits comme de celui des rivières.
Dans le cas d'une répartition inverse : celle de
pluies exagérées sur le printemps et l'été pour les
mêmes hauteurs annuelles, les résultats seraient
inverses : réduits par rapport à la normale quant
aux débits moyens annuels qui tomberaient à
1480 litres par seconde environ, augmentés quant
aux débits d'étiage avec une retenue cependant
plus grande par le sol qu'en temps normal.
La moyenne entre ces cas extrêmes reproduirait
alors les débits normaux de 1665 litres par seconde
— 105 —
en moyenne annuelle et enfin, le tiers des préci-
pitations atmosphériques se retrouverait dans les
eaux d'écoulement. Toutes ces prévisions sont
conformes aux faits.
EPURE DE FIGURATION DES DÉBITS
DU NOIREAL ET DE LA DRUANCE, TABLEAU \
Les deux groupes de courbes D.\ et D'Y
(Druance et Noireau) donnent comme il est
indiqué au croquis, la marche des débits des deux
rivières ensemble pour deux modes de répartition
irrégulière des pluies sur Tannée, et chacun pour
un semestre différent. Ils amplifient plulôt qu'ils
ne les atténuent les écarts avec le régime moyen
normal. Les ordonnées des courbes marquent les
débits à l'échelle pour les deux cas, bien que le
tableau V, pour éviter la multiciplité des colonnes,
ne donne pas les débits mensuels se rapportant au
dernier.
()n remarquera que toutes ces courbes accusent
un jarret plus ou moins prononcé vers la date du
15 juin. Il est dû à la modification qui se produit
à ce moment dans la couverture végétale du sol.
Jusqu'au 15 juin la végétation, encore dans toute
sun activité, modère Tévaporation par le sol : niais,
à partir de cette date, la disparition graduelle des
récoltes l'accélère presque subitement, et occa
sionne la chute rapide des débits. Dans les trois
mois d'avril, de mai cl de juin, les moindres
averses <mi encore leur effet visible sur L'écoulé-
— 106 -
ment, mais à partir du 15 juin, rien n'arrête plus
la décroissance des débits. Aucun fait ne prouve
mieux l'influence des couvertures végétales dans
les régions de sous- sol imperméable que celle
constatation. H est possible qu'il ne soit pas aussi
net dans les régions de sous-sol relativement per-
méable : mais, quoique moins apparent, il existe
toujours.
Le jarret des quatre trajectoires du tableau V
vers le mois de juin devient particulièrement
accusé pour les courbes IV el V qui, pour une
bauteur annuelle des pluies supposée constante,
portent sur une répartition anormale de celles-ci
sur le printempsel L'été. La conséquence à en tirer
est que le débordement des rivières el les inonda
lions possibles en belle >;uson de\ ronl se produire-
vers le mois de juin, si accidentels qu'ils soient.
11 existe ainsi pour no- régions deux époques dans
l'année pour ces inondations possibles : une en
janvier qui esl ordinaire, el une autre très acciden
telle qui se place vers juin. En janvier le phéno-
mène coïncide avec le minimum ordinaire des
températures de l'air, ce qui est normal, el en juin
avec leur maximum. Cette anomalie pour juin
s'atténue beaucoup si on remarque que ce
maximum des températures est alors en coïnci-
dence avec un épanouissement de végétation qui
vient modérer L'évaporation par le sol en raison
de la saturation de l'air à la surface. S;m^ cette
coïncidence, les inondations en belle saison ne
s expliqueraient pas au cours ordinaire de- phoses
SÉANCE DU 12 JANVIER I920
Présidence de M. le Dr Mgutier, vice-président
La séance est ouverte à 17 heures et demie et levée à
18 heures et demie.
Assistent à la séance : MM. Bigot, Bugnon, Chemin.
ê
Dr Lebailly, Mazetier, Mercier, Dr Moutier, Poisson.
Viguier, ainsi ([ue M. Le Testu, Administrateur des
Colonies.
Le procès-verbal de la séance du 1er décembre 101'.»
est lu et adopté après une rectification de M. le Dr Moi .
tier, relative à la localité indiquée pour YAntedon
(espèce indéterminée) : ce fossile provenait de la plaine
de Giberville.
Les ouvrages reçus depuis la dernière séance soi M
déposés sur le Bureau.
Elections. — 11 est procédé à l'élection des membres
du Bureau et d'une partie des membres de la Commis-
sion d'impression.
Sont élus successivement :
Président MM. Dr Moltieh.
Vice-Président Leboucher.
Secrétaire Bigot.
Nice-Secrétaire Bugnon.
Trésorier . . Mazetier.
Bibliothécaire Lortet.
Vice-Bibliothécaire . . . Poisson.
Archiviste Chemin.
Membres de la Commission d'impression :
pour deux ans. MM. Mercier, Viguier, I)1 Osmont.
pour un an . . Dr Lebailly.
_ 108 —
Propositions de la Commission d'impression. — La Com-
mission d'impression, dans sa réunion du lundi 8 dé-
cembre 1919, a décidé de soumettre à la ratification de
la Société les décisions suivantes
1° A partir de la séance de février 1920, le droil d'en-
trée des nouveaux membres sera porté de 5 fr. à 10 IV.
2° Les tirés à part des communications pourront être
livrés aux auteurs aussitôt que l<- tirage ensera possible
par l'imprimeur
Ces propositions sont adoptées.
Admissions. —Sont admis, à la suite des présentations
faites dans La dernière séance :
l comme membres résidants de la Société :
M. Boutgi es, maître <!<' conférences de botanique à
la Faculté des Sciences, présenté par MM. Bigoi <•!
Vigi ii h ;
M. le D' Marcel \ igot, ancien interne des Hôpitaux,
place Saint-Sauveur, 20, présenté par MM le I)1 Le bai 11 3
et le D Moutier :
2° comme membres correspondants de la Société :
M. Marcel Dlm^. préparateur <le botanique à ta Sor-
l>'»nne. rue l'aidherb?. 38, Paris (\i présenté par
MM. Bigot et \ iguier ;
Madame Gatinj licencl - ^-Sciences, rue Bellechasse,
Ai, à Paris, présentée par MM. Bigot et Viguier;
M. Henri Humbert, préparateur de botanique à la
Faculté des Sciences de Clermonl-Ferrand [Puy-de-
Dôme), présenté pai MM. Bigot et Viguier.
Présentations. — Sont présente- :
1° pour devenir membres résidants de la Suciei
M. Leïestu, ingénieur agronome, Licenciées-Sciences.
— 109 —
administrateur des Colonies, rue Caponière, 41, pré-
senté par MM. Bigot et Viguier ;
M. Audigé, maître de conférences de zoologie à la
Faculté desSciences, présenté par MM. Bigot et Mercier :
M. le Dr Lemamssier, place Saint-Martin, 22, présenté
par MM. Bigot et le Dr Lebailly ;
M. le Dr Desbolis, ancien interne des Hôpitaux, rue
des Jacobins, 29, présenté par MM. le Dr Moutier et le
1)' Lebaillv ;
2° pour devenir membres correspondants de la Société :
M. Giilliermoxd, chargé de cours à la Faculté des
Sciences de Lyon, rue de la République. 19, à Lyon,
présenté par MM. Viguier et Buguon;
M. Chermezon, chef des travaux de botanique à la
Faculté des Sciences de Strasbourg, présenté par
MM. HoLiard et Viguier.
Communications. — M. Mercier présente deux
rats vivants, appartenant à l'espèce Mus norvégiens
et dont l'un offre la particularité d'avoir un pelage
noir, l'autre ayant le pelage gris habituel de l'es-
pèce- M. Mercier compte utiliser cette intéressante
capture pour des recherches de génétique dont il
fera connaître les résultats à la Société.
Il fait ensuite une communication, avec pré-
sentation d'échantillons, relativement à deux
espèces de Thysanoures nouvelles pour la faune
de Normandie (Isotoma crassicauda Tullb- et
Cyphodeiras albinos Nie.)
M. Poisson expose les résultats d'un travail con-
cernant un cas de gigantisme chez une grégarine
Cephaloidophora talitri Mercier)
M. Bug-non soumet à la Société, de la part de
— III! —
M. Dalibert. quelques observations enlomolo
giques relatives : 1° à un cas de mort apparente
d'un insecte du genre Ifarpalus: 2° à la date de
première apparition d'un papillon, le Citron
(Rhodoceru rhammi L.) : 3e ;i quelques faits de la ^ ie
des abeilles.
L. MERCIER. Sur deux espèces de
Thysanoures nouvelles pour la faune de
Normandie.
C'estànE Brébissois (1827) que l'on doit le pre
mier essai d'un Catalogue des Thysanoures
recueillis dans le département du Calvados. Mais,
depuis cette époque, aucune contribution un peu
importante n'a été apportée à L'étude de ce groupe :
c'est tout à fait incidemment que la présence
d'Anurida maritima (1) Guér. ;i été signalée par
Fauvel (1868) et plus récemment par Cadeau de
Kerville(I898 et 1901).
Or, en raison de la date à laquelle de Brêbisson
a publié son mémoire, et des progrès de nos con-
(1) Anurida maritima Guér. est une petite Li pur elle do
2 mill. de long, de couleur bleu ardoisé, d'un aspect velouté
avec des poils blancs. Kilo ne quitte pas la zone que le flot
envahit et on ne la trouve jamais ailleurs qu'à la côte, soit
sur les rochers, soit à la surface des petites flaques d'eau
que la mer laisse en se retirant. Cet insecte semble être très
généralement répandu sur nos côtes : Boulonnais, Nor-
mandie, Bretagne. On le rencontre aussi sur la côte Atlan-
tique de l'Amérique du Nord.
— ni —
naissances sur les Thysanoures, il est de toute évi-
dence que l'étude de ce groupe est à reprendre sur
des données nouvelles.
Pour cette fois, je me contenterai de signaler la
présence, dans la région de Luc sur-Mer, de deu\
espèces intéressantes par certaines particularités
biologiques. L'une (Isotoma crassicauda Tullberg
est marine, l'autre (Cyphodeirus albinos Nie) se
rencontre surtout dans les fourmilières.
I. — Isotoma crassicauda Tu.ilb.erg.
Isotoma crassicauda Tullberg est une Podurelle
que j'ai recueillie au moment dune grande marée
de septembre sur le rocher « Le Quilhoc », face à
Luc-sur-Mer.
Cet Insecte a été particulièrement bien étudié
par Moniez (1890) (1). L'animal est de petite taille et
atteint au maximum 2.025 (* de longueur; le corps,
de couleur grise, est court, ramassé, bombé à sa
partie dorsale, il est couvert de poils assez rares et
courts. La tête est relativement volumineuse.
/. crassicauda est très agile et saute lorsqu'on
veut la saisir; elle nage également bien et peut
vivre plusieurs jours sous l'eau. D'après Moniez,
tout dans cet Insecte semble être organisé pour la
nage : ce la très large queue terminée par des
« muerons tridentés qui soutiennent de larges
« membranes, les ongles inférieurs de* pattes
(1) Montez a montré que YActaletes neptuni Giard n'esl pas
autre chose que Vlsolnma crassicauda Tullberg.
— n2 —
« transformés en palettes creuses très développées
« et enfin l'appareil membraneux disposé autour
« de l'ongle supérieur qui est très élargi, é\idé et
« qui fait lui-même l'office dune rame, concou-
« rent puissamment à ce but, et il eut été surpre-
« nant qu'un animal ainsi construit ne fut pas
« nageur ».
Jusqu'alors, à ma connaissance, la présence
d'J. crassicauda a été signalée sur La côte orientale
de l'île Gottland, en Scanie, sur les côtes dq
Boulonnais.
Tullberg a recueilli cette espèce sous les Ugues
roulées, au bord dr la mer : Moniez l'a capturée
soit sur des rochers qui découvrenl pendanl li
longtemps et ;i toutes les marées, soil au milieu
des Moules en un point qui découvre quelques
heures par jour seulement aux marées ordinaires.
C'est d'un niveau sensiblement identique à ce
dernier que pro\ iennent les exemplai res recueillis
sur « Le Quilhoc ».
i
II. — Cyphodeirus <ill>in<>s Nicolet.
J'ai reneonlré celle Podurelle dans une fourmi
lière édifiée par Lasius flavus Fab. dans un jarii n
à Luc-sur-Mei .
Ce petit Thysanoure a le corps aplati, d'un blanc
vitreux brillant : il esl trèsagileet saute lorsqu on
veut le saisir.
Cyphodeirus albinos peut se rencontrer chez
presque toutes nos espèces de Fourmis, et sa pré-
sence a été constatée en Suisse, en Hollande- en
— 113 —
Angleterre, en Italie, aux environs de Prague, en
France.
C'est Moniez (1890) qui, le premier, a signalé la
présence de ce Thysanoure en France. Il l'a ren-
contré dans des fourmilières à Lille, au Portel
(Pas-de-Calais), à Amiens, à Coucy-le-Château
(Aisne), à Chinon, à Mailly-la-Ville, A vallon,
Chaumont-en-Bassigny ; il l'a reçu (1894) du Prof.
Emery en provenance de Chamonix.
Depuis, Janet (1897) a trouvé C. albinos à Beau-
vais. D'après ce dernier auteur, les Cyphodeirus
introduits dans des fourmilières artificielles y
vivent très longtemps, se tenant soit sur les parois
latérales des chambres, soit de préférence sur la
face inférieure des morceaux de verre qui forment
le plafond ; ils n'ont aucun rapport direct avec les
Fourmis. Aussi, bien que la constance de la pré-
sence des Cyphodeirus dans les fourmilières en
fasse de véritables myrmécophiles, Janet les place
dans la catégorie des synœkètes. D'ailleurs, cette
Podurelle a été rencontrée assez fréquemment
hors des fourmilières ; on l'a recueillie vivant en
liberté ça et là dans la mousse des forêts, dans de
vieux troncs d'arbres, dans des jardins. Elle est
sans doute attirée dans les nids des Fourmis par un
genre de nourriture et par certaines conditions
favorables qu'elle y rencontre plus facilement
qu'ailleurs.
(Laboratoire de Zoologir
de la Faculté des Sciences de Caen)
8
— 114 -
INDEX BIBLIOGRAPHIQUE
1X27. — de Brébisson. Catalogue «les Arachnides,
des Myriapodes et des Insectes aptères que
l'on trouve dans le département du Cal
vados. Mémoires de la Société Linnéerine
de Normandie , T. 3, p. 254.
1869 — Fauvel. Compte-rendu de l'excursion
entomologique au Havre 1rs i, ."> 6 juil-
let 1868. Bal. Soc. Lin. de \ormandie, 2 S .
T. 3, p. 299.
1898-1901. — Gadeai de I\i:h\ ii.i.i:. Recherche sur
les faunes marines et maritimes de la
Normandie, 2me voyage, p. 359; 3" voyage,
p. 194.
1897. — Jaxet (Ch.) Eludes sur les Fourmis,
les Guêpes et les Vbeilles Note 14. Rap
ports des animaux myrmécophiies avec
les Fourmis. Imprimerie Ducourtieux,
Limoges,
1890. r- Moniez. acariens et Insectes marins des
côtes du Boulonnais. Il Insectes I.
Thysanoures. Revue biol. du \ord de la
France, T. IL p. a38.
1890.— Moniez. Notes sur les lh>sanoures. I\ . Sur
deux Podurides qui vivent dans les four-
milières (Cyphodeirus albinos Nieolet et
Lipura taberculaia Moniez). Rev. biol. du
Nord de la France, T. 3, p. 64.
1894. - Moniez. — Sur quelques Arthropodes
trouvés dans les fourmilières. Rev. biol. du
Nord de la France, T. 6, p. 201.
— 115 —
R. POISSON. — Gigantisme chez une Gréga-
rine (Cephaloidophora tafrtri Mercier) (1).
Etudiant le cycle évolutif d'une Grégarine para-
site du tube digestif du Talitre (Talitrus saltator
Mont.J, j'ai constaté Fexistence de formes géantes
chez ce protozoaire.
La Grégarine normale est une dicystidée trapue.
L'épimérite est peu développé mais nettement
séparé du protomérite par une cloison. Le noyau
toujours situé dans le deutomérite est sphérique
avec un seul nucléole également sphérique et de
nombreux grains chromatiques.
(t) Le genre Cephaloidophora a été créé par Mavrodiadi pour
une Grégarine des Balanes. Ce Protozoaire est caractérisé par
l'existence d un stade intracellulaire au cours de son déve-
loppement. Le genre semble comprendre actuellement les
espèces suivantes, toutes parasites du tube digestif des crus-
tacés.
C.(Frenzelina) fossor Lèg. du Pinnotheres pisiwi Penn.
C. — commuais Mavrodiadi des Balanes.
C. — maculata Lèg. et Dub. du Gammarus marinas
Leach.
C. — talitri Mercier du Talitrus saltator Mont.
G. delphinia E. Watson de Talorchestia longi-
cornis.
G. — nigrofusca E. Watson d'Uca pagnax et puqi-
lator.
G. — olivia E. Waston de Libinia dabia.
G. — Brasili n. sp. d'Orchestia littorea Mont.
G. — echinogammari n. sp. d'Echinogammarus
Berilloni Gatta.
— 116 —
Le protomérite renferme un corps nuclêoïde se
colorant vivement par L'hématoxyljne ferrique et
le carmin boracique. Le protoplasme proloméri-
tique renferme en outre une substance basopbilc
particulière le rendant plus foncé après coloration
que le deutoméritc.
Suivant le stade de son développement, le para
site se montre très variable dans sa taille.
On note même des différences très nettes entre
les formes parvenues au stade de sporadin comme
le montre le tableau ci dessous.
Formes \<>hm m es
Pri mites .
Longueur
Largeur
Diamètre
ilu noyau
Diamètre
du
nucléole
■i à 5 u
Diamètre
du corps
nucléoide
lii à 75 ji
qqfs SU <y
1 0 à 30 ;j
s à H» •<
2 à 3 •).
•
Satellites.
I.'i ;i T.'i <j.
—
■ i à i <). 5
z
Mais à côté de ces formes normales on ren
contre parfois des individus géants- Ceux-ci ne
sontjamais réunis en syzygies, ils se présentent
toujours isolés et on les retrouve rejetés avec les
excréments.
Les dimensions de ces formes géantes sont les
suivantes :
— 117 —
Formes Anormales
Longueur
Largeur
Diamètre
du noyau
Diamètre
du
nucléole
Diamètre
du corps
nuHéoïde
Parasites .
NT à 90 [JL
39 à 46 [a
13 à 14 [J.
sur
11 à 12 {jl
7 à 9 [jl
4 a o [j.
Ces formes géantes ne sont pas très fréquentes.
Cependant si on examine avec soin un certain
nombre de TaJitres on les trouve à coup sûr.
Leurs caractères sont les suivants :
La couche cuticulaire est plus épaisse que dans
les formes normales. Le cytoplasme du dëutomé-
rite est plus clair et il renferme des enclaves assez
volumineuses.
Le noyau est ovale el peut contenir plusieurs
nucléoles. Il esthyperchromatique; la chromatine
peut être disposée à son intérieur sous forme d'un
gros nucléole et de nombreux grains chroma-
tiques, ou bien condensée dans un ou plusieurs
nucléoles. Dans quelques cas en effet j'ai constaté
la présence de trois nucléoles un peu différents de
taille.
Le protomérite à lui seul peut atteindre 13 (J- de
longueur sur 25 [J- de largeur. Son protoplasme
semble avoir perdu de sa propriété basophile.
Le « corps nucléoïde » est plus gros que dans
les formes normales et atteint i ;j- quand il est
unique, mais il est presque toujours dédoublé
l'un des « corps nucléoïdes » a alors 3 M- et
l'autre 1 H- 5.
- 118 —
Les individus géants rejetés avec les excréments
sont inconnaissables plus de 24 heures après leur
expulsion. Mais, peu à peu, ils sont envahis par de
grosses bactéries mobiles et ils se désagrègent.
Cette résistance particulière est peut-être due à la
plus grande épaisseur de la cuticule. Les formes
normales rejetées dans les mêmes conditions sont
détruites au bout de quelques heures.
Les formes géantes se différencient donc nette-
ment des formes normales. Elles se développent
comme elles, mais au lieu de s'accoupler lors-
qu'elles ont atteint la taille ordinaire, elles conti-
nuent de s'accroître, puis meurent sans former de
syzygies et sont rejetées avec les déjections.
L'existence de formes géantes chez les Gréga-
rinesadéjà été signalée par Léger cl Di boscqJ 1915);
ces auteurs ont constaté chez Porospot a nephropsis
(Lég. et Dub.) la présence, parmi les formes nor-
males, de longs sporadins solitaires moins nom-
breux que les couples, mais très différents des
sporadins normaux par leur taille et par leur
forme.
Les sporadins ordinaires onl de 200 à 2i0 % de
longueur; ils présentent un noyau sphérique avec
un nucléole et L'extrémité postérieure du deuto-
mériteest aussi large que le diamètre moyen.
Les formes anormales, au contraire, atteignent
1300 jj. de longueur, leur noyau est ovale et ren-
ferme un ou plusieurs nucléoles, enfin leur extré-
mité postérieure est atténuée en pointe.
Ces formes présentent donc quelques analogies
avec les formes géantes de C. talitrl
— 119 —
Comment expliquer l'apparition chez C. ialilri
de ces individus géants.
Nous savons que pour certaines cellules géantes
le gigantisme cellulaire peut être dû :
1° Soit à l'action d'un parasite ;
2° Soit au métabolisme propre de la cellule.
On sait, en effet, que certaines cellules peuvent
vivre en hébergeant un parasite et que la présence
de ce dernier détermine leur gigantisme. Sied-
lecki (1907-1911) amis ce fait en relief en l'étudiant
chez Caryotropha et chez Laukesteria ascidiœ.
Or je n'ai pas trouvé de parasites chez les formes
géantes vivantes de C talitri, leur gigantisme ne
me paraît donc pas lié à une cause de ce genre.
Examinons si la cause du gigantisme relève du
métabolisme cellulaire.
Si l'on calcule les volumes respectifs du cyto-
plasme, du noyau et du nucléole chez une gréga-
rine normale et chez une forme anormale on peut
exprimer ces différents volumes par les nombres
suivants :
1° Forme normale :
Cytoplasme . . . • « 2119
Novau 21
Nucléole 1
2° Forme anormale :
Cytoplasme 4791
Novau $7
Masse nucléolaire . . . 15
On peut alors constater que si le rapport du
noyau au cytoplasme reste à peu près constant il
— 120 -
n'en est pas de même du rapport du nucléole au
cytoplasme.
D'un côté nous avons pour les formes normales :
W=0'0004
De l'autre pour les formes géantes :
Nous savons que pour/?. Hertwig (11)04), la varia-
tion du rapport karyocytoplasmiquc serait une
cause déterminante du gigantisme.
C'est ainsi que si chez Actinosphrrium les condi-
tions mauvaises du milieu amènent la perturba-
tion du rapport karyocytoplasmique normal, la
cellule ne se divise plus, elle continue de s'accroître
et devient géante.
Aussi, nous sommes en droitde nous demander,
s'il ne faut pas voir dans la variation du rapport
delà masse de chromatine nucléaire, à la masse
cytoplasmique, le déterminisme du g uantisme
chez C. talitri.
Laboratoire <!<• Zoologie (Caen .
SÉANCE DU 2 FÉVRIER 1920
Présidence de M. le Dr Moltier, président.
La séance est ouverte à 17 heures et demie et levée à
18 heures et demie.
Assistent à la séance : MM. Bugnon, Chemin, 1)' Le-
BAILLY, LORTET, MaZETIEH, Dr MoUTIER, POISSON, SÈ\ I .
Dl VlGOT.
MM. Bigot, Mercier, Viguier et Bouygues, empêchés,
ont exprimé leurs regrets de ne pouvoir prendre part à
la réunion.
Le procès-verbal de la séance du 12 janvier J920est
lu et adopté sans observations.
Les ouvrages reçus depuis la dernière séance sont
déposés sur le Bureau.
Don à la Bibliothèque. — Les trois brochures suivantes
sont offertes par M. l'abbé Letacq :
Letacq (abbé) : Une Famille de Savants. Les De Brébisson
(Imprimerie Alençonnaise, \i, rue des Marche-
ries. Alençon, 1919).
Letacq (abbé) : Excursions mycologiques faites en l'.U/
et 1918 dans le Nord du département de la Sarthe
(Extrait de la Société des Arts, t. XL VII, lei fasc,
Le Mans, 1919).
Letacq (abbé) et Gerbault (Ed.) : Note sur la flore du
Marais de Louzier, à Assé-le-.Boisne (Extrait du
Bulletin de la Société d'Agriculture, Sciences
et Arts de la Sarthe, 1919, 1" fasc).
Correspondance. — Le Président donne lecture d'une
lettre de notre confrère M. Houard, qui demande à la
Société de bien vouloir mettre à la disposition de l'Ins-
titut botanique de Strasbourg qu'il dirige, des volumes
disponibles du Bulletin et des Mémoires. La Société
décide d'accueillir favorablement cette demande et !.'
122
Président se déclare prêt à compléter au besoin la col-
lection offerte, à l'aide des doubles qu'il possède per-
sonnellement.
Nécrologie. — Le Président fait pari de la mort de
notre confrère, M. Langlais, ancien directeur des Ser-
vices agricoles de l'Orne, décédé le 14 janvier 1920, dans
sa 65,ne année, à Alençon. M. Langi as était membre
correspondant de la Société depuis L883. Ceux de n<>^
confrères qui ont assisté à la séance annuelle du
9 juin 19J9 l'ont encoreeu pour compagnon (l'excursion
dans la forêt d'Ecouves. Il ,\ étail accompagné de son
fils, M. l'abbé [anglais, qui demande à reprendre la
place de son père dans notre Société.
L'expression des regrets de la Société sera inscrite au
procès-verbal et transmise à la famille du défunt..
Admissions. — Sont admis, à la suite des présentations
faites dans la dernière séance :
1° comme membres résidants de la Société
M. LeTestu, ingénieur agronome, licencié ès-Sciences,
administrateur des Colonies, rue Caponière, 41, pré-
senté par MM. Bigot el \ iguier :
M. Â.UDIGÉ, maître de conférences de zoologie à la
Faculté des Sciences, présenté par MM. Bigot et Mercier!
M. le Dr Lemanissier, place Saint-Martin, 22, présenté
par MM. Bigot el le D Lebaillj :
M. le Dl Desboi i-, ancien interne des Hôpitaux, rue
des Jacobins, 29, présenté par MM. le I)' Moulier et le
I)1 Lebailh ;
2° comme membres correspondants de la Société :
M. Guilliermo:vd, chargé de cours à la Faculté des
Sciences de Lyon, rue de la République, 19, à Lyon,
présenté par MM. Viguier et Bugnon ;
M. Chermezon, chef des travaux de botanique à la
Faculté des Sciences de Strasbourg, présenté par
MM. Houardet Viguier.
— 123 —
Présentation. — Est présenté pour devenir membre
correspondant de la Société :
M. l'abbé Langlais, professeur à l'École Saint-Fran-
çois-de-Sâles, à Alençon (Orne), par MM. l'abbé Letacq
et Leboucher.
Budget. — Le Trésorier présente son compte de ges-
tion pour l'année 1919 et fait l'exposé de la situation
financière de la Société au 1er janvier 1920.
Une commission, composée de MM. Chemin et le
D1 Lebailly, examine les comptes du Trésorier, qui sont
reconnus exacts. La Société adresse ses félicitations et
ses remerciements à M. Mazetier pour son dévouement
et son excellente gestion.
La Société arrête ensuite le projet de budget suivant
pour l'exercice 1920 :
Crédit :
Solde en banque au 1er janvier 1920 ... 451 44
Montant du livret de Caisse d'Épargne . . 1.788 29
Total. 2.23'.) 73
Recettes :
Encaisse au 1er janvier 1920. . . 22 70
Subvention départementale. . .. 400 »
Arrérages de 22 obligations 3 % • 320 »
Intérêts à 4,50 % des 2 bons de
1.000 francs de la D. \. , . . 90 »
Arrérages de 2 inscriptions de
rente 5 0/o 15° )}
Intérêts de fonds placés à la Caisse
d'Épargne
Montant des cotisations .... 1.200 »
Vente de publications 100
Total. 2.3(32 7<) 70
formant, avec le précédent un crédit de :
— 124 —
DÉPENSES
Indemnité au Bibliothécaire- de
l'Université pour le service de la
Bibliothèque 250 »
Frais de gestion (convocations,
affranchissements, recouvre-
ments, etc.) 2(»0 »
Impression des Bulletins de 1919
et de 1920, en prévoyant L5
feuilles à 110 francs la feuille,
pour chaque bulletin .... 3.300 »
Total. 3.750 » 3.750 »
lequel, déduit de celui du crédit
donne, pour l'année 1921, une
somme disponible de ... . 852 i l
Communications. M. Chemin décrit L'organisa-
tion florale et la pollinisation chez les Lathrsea, éi
notamment chez L. Clandeslina. H présente à ce
sujet des échantillons conservés dans l'alcool de
fleurs de L. Clandestine et de L- Squamariq, des
aquarelles des fleurs de la Clandestine, et des
échantillons de diverses espèces de bourdons pol-
linisateurs.
M. le Dr Moutier présente ensuite une valve d'un
Spondyle de grande taille, recueillie dans le
Cénomanien de Beaufour-en \uge.
125 —
E. CHEMIN. — Organisation florale et Polli-
nisation chez les Lathraea.
La fleur a été souvent décrite. Organe aérien,
d'observation facile, aux formes délicates et parfois
vivement colorées, elle devait attirer l'attention
des botanistes.
Duchartre(3) a fait une étude détaillée de la fleur
de Lat. clandeslina, tant au point de vue morpho-
logique qu'au point de vue anatomique ; il a suivi
le développement des différentes pièces et des
différents verticilles : il a montré en particulier,
que la concrescence des sépales et des pétaLs est
réalisée dès le début, et qu'elle n'est pas le résultat
d'un développement en largeur, que l'irrégularité
des pièces d'un même verticille s'observe dès
L'origine, pour lui la lèvre supérieure est formée de
deux pièces, il a décrit la structure de l'étamine
et du pollen et sa germination sur les papilles
stigmatiques, il a étudié enfin ovaire, style, stig-
mate et ovules qu'il range dans les ovules ana-
tropes avec raphé tourné vers le bas.
Hofmeister en 1851 (5) décrit le sac embryon-
naire, chez Lat. squamaria, avant la fécondation
et suit son développement après fécondation.
En 1858 (6), il revient sur le même sujet et insiste
particulièrement sur les tubes embryonnaires,
formations très spéciales dont il essaie d'établir le
rôle.
Gh. Bernard (1), dans ses recherches sur rem-
— 126 —
bryogénie de quelques plantes parasites, reprend
l'étude du sac embryonnaire de Lat. squamaria. Il
le décrit avant et après la fécondation, et note la
formation et le développement des tubes embryon-
naires de Hofmeister, qu'il considère comme des
suçoirs « digestifs et conducteurs de matières
nutritives » pour l'albumen et L'embryon.
Jusqu'ici aucun auteur n'a déterminé le rôle et
la nécessité des insectes dans le transport du
pollen des anthères sur le stigmate <>n ne trouve
dans la littérature que quelques vagues indications
concernant la visite des fleurs par les bourdons.
J'ai pu faire, sur le Lat. clandestina, de nom
breuses observations et réaliser des expériences
concluantes sur la nécessité des insectes peur la
pollinisation. Avant de les rapporter, je décrirai
l'organisation florale en insistant sur les particu-
larités qui expliquent la nécessité d'une inter-
vention.
I. — Organisation florale
1° Lat. chmdëstina. — La Qeur apparaît et s'épa-
nouit dès les premiers beaux jours. J'ai rencontré
des fleurs ouvertes dès lin février. En 1919, année
où la végétation a été particulièrement tardive, au
1er mars, une fleur était entièrement épanouie au
pied d'un mur en un endroit bien exposé. Ce n'est
que vers le 15 mars, sous notre climat, que la
floraison est abondante, elle se poursuit pendant
tout le mois d'avril, et vers le t;> mai les dernières
fleurs sont fanées.
— 127 —
Les fleurs sont sensibles à la gelée. Tant que les
dents du calice restent rapprochées, les Heurs
résistent assez bien au refroidissement nocturne,
mais lorsque les dents s'écartent et laissent sortir
la corolle et les parties sexuées, une légère gelée
suffit pour les tuer, la corolle noircit et la fleur est
perdue. Ceci ne se produit que chez les fleurs trop
précoces, car dès le mois de mars, les gelées sont
peu fréquentes dans le fond des vallées, et déjà les
arbres, les arbustes et surtout les herbes assurent
une protection efficace.
La fleur de Lathrœa est donc une fleur du tout
premier printemps. Elle apparaît alors que les
.violettes, les primevères, les narcisses, les ané
mones ne sont pas encore fleuries. Déjà quelques
hyménoptères mellifères sortent de leur sommeil
hivernal et pendant les heures ensoleillées se
mettent en quête de nourriture.
Les rameaux floraux, toujours souterrains,
portent une seule fleur à l'aisselle de chaque feuille
Un même rameau donne de 25 à 30 fleurs. Les
fleurs inférieures apparaissent les premières, et,
successivement, les autres se développent en allant
de bas en haut; les premières peuvent être déjà
fanées que les dernières ne sont pas encore
ouvertes. La sortie se fait par allongement du
pédoncule qui peut atteindre 5 à 6 centimètres de
longueur suivant son origine sur le rameau floral
et suivant la profondeur de ce dernier: tout
semble calculé pour que seule la fleur surgisse à
la surface
Les écailles, à l'aisselle desquelles les fleurs
— 128 —
prennent naissance, sont à peine modifiées; elles
sont encore charnues, creusées de nombreuses
chambres, un peu moins épaisses que Les écailles
normales, et surtout plus écartées de l'axé par
suite de la présence du pédoncule.
La fleur est formée de 4 \ ert ici lies. \ l'exception
du verticille interne, chaque verlicille comprend
4 pièces, généralement soudées et de taille inégale.
Les pièces d'un verticille alternent avec les pièces
des deux verticilles voisins et la bractée alterne
avec les deux pièces antérieures du calice. C'est
donc une fleur gamopétale, irrégulière et herma-
phrodite.
Le calice est un tube largement ouvert se termi
nant par 4 dents obtuses et légèrement arquées
Les sépales sont charnus, blanchâtres, avec
quelques bandes rouge violacé au sommet. Ils ne
présentent pas de i><>iU. Ils persistent pendant la
formation du fruit cl jusqu à l'expulsion des
graines.
La corolle également tubulaire présente deux
lèvres très inégales. La lèvre postérieure est la
plus grande : elle a la forme d'un casque avec une
arête assez prononcer sur La Ligne médiane Cette
arête est déterminée par le style qui s'applique
exactement à l'intérieur, suit la courbure et sort à
l'extrémité sur une Longueur de plusieurs milli-
mètres. Au sommet, les deux bords de la lèvre se
rapprochent et viennent presque au contact. Il est
difficile d'admettre l'existence de deux pièces dans
la lèvre supérieure comme le fait Duchartre, car
la pression du style dans la région médiane, qui
— 129 —
serait la région de soudure, devrait empêcher La
fusion. La lèvre antérieure ou inférieure est
formée de 3 pièces ; elle s'étale en une lame
divisée par deux sillons profonds; la partie
médiane est sensiblement plane, les parties laie
raies sont ondulées.
La corolle est vivement colorée ; la lèvre supé-
rieure est d'un bleu-violacé qui s'intensifie avec
l'-âge, la lèvre inférieure est rouge-violacé. La
partie inférieure du tube est blanchâtre. Ce tube
est étranglé au-dessus de l'ovaire et à ce niveau,
intérieurement, on peut voir une couronne de
poils- La structure de ces poils a été l'objet d'une
étude de Heinricher (4). Ce sont des poils rigides
dont la pointe est recroquevillée ; ils sont formés
de 3 ou 4 cellules, quelquefois 2 ; toutes ces cellules
ont un noyau et du protoplasme sans amidon ;
leur membrane externe comprend 3 couches ; une
cuticule tendre à l'extérieur, une couche lignifiée
très importante et une couche interne cellulosique,
c'est un des rares exemples de cellules à parois
lignifiées et à contenu vivant. Sur le rôle de ces
poils, Heinricher écrit : « la tâche qui incombe à
ces poils, comme à l'étranglement du tube de la
corolle, consiste à tenir à distance les visiteurs
indésirables ». Quel est le genre de visiteurs auquel
il fait allusion ? Il ne le dit point. S'il veut parler des
bourdons, il est certain que la couronne de poils
ne suffit pas à lee arrêter. Quant aux insectes plus
faibles, cette barrière ne peut plus être efficace
après qu'un bourdon en a écarté les éléments.
9
— 130 —
Uandrocée est formée d'un seul vcrticille de
4 étamines. Duchartre déclare n'avoir pas trouvé
trace de l'avortement d'une .V"' élamine qui corres-
pondrait à son 5me pétale, le nombre i est l)ien le
nombre typique.
Les étamines sont superposées aux sépales, leurs
fdets sont soudés assez longuemenl au tube de la
corolle. Les deux étamines antérieures se détachent
de la lèvre inférieure el les deu\ étamines posté
Heures de la lèvre supérieure Quelle que soit leur
origine, les filets se dirigent vers la lèvre supé-
rieure, se disposent parallèlement au style el
symétriquement de pari el d'autre. Les étamines
antérieures sonl un peu plus longues que les
étamines postérieures.
Les anthères sont cacher- bous le casque, il faut
écarter les deux bord- de la lèvre supérieure poul-
ies observer. Elles formenl une masse en appa
renée unique par suite de leur rapprochement en
un espaee resserré el de leur union par leur
sommet. Elles sont jaunes, renflées, à disposition
introrse, un sillon médian divise chacune d'elles
en deux loges, et sur chaque loge un sillon moins
profond, s'étendant sur toute la longueur, sépare
les deux sacs polliniques. Chaque loge se pro
longe vers le bas par une sorte d'ergot ou d'éperon
de 1 ' ' 5 de longueur, cette extrémité est garnie
en outre de poils fins formant brosse Au sommet
de chaque anthère on aperçoit un bouquet de
poils raides qui s'enchevêtrent avec les poils de
l'anthère voisine et déterminent une forte adhé
rence, les quatre anthères sont ainsi reliées par
— 131 —
leur sommet, l'ébranlement de l'une se commu-
nique aux autres-
Sur une coupe de l'anthère on voit l'assise
mécanique interrompue au niveau des sillons
latéraux.
Le pollen provient des cellules-mères qui, par
leur division, donnent naissance à quatre grains,
suivant la règle générale. Chaque grain est libre,
sphérique, à surface lisse sans aucune ornemen-
tation ni proéminence, avec quelques pores petits
et circulaires
Un peu avant l'ouverture des sacs polliniques,
une torsion de l'anthère autour de l'extrémité du
filet ramène en avant la partie inférieure de
chaque loge, et l'éperon terminal fait légèrement
saillie en dehors de la lèvre supérieure-
Lors de la déhiscence, les deux bords s'écartent
lentement sous la pression de la masse pulvéru-
lente interne; dans la fente largement baillante le
pollen apparaît. Gh. Le Gendre (7) rapporte une
description de Lat. c/arcdes/maparGuillemare qui.
parlant des étamines, les compare à des nacelles
dont « la proue est chargée de longs poils inco-
lores ». La comparaison est heureuse; par leur
disposition horizontale, leur forme allongée et
l'éperon qui prolonge chaque loge, elles rappellent
assez bien un bateau chargé.
Le gynécée est formé de deux carpelles entière
ment soudés; aucun indice ne révèle extérieure-
ment l'existence de deux pièces; ovaire, style ei
stigmate apparaissent uniques.
L'ovaire est petit, aplati latéralement, le style
— 132 —
long, grêle, recourbé, disposé sous le casque qu'il
dépasse par son extrémité, le stigmate légèrement
renflé se distingue surtout par sa couleur jaunâtre
du style violacé-
En coupe l'ovaire ne présente qu'une seule
cavité où font saillie les placentas sons forme de
deux masses volumineuses. Il provient donc de
deux feuilles carpellaires soudées bord à bord.
C'est un ovaire uniloculaire el La placentation est
pariétale Des deux carpelles, l'un esl antérieur,
l'autre postérieur. Par suite de l'aplatissement
latéral, les deux groupes de placentas arrivent
presquo au contact, niais il u'\ a jamais soudure.
Les régions, des nervures médianes, à chaque
extrémité du grand axe. restent minées et corres-
pondent aux fentes de déhiscence du fruit.
Le style est creusé d'un canal clans toute sa lon-
gueur; un léger étranglement montre qu'il est
également formé de deux parties soudées, lune
antérieure, l'autre postérieure
Le stigmate est couvert de papilles courtes et
serrées. A la loupe, on distingué une fente trans-
versale qui n'est que l'élargissement du canal
stylaire
Les ovules sont au nombre de i. disposés par 2
sur chaque groupe de placentas, et groupés égale-
ment par 2 en 2 étages superposés. Ils sont gros et
remplissent toute la cavité ovarienne. Ils sont du
type anatrope avec raphé tourné vers le bas et
micropyle ramené vers le haut- Le nucelle est
conique et n'est recouvert que d'un seul tégument.
A la partie inférieure des ovules, on observe un
— 133 -
petit prolongement conique transparent dont la
pointe est dirigée vers le placenta. Duchartre l'a
figuré et l'a désigné sous le nom « d'appendice en
crochet », il ne parle ni de son rôle, ni de son
évolution. Cet appendice persiste pendant toute la
transformation de l'ovule en graine. Au moment
de la maturité, il se dessèche, noircit, et laisse sur
la graine une tache oblongue, noire, à surface légè
rement chagrinée. Cette tache, très constante, H
visible encore sur les graines les plus vieilli
permet d'orienter la graine et de déterminer la
place de l'embryon Le grand axe détermine le
plan médian; une coupe passant par ce plan
passe toujours au voisinage de l'embryon si (in-
sensiblement à l'opposé de la tache
Un nectaire est situé à la base de l'ovaire. Il est
jaunâtre; en forme de lamelle, et embrasse la
partie antérieure de l'ovaire; c'est un anneau
incomplet réduit à un dièdre. 11 est haut de I
environ et lobé au sommet Duchartre le désigne
sous le nom de disque: il y aurait découvert cinq
dents dont une dent médiane un peu plus courh.
Le nombre de ces dents est quelquefois réduit à i.
et la dent médiane toujours peu accusée, peul être
la plus longue Je n'ai pu observer aucun pore au
sommet de ces dents, toute la surface paraît être
secrétrice au moins dans la région terminale et ^\n
côté externe. Dans une coupe transversale on dis-
tingue : un épiderme à parois externes très légè
rement épaissies et non cutinisées ; un parenchyme
laeuneux sur les deux faces, assez abondant, el
grands éléments; au milieu, formant une zoi
— t?4 —
plus sombre, un parenchyme dense, serré, à petites
cellules renfermant quelques vaisseaux ligneux et
quelques tubes criblés.
Le liquide sucré est élaboré dans le parenchyme
à petites cellules, filtre au travers du parenchyme
lacuneux et suinte à la surface. Il s'accumule au
fond du tube de la corolle toujours dressée. Il est
préservé de la pluie et de la rosée par la forme en
casquede la lèvre supérieure. Il constitue pour les
insectes un appât qui n'est pas dédaigné.
Le nectaire n'est qu'une dépendance de l'ovaire
comme l'a signalé G. Bonnier chez le Lai. squa-
maria (2), ce n'est pas un verticille floral.
La fleur nous apparaît donc comme formée de
4 verticilles seulement constitués chacun par
4 pièces à l'exclusion du verticille interne qui n'en
a que deux ; cette disposition résulte en toute évi-
dence de la disposition des écailles sur la tige : il
y a inégalité des pièces dans chaque verticille. Les
anthères sont enfoncées sous la lèvre supérieure
et maintenues à bonne distance du stigmate, ell< -
sont situées au-dessous de lui. Il n'\ a pas ouver-
ture brusque de l'anthère, cl par suite pas de pro-
jection de pollen ; ce dernier en tombant san
poudre le tube de la corolle et la lèvre inférieure,
mais n'atteint pas le stigmate
La fleur renferme les Jeux organes sexués:
organiquement elle est hermaphrodite; l'est-elle
physiologiquement? La période de maturité des
étamines correspond-elle à celle du stigmate ? La
question mérite d'être examinée, car, suivant
Y\ arnstorf (10), le Lai squunaria est protérogyne.
— 135 —
Duchartre a montré que les différentes pièci
florales de Lat. clandestina apparaissaient et se
développaient régulièrement de l'extérieur vers
l'intérieur. La fleur ne pourrait donc être que
protandre. Mais l'émission du pollen est lente, elle
dure plusieurs jours, et coïncide au moins pen-
dant quelque temps avec un stigmate bien déve
loppé et en état de réceptivité. Si le pollen ne peut
de lui-même se fixer sur le stigmate de la même
fleur, transporté par un agent étranger, il \ peut
germer.
2° Lat. sguamaria- — Les fleurs apparaissent à
peu près à la même époque que celles de Lat. clltn-
destina. Le maximum de floraison s'observe entre
le 15 avril et le Ie* mai.
Elles sont groupées sur un pédoncule floral,
dressé, entièrement aérien, et légèrement recourbé
au sommet, il peut porter 20 à 25 fleurs sur une
longueur de 12 à 15 ri".
A la base de chaque fleur est une véritable
bractée. C'est une lame foliacée membraneuse
sans cavités internes, elle est parcourue par 5 à
7 nervures qui se ramifient à leur extrémité.
Les péclicelles floraux sont minces et courts.
Le calice est formé de quatre pièces soudées en
un tube terminé par 4 dents 11 est blanchâtre el
velu- Les poils qui se retrouvent sur les bords des
bradées et surtout sur le pédoncule floral, son!
longs et renflés à leur sommet ; ils sont constitués
par des cellules placées bout à bout sauf à lextré
mité où on trouve une masse pluri cellulaire
— 136 -
ne peuvent être comparés aux glandes secrétrices
de l'intérieur des écailles.
La corolle est moins grande que chez le Lai. clan
destina, elle dépasse le calice de quelques milli-
mètres seulement. Elle présente encore deux
lèvres ; la lèvre supérieure est droite, la lèvre
inférieure ondulée et aplatie. Les pétales sont
colorés d'une légère teinte rose à leur extrémité.
On ne remarque ni étranglement du tube de la
corolle, ni présence de poils à l'intérieur.
Les élamines sont au nombre de i, dont 2 anté-
rieures un peu plus grandes Comme chez le
Lat. clandestina, les anthères sont rendues soli-
daires à leur sommet par l'enchevêtrement de
poils disposés en bouquet, l'extrémité inférieure
de chaque loge présente un éperon. Les anthères
restent également incluses dans la corolle ; à
l'ouverture on n'aperçoit que leur sommet et les
filets recourbés des étamines antérieures. Le
pollen est sphérique, sans ornementation ni pro-
tubérance.
La partie femelle comprend 2 carpelles ouverts
et concrescents L'ovaire est gros, renflé, unilocu
laire, les placentas sont épais et portent de nom-
breux ovules. Le style recti ligne longe les filets
staminaux et s'épanouit à l'extérieur de la corolle
en un stigmate gros et jaunâtre.
Mes observations n'ont pu êlre ni assez nom-
breuses, ni assez suivies pour que Je puisse
infirmer l'opinion de Warnstorf (10) lorsqu'il
considère la fleur de Lat. squamaria comme pro-
térogyne. Je ferai remarquer seulement que le fait
— \M —
d'un stigmate proéminent bien visible, et d'an
thères cachées nécessite une observation méticu-
leuse pour s'assurer que l'émission du pollen a
lieu avant, après, ou pendant la maturité du
stigmate, et n'apercevant que le stigmate on est
porté à croire que les anthères ne sont pas encore
ouvertes-
Le nectaire a encore la forme dune lamelle
triangulaire située en avant de l'ovaire et à sa base.
Il ne forme pas un anneau complet comme chez
d'autres Rhinanthacées. G. Bonnier (2) le compare
à celui du Méiampyre, et constate qu'il n'est qu'une
dépendance du carpelle antérieur.
Toutes les fleurs d'une même grappe sont
inclinées vers le bas et tournées du même côté. Le
pédicelle trop faible pour supporter la fleur s'est
retourné et en même temps il s'est tordu d'une
quantité convenable pour amener la fleur dans la
direction du maximum de lumière. Il en résulte
que l'inflorescence a un aspect tout différent de
celle de Lai. elandestina. En outre les fleurs sont
petites, peu colorées et ne peuvent être considérées
pour les insectes comme des organes vexillaires
Le nectar, en raison de la forme penchée, imprègne
les parois du tube de la corolle, et ne peut être
mouillé par l'eau de pluie et la rosée malgré
l'absence de casque, il peut constituer pour les
insectes une attraction suffisante
IL — Rôle des Insectes
Par une belle journée de la fin de mars ou du
début d'avril, il est curieux d'observer une touffe
— 138 -
de Lat. c landes tina. Les corolles bleues bien épa-
nouies tranchent sur le fond vert de la prairie
émaillée de quelques Heurs de pâquerette et de
pissenlit. Les insectes commencent à sortir. Le
gros Bombas hortorum L est l'un des premiers el
l'un des plus actifs. Il surgit dé terre, cl, d'un vol
rapide, il se dirige en droite ligne vers une tleur de
Clandestine Ils'ypose, et, écartant avec ses pattes
les lèvres de la corolle, il s'y enfonce tête première
jusqu'à disparaître presque en entier. \u\ mouve-
ment des (terniers anneaux de son abdomen, on
devine qu'il aspire avec avidité le liquide sucré
accumulé au fond du tube. Lorsqu'il a épuise la
provision, il arrive avec quelque effort, à sortir de
ce tube un peu étroit pour lui cl se pose aussitôt
sur une fleur voisine.
Lorsqu'il entre dans une autre Heur, il frôle le
stigmate avec son dos. et dépose involontairement
la poussière fécondante dont il est porteur.
Il est possible qu'en sortant, le bourdon fiole le
stigmate de la même fleur et \ laisse un peu de
pollen dont il vient d'être chargé. Dans ce cas. il
provoquerait la fécondation directe. Mais après
un certain nombre de visites, son dos est recouvert
de pollen d'origine diverse, el, s'il ne touche le
stigmate qu'en sortant, il dépose, avec le pollen
dont il vient de se charger, du pollen étranger, il
y a fécondation indirecte. Les deux, genres de
fécondation sont donc possibles, et l'un et l'autre
résultent de la visite du bourdon.
Le Bombas arenicola Th apparaît à la même
époque; il est aussi atli ié par les fleurs de La/, clan
— 139 —
destina, sur lesquelles je l'ai souvent capturé.
Gros comme le précédent, il doit faire effort pour
atteindre le fond du tube de la corolle, il ébranle
toute la fleur, fiole les anthères et sort le dos cou
vert de pollen.
Le Bombas muscorum F. visite également Les
fleurs de Lai. clandestina- Son apparition est plus
tardive, et déjà beaucoup de fleurs sont fanées
lorsqu'il commence ses sorties. Un peu plus petil
que les précédents, il pénètre plus facilement
jusqu'au fond de la corolle, il en sort couvert de
pollen dont il a déterminé la chute en ébranlant
les anthères. En entrant ou en sortant il frôle le
stigmate et y dépose un peu de pollen.
D'autres hyménoptères plus petits parmi les-
quels on a pu reconnaître : Apis mellifica L-,
Halictes cylindricas L , semblent aussi attirés par
les fleurs de Lai. clandestina. Ils ne s'enfoncent
pas dans le tube de la corolle à la recherche du
liquide sucré. Ponr eux la pénétration serait
aisée, l'étranglement du tube très rapproché du
fond, la couronne de poils déjà écartés et peut-être
brisés par la visite des bourdons ne constituent
pas un obstacle sérieux Ce qu'ils recherchent,
c'est le pollen. A peine posés sur la lèvre inférieure,
ils se dirigent vers les anthères et, se retournant
sur le dos, ils attaquent la masse pulvérulente qui
déborde et en font provision. Le dessous de leur
corps est saupoudré de pollen, le dessus n'en pré
sente pas. Si donc, en sortant ou en entrant dans
une autre fleur, ils heurtent le stigmate ce ne sera
qu'avec leur dos dépourvu de toute poussière. En
— 140 —
raison de leur petite taille, ce n'est qu'accidentel-
lement qu'ils louchent le stigmate, ils ne jouent
aucun rôle dans la pollinisation (1 ).
Les Lépidoptères sont peu nombreux à cette
saison. Je n'en ai vu aucun se poser sur une fleur
de Clandestine.
Le rôle principal est rempli par les Bourdons.
Leur intervention esl indispensable pour assurer
la fécondation.
Pour m'en assurer, j'ai fabriqué de petites cages
avec un treillis métallique à mailles assez serrées
pour empêcher le passage de tous les hyménop-
tères. Des touffes de Lnf. clandestina, ne compre-
nant que des fleurs jeunes non ouvertes celles
qui étaient ouvertes auparavant furent coupées
furent recouvertes avec ces cages : les pieux for-
mant Je bâtis étaient enfoncés dans le sol de telle
sorte que toute pénétration par dessous Fût impos-
sible. Des touffes voisine- non recouvertes ser-
vaient de témoins.
Les Bourdons venaient visiter les Meurs libres:
il se fixaient quelquefois sur le treillis métallique
et essayaient d'atteindre le- Heur- protégées, mais
se rendant compte de l'impossibilité ils n'insis
taient pas longtemps
Après défloraison complète et maturation du
fruit, les cages furent enlevées, chaque fruit fut
examiné, et les graines turent comptées Voici les
résultats :
(t) Je tiens à remercier ici M. Lichtenstcin à qui je dois
la détermination des hyménoptères que j'avais capturés.
— 141 —
ive expérience, faite au milieu d'une prairie en
un endroit bien exposé ;
507 fleurs avaient été recouvertes ;
500 ne présentaient aucun développement de
l'ovaire :
3 avaient un ovaire un peu développé, sans
aucune graine ;
1 avait un ovaire développé avec une seule
graine ;
3 avaient donné un fruit déjà éclaté.
Dans une touffe voisine toutes les lleurs
s'étaient transformées en fruits ; la majeure partie
des fruits avaient expulsé leurs graines; ceux qui
étaient moins avancés renfermaient 4 graines,
quelquefois 3 et exceptionnellement 2.
?me -expérience, sur une colonie végétant près
d'un ruisseau, le développement avait été plus
lent et plus tardif :
544 fleurs avaient été protégées ;
508 ne présentaient aucun développement de
l'ovaire ;
33 avaient un ovaire plus ou moins gros sans
aucune graine ;
2 avaient un fruit gros et une seule graine dans
chaque fruit;
1 frait était éclaté-
Dans une touffe témoin de 35 lleurs, 19 avaienl
donné des fruits normaux avec (30 graines au total,
dans 13 d'entre elles il n'y avait pas eu développe-
ment de l'ovaire, 3 fruits avaient expulsé leurs
graines.
Dans deux autres expériences laites sur des
— 142 -
touffes croissant à l'ombre delà rive d'un ruisseau
une cinquantaine de rieurs avaient été recouvertes.
Aucun fruit ne se forma, alors que sur des fleurs
voisines non protégées les fruits étaient nom-
breux.
Les fleurs non visitées par les insectes ne sont
donc pas fécondées. Les cas, très rares, où il y a
eu formation de graines dans des fleurs protégées
peuvent s'expliquer par des accidents de crois-
sance. Certaines fleurs riaient venues au contact
des parois de la cage, leur lèvre supérieure s'était
aplatie contre les parois, anthères et stigmate
avaient pu se trouver rapprochés au point que
quelques grains de pollen avaient pu se déposer
sur le stigmate.
Peut-on admettre que les insectes n'intervien-
nent que pour assurer la pollinisation indirecte et
que seul ce genre de pollinisation soit efficace!' La
pollinisation directe sans l'intervention d'agents
étrangers est difficile en raison de l'organisation
florale, lorsqu'elle a lieu accidentellement elle
paraît aboutir à la fécondation puisque certaines
fleurs protégées ont donné naissance à quelques
graines.
Les bourdons ne sont pas attirés par la couleur
des fleurs. J'ai observé à maintes reprises des
bouquets de fleurs de La/, c landes Una entièrement
dissimulés sous la végétation avoisinante. Les
bourdons s'y rendaient avec autant d'assiduité que
sur des fleurs très apparentes. Ils se dirigeaient
vers les fleurs cachées avec la même sûreté que
vers les fleurs visibles Ils ne manifestaient aucun
— 143 —
tâtonnement, aucune incertitude. A défaut de l,i
luxuriance de la végétation ils auraient pu me
servir de guides dans mes recherches.
On pourrait objecter qu'ils savaient, par expé
rience, trouver sous les hautes herbes, des fleurs
riches en liquide sucré. Ce serait leur supposer
une perspicacité dont les hommes n'ont pas tou
jours fait preuve. Il est plus logique d'admettre
que les insectes sont guidés vers le « nectar d'une
façon très accessoire parla vue, d'une manière au
contraire sûre par un autre sens qui ne peut être
que l'odorat ». C'est la conclusion tirée par
F, Plateau (8-9) de ses nombreuses expériences,
c'est également l'opinion de G. Bonnier. Mes
observations sur les bourdons visiteurs de Lai.
clandesilna confirment les idées soutenues par ces
auteurs.
Je n'ai pas eu l'occasion d'observer à loisir les
fleurs de Làt. squamaria. Je n'ai pu passer que
quelques heures en une station où elles étaient
épanouies. C'était en mai, la saison était déjà
avancée. Quelques bourdons butinaient dans le
voisinage. En une heure, un seul d'entre eux s'est
approché d'une intlorescence, s'est posé sur une
Heur et s'en est écarté sans avoir tenté d'y pénétrer.
Les bourdons semblaient, à ce moment, préférer
les fleurs de lierre terrestre parce que le nectar >
était probablement plus abondant-
— tu —
III — Conclusions
Les fleurs de Lalhrœa ont un stigmate externe
éloigné des anthères cachées sous la lèvre supé-
rieure de la corolle.
Elles possèdent une glande nectarifère placée à
la base de l'ovaire.
Le nectar est protégé de la rosée et de la pluie,
chez Lai. clandestina par la forme en casque de la
. lèvre supérieure et par un étranglement du tube
de la corolle avec couronne de poils internes ;
chez Lai. squamaria par une inclinaison appro-
priée de la fleur.
Les bourdons visitent assidûment les fleurs de
Lat. clandestina, ils ne sont pas attirés par la cou-
leur uniquement, ils sont encore guidés par
l'odorat.
Ils assurent la pollinisation, leur intervention
est nécessaire à la fécondation-
INDEX BIBLIOGRAPHIQUE
1. Ch. Bernard ( 903). — Sur l'embryogénie de quelques
plantes parasites. Jour, de botanique, t. XVII.
2. G. Bonnier (1879). — Les Nectaires. Thèse, Paris.
3. P. Duchartre (1843). Observations anatomiques
et organogéniques sur la Clandestine d'Europe
[Lathrœa clandestina L.). Mém. de l'Ac. des Se.,
t. X.
4. E. Heinricher (1892). — Biologische Studien an der
Gattung Lathraea. Sitzungsb. der Kaiserlich
Akad. der Wissensch. Wien.
— 145 —
5. Hofmeester (1851). — Zur Entwicklungsgeschichte
des Embryo der Personaten. Flora 29.
6. — (1858) Neure Beobachtugen uber Embryobil-
dung der Phanerogamen. Pringsheim.
7. Ch. Le Gendre (1904). — Genre Lathraea. Rev. scient.
du Limousin.
8. F. Plateau (1895-96-97). — Gomment les fleurs atti-
rent les Insectes. But de l'Ac. roy. de Belgique,
5 notices.
9. — (1898-9M900). — Nouvelles recherches sur les
rapports entre les Insectes et les fleurs. Mém.
de la Soc. Zool. de France. 3 articles.
10. G. Warnstorf (1896). — Blùthen biologische Beoba-
chtungen. Zeitschr... naturw. ver. Hartz., t. XI.
10
SEANCE DU 1er MARS 1920
Présidence de M. le Dr Moutier, président
La séance est ouverte à 17 h. 30 et levée à 18 h. 30.
Assistent à la Séance : MM. Bigot, Bugnon, Chemin,
Le Testu, Mazetier, Mercier, Dr Moutier, Poisson.
Sève.
Le procès-verbal de La séance du 2 février 1920 est lu
et adopté sans observations.
Nécrologie. Le président fait part de la mort de
notre confrère, M. Boudier. correspondant de l'Institut,
décédé à Blois le 4 févriei 1920. Le savant mycologue
était membre correspondant de notre Société
depuis 1876. Le président se fait L'interprète des regrets
unanimes causés par cette perte.
Assises de Caumont. La Société se range à l'avis du
Comité rouennais, <|ui propose «le Laisser un intervalle
de dix ans entre deux sessions consécutives. La session
prochaine aurait donc lieu à Kouen en 1923.
MM le Dr Moutier et Mercier sont élus pour l'aire
partie du Comité caennais, en remplacement de
MM. Lignier et Brasil, décédés.
État de l'impression du Bulletin de 1919. Le bon à
tirer des sept premières feuilles a été donné à l'impri-
meur. En exécution de la décision prise à la séance du
12 janvier 1920, les auteurs dont les noms suivent pour-
ront obtenir dès maintenant, sur leur demande, les
tirés à part correspondant à leurs communications du
1er semestre 1919 : MM. Gerbault, \ntoine, Chemin.
Houard.
Admission. M. l'abbé Langeais est admis comme
membre correspondant de la Société à la suite de la
présentation faite au cours de la dernière séance.
— 147 —
Présentation. — M. Warcollier, directeur de la
Station agronomique du Calvados et de la Station
pomologique de Gaen est présenté par MM. Bigot et
Mercier pour devenir membre résidant de la Société.
Dépôt de travaux. — M. Chermezon adresse un travail
intitulé : Aperçu sur la végétation du littoral asturien.
GOMMUNIG ATIONS
M. Mercier expose le résultat d'une étude biolo-
gique, faite en collaboration avec M. Poisson, sur
la tourbière sous-marine de Bernières-sur-Mer ;
il présente une série d'échantillons des principales
espèces animales rencontrées.
M. Sève présente à la Société un pied fleuri de
Daphne Mezereum L. recueilli dernièrement par
lui sur le territoire de Saint-Manvieu, dans la
partie méridionale d'un petit bois qui domine la
rive droite de la vallée de la Mue. Ce bois est au
croisement de la route de Caen à Torigny-sur-Vin
et du chemin de grande communication d'Evrecy
à Courseulles, dans l'angle obtus sud-est formé par
ces routes. Cette localité ne semble pas avoir
encore été signalée. La localité la plus proche
indiquée est Tourville (dans Hardouin, Renou et
Leclerc, d'après Thomines).
M. Sève remet pour le Nouvel Herbier de Nor
mandie de l'Institut Botanique, où il figurera sous
le n° 6, un exemplaire desséché de la plante
un croquis indiquant la station- Il rappelle en
outre qu'il a visité récemment la station d<
— 148 —
D. Mezeream signalée il y a une dizaine d'années
par M. leDrF. Gidon dans le bois de Saint Aubin
d'Ârquenay (sur le territoire d'Ouislreham) et que
la plante y est toujours abondante
M. Bugnon, au nom de M. Bedel, fait une corn
munication relative : 1° à quelques cas tératolo-
giques (chorise de la corolle chez Primula grandi-
flora, fasciation de rameaux chez Viscum album,
verticillation par H des feuilles chez Urtica dioica,
Valeriana officinalis, Melandrium silvestre, Epilo-
bium montanum) ; 2° à quelques variétés créées par
cet auteur (var. regalis du Primula grandiflora, var
lutescens du Liguslrum vulgare) : 3°à l'extension du
Dorycnium herbaceum aux environs de Canon. Des
échantillons desséchés correspondants, destinés
au Nouvel Herbier de Normandie de L'Institut
Botanique, sont présentés à la Société.
M. Bugnon donne ensuite connaissance d'une
liste des plantes trouvées en ileurs par M. Bedel
aux environs de Dozulé, du 1er janvier au 15 fé-
vrier 1920. En raison de la douceur exceptionnelle
de l'hiver, on y trouve un certain nombre d'espèces
(Vicia sepium, Melandrium silvestrc . Ange/ira silves-
tris, etc.) qui ont devancé considérablement leur
époque normale de floraison.
Enfin, M. le Dr Moutier présente un certain
nombre de fossiles Mollusques des genres Emar
ginula, Trigonia, Patella) qui feront l'objet d'une
note ultérieure de sa part.
— 149 —
L. MERCIER et R. POISSON. — Documents
biologiques fournis par l'étude de la
tourbière sous-marine de Bernières-sur-
Mer.
L'étude des tourbières sous-marines de notre
littoral de la Manche et de l'Océan a déjà été l'objet
d'un certain nombre de travaux. Parmi ceux-ci,
nous retiendrons plus particulièrement, en raison
du point de vue spécial auquel nous nous plaçons,
celui de de Beauchamp (1914) sur la tourbière de
l'anse des Roches- Jaunes près de Roscoft"; et celui
de Gacleceau (1919) sur les forêts submergées de
Belle:Ile-en-Mer.
Il existe, sur tout le littoral, de Luc à Cour-
seulles, une tourbière sous-marine provenant
(Bigot, 1900)d'un affaissementgénéral delà région.
Cette tourbière est constituée par des souches en
place et des troncs d'arbres reposant sur une argile
verdâtre-
Presque toujours la tourbe est enfouie sous une
épaisse couche de sable, qui donne son faciès
particulier à toute la côte. Il arrive cependant
que, par suite de l'action des courants marins, le
sable est déplacé et que la tourbière émerge de
place en place. C'est ainsi qu'assez fréquemmeni
la tourbe est visible au débouché du ruisseau
séparant Luc de Langrune. Mais, en 1916, une
exploitation de tourbe a été ouverte entre Bernièi
et Courseulles à un niveau correspondant à p<
près à la moitié de la zone de balancemeni d<
— 150 —
marées. Aussi avons-nous profité de cette circon-
stance pour étudier les biotes qui sont venus
peupler les bancs de tourbe mis à nu et qui
constituent un substratum très différent des
bancs de sable et des quelques rochers du voisi
nage.
Dans l'état où se trouvaient les choses au mois
de septembre 1919, la tourbière de Bernières pré-
sentait trois ou quatre grands îlots de tourbe
séparés les uns des autres par des bancs de sable
qu'ils dépassaient de quelques centimètres. Le
centre de ces îlots, creusé en cuvette du fait de
l'extraction, était rempli d'eau de mer. Ça et là on
voyait encore de petites plaques de tourbe, traces
d'îlots plus importants abandonnés par l'exploi-
tation et en voie d'ensablement.
Les biotes végétaux étaient très mal représentés :
seuls de rares exemplaires de Fucus Fucus vesi-
culosus L.) poussaient de place en place.
Par contre, les biotes animaux étaient plus
nombreux. Tous les bancs de tourbe étaient per-
forés de trous de Pholades ; un seul coup de
pioche mettait à jour de nombreux exemplaires
de Barnea candida L.
C'est la première fois, à notre connaissance,
qu'une station de ce Mollusque est signalée dans
la région de Luc sur-Mer. En effet, Brasil (1901),
dans son étude de la faune marine de la région de
Luc, mentionne que ce Lamellibranche se trouve
toujours rejeté mort sur nos plages. L'auteur
pense qu'il se pourrait bien que toutes les coquilles
qu'on ramasse sur les plages de cette région
— 151 -
vinssent des environs de Cabourg (1) où les Pho-
Jades existent en abondance.
La présence de trous et de coquilles de Phola<l<-
dans la tourbe a été également signalée par
Gadeceau (1919) (tourbière du Ster-Vras, Belle-Ile-
en-Mer)
Par contre, de Beauchamp (1914) fait remarquer
l'absence totale d'espèces de Mollusques perforants
dans la tourbière des Roches-Jaunes. Il pense que
l'on doit sans doute attribuer cette particularité à
la présence des matières humiques de la tourbe.
Nos observations et celles de Gadeceau sont en
contradiction avec cette supposition, et c'est vrai-
semblablement à une autre cause qu'il faut imputer
l'absence de Mollusques perforants clans la tourbe
des Roches-Jaunes.
Nous pensons que le peuplement de la tourbière
de Bernières par des Pholades s'est fait à la suite
d'apports amenés par les courants de points voi-
sins de la côte (Cabourg par exemple) où ce
Mollusque existe en abondance.
En plus de B. candida L, nous avons recueilli
dans la tourbe de nombreuses Annélides et quel-
ques rares Sphéromiens.
Les Annélides ont été déterminées par M. Kau-
vel (2), elles appartiennent à deux espèces :
(1) Notons que Gadeau de Kerviile 1898j a signalé paie-
ment l'existence de B. candida à Grandcamp-les-Bain-
dit avoT houvé cette espèce dans la zone de balancement
des marées, dans des souches d'arbres, in-situ en compagnie
de Pholas dactylus L.
(2) Nous prions M. Fauvel de bien vouloir accepter
nos remerciements.
— 152 —
Nereis (Perinereis) cultrifera. Griïbe.
Phyllodoce mucosa OErsted.
Dans les bancs d'argile intercalés par place
dans la tourbe, nous avons recueilli, en outre des
Annélides citées précédemment, de nombreux
exemplaires du curieux Amphipode Corophium
volatator Pall. (C. grossipes L. — C. longicorne
Latr., etc.)-
Les stations de ce Crustacé sont assez rares le
long de la côte entre Luc et Gourseulles. Le Séné-
chal (1888) l'a vainement cherché aux environs de
Luc. Par contre, C volatator est très abondant à
Courseulles et dans le Canal de Caen à la Mer.
Mais Le Sénéchal, qui a été le premier à signaler
cette dernière station, a rapporté à tort, ainsi
que l'un de nous l'a établi (Mercier, 1920) la forme
du Canal à Corophiaai bonelli M. E.
En résumé, les espèces animales qui peuplent la
tourbière de Bernières sont, ainsi que de Beau-
champ (1914) l'a établi pour la tourbière des
Roches-Jaunes, des espèces attirées par un
substratum résistant vis-à-vis des flots, mais facile
à perforer et retenant l'humidité à marée basse.
Indépendamment de l'intérêt que présente
l'étude de la tourbière de Bernières au point de
vue de la façon dont se fait le peuplement d'un
milieu dans la nature, nous pouvons encore en
tirer des renseignements paléozoologiques inté-
ressants pour l'histoire de certaines espèces de
Mollusques de la région.
Ainsi que Bigot (1900) et Letacq (1906) l'ont déjà
signalé on trouve dans la tourbe du littoral de la
— ioa -
côte du Calvados de nombreuses coquilles de
Mollusques terrestres et d'eau douce. Parmi celles
que nous avons recueillies nous signalerons :
Hélix nemoralis L.
Zua subcylindrica L.
Hyalinia nitida Mùll.
Clausilia laminata Montag.
Planorbis planorbis L.
Planorbis contortus L.
Valvata piscinalis Mïill.
Limnaea stagnalis L.
Limnaea limosa L.
Succinea humîlis DroueL
Bythinia tentaculata L. (1).
Il est à remarquer que nous n'avons trouvé
aucune des espèces du groupe d'Hélix variabilis
Drap : (H. xalonica Servain, H. cyzicensis Gall.,
H. alliivionum Servain), ni Cochlicella barbara L.
qui sont aujourd'hui si abondantes tout le long
de la côte (2). Or, on sait que ces Mollusques sont
des formes méridionales ayant remonté à l'ouest
le long des côtes de l'Océan et de la Manche. Ces
espèces ont même pénétré assez loin à l'intérieur
des terres Nous en avons recueilli de nombreux
exemplaires dans les sentiers du petit bois situé
entre Douvres et Mathieu.
Deux hypothèses sont susceptibles de nous
(1) Nous sommes redevables de la détermination de nos
espèces à notre collègue Germain ; nous le prions d'accepter
nos plus vifs remerciements.
(2) Il est curieux que nous n'ayons pas trouvé dans la
tourbière de Dernières les coquilles d'il, variabilis Drap.,
de Cochlicella barbara L. (=H. acuta M.ïli. et d< nin
elegans Drap, signalées par l'abbé Letacq 1906 dans les
tourbières de Luc et d'Asnelles.
— 154 —
expliquer l'absence de coquilles de ces espèces
dans la tourbière de Bernières.
On peut admettre, en premier lieu, que ces
espèces existaient sur la côte normande mais
manquaient dans la région correspondant au point
d'émergence de la tourbière que nous avons
exploré. Cette hypothèse peut être appuyée d'une
observation faite par de L'Hôpital (1858). En effet,
cet auteur a constaté que son Hélix acata Miïll (1),
très abondant sur la côte normande manquait, à
cette époque, à l'embouchure de l'Orne et sur les
dunes comprises entre l'Orne et la Dives
Une seconde hypothèse consiste à supposer
qu'au moment où la tourbière s'est formée, C. bar-
bara et les formes du groupe d'//. variabilis remon-
tant du midi vers le nord, le long des côtes de
l'Océan n'avaient pas encore atteint la côte du
Calvados.
Nous espérons que cet aperçu sur la tourbière
de Bernières est suffisant pour faire ressortir une
fois de plus l'intérêt que présentent des études de
ce genre non seulement au point de vue de la
documentation paléozoologique, mais encore en
•ce qui concerne la répartition des espèces.
Laboratoire de Zoologie de la Faculté
des Sciences de Caen.
j; Les auteurs : de L'Hôpital (1858), Alexandre et François
Moutier (1919,, qui ont dressé des catalogues des Mollusques
du Calvados, mentionnent tous H. acata Mùll, et ne citent
pas Cochlicella barbara L. Or, d'après Germain. Y H. acata
Mùll, de beaucoup d'auteurs n'est autre que C barbara L .
Seul, Gadeau de Kerville (1898) a mentionné L. barbara
d'après des déterminations faites par Locard. Il pense ainsi
être le premier à signaler cette espèce en Normandie.
155
INDEX BIBLIOGRAPHIQUE
P. de Beauchamp. — Une Tourbière sous-marine comme
milieu biologique. {Bail. Soc. Zool. de France.
T. 39, 1914, p. 153).
Bigot. — La Normandie. {Extrait du Livret- Guide, VIIIe
congrès géologique international. Paris 1900).
Brasil. — Faune marine de la région de Luc-sur-Mer.
— Mollusques. {Bull. Soc. Linnéenne de Nor-
mandie. 5e s., 4° v., 1901, p. 18).
Gadeau de Kermlle. — Recherches sur les faunes ma-
rine et maritime de la Normandie. 2e voyage.
(Paris. Baillière et Fils, 1890).
E. Gadeceal . — Les forêts submergées de Belle-Ile-en-
Mer. (Bull. Biol. France et Belgique. T. 53, 1919,
. p. 276).
de L'Hôpital — Catalogue des Mollusques terrestres et
lluviatiles des environs de Gaen. {Bull. Soc.
Linnéenne de Normandie. 4e v., 1858, p. 86).
Le Sénéchal. — Notes sur quelques Animaux recueillis
dans le Canal de Caen à la Mer. (Bull. Soc.
Linnéenne de Normande. 4e S., T. 1, 1888, r . 87).
A. L. Letacq. — Liste des Coquilles recueillies par
\LM. Bigot et Leboucher dans les tourbières
littorales situées entre Luc-sur-Mer et Arro-
manches (Calvados). (Bull. Soc. Linnéenne de
Normandie. 5e S., T. 10% 1906, p. 3).
Mercier. — Variation de place chez Corophium volu-
lalor (PalL). (Compt. rend. Acad. des Se.
Paris. T. 170. 1920, p. 410).
A. et F. Moutier. — Catalogue des Mollusques testacés
terrestres, des eaux douces et saumàtres,
recueillis dans le Calvados. [Mémoire déposé à
la séance de la Société Linnéenne de Normandie
du !'■' décembre 1919).
— 156 —
M. BÉDEL. — Présentation de Plantes.
J'ai l'honneur de présenter à la Société Linnéenne
des échantillons des plantes suivantes :
Dorycnium herbaceum Vill., recueillie à Canon le
4 août 1919.
Cette plante, introduite récemment en Norman-
die, s'est multipliée dune façon sensible à Canon.
En juillet 1918, il en existait une trentaine de
pieds sur un talus bordant La roule de Mér\ Cor-
bon. Le 4 août dernier, deux cents pieds environ
croissaient tant sur le talus que dans le champ
voisin.
Elle fleurit un mois plus tard dans cette station
(juillet-août) que dans le Midi et l<i Sud-Est juin-
juillet, d'après Bon nier).
Ligustrum vulgare L. var. lutescens Béd.. Plante
retrouvée le 28 juin 1919 à Putot dans une haie
d'où elle semblait avoir disparu.
Cette variété existe toujours à Annebault
Primulagrandiflora L var. regalis Béd., trouvées
^ ictot-Pontfol sur le bord du chemin de Coquerès
le 25 mars 1919.
Diffère delà forme ordinaire par sa corolle plus
grande (35 à 45 % sur les fleurs fraîches) à taches
ou à lignes plus foncées ou nettement orangées.
Elle se rencontre dans les lieux où croissent
Primala digenea et grandiflora et parait provenir
du croisement de ces deux plantée.
— 157 —
Urtica dioïca L. var. verticillata, recueillie le
5 juin 1919 à Rumesnil.
La tige est à six côtés et les feuilles sont verfi-
cillées par trois.
J'ai également trouvé cette forme à Grangues,
Gonne ville-sur Dives, St-Léger-Dubosq, Gricque-
viile, Hotot, Valsemé, Heulancl.
Valeriana officlnalis L. var. verticillata, trouvée à
Douville le 10 juin 1919.
Les feuilles sont verticillées par trois. Rencontrée
aussi à Dozulé et à Léaupartie.
Melandruim sylvestre Rœlh. var. verticillata,
feuilles verticillées par trois. Trouvée à Beuvron
le 26 mai 1919-
Epilobium montanum L. var. verticillatum Koch,
recueillie à Rumesnil le 5 juin 1919. J'ai trouvé
aussi cette variété à Angerville, Bourgeauville,
Saint- Jouin.
Remarque. — La verticillation des feuilles par
trois, sur des plantes qui portent habituellement
des feuilles opposées, sans être commune,
s'observe cependant de temps à autre.
Je l'ai rencontrée plusieurs fois sur Epilobunn
parviflorum, qui peut même avoir des feuilles
verticillées par quatre et une fois sur les espèce
suivantes : Scrophularia Balbisii, S. noclosa et
Dipsacas sylvestris.
Viscum album L. (mâle). Rameaux fasciés ei
feuille persistante de 1918 à la base d'un rameau.
Recueilli à Bonnebosq le 16 février 1920.
— 158 —
Remarque. — La fasciation des rameaux s'observe
asnez souvent sur le gui et dans ce cas ces rameaux
sont presque toujours terminés par 4 feuilles et
portent à leur extrémité deux bourgeons floraux
qui sont quelquefois soudés entre eux.
La persistance des feuilles est également assez
fréquente sur le gui du pommier et sur celui du
peuplier.
Les feuilles, qui commencent à se développer
vers le mois de mai, tombent généralement
l'année suivante à partir du mois de juillet. Quel-
ques-unes cependant continuent à s'accroître et
persistent pendant près de deux ans. On peut les
trouver jusqu'en mars à la base des rameaux
terminaux. Elles sont toujours beaucoup plus
développées que les feuilles terminales et attei-
gnent quelquefois des dimensions remarquables :
le 28 janvier 1916, j'ai trouvé, à la base d'un
rameau terminal du gui mâle du pommier, une
feuille qui avait 90 % de longueur sur 48 % de
largeur alors que la plus grande des feuilles
terminales avait 60 % de long sur 23 % de large.
Primula grandiflora L. Fleurs possédant six et
neuf pétales.
Cette anomalie s'observe assez souvent sur cette
plante. On la rencontre aussi sur Primula elatior,
P. digenea et P. variabilis.
Remarque. — Les anomalies ne sont pas très
rares dans le genre Primula. En dehors de la
chorise, j'ai rencontré les suivantes :
1° Sur un P. grandiflora, une fleur avait un
159 —
calice à dix divisions, une corolle à dix pétait
deux ovaires soudés et deux styles séparés. Elle
provenait de la réunion de deux fleurs-
2° Sur un P. gmndiflora, le calice était remplac -
dans chaque fleur par cinq petites feuilles, ce qui
rendait le tube de la corolle complètement nu.
Cette plante, quej'avais plantée dans mon jardin ,
a présenté la même anomalie dans la suite.
3° Un pied de P. officinalis présentait une hampe
qui portait une ombelle de vingt fleurs et était
prolongée par un petit pédoncule, long de 8 centi-
mètres qui portait également une petite ombelle
de sept fleurs.
H. CHERMEZON. — Aperçu sur la végétation
du littoral asturien.
Les Asturies, entièrement situées entre la Chaîne
cantabrique et le Golfe de Gascogne, font partie de
la région nordatiantique de la Péninsule ibérique.
Toute cette région, qui s'étend des Provinces
basques à la Galice, est caractérisée, dans ses
parties basses tout au moins, par un climat mari
time doux à faibles variations saisonnières de
température et abondantes précipitations atmo
phériques ; ces conditions climatériques, tr
différentes de celles du reste de l'Espagne, exercent
naturellement une influence considérable sur la
flore comme sur la physionomie générale du pays.
Les quelques travaux botaniques publiés sur le
— 160 —
littoral asturien sont des notes simplement lloris
tiques (I). Les seuls renseignements sur les asso-
ciations végétales ont été donnés par Willkomm (2),
qui, dans une étude générale sur la végétation de
la péninsule, a consacré un chapitre à l'ensemble
de la région nordatlantique et en a décrit très
brièvement, mais avec exactitude, les principales
formations.
Ayant eu l'occasion de séjourner pendant
l'été aux environs d'Vvilés, j'ai pu observer
dans ses grandes lignes la végétation du district
côtier compris entre la Kia de \vilés et l'embou-
chure du Nalon et formant une bande de terrain
d'environ quinze kilomètres de longueur sur cinq
ou six de largeur*.
La région est fortement vallonnée et s'élève
graduellement jusqu'aux petites montagnes que
contourne le Nalon avant d'arrivei à la mer: la
partie que j'ai explorée comprend simplement de
petites collines découpées en tous sens par de
(t) J. Gay, Duria'i iter asturicum, anno 1835 susceptum
(Ann. se. nat. Bot.,2'sér., \ \ L836), p. i 13-137, 218-225, 340-355).
L. Leresche et E. Levieh, Deux excursions botaniques
dans le Nord de l'Espagne et l<- Portugal en 1878 et 1879.
Lausanne (1880), 199 p.
R. de Litardière, Contribution à l'étude de la flore ptéri-
dologique de la péninsule ibérique Bull, gèogr. bol., \\l
(1911), p. 12-30).
H. Chermezon, Contribution à la flore des Asturie- /;////.
soc. bot. Fr., LXYI (1919), p. 120-130 .
(2) M. Willkomm, Grundzûge der Pflanzenverbreitung
auf der iberischen Halbinsel. - Leipzig 1896), 395 p.
— 161 —
nombreux ruisseaux qui coulent dans des vallons
très étroits; vers la mer les collines se terminent
presque partout par des falaises élevées. En
quelques points les vallons s élargissent un peu et
sont alors occupés par des cultures ou des prai
ries ; la majeure partie des collines est couverte
de landes ou de bois, ces derniers surtout sur les
pentes ou dans les fonds.
Le sous-sol est formé principalement de grès
dévoniens avec intercalations calcaires ou schis-
teuses ; la couverture superficielle est le plus
souvent argilo-sableuse et plus ou moins fortement
siliceuse. Le climat est très tempéré, avec hiver
doux et été frais, les extrêmes de température étant
exceptionnels ; les pluies sont fréquentes et abon-
dantes (1).
Nous étudierons surtout ici la zone littorale,
c'est-à-dire celle où l'action de la mer se fait le plus
directement sentir ; elle se subdivise assez natu-
rellement en zone littorale halophile et zone litto-
rale paralienne. Nous examinerons ensuite plus
rapidement la zone intérieure, dans les limites de
la circonscription explorée, c'est-à-dire dans sa
partie la plus rapprochée de la mer.
(1) Voici, à titre de renseignement, les chiffres donnés par
Willromm {loc. cit., p. 54) pour Oviedo (altitude 230 m.),
ville située à 25 km. d'âvilés, dans l'intérieur des terres :
températures moyennes, 6°8 (hiver), 12° (printemps), 18° (éi
13°1 (automne); températures absolues, 39° (maximum)
— 1° (minimum) ; jours de pluie par an, 145,6 ; quantité
pluie par an, 930 mm.
11
— 162 —
A — ZONE LITTORALE HALOPHILE
La zone littorale halophile comprend toute la
partie qui par sa proximité de la mer se trouve
soumise à l'action du sel marin.
La salure du substratum entraîne l'exclusion de
la plupart des espèces continentales et la flore est
composée surtout d'halophytes, avec leurs adap
tations habituelles plus ou moins marquées.
La formation la plus franchement halophile de
nos régions tempérées, celle des marais salés à
Salsolacées, fait ici défout. Par contre les plages
sont bien développées sur les cotes basses, tandis
que les côtes élevées, plus fréquentes, présentent,
à la base de leurs falaises, des rochers ou des
pelouses maritimes.
I. — Plages
La végétation, très clairsemée, occupe l'étroite
bande de sable qui se trouve au-dessus de la limite
des marées ordinaires et n'est guère atteinte direc-
tement parla mer qu'aux très fortes marées ; les
plages un peu étendues sont limitées vers Tinté-
rieur par des dunes. Les espèces sont peu nom-
breuses ; plusieurs ne s'écartent pas de cette sta-
tion ; d'autres peuvent se rencontrer aussi dans les
dunes, surtout dans leur partie externe.
Les deux plantes qui s'approchent le plus de la
mer sont Salsola Kali L. et Cakde marittma Scop.,
toutes deux très abondantes. Un peu plus loin, il
s'y ajoute d'abord Honckeny a peploidesEhrh., puis
— 163 —
Agropyrum junceum PB. et enfin Eryngium mavi-
timum L., Convolvulus Soldanella L., Polygonum
maritimum L. , P. littorale Link, Euphorbia Parallas
L., E. portlandica L., E. Peplis L et quelques
touffes d'Ammophila arenaria Link.
Les anses qui découpent les parties rocheuses
de la côte offrent souvent de petites plages où le
sable est accompagné de galets très abondants. La
végétation est alors plus variée, mais souvent
moins caractéristique ; c'est ainsi qu'à l'anse de
Linares on observe :
Glaucium flavum Grantz.
Raphanus maritimus Sm.
Honckenya peploides Ehrh.
Eryngium maritimum L.
Crithmum maritimum L.
Sonchus oleraceus L. var. lacerus Wallr.
Anagallis arvensis L.
Convolvulus Soldanella L.
A triplex patula L.
hastata L. var. oppositifolia Moq.
Polygonum maritimum L.
— littorale Link.
Euphorbia portlandica L.
Cynodon Dactylon Rich.
Ammophila arenaria Link.
Festuca dumetorum L.
Agropyrum iunceum PB.
C'est là une association mixte, indiquant un sol
un peu moins salé et moins purement sablonneux
que dans les plages ordinaires ; à quelques
espèces des plages se sont ajoutées un certain
nombre de plantes des rochers et des pelouses du
164
voisinage; la seule espèce un peu caractéristique •
de cette station est Glaucium fia mm. I
Dans les plus petites de ces anses, la plage ta il
souvent défaut et les galets recouverts à chaque
marée sont dépourvus de végétation, sauf juste au
pied de la falaise, où peuvent se rencontrer
quelques individus i<<>lé< des espèces qui croissent
plus haut.
II. — Base des Falaises
La zone halophile correspond ici à l;i partie des
falaises qui à marée haute est atteinte par les
embruns ; c'est donc encore une bande très étroite,
surtout en certains point- Les espèces sont tou-
jours peu nombreuses et la plupart halophilea
mais différentes de celles des plages.
Le substratum est souvent rocheux, constituant
les rochers maritimes proprement dits: d'autres
fois la roche est recouverte d'une mince couche
déterre permettant L'établissement de pelouses à
végétation assez dense. Dans les deux cas la tran-
sition avec la zone non halophile située au-dessus
se fait de façon tout à fait insensible.
uj. — Rochers maritimes
Ce faciès se rencontre dans les parties à piedes
falaises; la végétation > est naturellement très
clairsemée, puisque les plantes ne peuvent croître
que dans les fentes où leurs racines trouvent un
peu de terre et d'humidité : on y remarque prin
cipalement :
- 165 —
Silène maritima With. — G.
Crithmum maritimum L. — GG.
Inula crithmoides L. — C.
Senecio vulgaris L. var. crassifolius Rony.
Sonchus oleraceus L. var. lacerus Wallr.
Plantago Coronopus L.
— maritima L.
Statice occidentalis Lloyd.
Armeria maritima Willd. — CG.
Atriplex hastata L. var. oppositifolia Moq.
Euphorbia portlandica L.
Les espèces qui descendent le plus près de la
mer sont Crithmum maritimum et Inula crithmoides,
qui cependant se trouvent aussi assez haut sur cer-
taines parois à pic, où elles sont protégées par
l'absence de compétition. Les autres espèces sont
surtout fréquentes sur le bord extrême des petits
escarpements ; Plantago Coronopus et Armeria
maritima y sont représentés par des formes de
petite taille.
6). — Pelouses Maritimes
Ces pelouses occupent les parties horizontales
ou en pente douce, partout où un peu de terre a
pu s'accumuler. La végétation y est assez serrée,
mais toujours formée d'un petit nombre d'espèces,
la salure excluant la plupart des plantes qui se
rencontrent plus haut ; on trouvera ici :
Fi ankenia laevis L.
Silène maritima With. — CC.
Spergularia Lebeliana Rouy.
Lotus corniculatus L. var. crassifolius Ser.
— 166 —
Daucus gummifer Lamk.
Plantago Coronopus L — G.
— maritima L. var. dentata RI. et Fing. — C.
Armeria maritima Willd. — C.
Erythraea tenuiflora HotTg. et Link.
Euphorbia portlandica L.
Allium ericetorum Thore. — R.
Agrostis maritima Lamk.
Festuca dumetorum L.
Plusieurs d: ces espèces remontent plus ou
moins haut sur les pentes des falaises ; d'autres,
comme Frankenia Lvvis, Spergularia Lebeliawi,
Lotus corniculatus var. rrassifolius, sont au con-
traire cantonnées dans cette station ; Plantago
Coronopus et Armeria maritima sont beaucoup plus
vigoureux que dans les rochers et souvent repré-
sentés par des formes de grande taille.
B. — ZONE LITTORALE PARALIENNE
Sous ce nom, nous comprendrons une zone
d'épaisseur variable, intermédiaire à divers égards
entre la précédente et la zone intérieure.
La salure du sol y est très faible, insuffisante de
toute façon pour entraîner lexclusion de la plu-
part des espèces continentales, comme c'était le
cas dans la zone halophile. Cependant l'influence
maritime se fait sentir, au moins par l'intermé-
diaire de l'atmosphère, d'une façon plus nette que
dans la zone intérieure, ce qui diminue le nombre
des espèces continentales, en éliminant les plus
sensibles à cette influence.
Il existe en effet, en arrière de la zone halophile,
— 167 -
une flore suffisamment individualisée, surtout
dans les dunes, renfermant un certain nombre
d'espèces non halophiles, mais cependant spé-
ciales au littoral. Ces deux flores littorales, halo-
phiie et non halophile, ont été fréquemment
confondues, notamment au point de vue des
caractères écologiques de leurs espèces les plus
typiques J'ai insisté, dans un travail antérieur (tj,
sur les différences qu'il y a, surtout en ce qui
concerne la structure, entre les plantes des stations
vraiment salées et celles des dunes et du haut des
falaises.
La zone littorale paralienne n'acquiert une
largeur un peu considérable que là où elle est
représentée par des dunes ; c'est là également
qu'elle offre les caractères les plus tranchés, à
cause de la nature sablonneuse du substratum : sur
les falaises elle est beaucoup plus étroite et beau-
coup moins riche en espèces spéciales. De toute
façon, le passage à la zone intérieure se fait de
façon insensible par disparition progressive des
espèces littorales et prédominance croissante des
types continentaux.
(1) H. Chermezon, Recherches anatomiques sur les plantes
littorales (Ann. se nat. Bot, 9» série, XII, (1910), p. 117-313).
Dans ce travail, j'avais surtout opposé à la flore halophile.
la flore littorale xérophile, à cause de la confusion souvent
faite entre les halophytes et les xérophytes. En réalité la
zone paralienne offre bien une flore xérophile dans ses
parties les plus caractéristiques, c'est-à-dire les dun-
même sur certaines falaises, mais elle comprend aussi
formations mésophiles et hygrophiles pelouses,
humides, marais).
— 168 —
I. — Dunes
Les dunes se rencontrent en trois points de la
côte, à Àrena et à Bayas, où elles sont très peu
développées, et surtout de Salinas à San Juan de
Nieva, où elles atteignent environ trois kilomètres
de longueur sur cinq à huit cents mètres de pro
fondeur : c'est là que nous prendrons le type de
la formation.
Ces dunes se composent, à partir de la mer, d'un
premier bourrelet assez élevé dominant la plage,
puis d'une partie à peu près plate, assez étroite, et
enfin d'une série d'ondulations discontinues, de
taille variable et diversement orientées, bien que
la direction générale soit le plus souvent parallèle
au rivage.
Le bourrelet externe et la majeure partie de la
zone plate située en arrière nt dépourvus
d'arbres et constituent des dunes mobiles. Le
reste, presque entièrement boisé artificiellement,
sauf en certaines places dénudées, rentre presque
partout dans la catégorie des dunes fixées ; ces
dunes boisées franchissent par endroits le Rio de
Raices et. suivant les cas. s'arrêtent brusquement
contre des cultures ou des prairies, ou plus sou-
vent passent insensiblement aux formations de
l'intérieur.
a)- — Dunes Mobiles
La transition avec la plage se fait par. l'intermé-
diaire de la pente externe du bourrelet ; du reste,
un certain nombre de plantes de la plage se
— 169 —
rencontrent encore ici, mais généralement en
moins grande abondance-
La végétation, un peu plus dense que sur la
plage, mais encore très ouverte, est assez varii
formée des espèces suivantes :
Cakile maritima Scop. — R.
Honckenya peploides Ehrh. — R.
QEnothera biennis L.
Eryngium maritimum L. — C.
Crucianella maritima L.
Thrincia hirta Roth var. arenaria DC. — C.
Convolvulus Soldanella L. — C.
Orobanche minor Sutt.
Salsola Rali L. — R.
Euphorbia Paralias L. — C.
— portlandica L.
Pancratium maritimum L.
Carex arenaria L.
Ammopbila arenaria Link. — CC
Agropyrum junceum PB.
Le plus souvent les plantes sont par pieds isolés
et même de grands espaces restent nus ; Ammophila
arenaria forme des touffes sur la plupart des
petites crêtes, par suite de son aptitude à fixer Le
sable et à s'accroître à mesure de l'exhaussement
de ce dernier.
En certains points, la végétation, plus dens
forme une transition avec celle des dunes fixéi
elle est alors constituée par une espèce nettement
dominante, le plus souvent Ammophila arenaria.
en peuplements parfois presque purs, les espè-
de la liste précédente ne se trouvant plus qu'acci
dentellement; il s'y ajoute souvent Ticia Cr U
— 170 —
sous une forme courte assez grêle. D'autres fois,
mais plus localement et dans les parties en creux,
la plante dominante est Equisetum hiemale L. var.
occidentale Hy, également très serré et presque
pur, avec quelques rares pieds de Convoioutus
Soldanella.
Des ilôts d'une végétation analogue se ren-
contrent par places dan- les dun<- fixées, dans les
parties déboisées où le sable est redevenu mobile,
dunes écroulées ou coupées par mi chemin, par
exemple. La végétation, très clairsemée, se coin
pose alors de quelques unes des espèces précé
dentés, mêlées à d'autres des dunes fixées
avoisinantes :
Hirschfeldia adpr< ssa Moench.
Tunica proliféra Scop
Melilolus alba Desr.
Œnothera biennis L
Eryngium maritimum I.
Vsperula cynaochica L.
Grucianella maritima L.
Heliçhrysum Staechas l><
Erythrœa Centaurium Pers
Convolvulus Soldanella L
Kuphorbia Paralias L
— portlandica L
Asphodelus (istulosus L.
Pancratium maritimum L.
Carex arenaria L.
Ammophila arenaria Link.
Monerma subulata PB.
Ces stations, toujours peu étendues, se ren-
contrent jusqu'au delà du Rio de Kaices. c'est-
— 171 —
à-dire loin de la mer, ce qui montre le peu
d'exigences en chlorure de sodium de plantes
telles cfue Eryngium maritimum, Conwlmtas Sulda-
nella, Euphorbia Paradas.
b). — Dunes Fixées
Les dunes fixées sont presque entièrement boi-
sées artificiellement en Pinus Pinus ter Soland. ; on
y rencontre çà et là de rares Pop a las Tremula L. et
Pinus sylvestris L , ainsi que quelques individus
subspontanés d'Eucalyptus Globulus Labill. ;
dans les parties plus fraîches, surtout vers le Rio
de Raices, apparaissent Tamarix anglica Webb,
Salix Caprea L., S. cinerea L., Populus nigra L. et
Alnus glutinosa Gaertn.
La plupart du temps, la végétation est abondante,
sans cependant former un tapis continu, et le sable
reste visible entre les plantes ; c'est le cas pour les
sommets et les pentes des ondulations, à sol sec et
constitué par du sable très peu mélangé de terre
végétale ; on trouve alors :
Helianthemum guttatum Mill. — C.
Polygala dunensis Dumt.
Silène gallica L.
Tunica proliféra Scop. — C.
Ononis diffusa Ten. var. intermedia H. Cher ni.
Authyllis Dillenii Schult. — CC.
Medicago sativa L. — R>
ïrifolium arvense L. — CC.
— angustifolium L. — CC.
Vicia Cracca L.
Ornilhopus ebracteatus Brot. — C
— 172 -
Asperula cynanchicaL. — G.
Crucianella maritima L.
Gnaphalium luteoalbum L. — R.
Helichrysum Stœchas DC.
Andryala integrifolia L. — C.
Jasione montana L.
Rumex bucephalophorus L. — K
Euphorbia portlandica L.
Asphodelus fistulosus L. — C.
Panera tiu m maritimum L.
Ophrys apifera lluds.
Garex arenaria L. — G.
Phleum arenarium L. — C.
Lagurus ovatus L. — G.
Ammophila arenaria Link. — \\.
Aira caryophyllea L. — G.
Kœleria phleoides L.
Monerma subulala PB.
Equisetum hiemale L. var occidentale Hy.
Plusieurs de ces espèces sont nettement domi-
nantes par places, par exemple TrifoUum arvense,
T. angustifolium, Anthyllis DiUerdi, ïsphodelus
fis kilos us, etc.
A côté -de ce faciès, en quelque sorte normal,
s'en trouvent d'autres qui l'ont la transition avec
les formations de l'intérieur.
Certaines parties déboisées, par exemple, mais
à sol bien fixé, se présentent sous forme de pelouses
sablonneuses, à végétation rase, formant un tapis
presque continu constitué par :
Helianthemum guttatum Mill.
Polygala dunensis Dumt — R.
Polycarpon tetraphyllum L. — G.
— 173 —
Medicago Lupuliaa L.
Trifolium arvense L.
Ornithopus ebracteatus Brot.
Rosa spinosissima L.
Poterium dictyocarpum Spach.
Galium verum L.
Asperula cynanchica L.
Grucianella maritima L. — R.
Hypochœris radicata L.
Tolpis barbata Gaertn.
Jasione montana L.
Erythrœa CentauriumPers.
Merendera Bulbocodium Ram.
Anthoxanthum odoratum L. — C.
Phleum arenarium L. — G.
iVira caryophyllea L. — C.
Monerma subulata PB.
Dans les clairières des fonds et en bordure des
sentiers, le sable, un peu plus humide et moins
pur, est complètement fixé par une végétation
dense, plus élevée et relativement riche, formée
principalement de :
Glematis Vitalba L.
Papaver Rhaeas L.
Silène nutans L.
Hypericum perforatum L.
Linum angustifolium Huds.
Ulex europseus L.
Anthyllis Dillenii Schult.
Medicago Lupulina L.
— sativa L.
Melilotus alba Desr.
— arvensis Wallr.
Trifolium campestre Schreb.
— 174 —
Trifolium repens L.
— pratense l>.
Lotus corniculal us L.
Vicia sativa L.
— Gracca L.
— tetrasperma Moench.
Rubus fruticosus L L).
Poterium dictyocarpum Sp i< \\
Daucus Garota I
Galiuin verum L.
— Mollugo L.
Centrantlm> < lalcitrapa I >•
Bell i s porc unis I
Erigeron acris L.
ïnula Gonyza I N
Achille;t MillefoliujD L.
Centaurea niLrr.t L
Leontodou hispidus I.
Hypocliœris radicata I..
Tolpis barbata Gaertn.
Chlora perfolîata L
Echium \ iilgare L.
Gonvolvulus arvensis I..
,\ erbascum Thapsus I
Origanum vulgare L.
Asparagus officinalis L
Smilax aspera L.
Ophrys apifera Huds.
Anthoxanthuin odoratum I.
Lagurusovatu^ !..
Aira caryophyllca L.
Holcuslanalus L.
(1) Ici, comme plus loin. Rubtu fruticosus ea\ pris au -ons
global et non au sens ptrj
—
— 175 —
Cynosurus echinatus L.
Briza maxima L.
Dactylis glomerata L.
Brachypodium pinnatum PB.
Nous sommes ici en présence d'un faciès relati-
vement peu psammophileetremarquable en consé-
quence par la très nette prédominance des espèces
de l'intérieur.
Eniin, certaines parties des dunes, surtout
au-delà du Rio de Raices. dans la région la plus
éloignée de la mer, sont occupées par des landes
sablonneuses qui rappellent certaines landes
boisées, peu humides, de l'intérieur ; le sol est un
peu frais et, sous l'ombrage des Pins, il s'établit
une végétation très uniforme composée de :
Helianthemum guttatum Mill.
Sarothamnus cantabricus Willk.
Ulex europaeus L. — GG.
Rubus fruticosus L.
Andryaia integrifolia L.
Tolpis barbata Gaertn.
Galluna vulgaris Salisb. — GC.
Erica cinerea L. — GG.
Daboecia polifolia Don. — R.
Smilax aspera L.
Anthoxaathum odoratum L.
Holcus lanatus L.
Pteris aquilina L. — C.
Le facteur principal dans les dunes est la
nature sablonneuse du sol, qui entraîne la présence
d'une végétation relativement xérophile; la prin-
cipale différence avec les plages est la salure faible
— 176 —
ou presque nulle du substratuin : aussi les espèces
halophiles font elles le plus souvent défaut, sauf
dans les sables mobiles où la compétition très
faible leur permet de s'aventurer un peu. A mesure
que la dune se fixe, le sable devient moins pur et
plus trais ; le nombre des psammophiles diminue
et les plantes continentales envahissent le terrain ;
la dune passe alors graduellement à des pelouses
sablonneuses et, si L'humidité augmente, à des
landes sablonneuses ou à des prairies, à \ égétation
peu différente de celle des formations correspon-
dantes de l'intérieur.
II. — Pentes des Falaises
Au-dessus de la partie atteinte parles embruns,
les pentes des falaises forment une station à salure
très faible etgénéralement recoui » -rie d'une couche
de terre suffisante pour permettre Ledéi eloppement
d'une végétation dense Quelques espèces halo-
philes s'y rencontrent encore dans le bas, puis se
raréfient de plus en plus ; beaucoup de plantes de
l'intérieur se trouvent en abondance, à côté d'un
certain nombre d espèces spéciales à cette station ;
il en résulte que la flore a un caractère assez
indécis.
Le faciès habituel consiste en pelouses, rases ou
hautes suivant les conditions locales, présentant
un nombre d'espèces assez considérable :
Raphanus maritimus Sm. — C.
Silène maritima With. — R.
— nutans L.
■» Il ^»«>-^M
— 177 —
Linum gallicum L. — C.
Ononis procurreDs Wallr. — CC.
Anthyllis Dillenii Schult. — CC.
Medicago sativa L.
Trifolium maritimum Huds.
Lotus hispidus Desf.
Daucus gummifer Lamk.
Solidago Virga-aurea L.
Pulicaria odora Reichb. — C.
Centaurea nigra L.
Galactites tomentosa Moench.
Andryala integrifolia L. — C.
Thrincia hirta Roth.
Campanula Rapunculus L.
Jasione montana L. — C.
Plantago Coronopus L.
— maritima L. var dentata. Bl. et
Fing. - R.
Armeria maritima Willd.
Erythraea tenuiflora Hoffg. et Link. — CC
— diffusa Woods.
Ghlora perfoliata L. — C.
Echium vulgare L.
Euphorbia portlandica L. — R.
Allium sphaerocephalum L. — R.
— ericetorum Thore.
Agrostis maritima Lamk.
Gastridium lendigerum Gaud.
Lagurus ovatus L. — R.
Arrhenatherum bulbosum Presl.
Holcus lanatus L.
Kœleria maritima Lange. — C.
Cynosurus echiuatus L.
Briza maxima L. — C.
Molinia caerulea Moench. — R.
12
— «78 —
Festuca dumetorum L. — R.
Brachy podium pinnatum PB. — C.
Gatapodium loliaceum Link.
Dans l'ensemble la végétation est assez mélan-
gée ; par places cependant, quelques espèces
deviennent dominantes, par exemple Ononis pro~
carrens, Anthyllis Dillenii, AUiam cricetorum, etc.
Il se rencontre ici des rochers, mais moins sou-
vent que dans la zone haloptule : leur végétation
est assez différente de celle dos rochers maritimes
proprement dits, la plupart des halophytes avant
disparu :
Fumaria capreolata L.
Silène maritima Wilh. — I».
Géranium modes! uni Jord.
Sedum album L. — CC.
Umbilicus pendulinua DC. — < I
Hedera Hélix L.
Centranthus Calcitrapa DC.
Sonchus oleraceus L. var. lacerus Walli .
Armeria maritima Willd. — H,
Anagallis arvensis L.
Orobanche Hederae Duby.
Euphorbia portlandica L. — R.
Parietaria officinalis L. — CC.
Scolopendrium officinale DC.
Asplenium mari m un I.
Le plus souvent les pelouses des falaises passent
insensiblement à celles de l'intérieur, dont elles
diffèrent assez peu. Quand l'intérieur est occupé
par des landes, comme entre Santa Maria del Mar
et Bayas, ces landes descendent très bas sur la
~. 179 —
pente des falaises ; il se forme alors un faciès
mixte comprenant un mélange d'espèces tel que :
Reseda média Lag.
Ononis procurrens Wallr. — - G.
Anthyllis Dillenii Schult. — C
Lotus hispidus Desf.
Pulicaria odora Reichb.
Cirsium filipendulum Lange.
Andryala ïntegrifolia L.
Gampanula Rapunculus L.
Jasione montana L. — G.
Lobelia urens L.
Erica cinerea L.
— vagans L.
Daboecia polifolia Don. — R.
Erythraea diffusa Woods.
Lithospermum prostratum Lois.
Linaria triornithophora Willd. — R.
Simethis bicolor Kunth. — R.
Allium ericetorum Thore.
Arrhenatherum bulbosum Presl.
Holcus lanatus L.
Briza maxima L.
Molinia ceerulea Moench.
Brachypodium pinnatum PB.
Les pentes des falaises sont l'équivalent de ce
qu'étaient les dunes sur les côtes basses; mais
alors que les dunes doivent à leur sol sablonneux
une végétation tout à fait caractéristique, les
falaises n'ont que peu d'espèces spéciales et le
passage à la flore de l'intérieur s'y fait de façon
plus insensible.
— 180 —
III. — Lieux humides
Les stations humides sont assez fréquentes dans
les dunes, plus rares et surtout moins étendues
sur les falaises. Dans les deux cas le facteur essen-
tiel est l'eau, et la végétation diffère fortement de
celle du voisinage par son caractère hygrophilc.
La salure, quoique faible, est encore sensible
dans un petit marais situé sur les bords du Rio de
Raices, vers San Juan de Nieva, au milieu des
dunes ; la végétation y est réduite à un petit nombre
d'espèces, quelques-unes légèrement halophiles,
les autres susceptibles de se rencontrer plus avant
dans l'intérieur:
Gotula coronopifolia L.
Samolus Valerandi L. — '
Anagallis tenella L.
Juncus maritimus Lamk.
Triglochin maritimum L.
Pycreus flavescens Reichb.
Scirpus maritimus L. var. compact us Mey.
puogensjNahl. — C.
— Savii Seb. et M. — C.
Un peu plus en amont, toujours au milieu des
dunes, la salure disparaît complètement et on
passe à des prairies marécageuses, à sol encore
un peu sablonneux, mais qui ne diffèrent guère
de celles de l'intérieur, car elles sont constituées
principalement par :
Ranunculus Flammula L. — C.
Spiraea Ulmaria L.
Potentilla Tormentilla Neck. — C
mm
», Mmitm J i mimmmm^mmmmmmmmmmmmmss,
m
— 181 —
Lythrum Salicaria L.
— Graefferi Ten .
Helosciadium nodiflorum Koch.
Angelica sylvestris L. var. villosa Lange.
Galium palustre L.
Eupatorium cannabinum L. — C.
Anagallis tenella L.
Veronica scutellata L.
Polygonum Persicaria L.
Alisma Plantago L.
Juncus conglomérats L.
— glaucus Ehrh.
— supinus Moench.
Sparganium neglectum Beeby.
Pycreus flavescens Reichb.
Cyperus badius Desf.
Scirpus maritimus L.
— SaviiSeb. et M.
Carex pendu la Huds. — R.
— glauca Scop.
Phragmites communis Trin.
On rencontre plus souvent dans les dunes, et
parfois sur d'assez grands espaces, des parties
déboisées très humides, mais non marécageuses ;
la végétation de ces sables humides est assez
dense et se compose principalement des espèces
suivantes :
Potentilla Tormentilla Neck. — G.
Samolus Valerandi L.
Anagallis tenella L. — G.
Erythraea tenuiflora Hoffg. et Link.
Chlora perfoliata L. — ÇC.
Salix repens L.
— 182 —
Epipactis palustris Crantz.
Juncus maritimus Lamk. ~ C
— supinus Moench.
Pycreus flavescens Reichb. — C.
Cyperus fuscus L. — R.
Scirpus maritimus L. var. compactus Mey.
— pungens Vahl.
— Savii Seb. et M.
Carex punctata Gaud. — R.
— glauca Scop.
Equisetum campanulatum Poir.
Ces sables passent, suivant les cas, soit aux
prairies marécageuses, soit aux sables ordinaires
des dunes.
Sur les falaises, les stations humides, toujours
très restreintes, occupent surtout les bords des
ruisselets ou des suintements: leur végétation se
compose de :
Sagina maritima Dod.
Apium graveolens L.
Samolus Valerandi L. — C.
Anagallis tenella L. — GC.
Iris fœtidissima L.
Juncus conglomeratus L
— maritimus Lamk.
— lamprocarpus Ehrh.
— bufonius L. — G.
Scirpus maritimus L. var. compactus Mey.
— Savii Seb. et M. — CC.
Carex glauca Scop. — C.
Gomme dans le cas des stations mésophiles des
falaises, les stations hygrophiles n'ont qu'un petit
— 183 -
nombre d'espèces spéciales et diffèrent assez peu
des stations correspondantes de l'intérieur.
C. — ZONE INTÉRIEURE
La zone intérieure s'étend en arrière de la zone
paralienne et se trouve ainsi plus ou moins, éloi-
gnée de la mer suivant les circonstances; sa limite
est toute conventionnelle et nous avons vu de
nombreux exemples de transition, tant sur les
parties rocheuses que sur les parties sablonneuses
de la côte ; l'influence de la mer v est nulle, sauf
au point de vue du climat.
Nous examinerons cette zone avec moins de
détail que les précédentes, car son étude complète
nous entraînerait trop loin. Les diverses forma-
tions y sont plus complexes, plus difficiles à
délimiter et susceptibles de multiples variations ;
de plus, leur état primitif a été plus ou moins
modifié par la culture. Néanmoins, en schéma-
tisant un peu, ces formations peuvent se ramener
à six : hois, buissons, landes, lieux humides,
prairies et pelouses, cultures : nous les passerons
rapidement en revue, en indiquant au besoin les
principales variations.
I. — Bois
Les bois ne forment nulle part ici de forêt con-
tinue, mais sont réduits à des lambeaux de peu
d'étendue, localisés le plus souvent sur le versant
des collines. Ils sont généralement assez humide
ou tout au moins frais, bien qu'assez clairs
— 184 -
Les essences dominantes sont Castanea vulgaris
Lamk. en première ligne, et ensuite Quercus pedun-
culata Ehrh*, ; çà et là se rencontrent également
Fraxinus excelsior L . , Ilex AquifoliumL., Betula ver-
rucosa Ehrh., Populas Trenuila L , Corylus Avellana
L., Quercus sessiliflora Sm. Les espèces les plus
caractéristiques du sous-bois sont:
Ranunculus repens L.
Polygala depressa Wend. — C.
Stellaria Holostea L.
Hypericum pulchrum L. — GC
— humifusum L. — C.
Androsaemum officinale Ail.
Géranium Robertianum L.
Oxalis Acetosella L.
Ulex europseus L.
Rubus fruticosus L.
Geum urbanum L.
Fragaria vesca L. — C.
Potentilla splendens Ram.
— Tormentilla Neck. — CC.
Gircaea lutetiana L.
Physospermum aquilegifolium Koch. var.
cornubiense Lange. — R.
Hedera Hélix L.
Rubia peregrina L.
Lonicera Periclymenum L.
Senecio bayonnensis Boiss. — R.
Campanula patula L.
Wahlenbergia hederacea Reichb. — CC.
Vaccinium Myrtillus L. — R.
Lysimachia nemorum L.
Primula grandiflora Lamk.
Veronica Chamœdrys L.
^
■M
— 185 —
Melampyrum pratense L.
Teucrium Scorodonia L,
Euphorbia angulata Jacq.
— sylvatîca Jacq.
Ruscus aculeatus L.
Smilax aspera L.
Platanthera bifolia Rich.
Brachypodium sylvaticum Roem. et Sctvult.
Pteris aquilina L. — GC.
Nephrodium Filix-mas Rich.
Aspidium aculeatum Sw.
Athyrium Filix-fœmina Roth.
Blechnum Spicant Roth. — C.
Osmuada regalis L.
Beaucoup de ces espèces se rencontrent aussi
dans les landes ; la transition se fait par les par-
ties les plus claires des bois, où, sous les Châtai-
gniers, se développent alors de nombreuses
Bruyères, comme Erica cillaris L., E. Mackayi
Hook., avec une partie de leurs satellites.
Le sommet des collines a parfois été reboisé par
des plantations de Pinus Pinaster Soland. ; ces
bois, beaucoup plus secs que les précédents, ont
une végétation très pauvre et le sous-bois est sou-
vent réduit à Ulex européens L. et Pteris aquilina L.,
accompagnés de quelques autres espèces seule-
ment ; ici aussi le bois passe graduellement à des
landes, mais à des landes sèches à Calluna vul-
garis Salisb. et Erica cinerea L.
II. — Buissons
Dans les clairières et sur les bords des bois se
développent très souvent des buissons assez épais
— 186 —
«
constitués par un mélange d'arbustes et de plantes
grimpantes ; il s'y ajoute quelques plantes her-
bacées de grande taille, ainsi que quelques arbres-
Une association à peu près identique forme éga-
lement la plupart des haies épaisses qui bordent
presque tous les chemins et les champs. La végé-
tation se compose principalement de :
Clematis Vitalba L. — C.
Géranium Robertianum L.
Ilex Aquifolium L.
Ulex europaeus L. — CC.
Vicia Cracca L. — C
— bith>nica L. — R.
Rubus fruticosus L. — GÇ.
Genm urbanum L.
Rosa sempervirens L.
Agrimonia Eupatoria L.
Cratœgus oxyacantha L.
ïorilis infesta Hoffm.
Cornus sanguinea L.
Rubia peregrina L.
Galium Mollugo L. — G.
■
— Aparine L.
Sanibucus nigra L.
Lonicera Periclymenum 1..
Bryonia dioica L.
Campanula patula L.
Erica vagans L. — G.
Daboecia polifolia Don. — C.
Ligustrum vulgare L.
Lithospermum prostratum Lois. — G.
Convolvulus sepium L.
CuscutaEpithymum Murr.
' -Solanum Dulcamara L. — G.
— 187 —
Veronica Chamaedrys L
Linaria triornithophora Wilid
Scrofularia Scorodonia L.
Digitalis purpurea L.
Teucrium Scorodonia L. — GG.
Melittis Melissophyllum L.
Lamium maculatum L. — G.
Stachys sylvatica L.
Calamintha Clinopodium Moris.
Rumex obtusifolius L.
Laurus nobilis L.
Corylus Avellana L.
Quercus pedunculata Ehrh.
Ruscus aculeatus L.
Smilax aspera L. — GC.
Arum maculatum L.
Bromus maximus Desf.
Brachypodium sylvaticum Roem. et Schult.
Pteris aquilina L. — CC.
Aspidium aculeatum Sw. var. hastulatum
Kunze.
Athyrium Filix-fœmina. Rolh.
Il y a donc ici, outre quelques plantes spéciales
à la station, un grand nombre d'espèces emprun-
tées aux bois ou aux landes du voisinage.
Dans les endroits plus humides, la végétation
change peu à peu ; le long des ruisseaux des
vallons, par exemple, les taillis ont une constitu-
tion floristique très différente, avec :
Aquilegia vulgaris L.
Lycnnis Flos-Cuculi L.
Androsaemum officinale AH.
Lotus uligino&is Schkuhr. - GG.
1
— 188 —
Spiraea Ulmaria L. — C.
Lythrum Salicaria L. — C.
OEnanthe crocata L.
Angelica sylvestris L. var. villosa Lange.
Eupatorium cannabinum L. — GC.
Girsium palustre Scop.
Scofularia aquatica L.
Lycopus europœus L.
Euphorbia pilosa L.
Laurus nobilis L.
Salix cinerea L.
— Caprea L.
Populus alba L.
— nigra L.
Alnus glutinosa Gaertn,
IrisPseudaconis L.
Gyperus badius I)< ^1
Garex pendula Huds.
Phragmites commun is Trio. — R.
Nephrodium Fili\-mas Hicli.
Aspidium aculeatum Sw.
— var. hastulatum K.uozé.
Athyrium Filix-fœmina Roth.
Osmunda regalis L. — CC.
Equisetum maximum Lamk. - i
C'est le faciès hygrophilc des buissons cl beau
coup de ses constituants se retrouvent dans les
prairies humides. ,
III- — Landes
Les landes constituent la formation la plus
caractéristique de toute la région et celle qui
couvre la plus grande surface ; elles s'étendent sur
I
item #s 48a, b, c
»w-,
— 189 —
la plupart des collines, coupées çà et là par des
bois et par quelques rares cultures.
La végétation est extrêmement monotone par
suite de la pauvreté du substratum et de la place
prépondérante qu'occupent les Ericacées et les
Ajoncs. Le plus souvent le sol est assez sec, en
particulier sur le sommet des collines ; on trouve
alors :
Reseda média Lag.
Helianthemum guttatum Mill. — C.
Arenaria moutana L.
Hypericum pulchrum L.
— humifusum L.
Linum catharticum L.
Ulex europaeus L. — GC.
— nanus Forst.
Lotus hispidus Desf.
Ornithopus ebracteatus Brot.
Laserpitium prutenicum L. var. Dufourianum
H. Cherm.
Filago gallica L.
Ormenis nobilis J. Gay. — C
Leucanthemum vulgare Lamk.
Serratula Seoanei Willk.
Hieracium Pilosella L. — C.
Andryala integrifolia L. — CG.
ïolpis barba la Gaertn. — R.
Campanula Rapunculus L.
Jasione montana L. — G.
Lobelia urens L.
Galluna vulgaris Salisb. — CG.
Erica ciliaris L. — R.
— cinerea L. — GC.
— vagans L. — CG.
— 190 —
Erica umbellata L. — R.
Daboecia polifolia Don.
Lithospermum prostratum Lois. — C.
Cuscuta Epithymum Murr.
Digitalis purpurea L.
Teucrium Scorodonia L.
Simethis bicolor Kunlli.
Gladiolus illyricus Roch.
Anthoxanthum odoratum L. — CC.
Lagurus ovatus L. — H
Arrhenatherum bulbosum Presl.
Holcus lanatus L.
Briza minor L.
Pteris aquilina L. — G.
Les parties rocailleuses sont caractérisées par
Erica umbellata qui pour cette raison est assez peu
répandu-
Vers la base des collines et dans les fonds, le sol
est généralement plus humide et parfois même
un peu tourbeux ; il peut en être de même locale-
ment sur les sommets. La végétation comprend
alors, outre plusieurs des espèces précédentes, un
grand nombre d'autres plus spéciales à ce faciès :
Polygala depressa Wend.
Mœnchia erecta Baxt.
Sagina subulata Presl. — R.
Hypericum humifusum L.
Androsaemum officinale AIL •
Ulex europœus L.
— nanus Forst.
Potentilla Tormentilla Neck. — CG. J
Garum verticillatum Koch. — C.
Gnaphalium uliginosum L.
Item #s _48a, b, c
— 191 —
Girsium filipendulum Lange.
Wahlenbergia hederacea Reichb. — C.
Lobelia urens L.
Erica ciliaris L. — ~CC.
— Mackayi Hook. — G.
— vagans L. — R.
Erythraea diffusa Woods.
Eufragia viscosa Benth. — R.
Scutellaria minor L.
Narthecium ossifragum Huds. — R.
Orchis maculata L.
Garex laevigata Sm. — R.
Briza minor L.
Molinia caerulea Moench.
Blechnum Spicant Roth.
Enfin dans les dépressions les plus humides,
parmi les Sphaignes (1), croissent généralement
Helodes palus tris Spach, Lythrum hyssopîfoïium L.,
Peplis Portula L., Plnguicula lusitanien L. et Scirpus
fluitans L.
Les landes passent latéralement, suivant les cas,
soit à des bois, soit à des pelouses ou des prairies,
soit même à des prairies marécageuses.
IV. — Lieux humides
Les stations humides sont très répandues dans
la région, mais sous des formes assez diverses,
fossés, prairies humides ou marécageuses, ou
encore .simples dépressions locales où l'eau
séjourne l'hiver et une partie du printemps- Un
(1) Principalement Sphagnwn subnitens Russ. et Warnst.
et surtout S. Gravetii Russ,
192
grand nombre d'espèces, plus ou moins hydro-
philes, sont communes à ces divers faciès et leur
donnent un certain caractère d'uniformité-
a). — Fossés et Lieux Bourbeux
Cette sorte de station se rencontre partout,
notamment le long des chemins, et donne asile à
une végétation assez variée, composée principa-
lement de :
Ranunculus Lenormandi F. Schultz var.
intermedius H. Gherm. — R.
Flammula L. — C.
— — var. serratus DG .
— repens L.
Nasturtium officinale R. Br.
Gardamine sylvatica Link. — R.
Stellaria uliginosa Murr.
Lythrum Salicaria L.
— . Graefferi Ten.
— hyssopifolium L.
Peplis Portula L.
Epilobium parviflorum Reich.
Helosciadium nodiflorum Koch. — C.
Galium palustre L.
Gnaphalium uliginosum L.
Pulicaria vulgaris Gaertn.
dysenterica Gaertn. — GC.
Senecio aquaticus Huds.
Samolus Valerandi L.
Veronica Beccabunga L.
Scrofularia aquatica L.
Mentha Pulegium L. — GG.
— rotundifolia L. — G.
~ aquatica L. — C.
— 193 —
Lycopus europaeus L.
Polygonum Persicaria L.
— Hydropiper L. — G.
Alisma Plantago L.
Juncus glaucus Ehrh. — GG.
Juncus laiîiprocarpus Ehrh.
— sylvaticus Reich.
— bufonius L. — C.
Pycreus flavescens Reichb.
Gyperus badius Desf.
Scirpus Savii Seb. et M.
Equisetum arvense L. — C.
— maximum Lamk.
Quand les fossés se dessèchent, les espèces les
plus hygrophiles peuvent disparaître et quelques
espèces des talus viennent les remplacer.
b). — Prairies Marécageuses
Dans les vallons, le long des ruisseaux, les
prairies sont parfois très marécageuses, à sol
spongieux, bien que non tourbeux- La végétation,
très hygrophile, est alors particulièrement uni-
forme et formée seulement d'un petit nombre
d'espèces, telles que ;
Ranunculus Flammula L. — GG.
Lychnis Flos-cuculi L.
Helodes palustris Spach. — R.
Trifolium patens Schreb. — G.
Potentilla Tormentilla Neck. — G.
Galium palustre L.
Girsium palustre Scop.
Samolus Valerandi L.
13
— 194 —
Anagallis tenella L.
Spiranthes aestivalis Rich. — R.
Pycreus flavescens Reichb.
Scirpus Savii Sel), et M. — G.
Carex pulicaris L. — R.
— flava L.
En certains points, se rencontrent des peuple-
ments denses de Iris Pseadacoras L. ou de Sparga-
niiim neglectiim Beeby, parfois à peu près purs,
surtout le second.
c). — Prairies Humides
Les prairies marécageuses passent graduelle-
ment à des prairies simplement humides ; c'est le
faciès le plus fréquent dans les vallons- La végé-
tation, plus variée et plus haute, est un peu moins
hygrophile que dans le cas précédent et se
compose de :
Ranunculus Flammula L. — G.
— repens L.
Lychnis Flos-cuculi L.
Ilypericum undulatum Schousb.
Trifolium patens Schreb. — G.
Lotus uliginosus Schkuhr.
Spiraea Ulmarià L.
PotentillaTormentilla Neck.
Lythrum Salicaria L.
— Graefferi ïen.
Epilobium parviflorum Reich.
Carum verticillatum Koch.
Angelica sylvestris L. var. villosa Lange.
Galium palustre L. — C.
Scabiosa Succisa L. — C.
— m -
Pulicaria dysenterica Gaeitn.
Senecio aquaticus Huds. — (
Eupatorium cannabinum L.
Girsium filipendulum Lange.
Ghlora perfoliata L.
Myosotis palustris Link.
Scrofularia aquaîica L.
Rhinanthus minor Ehrh. — C.
Mentha rotundifolia L.
— aquatica L.
Euphorbia pilosa L.
Juncus emisus L.
— conglomérats L.
— glaucus Ehrh.
Cyperus badius Desf.
Scirpus Savii Seb. et M. — C.
Garex glauca Scop.
Equisetum arvense L.
Ces prairies humides présentent souvent des
places plus sèches qui établissent la transition
avec les prairies ordinaires. Plusieurs espèces
telles que Potentilla TormenIHhi, Carum verticiUa
tum, Cirsium fdipendulum, se rencontrent fréquena
ment, comme il a été dit, dans les parties humides
des landes, avec lesquelles il peut > avoir égale
ment passage insensible
V. — Prairies et Pelouses
Les prairies et les pelouses ont une i itio
mésophile assez semblable, suffisami
dans les premières pour permettre la
plus courte dans les secondes qui occupent
— 196 —
places plus sèches et des sols moins favorables
Les deux faciès sont du reste réunis par des
intermédiaires et parfois difficiles à séparer.
a). — Prairies
Les prairies se rencontrent surtout dans les
régions non humides des vallons ou sur les pentes,
plus rarement sur le sommet des collines, dans les
parties non occupées par les landes. Leur végé-
tation est assez riche, mais uniforme et composée
d'espèces assez banales comme :
Ranunculus repens L.
Polygala vulgaris L.
Melandryum pratense Rehl.
Silène inflataSm.
Stellaria graminea L.
Hypericum perforatum L.
Linum catharticum L.
— angustifolium Huds.
Trifolium campestre Schreb.
— repens L.
— pratense L.
Lotus corniculatus L.
Vicia sativa L.
— tetrasperma Moench.
Lathyrus Aphaca L.
Agrimonia Eupatoria L.
Poterium dictyocarpum Spach.
Daucus Carota L.
Galium Gruciata Scop.
— verum L.
— Mollugo L.
Dipsacus sylvestris Mill.
— 107 -
Achillea Millefolium L.
Senecio Jacobaea L.
Centaurea nigra L.
Taraxacum Dens-leonis Desf.
Crépis virens L
Picris hieracioides L.
Leontodon hispidus L.
Hypochœris radicata L.
Ghlora perfoliata L.
Brunella vulgaris L.
Betonica offîcinalis L.
Rumex obtusifolius L.
Euphorbia platyphyllos L
Ophrys apifera Huds.
Garex glauca Scop.
Anthoxanthum odoratum L.
Àrrhenatherum bulbosum Presl.
Holcus lanatus L.
Gynosurus cristatus L.
Briza maxima L.
— média L.
Bromus mollis L.
Dactylis glomerala L.
Brachypodium pinnatum PB
Equisetum arvense L.
A l'automne, après le fauchaison, apparaissent
Spiranthes autumnalls Rich. et Merertdera Bulboco
dkini Ram-
6). — Pelous
Les pelouses plus ou moins rases occupent toul
les places un peu sèches ou même
rocailleuses. Leur végétation est plus ri
celle des prairies, car, h beaucoup d'espèces qv
— 198 —
rencontraient déjà dans cette dernière station,
viennent s'en ajouter d'autres moins exigeantes
au sujet de l'humidité ; elle est également plus
variée à cause des petites différences qui s'obser-
vent d'un point à un autre dans la nature du
substratum.
Les principales espèces qui se rencontrent dans
les pelouses sont les suivantes :
Polygala vulgaris L.
Melandryum pratense Kehl.
Silène inflata Sm.
Stellaria graminea L.
Polycarpon tetraphyllum L.
Hypericum perforatum L.
— — var. microphyllum DC.
Linum catharticum L.
— gallicum L.
— angustifolium Huds.
Géranium colnmbinum L.
— dissectum L.
— molle L.
Ërodium cicutarium L'Hér.
Ononis procurrens Wallr.
Anthyllis Dillenii Schult.
Medicago Lupulina L.
— sativa L.
Trifolium campestre Schreb.
— minus Rehl.
— repens L.
— fragiferum L.
— pratense L.
Lotus corniculatus L.
— hispidus Desf.
Vicia tetrasperma Moench.
— 190 —
Lathyrus Aphaca L.
Potentilla reptans L.
Poterium dictyocarpum Spach.
Daucus Carota L.
Fœniculum officinale Ail.
Galium Gruciata Scop.
— verum L.
Dipsacus sylvestris Mill.
Bellis perennis L.
Achillea Millefolium L.
Senecio Jacobaîa L.
Gentaurea nigra L.
Taraxacum Dens-leonis Desf.
Crépis virens L.
Hieracium Pilosella L.
Picris hieracioides L.
Leontodon hispidus L.
Thrincia hirta Roth.
Hypochœris radicata L.
Tolpis barbata Gaertn. — R.
Jasione montana L.
Plantago Goronopus L.
lanceolata L.
Plantago média L.
Erythrœa tenuifiora Hoffg. et Link
Ghlora perfoliata L.
Echium vulgare L.
— plantagineum L. — R.
Veronica serpyllifolia L.
Euphrasia Rostkowïana Hayne.
Verbena officinalis L.
lirunella vulgaris L.
— hastaifolia Brot. ■ R.
Calamintha adscendens Jord.
Origanum vulgare L.
— 200 —
Euphorbia platyphyllos L.
Merendera Bulbocodium Ram.
Ophrys a pi fera Huds.
Cynodon Dactylon Rich.
Anthoxanthum odoratum L.
Lagurus ovatus L. — R.
Aira caryophyllea L.
Holcus lanatus L.
Cynosurus cristatus L.
— echinatus L.
Briza minor L.
— média L.
Bromus mollis L.
Dactylis glomerata L.
Brachypodium pinnatum PB.
Lolium perenne L.
La plupart de ces plantes sont des espèces assez
banales, dont beaucoup se retrouvent dans les
cultures ou les décombres.
VI. — Cultures et voisinage des habitations
Les cultures, relativement peu développées,
consistent surtout en champs de maïs, de pomme
de terre et de seigle, outre les cultures potagères
autour des villages;Elles donnent asile à un grand
nombre de plantes, souvent empruntées aux sta-
tions avoisinantes.
Les satellites des cultures sont principalement :
Papaver Rhaeas L.
Fumaria muralis Sond. e?-!:
Gardamine hirsuta L.
Sisymbrium officinale Scop. *
= 201 —
Sinapis arvensis L.
Raphanus sativus L.
Rapistrum rugosum Berg.
Senebiera didyma Pers.
Capsella Bursa-pastoris Moeach.
Melandryum pralense Rehl.
Cerastium triviale Link.
— glomeratum Thuill.
Stellaria média Cyr.
Sagina procumbeus L.
Spergula arvensis L.
Polycarpon tetraphyllum L.
Erodium moschatum L'Hér.
— cicutarium L'Hér.
Oxalis corniculata L.
Medicago Lupulina L.
— apiculata Willd.
Trifolium repens L.
Vicia sativa L.
— atropurpurea Desf. — R.
— tetrasperma Moench.
Potentilla reptans L.
Daucus Carota L.
Toriiis infesta Hoffm.
Sherardia arvensis L.
Erigeron canadensis L.
Ormenis mixta DC
Ghrysanthemum segelnni J,.
Senecio vulgaris L.
Girsium arvense Scop.
Centaurea Cyanns L.
Taraxacum Dens-leonis Desf.
Sonchus asper Hill.
— » oleraceus L.
Crépis virens L.
— 202 —
Helminthia echioides Gaertn.
Lampsana communis L.
Plantago Coronopus L.
Anagallis arvensis L.
Convolvulus arvensis L.
Solanum nigrum L.
Veronica arvensis L.
— polita Pries.
Antirrhinum Orontium L.
Linaria Eiatine Mill.
Stachys arvensis L.
Gorrigiola littoralis L.
Amarantus retroflexus L.
Atriplex hastata L.
patula L.
Chenopodium album L.
Polygonum Convolvulus L.
Persicaria L.
aviculare L.
Kuphorbia Helioscopia L.
Peplus L.
Mercurialis annua L.
Urtica dioica L.
Setaria viridis PB.
Oplismenus Crus-galli Kunth.
Digitaria sanguinalis Scop.
Gastridium lendigerum Gaud.
Briza minor L.
Poa annua L.
Horde um murinum L.
Equisetum arvense L.
— maximum Lamk.
Les décombres, bords des chemins el lieux ana-
logues ont une végétation très semblable : outre la
— 203 —
plupart des espèces précédentes, on peut > i
contrer aussi :
Chelidonium majus L.
Sisymbrium austriacnm Jacq.
Lepidium Draba L.
Alyssum maritimum Lamk. — R.
Silène gallica L.
Spergularia rubra Pers.
Portulaca oleracea L.
Malva moschata L. var. geraniifolia \\ illk. et
Lange.
Malva sylvestris L.
Lavatera cretica L.
Géranium columbinum L.
— dissectum L.
— molle L.
— Robertianum L.
Oxalis violacea L.
Medicago sativa L.
Trigonella polycerata L. — H.
Melilotus alba Desr
— arvensis Wallr.
ïrifolium i'ragiferum L.
Rubus fruticosns L.
Fœniculum officinale AU.
Galium Aparine L.
Dipsacus sylvestris Mill.
Scabiosa maritima L. — R.
Bellis perennis L.
Gonyza ambigua DC.
Gnaphalium luteoalbum L.
Carlina vulgaris L.
Galactites tomentosa Mœnch.
Cirsium lanceolahnn llili
— 204 —
Lactuca Scariola L.
Picris hieracioides L.
Tolpis barbata Gaertn.
Plantago lanceolata L.
— major L.
Echium vulgare L.
plantagineum L. — R.
Verbascum Thapsus L.
— sinuatum L. — R.
Yerbena offîcinalis L.
Amarantus deflexus L.
CheDOpodium murale L.
polyspermum L.
— ambrosioides L.
Rumex obtusifolius L.
— pulcher L.
Euphorbia platyphyllos L.
Cynodon Dactylon Rich.
Cynosurus échina tus L.
Briza maxima L.
Bromus mollis L.
— maximus Desf.
Agropyrum repens PB.
Plusieurs de ces espèces, par exemple Alyssutn
maritimum, Oxalis violacea, Tvigonella polycerata,
sont ici simplement adventices ou subspontanées.
Enfin les vieux murs donnent asile à :
Ghelidonium majus L.
Géranium Robertianum L.
— modestum Jord.
Sedum album L.
— hirsutum Ail.
Umbilicus pendulinus DC.
Hedera Hélix L.
- 20b —
Linaria Cymbalaria Mill.
Parietaria officinalis L.
Ceterach officinarum Willd.
Polypodium vulgare L.
Asplenium Trichomanes L.
— Adiantum-nigrum L.
Les murs forment à peu près la seule station
rocheuse delà zone intérieure, les rochers n'exis
tant guère que sur les falaises de la côte.
CONCLUSION
Les trois zones qui ont été distinguées pré<
(lemment forment une série où L'influence
maritime va en décroissant graduellement.
La zone littorale halophile est la plus diffé
renciée, au point de vue écologique, par sa salu
toujours assez forte : pour cette raison précisément
et à cause de sa faible étendue, c'est de beaucoup
l'a plus pauvre; les plantes continentales fonl
peu près défaut et la flore se réduit à un petit
nombre d'espèces très caractéristiques, presque
toutes plus ou moins halophiles et par conséquent
à feuilles généralement charnues. La composition
floristique est tout à fait comparable à celle d
stations analogues des côtes occidentales de la
France.
La zone littorale paralienne se justifie par
nécessité qu'il y a de séparer de la flore balophile
une flore très différente à la fois par
sition et ses caractères écologiques
beaucoup plus faible, n'exclut qu'un nomb]
— 206 —
restreint d'espèces continentales et la proportion
de ces dernières est toujours assez grande ; cepen-
dant, du fait de l'exclusion de certains de ces
compétiteurs continentaux, la lutte est devenue
moins vive et il a pu s'établir ici un assez grand
nombre d'espèces spéciales et même parfois
quelques types généralement plus halophiles. Cela
est vrai surtout pour les dunes, formation ouverte
par suite de la nature physique du substratum qui
limite le nombre des espèces continentales aptes
à la colonisation ; c'est là, grâce à la forte propor-
tion d'espèces caractéristiques, que les différences
avec la zone halophile comme avec la zone inté-
rieure sont le plus nettement visibles ; dès que le
sable devient moins pur, nous voyons la végéta-
tion devenir plus dense et se rapprocher insensi-
blement de celle de l'intérieur. Dans les formations
fermées, comme les pelouses des falaises, qui
ne diffèrent guère de celles de l'intérieur que par
la proximité de la mer, la compétition est bien
plus vive que dans les dunes, par suite du fort
contingent d'espèces continentales qui a pu
envahir le terrain, seules quelques espèces parti-
culièrement sensibles à l'action du sel étant
éliminées ; ceci explique le nombre relativement
restreint des types spéciaux à cette station ; il en
est de même dans les stations humides; plus
encore que dans les dunes, la zone paralienne,
très étroite du reste, peut alors être considérée
comme intermédiaire entre les deux zones qui la
limitent De toute façon, la zone paralienne est
est beaucoup plus riche que la zone halophile ; la
— 207 -
flore y rappelle encore l'Ouest de la France, mais
avec un plus grand nombre de types méii
dionaux.
La zone intérieure, qui n'a plus de maritime que
le climat, s'oppose ainsi à l ensemble des deux
zones littorales. La formation la plus caracté-
ristique est celle des landes, qui couvraient
vraisemblablement autrefois une surface encore
plus considérable: avant l'établissement de la
culture, les landes devaient s'étendre sur la
plus grande partie des collines, accompagnées de
bois frais sur les pentes abritées et de prain
marécageuses dans le fond des vallons les moins
étroits; c'est du reste encorelaposition qu'occupent
le plus souvent ces formations à l'état actuel. SoiW
l'influence de l'homme, les landes et les bois ont
été partiellement détruits et remplacés soit par
des cultures, soit plus souvent par çles prairû
pendant que des plantations de Pin maritime
étaient effectuées en quelques points du baut dfil
collines. Presque partout d'ailleurs, saut dans lei
lieux très humides, la lande tend à reprendre le
dessus et à envahir les formations voisines, grl
principalement à Erica cilinris L. el E. Marl.uyi
Hook. dans les parties fraîches, à E vçtgan* I
dans les stations intermédiaires, à E. eirusrea I et
Calluna vulgaris Salisb. dans les endroits plus
Cette prédominance de la lande, formation carac
téristique des parties siliceuses <le l'Europe
dentale, est une conséquence du climal doui H
humide de la région. Les affinités de ces Land<
qui s'étendent de la Galice aux pays basqu «1
— 208 —
du reste beaucoup plus avec celles de la Bretagne
qu'avec celles des plaines du Sud-Ouest de la
France, plus sablonneuses et plus chaudes. C'est
d'autre part surtout par le grand développement
des landes, et des bois et prairies qui les accom-
pagnent, que se traduisent les différences clima-
tériques considérables qui séparent l'Espagne
nordatlantique du reste de la péninsule.
Au point de vue purement floristique, lYtude
rapide que j'ai faite de la région, à défaut d'une
exploration plus complète, permet déjà de cons-
tater la présence de cinq éléments floraux, d'im-
portance d'ailleurs très inégale (1).
Le plus fort contingent est constitué par des
espèces dont l'aire s'étend sur la plus grande
partie de l'Europe moyenne ; à cette catégorie
appartiennent la plupart des arbres, la majorité
des plantes des bois, des buissons, des prairies,
des pelouses, des lieux humides et un grand
nombre de celles des autres formations. Certaines
de ces espèces manquent ou sont rares dans le
reste de l'Espagne ; d'autres y sont également
répandues et rentrent dans la flore banale de nos
régions tempérées.
L'élément occidental, ou encore atlantique
comme on l'a souvent nommé, est sensiblement
moins bien représenté numériquement, mais
(1) Je néglige ici les espèces naturalisées d'origine extra
européenne, peu nombreuses du reste. D'autre part, je laisse
entièrement de côté les halophytes véritables, qui, par leur
étroite localisation, sont en quelque sorte en marge du reste
de la flore et constituent presque un élément floral spécial.
— 209 -
joue cependant un rôle particulièrement impo
tant. Abstraction faite de quelques plantes exclu
sivement littorales (1), il est facile de constater
que tous les types occidentaux sont des plant-
abondantes dans la région, comme / lex munis
Forst., Lobelia urens L., Erica ciliaris I Mac
kayiUook., E. vagans L . Daboecia polifolia Don.,
Erythrœa diffusa Woods, Lithospermam prostralum
Lois , Pinguiciila lusitanien L., ou encore, parmi
les types un peu moins exclusivement occidentaux
Helodes palustris Spach., Ulex europaeus L., \\
lenbergia hederacea Reichb., Digitalis purpurea I
Scutellaria minor L. ; plusieurs même de c
espèces sont des plantes sociales cl interviennent
à ce titre dans la pliysionomie générale du pays
Or, contrairement à ce que nous verrons poui
l'élément méditerranéen, toutes ces espèces appar
tiennent aux formations fermées et spécialement
aux landes, c'est-à-dire justement à la formation
la plus caractéristique.
L'élément endémique proprement dit, fora
par les plantes spéciales au Nord-Ouest de
l'Espagne (augmenté au besoin des terril
français et portugais Limitrophes est d'impoi
tance très secondaire; il n'\ a guère à citer dans
cette catégorie que de simples variétés, races ou
sous-espèces, comme Malva moschata L. var. g<
11) Par exemple Raphanas maritimu
nsis Dumt, Tamaris anglica Webb, Rrodium
Lange, Euphorbia portlandica I
la plupart simples sous-esp^
taux.
— 210 —
niifolia Willk. et Lange, Sarothamnus caniabricas
Willk. (race de Sscoparius Wimm.), Ononis diffusa
Ten. var. intermedia H. Cherm., Laserpitium
priitenicam L. var. DufourianumR. Cherm., Senecio
bayonnensis Boiss. (sous-espèce de 8. Fuchsii Gmel.),
Clrsiujn filipendulum Lange (sous-espèce de C bul-
bosum DC), Serratula Seoanei Willk. (race de
S. tJncforia L), Kœleria maritima Lange (race de
K. albescens DC); les types auxquels ces formes
se rattachent étroitement sont d'origine assez
diverse et certains manquent totalement dans la
région ; nous sommes ainsi en présence de formes
récentes encore très près de la souche dont
elles sont probablement dérivées. Il y a donc, au
point.de vue de l'endémisme, un contraste marqué
avec l'Espagne centrale et méridionale où les
espèces endémiques jouent un rôle si considérable:
il est juste d'ajouter que le nombre des endé-
miques s'accroît assez rapidement, dès que, quit-
tant notre circonscription côtière, on se rapproche
de la Chaîne cantabrique.
Les endémiques, au sens ainsi restreint, nous
mènent par extension aux plantes dont le centre
de développement est la Péninsule ibérique, où
elles sont plus ou moins largement répandues ;
ces plantes «ont ici en très petit nombre, Reseda
média Lag\, Erica umbellata L., Linaria triorni-
thophora Willd , Merendera Bulbocodium Ram. ;
ce sont là de véritables espèces, qui constituent la
très faible contribution de ce qu'on peut appeler
l'élément ibérique ; comme dans le cas précédent,
_
— 211 -
cette contribution augmente quand on
de la côte.
Le dernier élément floral est l' élément rnédi
terranéen. On sait que les constitu Les moini
exigeants de la flore méditerranéenne pénètrent
plus ou moins profondément dans I i
moyenne, par des voie? diverses et en iréfiant
progressivement ; une des plus importante! de
ces voies d'accès est constituée par le littoral de
l'Europe occidentale et son arrière pays, gi n
particulier à la température peu rigoureuse qui
règne l'hiver ; quelques espèces atteignent ain
la Hollande ou le Sud de L'Angleterre, alors que In
plupart des autres s'arrêtent aux étapes interni
diaires. Par suite de la situation géographique de
la côte Nord-Ouest de l'Espagne, noua ne m
donc pas surpris de rencontrer i< i sensiblement
plus d'espèces méridionales que, par ei
en Bretagne; un dixième environ «le la Bore peut
en effet être rangé dans cette catégorie. '
proportion assez forte ne doit cependant pas faii
illusion ; il esta remarquer en eflVI que la plup
de ces espèces croissent ici, soit exclusivement
soit tout au moins principalement, dans
formations ouvertes dunes, bords des chemins,
décombres, cultures) à compétition réduite, i
exemple Hirschfeldia adpressa Moench, RapUtrum
rugosiim Berg., Alyssum mariiimum Lamfc
lera cretica L., Erodiunt moschatum I
nella polycerata L., \ icia airopù
thopus ebracteatiis Brot, F ilamo
Crucianella maritima L Centrant!*
— 212 —
DC, Scabiosa maritima L , Conyza ambigua DC ,
Helichrysum Stœchas DC, Galactites tomentosa
Moench. , Tolpis barbata Gaertn., Echiam plania-
gineam L., Verbascum sinuatum L., Rumex bucepha_
lophorus L., Asphodelus fistulosus L., Pancratium
maritimum L., Cas tr ïdium lendig erum Gaud., Lagu-
rus ovatas L., Kœleria phleoides Pers., Bromus
maximus Desf., Monerma sabalata PB., etc. ; les
espèces qui ont réussi à s'implanter dans les
formations fermées sont en nombre sensiblement
plus restreint, par exemple Lythrum Grœfferi
ïen., Rubia peregrina L,, Pulicaria odora Reichb..
Andryala integrifolia L., Erylhrœa tenuiflora Hoffg.
et Link, Eufragia viscosa Benth , Laariis nobilis
L, Srnilax aspera L., Gladiolas illyricus Koch.,
Gyperus badius Desf., Cynosurus echinatus L.,
Briza maxima L. Ce sont ces dernières espèces
surtout qui peuvent être considérées comme
complètement adaptées aux conditions d'existence
locales et elles ne suffisent pas, par suite de leur
petit nombre, pour modifier beaucoup le caractère
floristique général de la région. Les plantes méri-
dionales des formations ouvertes sont, au contraire,
pour la plupart, soit de simples adventices, soit
des espèces qui n'ont pu s'aventurer hors de leur
territoire primitif qu'à condition de ne rencontrer
qu'une concurrence réduite ; leur rélégation dans
les plus mauvaises places montre qu'elles ne sont
encore qu'imparfaitement adaptées aux nouvelles
conditions et leur rôle dans l'ensemble de la flore
s'en trouve corrélativement diminué. ,
De tout ce qui précède, il résulte que la côte
— 213 —
Nord-Ouest de l'Espagne se rattache à tous là
àlïùrope moyenne occidentale, dontelle constitue
en quelque sorte la marche méridionale, rappe
lant plus spécialement par quelques traits I
districts extrêmes (Bretagne, Goniouaill<< [rland
grâce à certaines similitudes de climat el A.
La haute barrière des Pyrénées cantabriques joue
ici un rôle capital, d'une part comm» obstacle au
mélange des flores, d'autre part et surtout comme
un des facteurs du climat maritime donl dépenden!
étroitement la flore et la végétal ion
SEANCE DU 3 MAI 1920
Présidence de M. le Dr Moutier, président
La séance est ouverte à 17 heures 30 et levée à 18 h. 40.
Y assistent : MM. Bigot, Bugnon, Chemin, Lortet,
Mazetier. Dr Moutier, Sève, Viguier. MM. Audigé et
Mercier se sont excusés de ne pouvoir prendre part à la
réunion.
Le procès-verbal de la séance du 1er mars 1920 est lu
et adopté sans observations.
Soutenance de Thèse. — Le Président se fait l'inter-
prète de la Société pour féliciter notre collègue,
M. Chemin, dont la thèse pour le doctorat es Sciences
naturelles, récemment soutenue à la Sorbonne, a été
reçue avec la mention très honorable. Cette thèse a pour
titre : « Observations anatomiques et biologiques sur le
genre Laihrœa ». Son auteur en offrira un exemplaire
à là Société aussitôt que possible.
Correspondance. — Le Secrétaire fait part de l'ouverture
prochaine (25 mai), à Strasbourg, du Congrès des
Sociétés savantes; il s'y rendra peut être et, dans ce cas,
il y représentera la Société.
Le Secrétaire signale d'autre part une demande de
livres présentée à la Société par le Comité français de
restauration de la bibliothèque de Louvain. La Société
pourra mettre un assez grand nombre d'ouvrages à la
disposition du Comité ; il est fait appel, d'autre part, à
chacun des membres de la Société pour offrir à titre
personnel des exemplaires de ses diverses publications.
A ce propos, le Président s'intéresse à la suite donnée
à la demande de M. Houard, favorablement accueillie
à la séance du 2 février 1920. Le Secrétaire indique qu'il
— 213 -
fait des démarches pour obtenir I env, franchise du
lot assez important d'ouvragée disponible*
Excursion annuelle de 1920. - Parmi les propositions
présentées, la Société décide de retenir et de m
l'étude celle d'une excursion dans la région de h
(Calvados) pour lin, juin.
Admission. — M. Warcollieb est admis comme
membre résidant de la Société à la suit, de la présen-
tation faite au cours de la dernière séam
Présentation. — \l. Thériot, Directeur d'Ecole :
maire supérieure, rue Dicquemare, 1, Le II h re Seine
Inférieure) est présente par MM. Bigot etViGuiEap
reprendre place parmi les membres correspondants <l<
la Société.
COMMUNICATIONS
M. Chemin fait l'exposé d'une étude qu'il a pom
suivie sur les anomalies Borates dans le genre
Daphne: il présente à cette occasion un exemplaire
de la cédicie produite su r le />. LaureoiQ par un
Cécidomyide, cécidie antérieurement décrite par
C- Houaiid
M- le Dl Molïiek signale la déconverie d'un
échantillon de Pedina gigas Cotteau, de taille |
ticulièrement remarquable (8 9centimètrea de dis
mètre), dans le Bathorrien de La falaise de v .<int
Aubin. En 18S:>, Cotteau ne connaissait que dem
cxeiiï;»! aires deeette très rare espi i i qui se b
ici pour la première l'ois indiq '«
Calvados.
M. Bugnon donne lecture de la
— 216 —
Ed -L. Gerbault. — Observations sur ïètat de la
végétation pendant l'hiver 1919-1920. — Ces obser-
vations furent faites à Fresnay-sur-Sarthe (Sarthe)
(40 kil. N-W du Mans. 20 kil. S-W d'Alençon.
Altitude moyenne : 75-95 m Sous-sol calcaire). La
liste n'est pas complète, mais porte seulement sur
plusieurs points qui ont paru dignes d'être notés.
30 décembre 191 9-lev janvier 1920. — Floraison
de Ranuncnhis acris L. (subsp. Borœanus Jordan
+ hybride de Friesanus Jordan), Géranium lacidum
Lv G. pusillum L., Potentilla verna L. (subsp.
minor Gilibert, teste Murbeck suivant Corbière).
Les plantes suivantes ont pendant les mois de
fin d'automne et d'hiver mené du commencement
à la fin leur évolution : Senecio vulgaris L., Mercu-
rialis annua L , Poa annaa L. Des Cymbalaires
fécondées à l'automne ont, en hiver, achevé la
maturation, au moins apparente, de leurs graines.
Sont restées fleuries tout l'hiver : Borago officinalis
L. ainsi que plusieurs sortes du X Viola hortensis
notamment X Viola hortensis L. Loydi Jordan. Del-
phinium Ajacis L. et Nigella damascenah., plantes
horticoles, sont également demeurées fleuries ;
mais leurs fleurs ont été atteintes d'une virescence
persistante.
Des Viola odorata L. saavissima Jordan + purs
ont été fleuris continûment d'octobre à mars, alors
que les autres espèces élémentaires du même
groupe linnéen de Yodorata n'ont pas donné une
seule fleur et ont eu l'aspect hivernal ordinaire,
savoir : V. odorata L. dumetorum Jordan, V. alba
Besser scotophylla Jordan.
— 217 —
Des hybrides du V odorata suavissbna onl fleuri
+ abondamment et + tardivement, maie étaienl
généralement fleuris en janvier, savoi ri.ni,.
formes du X Viola subcarnœa Jordan i V. $ub-
carnea Jordan prospecte = V. odorata dumetorum
X V. odorata suavissima : certaines formes du
X Viola propera Jordan (= 1 propera Jordan pr
specie = V. flirta L X \ l ° ^""^""" \
( V. o dumetorum ■" '
X V. Foudrasi Jordan V. Foudrasi Jordan
T/ , . . T w \ V. o. suavissima \
pro specie = V. lurta L. X { Jr I
/ V o. dumetorum/
plusieurs sortes de violettes horticoles procédanl
avec évidence du V. o. suavissima mil Henri tôt,
i abondamment.
En résumé les violettes précédentes qui onl
fleuri sont des violettes qui procédenl _ du 1
suavissima . N'ont pas fleuri et sont restées en i
tation ralentie les V. hirta L. : 1 '. odorata dumelorun
X V. eburnca Gerbault(— 1 hirta L. I . odorata
dumetorum) ; V. alba Besser scotophylla Jord
V. cœruleàta Gerbault (= X 1 propera < l . ail
scotophylla = V. hirta L. X V. o. suavissima \ y - - ,—
dumetorum [??jf X V. permixta Jordan : X \ sepin jC /!
co/a Jordan.
Une violette horticole, désignée el cultivée soua
le nom de « RsarBlanc ». donl je n'ai pu jusqu'il
connaître exactement La valeur systématiqui
mais qui est certainement très éloignée spécifique
ment des V. o. suavissima et V. 0. dumetoru
fleuri abondamment de décembre à mars.
La Viola silvestris Lam (= \ , I
— 218 —
Jordan a fleuri dès janvier alors que les Viola du
groupe Riviniana(V. R. typica Murbeck ; V. R. ne-
moralis Murbeck) n'ont pas donné une seule fleur.
La courte liste qui précède montre que dans les
énumérations de ce genre il peut y avoir intérêt à
ne pas s'en tenir à l'espèce linnéenne seule (phé-
notype) mais à distinguer certaines espèces élé-
mentaires constitutives du species linnéen.
Fresnay-sur-Sarthe, 1er avril 1920.
E. CHEMIN. — Anomalies florales dans le
genre DAPHNE.
Moquin-Tandon (1) cite des cas de fasciation
intéressant la tige dans Daphne indica L. d'après
A. de Jussieu, et dans Daphne Mezereum L. d'après
de Candolle.
Godron (2) rapporte également un exemple
d'une tige de Daphne LaureolaL. « insensiblement
fasciée sur une longueur de 0m2o et, comme plus
grande largeur, atteignant 3cm5 », « elle portait trois
rameaux inégaux fasciés terminés chacun par un
bouquet dejFeuilles ».
O. Penzig (3), aux cas précédents, ajoute que
(1) Moqun-Tandon. — Eléments de tératologie végétale,
Paris, 1841.
(2) Godron. — Troisièmes mélanges de tératologie végé-
tale, Mémoires de la Société des Sciences de Cherbourg,
t. XXI, 1877.
! O. Penzig. — Pflanzen-teratologie, Bd. II, 1894.
— 219 -
dans le Daphne Laureola on a observé des ôonci
cences et que dans le Daphne Mezereum I... on b
signalé des fleurs double*; mais ii ne donne aucun
détail.
J'ai examiné, en de nombreuses station em i
rons de Caen, les inflorescences des deui
du genre Daphre qu'on y rencontre Les anoma
lies florales sont fréquentes particulièrement chei
le D. Laureola dont peu de pieds n'en prés< nient
pas au moins un eas. Elles sont assez vai et
elles peuvent se grouper de La façon suivante
concrescence entre fleurs voisines : concr
entre pièces dune même fleur : division de /
florales ; fasciations. Je me propose <!<• les décrin
successivement dans chacune des deux es]
après avoir rappelé les caractères floraux ce qui
est indispensable pour les bien comprend i
*
1° Daphne Lai reola I.
Les Heurs, très précoces (dès janvier elles
commencent à s'ouvrir), sont group '*• -
grappes retombantes à l'aisselle de chacun
grandes feuilles vertes, persistantes, qui forment
un bouquet serré au sommet de la fige \
de chaque grappe 6 à 7 préfeuilles doivent
considérées comme les écailles du b<
Les inférieures, petites, ne - it ;"",,,!
les supérieures, plus grandes, présentent
Leraent deux fleurs à leur
— 220 -
nales n'ont à leur base aucune lame foliaire ; il
n'y a donc pas à proprement parler de bractées.
Chaque fleur est portée par un court pédoncule.
Le périanthe ne comprend qu'un seul verticille de
4 pièces verdâtres soudées en un long tube et
s'étalant à leur extrémité en quatre lames légère-
ment épaissies- Ces quatre pièces sont déjà dis-
tinctes alors que le tube n'a que quelques milli-
mètres de longueur. La préfloraison est imbriquée :
dans un groupe de deux fleurs, à l'aisselle d'une
même préfeuille, deux pièces recouvrantes se font
face, et la préfeuille est en regard de deux pièces
recouvertes. A aucun moment du développement
on ne voit apparaître l'ébauche d'un second ver-
ticille, il n'y a donc pas de corolle.
Huit nervures de même taille, équidistantes,
parcourent dans toute sa longueur le tube floral;
elles apparaissent distinctes dès la base : quatre se
rendent au sommet de chaque dent où elles émet-
tent quelques ramifications ; les quatre autres,
intermédiaires, se bifurquent au niveau de la
gorge et envoient une ramification à chacune des
deux pièces voisines (fig. 1, pi. I).
Chaque étamineest portée par un filet très court
qui se détache d'un des faisceaux libéro-ligneux
du périanthe. Le nombre des étamines et leur
disposition sont donc en rapport avec les nervures:
il y en a huit disposées en deux étages ; quatre
supérieures à l'entrée du tube floral reliées aux
nervures non bifurquées ; quatre inférieures dis-
posées sur les nervures intermédiaires et au-
dessous de la bifurcation de ces dernières (fig. 1,
221 —
pi. I). Les anthères, introrses, comprennent quatre
sacs polliniques allongés, groupés deux par deux
de part et d'autre du connectif. La déhiscence est
longitudinale; elle est provoquée par le jeu d'une
assise mécanique normale à paroi interne lignifiée
d'où partent des bandes de lignification s'étendant
sur les parois radiales. Le pollen est formé de
grains jaunâtres sphériques de 40 y environ de
diamètre, à surface réticulée.
Au centre de la fleur se trouve un ovaire unique
volumineux, ovoïde, vert foncé, porté par un
court pédicelle. Il est prolongé par un style court
blanchâtre qui se termine par un stigmate égale-
ment blanchâtre arrondi, papilleux, situé au
niveau des étamines inférieures.
Un seul ovule anatrope fixé à la partie supérieure
de l'ovaire remplit la cavité ; par son raphé latéral
son micropyle ramené vers le sommet il rentre
dans la catégorie des ovules épitropes pendants ou
hyponastes. Le faisceau libéro-ligneux, qui par-
court le raphé du haut en bas et s'épanouit dans la
primine, est formé de vaisseaux qui se sont déta-
chés de deux gros faisceaux libéro-ligneux des
parois ovariennes (fig 2, pi. II). Ces deux gros
faiceaux doivent être considérés comme les fais-
ceaux placentaires d'une feuille carpellaire Entre
eux existe un petit faisceau vasculaire qui ne peut
être que le faisceau de la nervure médiane du
carpelle ovulifère. Ce carpelle ne constitue donc
qu'une partie des parois de la cavité ovarienne, le
quart environ. Les autres faisceaux répandus dans
ces parois peuvent se répartir en trois groupes de
— 222 —
— _ mm
trois faisceaux chacun ; on est ainsi amené à con-
sidérer l'ovaire comme formé par quatre feuilles
carpellaires, chaque feuille étant parcourue par
trois faisceaux, un médian et deux latéraux, trois
carpelles ne donneraient naissance à aucun ovule,
le quatrième porterait un seul ovule.
Le pédoncule floral renferme normalement
quatre faisceaux libéro-ligneux. Chaque faisceau
émet une branche externe qui se dirige vers le
tube du périanthe, se ramifie immédiatement et
donne naissance à deux des nervures de ce
périanthe. Les faisceaux centraux se dissocient en
stèles distinctes, et chacune d'elles s'étalera en une
feuille carpellaire. La fleur peut donc être assimilée
à deux tubes emboîtés l'un dans l'autre, le tube
externe portant les étamines et s'ou vrant au dehors,
le tube interne restant clos pour protéger l'ovule
unique.
Quant à l'orientation, les préfeuilles n'étant pas
de véritables bractées, elle doit être considérée non
par rapport à l'axe de l'inflorescence mais par
rapport à l'axe plus virtuel que réel d'un groupe
de deux fleurs- D'après cela les pièces recouvrantes
sont dorsiventrales et les pièces recouvertes sont
latérales.
Faut-il, comme H. Bâillon (1) a une tendance à
l'admettre, considérer le tube floral comme un
« réceptacle, le véritable calice consistant seule-
ment dans les pièces du limbe » ? Rien ne justifie
cette manière de voir. Il y a continuité parfaite
(1) H Bâillon. — Histoire des plantes, t. VI.
— 223 —
entre le tube du périanthe et les pièces du calice,
et l'ensemble se détache tout d'une pièce après
fécondation. Dans toutes les anomalies florales
que j'ai pu observer le tube floral et ses divisions
se modifient dans le même sens et se comportent
comme des éléments non distincts. De même je
n'ai jamais vu une soudure, même partielle, entre
l'ovaire et la base du périanthe indiquant une
tendance vers la disposition d'ovaire infère- La
Heur de D. Laureola est une fleur apétale supéro-
variée.
Concrescences entre deux fleurs- — Les cas de
concresceiice entre deux fleurs sont fréquents. Ils
s'observent surtout à la base de l'inflorescence là
où les fleurs sont groupées par deux à l'aisselle
d'une même préfeuille. On peut observer tous les
intermédiaires entre une soudure partielle et
légère et une soudure complète où les deux parties
sont entièrement confondues.
Les deux pédoncules peuvent se souder en
partie ou en totalité, les deux fleurs restant dis-
tinctes. Dans d'autre cas, les deux tubes floraux
accolés ont un épiderme externe commun sur
tout ou partie de leur longueur, les parenchymes
sous-jacents et les sépales restant indépendants.
La soudure peut s'étendre au parenchyme, en
même temps que les pièces médianes accolées
vont se répartir à droite et à gauche donnant
naissance à une fleur en apparence unique, vue
par l'ouverture, mais double encore dans la partie
profonde La cloison médiane peut disparaître
dans toute la longueur, ne laissant que deuxbour-
— 224 —
relets internes indiquant la région de soudure.
Enfin ces bourrelets peuvent faire défaut et le seul
examen du tube floral est insuffisant pour
affirmer que pareille fleur résulte de la con-
crescence de deux autres fleurs
Suivant le degré de concrescence, les pièces du
périanthe peuvent être au nombre de huit dont
deux recouvrantes dorsi-ventrales et six latérales
(fig. 3, pi. I) ; elles peuvent se réduire à sept par
disparition d'une des pièces latérales, soit à droite,
soit à gauche (fîg. 4, pi. I), ou à six toujours par
réduction des pièces latérales (fig. 5, pi. I), et
exceptionnellement à cinq (fig 6, pi I). Un
périanthe à cinq pièces n'est pas toujours le
résultat d'une concrescence, il peut provenir d'une
disjonction comme nous le verrons plus loin.
La réduction en nombre des pièces du périanthe
entraîne assez souvent une inégalité de taille par-
ticulièrement pour les pièces latérales. Celles-ci
sont quelquefois échancrées en leur milieu ou
latéralement, profondémentou légèrement, indices
d'une fusion incomplète entre deux pièces. Autre-
ment dit entre les types moyens à 8, 7, 6 et 5 pièces
on peut observer de nombreux intermédiaires.
La concrescence des deux tubes floraux est en
relation avec une réduction du nombre des fais-
ceaux libéro-ligneux et par suite des étamines.
Lorsque le périanthe est à peu près régulier, le
nombre des étamines est généralement double du
nombre des sépales ; comme dans le cas normal
elles sont réparties en deux étages avec alternance
régulière entre les étamines inférieures et les éta-
— 225 -
mines supérieures (fig. 3, pi. I). Mais souvent aussi
une répartition inégale des nervures, leur rappro-
chement dans les régions de soudure entraîne des
irrégularités dans le nombre et la répartition des
étamines. On pourra observer deux étamines
inférieures sans intercalation d'une étamine supé-
rieure (fig 4 et 5, pi. I), ou inversement (fig. 6,
pi. I); une nervure pourra être dépourvue d'éta-
mine ffig. 6, pi- I) ; une étamine pourra se trouver
à mi-distance entre l'étage supérieur et l'étage
inférieur, la nervure lui donnant naissance se
bifurquant plus haut qu'à l'ordinaire, etc. Ces
variations, diversement combinées, aboutissent à
un èrand nombre de formes dont il suffit de
donner un aperçu.
Le plus souvent les deux ovaires restent séparés,
et lorsque les pièces du périanthe sont réduites à
cinq, leur double présence suffit pour affirmer
qu'il y a eu concrescence. Quelquefois l'un deux
avorte (fig. 4, pi. I). il n'est plus représenté que
par une lame verte légèrement incurvée, ne por-
tant aucun ovule et terminée cependant par un
style et un stigmate normaux. Exceptionnellement
les deux ovaires se soudent en un ovaire unique
renfermant deux ovules (fig. 6, pi I) ; les deux
styles très rapprochés sont libres et les
stigmates sont fusionnés en une masse unique.
La concrescence peut donc s'observer sur tous
les verticilles Elle peut même avoir lieu entre les
pièces du périanthe d'une fleur et la préfeuille
d'un autre groupe, comme je l'ai observé dans un
cas où le rapprochement des organes soudés pro-
15
— 226 —
venait d'un accident de croissance. Le rapproche-
ment de formations jeunes en voie de développe-
ment est manifestement la cause déterminante de
pareilles soudures.
Division de pièces florales. — Assez fréquemment
l'une des pièces latérales du périanthe se dédouble.
Je n'ai jamais observé le dédoublement des pièces
dorsi-ventrales, et je ne l'ai jamais vu simultané-
ment sur les deux pièces latérales.
Ce dédoublement est plus ou moins accusé. Il
peut ne se révéler que par l'existence de deux, ou
très exceptionnellement trois dents terminales
(fig. 7, pi. I); il peut être plus accusé et l'échan-
crure peut atteindre en profondeur l'échancrure
séparant deux pièces normales- Les deux pièces
résultant d'une division sont généralement iné-
gales (fig. 8, pi. I) ; elles peuvent être de même
taille et atteindre en grandeur les pièces normales
(fig. 9, pi. I). Un périanthe à cinq pièces est ainsi
réalisé. Il pourrait être considéré comme résultant
de la concrescence de deux fleurs , mais si l'ovaire
est unique avec un seul ovule, on est autorisé à
admettre qu'un pareil périanthe résulte de la dis-
jonction d'une pièce normale, puisqu'on trouve
tous les intermédiaires entre une division complète
et une division incomplète.
A ce dédoublement correspond une modification
dans la nervation et dans la répartition des
étamines. Lorsque la pièce supplémentaire est
nettement plus petite que sa congénère le nombre
des nervures n'est pas modifié et l'androcée com-
prend quatre étamines supérieures et quatre éta-
- 227 —
mines inférieures. Mais déjà une nervure supplé-
mentaire apparaît souvent sans toutefois donner
naissance à une nouvelle étamine Lorsque les
deux pièces résultant de division sont sensible-
ment égales et atteignent en taille la dimension
des pièces normales, on a généralement dix
nervures avec cinq étamines supérieures et cinq
étamines inférieures (fig. 9, pi. I). Une éta-
mine peut avorter, ou, dans cet espace resserré,
une étamine peut occuper en hauteur une place
intermédiaire entre les étamines supérieures
et les étamines inférieures. Comme dans les
concrescences entre fleurs, les anomalies par
division peuvent donc présenter de grandes varia-
tions.
Fasciation. — La dissymétrie peut encore être
réalisée par aplatissement du tube floral et forma,
tion, latéralement, d'une échancrure. Cette échan-
crure peut se présenter dans l'intervalle séparan^
deux pièces (fig. 10, pi. I), mais elle peut aussi
se produire au milieu d'une pièce soit recouvrante,
soit recouverte et dans ce cas le périanthe paraît
formé de cinq sépales (fig. 12, pi. I). Elle peut être
à peine ébauchée, ou s'étendre jusqu'au milieu du
tube floral, et dans certain cas atteindre le fond
laissant apercevoir l'ovaire- Les bords de l'échan-
crure sont épaissis comme le sommet des sépales
et plus fortement colorés en vert que le reste du
tube ; ils s'étendent latéralement en une lame plus
ou moins accusée et présentent souvent vers le
haut une ou deux proliférations qui apparaissent
comme des sépales supplémentaires. C'est bien là
228
une fasciation rappelant celle des rameaux par
l'aplatissement et les expansions foliacées.
La nervation des pièces bordant l'échancrure est
généralement modifiée. L'élargissement entraîne
la formation de nervures supplémentaires ; la
nervure marginale émet sur toute sa longueur des
ramifications latérales qui se rendent aux prolifé-
rations (fig. 11, pi. I). Le nombre des étamines est
fréquemment augmenté bien que la nervure mar-
ginale n'en présente jamais ; on peut observer
cinq étamines supérieures et quatre inférieures ou
inversement. Quelquefois il y a réduction, j'ai
observé plusieurs cas à trois étamines supérieures
et quatre inférieures.
L'aplatissement affecte rarement le pédoncule,
il s'observe plus souvent sur l'ovaire dont la
structure n'est cependant pas modifiée-
*
* *
2° Daphne Mezereum L.
Cette espèce est moins répandue que la précé-
dente en notre région. Je l'ai récoltée, dans le bois
de Saint-Aubin-d'Arquenay où elte a été signalée
par F. Gidon, d'après R. Chevrel (1), dans le bois
de la Londe, à Saint-Manvieu, d'après les indica-
tions de M. Sève (2), à Lebisey, dans un parc
(1) R. Chevrel. — Plantes rares du Calvados et principa-
lement des environs de Caen. — Bull, de la Soc. Lin. de
Normandie, 6' sér., 3* vol.
(2) Sève. — Communication à la Soc. Lin. — Bull, de la
Soc. Lin. de Normandie, séance du 1er mars 1920.
— 229 —
actuellement en friche sur la droite de la route de
Gaen à Lion-sur-Mer, et dans les bois de Yacognes
en bordure de la route de Caen à Aunay-sur-
Odon ; ces deux dernières stations n'ont pas
encore été signalées et peuvent être considérées
comme nouvelles-
On a coutume de dire que les fleurs apparaissent
avant les feuilles. En fait, les bourgeons floraux
se développent à l'aisselle des feuilles apparues
l'année précédente comme chez le D. Laureola,
mais alors que ces feuilles persistent tout l'hiver
dans cette dernière espèce, elles tombent dès
l'automne dans le D. Mezereum et c'est sur une
tige nue que s'épanouissent les bourgeons floraux;
dans un cas comme dans l'autre le bourgeon
terminal, dès la fin de l'hiver, développe de
nouvelles feuilles en même temps que s'ouvrent
les fleurs plus bas placées. De cette particularité,
feuilles persistantes, pouvant remplir un rôle
protecteur pour les fleurs, dans un cas, feuilles
caduques, laissant les fleurs à découvert dans
l'autre, on peut faire dériver toutes les différences
qui existent entre les deux espèces tant dans le
groupement des fleurs que dans les caractères
floraux.
Dans le D. Mezereum, chaque bourgeon floral ne
donne naissance qu'à trois fleurs, rarement quatre,
à pédoncule très court divergeant d'un même
point : c'est une ombelle, presque un capitule.
L'orientation des pièces du périanthe par rapport .
à l'axe de l'inflorescence, où toujours une des
pièces recouvrantes est tournée vers cet axe,
— 230 —
permet d'assimiler le bouquet de trois fleurs à un
groupe de deux fleurs du D. Laureola. Dans le
D. Mezereum la grappe est donc raccourcie, elle
est réduite à un seul rameau, toutes les fleurs, peu
nombreuses, issues d'un même bourgeon sont
ramassées en un même point.
Gomme dans le D. Laureola, chaque inflores-
cence porte à sa base six à sept préfeuilles ; elles
sont petites, imbriquées, brunes, scarieuses, ciliées
sur leurs bords et adaptées à un rôle protecteur
pour les fleurs en formation.
Le périanthe, réduit à une seule enveloppe, est
formé, comme dans le D. Laureola, de quatre
pièces à préfloraison imbriquée formant un tube
où les organes sexués resteront inclus. Le tube est
un peu plus court, les pièces sont plus largement
étalées dans leur partie libre, mais ce qui caracté"
rise surtout le périauthe c'est sa pubescence e*
sa couleur.
Il est couvert de poils soyeux de 2% environ de
longueur. Chacun de ces poils n'est autre qu'une
cellule épidermique qui s'est allongée vers l'exté-
rieur tout en restant incluse par sa base dans
l'épiderme et dont les parois entièrement cellulo-
siques se sont fortement épaissies (fig. 1 et 2,
pi. II). Ils ont même origine, même forme,
que les poils de la tige jeune figurés par Van
Tieghem (1).
(1) Van Tieghem. — Recherches sur la structure et les
affinités des Thyméléacées et des Pénéacées. — An. des
Sciences Naturelles, 1893;.
— 231 -
La couleur rouge du périanthe réside entière-
ment et uniquement dans Tépiderme externe, le
parenchyme sous-jacent est verdâtre comme chez
D. Laureola. Dans toutes les coupes cet épiderme
se détache facilement et par pression entre deux
lames de verre on peut l'isoler en lambeaux. Un
de ces lambeaux vu de face montre un fond
uniformément rouge sur lequel les cloisons cellu-
laires dessinent en clair leur réseau ; seules les
cellules stomatiques et les cellules qui se pro-
longent en un poil sont incolores.
C'est donc sous un écran rouge, ne laissant pas-
ser que des radiations principalement calorifiques,
doublé d'un revêtement pileux atténuant la perte
de chaleur par contact et rayonnement, que mûri-
ront les organes sexués. En raison de leur préco-
cité, exposés à des froids assez vifs particulière-
ment la nuit, sans feuilles pouvant leur servir de
tentes-abris, ils utilisent au mieux les quelques
rayons de soleil de la journée et se préservent
contre le froid nocturne au moven d'un écran
approprié
Cette protection peut n'être pas suffisante ; la
présence des arbres et arbustes voisins vient la
renforcer. C'est dans, les taillis broussailleux que
\ égèle le D. Mezeream. Lorsque ces taillis ont été
partiellement défrichés, les fleurs tombent à peine
entrouvertes. C'est ce que j'ai observé dans le parc
de Lcnisfey où tous les grands arbres ont été
abattus et où il ne reste plus que des arbustes
chétifs ; en mars de cette année quelques gelées
mil suffi pour tuer toutes les fleurs ; sur une
— 232 —
vingtaine de pieds je n'ai observé qu'une seule
fleur développée sous le couvert des jeunes feuilles
du bourgeon terminal. Ceci montre à la fois la
sensibilité de ces fleurs à la gelée et la nécessité
d'appareils protecteurs.
Les anomalies florales sont plus rares que chez
D. Laureola. Sur un millier de fleurs examinées,
je n'ai observé qu'une vingtaine de cas anormaux.
J'y ai rencontré des concrescences entre fleurs et
des fasciations. Je n'ai pas vu des dédoublements
de pièces florales mais par contre j'ai observé
plusieurs cas de réduction dans le nombre de ces
pièces. C'est encore la tendance au resserrement
pour ces organes précoces et frileux.
Concrescences entre deux fleurs- — Comme dans
le D. Laureola, les tubes de deux fleurs voisinent
peuvent s'accoler sur tout ou partie de leur
longueur, les sépales restant distincts. La fusion
peut être plus complète, les deux fleurs n'ont plus
qu'une ouverture unique, mais une cloison de
séparation complète ou incomplète persiste à
l'intérieur du tube (fîg. 3, pi. II). Les deux fleurs,
enfin, n'en constituent plus qu'une avec un
nombre variable de pièces dans chaque verticille.
Le nombre des sépales peut être de huit ; il peut
se réduire à sept (fig. 4, pi. II) à six (fig. o, pi. II)
et même à cinq. Les sépales sont généralement
inégaux ; quelques-uns peuvent présenter une
échancrure sur leur bord libre indiquant une
fusion incomplète (fig. 5, pi. II). Les faisceaux
libéro-ligneux non seulement subissent une réduc-
tion en nombre, mais ne sont plus répartis régu-
— 233 —
lièrement. Il en résulte une répartition irrégulière
des étamines, leur nombre n'est plus en rapport
avec celui des sépales, des étamines apparaissent
en une position intermédiaire entre les étamines
supérieures et les étamines inférieurs, etc. Ce sont
là des variations déjà observées et rapportées dans
le D. Laureola.
Concrescences entre pièces d'une même fleur. —
La soudure de deux sépales voisins peut être plus
ou moins accentuée. Lorsqu'elle est incomplète
l'une des pièces est seulement échancrée à son
sommet (fig. 6, pi. II); quand elle est complète on
a une fleur trimère d'aspect régulier. Dans quel-
ques cas, la fusion complète ou incomplète s'opère
simultanément sur deux groupes de d^ux sépales
chacun ; le calice paraît être à deux lèvres.
La réduction du nombre des sépales s'accom-
pagne souvent d'une réduction en nombre des
'aisceaux libéro-ligneux et par suite des étamines ;
mais cette réduction est généralement poussée
moins loin. Voici à titre d'exemple les formules
florales dans quelques cas.
3S-f-4E + 4e
3 S + 4 E + 3 e
3S + 3E-f-4e
3 S + 3 E + 3 e
2 S -f 3E + 3ed)
Fasciation. — Je n'en ai observé que trois
exemples. Dans l'un (fig. 7, pi II) une large échan-
(1) M. B. — Je désigne par E les étamines supérieures e1
et par e les étamines inférieures.
234
crure latérale existait entre deux des pièces du
périanthe Le bord libre d'une de ces pièces s'éta-
lait latéralement, l'épidémie interne avait pris, en
cet endroit la teinte rouge de l'épiderme externe.
Bien que le périanthe eût encore quatre pièces, les
étamines étaient réduites à six dont trois supé-
rieures et trois inférieures.
Dans les deux autres cas le tube du périanthe
présentait deux échancrures opposées, peu pro-
fondes dans l'un deux (fig. 8, pi. II), s'étendant
jusqu'au milieu dans l'autre (fig. 9, pi II) ; le
calice était nettement bilabié. Les deux lèvres
étaient inégales et dans le dernier cas la lèvre
supérieure était irrégulière à trois dents inégales
et portant deux étamines supérieures, une étamine
intermédiaire et une étamine inférieure (fig. 10,
pi. II).
*
* *
La cause de ces anomalies n'est pas toujours
évidente.
Les cas de concrescence entre fleurs peuvent
s'expliquer par un rapprochement amenant le
contact d'organes jeunes en voie de croissance ;
c'est une sorte de greffe comme il s'en produit
entre rameaux.
Les cas de division des pièces d'une même
fleur ou de réduction dans le nombre de ces pièces,
sont en relation avec le diamètre du pédoncule
floral et le nombre et l'importance relative des
faisceaux libéro-ligneux qui le parcourent. Une
nutrition abondante provoque la formation d'un
— 235 —
pédoncule plus fort, d'un plus grand nombre de
vaisseaux, d'une nervation différente du périanthe
qui retentit et sur le nombre des sépales et sur
celui des étamines (1).
Quant aux fasciations, elles sont dues vraisem-
blablement à des traumatismes dont il est diffi-
cile de préciser la cause. Ce que l'ont peut affir-
mer, c'est qu'elles ne sont pas provoquées par
l'intervention des animaux. On a signalé, il est
vrai, des zoocécidies sur ieD. Mezereum et sur le
D. Laureola G. Houard (2) a récolté et décrit une
diptérocécidie sur le Daphne Laureola; elle est
causée par un Cécidomyide, le Perrisla daphne
Kieff. J'ai rencontré la même cécidie sur plusieurs
pieds, en une seule station, dans un petit bois
situé près de la vieille église de Périer, le 28 mars.
La floraison était presque terminée. La déforma-
tion ne se présentait que sur les jeunes feuilles du
bourgeon terminal enroulées sur elle-mêmes,
emboîtées les unes dans les autres et sur quelques
(1) N B. — Je n'entends pas me prononcer ici sur la
question de l'origine des faisceaux vasculaires, ni établir
une relation de cause à effet entre le nombre des faisceaux
de l'axe et la nervation des différentes pièces florales. Ceci
nécessiterait des recherches organogéniques que je n'ai
point faites. Il m'ap paraît seulement que sous l'effet d'une
végétation plus active, un méristème terminal plus vigou-
reux peut présenter un plus grand nombre de mamelons
foliaires, ce qui se traduit finalement par un plus grand
nombre de pièces florales avec une nervation en rapport.
(2) C. Houard. — Sur une diptérocécidie nouvelle du
Daphne Laureola. — Marcellia 1905.
— 236 -
feuilles plus âgées où elle déterminait des bour-
souflures saillantes vers la face inférieure ; elle
n'affectait pas les organes floraux- Ce n'est pas à
cet insecte qu'il convient d'attribuer la cause des
fasciations observées.
EXPLICATION DES FIGURES
Dans tous les diagrammes :
1° L'orientation est telle que les pièces recouvrantes
sont placées latéralement ; l'axe du fascicule floral est
donc situé, soit au milieu lorsqu'il s'agit de la soudure
des deux fleurs, soit sur l'un des côtés lorsqu'il s'agit
d'une seule fleur ;
2° Le cycle externe représente les étamines inférieures,
le cycle interne représente les étamines supérieures. *
Planche I. — Daphine Laureola
fig. 1. — Périanthe ouvert et étalé montrant la ner-
vation et la disposition des étamines.
Fig. 2. — Coupe transversale et médiane de l'ovaire
avec l'ovule, (gr. 10 — fig. schém.). p. primine ; s.
secondine ; n. nucelle ; f. gros faisceaux libéro-ligneux
de l'ovaire qui, en se rapprochant et en se recourbant
dans la partie supérieure, ont formé le faisceau descen-
dant f du raphé.
Fig. 3, 4, 5, 6. — Diagrammes montrant divers états
de concrescence entre deux fleurs : le nombre et la
grandeur relative des pièces du périanthe est variable ;
il en est de même du nombre et delà répartition des
étamines ; il y a généralement deux ovaires, l'un d'eux
peut être atrophié fig. 4, ou il n'y a qu'un seul ovaire
à deux ovules fig. 6.
— 237 —
Fig. 7, 8, 9, — Diagrammes de fleurs dont une des
pièces du périanthe s'est dédoublée : en 7 la pièce
présente trois dents : en 8 elle a donné naissance à
une pièce supplémentaire petite qui en 9 a pris
l'importance des autres avec avortement d'une étamine
inférieure.
Fig. 10. — Diagramme d'une fleur fasciée ; l'échan-
crure est placée entre deux pièces du périanthe.
Fig. il. — Partie du périanthe de la lig. 10 étalée,
montrant la nervation sur l'un des bords de l'échan-
crure.
Fig. 12. — Diagramme d'une autre fleur fasciée ; une
des pièces recouvertes est largement fendue.
Planche II. — Daphne Mezereum
Fig. 1. — Epiderme externe du périanthe vu par la
lace interne avec base des poils p et stomate s. (gr. 210).
Fig. 2. — Un des poils du périanthe. (gr. 210).
Fig. 3. — Coupe transversale an niveau des étamines
inférieures de deux fleurs dont les tubes sont soudés
sans être confondus (fig. schématique^.
F. U et 5. — Diagrammes de ileurs anormales résul-
tant de la concrescence de deux fleurs voisines.
Fig. 6. — Diagramme d'une fleur réduite à trois pièces
par soudure de deux pièces normales.
Fig. 7. — Diagramme d'une fleur fasciée dont l'échan-
crure atteignait le milieu du tube.
Fig. 8 et 9. — Diagrammes de fleurs fasciées présen-
tant deux échancrures opposées, le calice présentant de
ce fait deux lèvres inégales.
Fig. 10. — Pièce supérieure de la fleur de la fig. 9
vue de face avee sa nervation et la situation intermé-
diaire de l 'étamine droite par rapport aux étamines
supérieures et aux étamines inférieures.
DAPHNE LAUREOLA. — Pl. I
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SÉANCE DU 7 JUIN 1920
Présidence de M. le Dr Moutier, président
La séance est ouverte à 17 heures et demie et levée à
18 heures 45.
Assistent à la séance : MM. Audigé, Bigot, Chemin,
Le Testu, Lortet, Mercier, Dr Moutier, Sève, Viguier.
Par suite de l'absence de M. Bugnon, Secrétaire de
séance, la lecture du procès- verbal de la séance de mai
est renvoyée à la séance suivante.
Correspondance. — Le Secrétaire donne communication
de passages d'une lettre de M. Emile Lignier, fils de
notre regretté collègue, qui est relative à la notice nécro-
logique et scientifique qui doit être insérée dans les
publications de la Linnéenne. Des renseignements qui
sont donnés par les botanistes de la Faculté, il résulte
qu'il ne reste plus qu'environ 150 exemplaires de la
notice que Lignier avait fait imprimer pour exposer ses
titres et travaux à l'occasion de sa candidature à une
chaire au Muséum d'Histoire Naturelle. Ce nombre est
insuffisant pour réaliser le projet de faire de cet exposé
de titres un fascicule des Mémoires. Il est décidé qu'il
sera fait avec cet exposé de titres, précédé de la notice
nécrologique que doit publier notre confrère Chevalier,
un fascicule hors série, sous couverture spéciale.
Les ouvrages reçus depuis la dernière séance sont
déposés sur le Bureau. Le Secrétaire signale un impor-
tant envoi de l'Académie des Sciences de Stockholm et
de l'Académie des Sciences de Hollande.
241
Réunion annuelle. — 11 est décide que la Réunion
annuelle se tiendra le dimanche 27 juin à Trévières
(Calvados).
Admission. — M. Theriot, Directeur de l'Ecole supé-
rieure de garçons, 1, rue Dicquemare, Le Havre, ancien
membre de la Société est admis à nouveau comme
membre correspondant.
Présentation. — M. R. Gaume, licencié ès-Sciences,
5, rue Palatine, Paris (vie), est présenté pour devenir
membre correspondant par MM. Viguier et Allorce.
État de l'impression du Bulletin de 1919. - Le bon à
tirer des feuilles 8 à 12 a été donné à l'imprimeur. Les
auteurs dont les noms suivent pourront obtenir, sur
leur demande, les tirés à part correspondant à leurs
communications : MM. Gerbault, Letacq, Lemée.
11 est rappelé à cet égard aux auteurs que, pour avoir
des tirés à part de leurs travaux au tarif indiqué sur la
couverture du dernier Bulletin paru, il est nécessaire
que leur commande figure sur leur manuscrit, ou, au
plus tard, sur les épreuves corrigées qu'il retournent
au Vice-Secrétaire.
Comptabilité. —M. le Président fait connaître à l'Assem-
blée que l'une des obligations du P L M, n° 649 693, fai-
sant partie de l'avoir de la Société, est sortie au dernier
tirage au sort et se trouve remboursable, impôt déduit,
à la somme de quatre cent quatre-vingt-douze francs
soixante-et-onze centimes (492 fr. 71).
En conséquence, M. Mazetier, Trésorier de la Société,
est autorisé à donner quittance de la dite somme, el à
en faire remploi en une obligation de même nature et
à encaisser la différence.
Dépôt de Travaux. — M. l'Abbé Letacq adr une
Liste des Champignons recueillis aux environs dAl
durant les mois de mars, avril et mai 1920.
\G
— 242
COMMUNICATIONS
(1) Observations anatomiques et biologiques sur le genre
« Lathraîa ». Th. de la Faculté des Sciences de Paris, 1920.
M. Mercier signale l'existence de trois espèces
de Turbellariés intéressantes pour la Faune du
Département du Calvados : Rhynchodesmus terres-
tris Leidy (ïriclade Terricola), Polycelis cornuta
(Johnston) (Triclade Paludicola), Planaria gonoce-
phala Dugès (Triclade Paludicola;.
M. Chemin offre à la Société un exemplaire de son
travail sur le genre Lathrœa C*) et en expose les
principales conclusions.
Les Lathrsea, plantes souterraines, sont dépour-
vues de chlorophylle et incapables d'en acquérir
par exposition à la lumière ; ils vivent entièrement
en parasites. L'embryon se développe au dépens
des abondantes matières de réserve de la graine,
et donne une racine avec suçoirs alors que toutes
les réserves ne sont pas absorbées ; il n'y a pas une
phase de vie libre.
Les suçoirs se développent au contact d'un corps
étranger ; on en rencontre sur tous les organes
souterrains de toutes les plantes voisines, et sur
les organes même du Lathraea : racine, rhizome,
écailles, graines ; on en trouve sur des organes en
décomposition et sur des corps inorganiques- Ils
traversent l'écorce, pénètrent dans le cylindre
central et se mettent en rapport avec les vaisseaux
— 243 —
ligneux de la plante-hôte. Ils n'ont pas la struc-
ture des racines ; ce sont des gonflements latéraux
dont les cellules externes possèdent à un haut
degré des propriétés digestives et absorbantes. Ici
la surface absorbante est limitée aux points de
contact avec un organe étranger où le parasite pui
sera la sève minérale. Le suçoir digère et absorbe
également les matières de réserve de l'organe-hôlc
et en particulier l'amidon.
Les matières absorbées sont élaborées et assi-
milées ; bien que sous la dépendance de son hôte
le parasite conserve son individualité. L'énen.
nécessaire à ces transformations ne peut provenir
du dehors, elle ne peut être fournie que par des
oxydations. Ces oxydations donnent naissance à
des déchets qui sont éliminés par les feuilles :
celles-ci jouent donc le rôle d'organes d'excrétion.
Les produits rejetés sont utilisés par les végétaux
voisins chez lesquels ils déterminent une végéta-
tion plus active
. Les Lathraea, comme tous les holoparasites, sont
des organismes essentiellement destructeurs de
matière organique. Sous ce rapport ils se compor-
tent comme des animaux. Dans les phénomènes
de la vie, entre le règne végétal et le règne animal,
il y a de nombreux points communs comme l'a
montré Claude Bernard.
M. Chemin montre ensuite des échantillons et
signale la présence :
1° de Monotropa Hypopilys L , clans un bois de
pins sur le sommet du plateau formant la rive
gauche de l'Odon à hauteur du moulin de Clicuv.
— 244 —
Il est enfoui dans une couche d'humus de plus de
10 centimètres et s'enfonce encore profondément
dans un sol caillouteux de nature gréseuse. Il
n'était signaléjusqu'ici que dans les bois deGrim-
boscq (Ghevrel), au Mont de Grisy (C. Houard) et
dans les bois de pins de Chicheboville-Bellengre-
ville-Secqueville (P. Bugnon) :
2° de Neottia Nidus-avis Rich., dans les bois de
Mouen. Il étaitpeu abondant, 3 à 4 pieds seulement
Hardouin, Renou et Le Clerc l'ont signalé dans
l'arrondissement de Gaen à Maltot, Feuguerolles,
Mathieu, Bures, Troarn.
L. MERCIER. — Contribution à l'étude de la
faune du département du Calvados. (Tur-
bellariés) .
Je signalerai dans cette courte note l'existence
de trois espèces de Turbellariés intéressantes pour
la faune du département du Calvados. Ce sont :
Rhynchodemus terres tris Leidy (Triclade-remco/ft),
Polycells cornuta (Johnson) {Tricldide-PaludLCola),
Planaria gonocephala Dugès (Triclade-PaMcofa).
Rhynchodemus terrestris est une des rares espèces
de Planaires terricoles connues en Europe, la
plupart des formes de ce groupe habitent les
contrées chaudes de l'Amérique, de l'Asie, de
l'Afrique et de l'Océanie.
J'ai recueilli une douzaine d'exemplaires de
— 245 —
cette Planaire, fin mars et commencement avril,
dans la mousse humide le long de la voie ferrée
entre Luc et La Chapelle et dans le bois de Dou-
vres à gauche du chemin de fer en se dirigeant
vers Caen.
Les exemplaires capturés mesurent de 10 à
15 millimètres de longueur à l'état de demi-
extension : dans cet état, le corps est épais et
arrondi dorsalement. La face dorsale est d'un noir
grisâtre, la face ventrale est blanchâtre et forme
une sole comparable à un pied de limace. L'animal
est recouvert d'une mucosité abondante; lorsqu'il
se déplace, il laisse sur son passage une trace
brillante et traîne fréquemment derrière lui un
filament muqueux assez long. Par ces particula-
rités, R- terrestris présente de curieux caractères
de convergence avec les petites limaces (Agrio-
limax) qui vivent dans les mêmes parages. Mais
un œil quelque peu exercé ne s'y trompe pas, et à
première vue distingue facilement ces animaux
les uns des autres.
D'après Hallez( 1893) (1), R- terrestris est commun
dans le Nord de la France (Pas-de-Calais, Somme,
Nord) ; on l'a trouvé également en Languedoc, sur
les côtes de la Méditerranée, dans les Baléares,
dans les environs de Wurzbourg, en Danemark et
en Angleterre.
J'ai capturé Polycells cornata et Planaria gonoce-
phala dans la rivière la Mue, petit affluent de la
(1) Hallez — Catalogue des Turbellariés du Nord de la
France et de la côte Boulonnaise. [Revue biologique du Nord
de la France. T. 5, p. 145, 1893).
— 246 —
Seulies, au Moulineaux, près Fontaine-Henry,
et à Reviers. P. cornuta est facilement reconnais-
sante grâce aux auricules situées de chaque côté
de la tête et qui lui donnent un aspect cornu très
caractéristique. Les exemplaires que j'ai recueillis
ont une coloration extrêmement variable : les uns
sont dépigmentés, les autres noirs, mais le plus
grand nombre présentent une coloration d'un
brun-roux plus ou moins foncé.
L'étude de la distribution géographique de
P. cornuta et de P. gonocephala a été l'objet de
nombreux travaux, tant en France qu'à l'étranger
et particulièrement en Allemagne. Ces deux
espèces sont des formes caractéristiques des eaux
claires et courantes ; aussi les trouve-t-on fréquem-
ment dans les mêmes régions que Planaria alpina
Dana. Dans les ruisseaux de montagne où les trois
espèces vivent côte à côte, P. alpina est localisée
au bassin de la source, P. cornuta descend un peu
plus bas et P. gonocephala se rencontre plus bas
encore.
Si P. alpina, par sa distribution géographique
et par ses caractéristiques biologiques, doit être
considérée, dans certaines régions, comme un
reliquat de la période glaciaire, il ne saurait en
être de même pour P. cornuta. L'existence de cette
espèce dans le Calvados, à quelques kilomètres de
la côte de la Manche, nous montre qu'elle est très
répandue en France non seulement du nord au
sud, mais encore de l'ouest à Test.
(Laboratoire de Zoolooie de la Faculté
des Sciences de Cae»),
247 —
Abbé LETACQ. — Liste de Champignons
recueillis aux environs d'Alencon durant
les mois de Mars, Avril et Mai 1920.
Le très doux hiver 1919-20 suivi d'un printemps
pluvieux et chaud nous a valu dans la végétation
fongique une exubérance rare à cette saison ; les
mycologues ont pu faire des excursions fruc-
tueuses. Afin de ne pas abuser du papier, je me
contente de donner la nomenclature des espèces
recueillies ; je laisse de côté les observations faites
sur les caractères, les affinités ou l'habitat de nos
champignons.
Amanita rubescens Pers , Tricholoma Georgli
L'Ecl., T. terreaux Schaeff- et var. scalptaratiun Fr.,
Clltocybe obbata Fr., Laccaria laccata Scop-, Hygro-
pliorus agasthomus Fr-, Omphalia miircdis Sow.,
0,velulina Q., Pleurotus conchatas Bull., Lactarius
subdulcls Pers , Russula cyanoxantha Schaeff., PUr
tens cervinus Schaeff. et var. eximias Sund. , rigens
Pers., excorians Luc, Enloloma simiaium Fr.,
E. spéculum Fr., E clypeatum L., Nolanea Slauros-
pora Bres , Pholiota praecox Pers., P. sphalero-
morpha Bull , P. mutabills Schaeff-, Corlinarius
satumimus Fr., Inocybe GaWardi Gill., Hebeloma
crusiuluniforme Bull., Ftammula ochrochlora Fr.,
Naucoria pusiola Fr , N> semiorbicularis Bull.,
Gâtera rubiginosaFr.. G hypnorum var. bryorum,
G. tenera var. antipa Lasch., Bolbitius viieltinas
Pers., Crepidotus mollis Schaeff., Stropharia slerco-
— 248 —
raria Fr,, S. semiglohata Batsch., S. merdaria Fr.,
Hypholoma fasciculare Huds. et var. nanam Gill.,
H. suhlaleritiam Schaeff , H. Candolleanum Fr-,
H. hydrophilum Bull- , Coprinm atramentarius Bull.,
C. micaceas Bull-, C. ephemeroïdes Bull-, C lagopus
Fr., Panaeolas campanulalusL- et var. retirugis Fr.,
Boletus flaviis Wilh., #. edti//s Bull , /?. pinicola
Vent-, B. piperatus Bull., 5. erythropus Pers.,
B. subtomentoslis S., Polyporus salfareus Bull., P.
ForquignoniQ., Meriilius papyrinus Bull-, Trame tes
pini Brot., Calyptella muscicola Fr. — Morchella
esculenta Bull., Mitrophora ritnosipes DC, Helvella
fusca Gill., //. monachélla Fr., Acetabala vulgaris
Filk., Aleuria vesiculosa Bull., Sarcosphœra eximia
Lév-, Mitrula paludosa Fr.
SÉANCE DU 5 JUILLET 1920
Présidence de M. le Dr Mouïier, président
La séance est ouverte à 17 heures 30 et levée à
18 heures 15.
Y assistent : MM. Bigot, Bugnon, Le Testu, Lortet,
Mazetier, Dr Moutier, Sève, Viguier. M. Drouet a
exprimé par lettre ses regrets de ne pouvoir encore par-
ticiper à cette réunion, à cause de son état de santé.
Les procès-verbaux des deux séances précédentes
(3 mai et 8 juin) sont adoptés. La réunion générale
annuelle qui devait se tenir le 27 juin à Trévières n'a
pu avoir lieu.
Parmi les ouvrages reçus depuis la dernière séance,
le secrétaire signale un envoi important du service géo-
logique des Etats-Unis, ainsi que les Annales de la
Société entomologique de Belgique pour la période
U14-1919.
Nécrologie. — Le président fait part de la mort de
notre confrère, M. Renault, professeur au Collège de
Fiers, membre correspondant de la Société depuis 1881.
Le secrétaire rappelle la part prise par Charles
Renault dans la découverte du minerai de fer dans le
bassin de May. C'est dans le Bulletin de notre Société
(3e sér., 7e vol., année 1882-1883) qu'il a publié son étude
stratigraphique du Cambrien et du Silurien dans les
vallées de l'Orne et de la Laize, et les coupes figurées
dans ce travail sont devenues et restées classiques.
L'expression des vifs regrets de la Société figurera au
procès-verbal et sera transmise à la famille du défunt.
Admissions. — M. R. GAUMEest admis comme membre
correspondant de la Société à la suite delà présentation
faite au cours de la dernière séance.
— 250 —
M. Hédiard, directeur des Services agricoles du
Calvados, rue Saint-Martin, il. est présenté par
MM. Chemin et Viguier pour devenir membre résidant
de la Société. Son admission est aussitôt mise aux voix
et prononcée.
COMMUNICATIONS
M- Bugnon donne lecture des deux notes
suivantes :
Vbbé LETAGQ et E.-L. GERBAULT- — Sur plu-
sieurs Névroptères Planipennes de la
Haute-Sarthe.
Nous avons entrepris l'inventaire des Névrop-
tères latissimo sensu) de la région que nous habi-
tons.
Nous avons communiqué à la Société des Amis
des Sciences Naturelles de Rouen une liste des
Odonates qui fait partie des « Matériaux pour
servir à la Faune Entomologique du département
de l'Orne et des environs d'Alençon » publiés sous
la direction de M. Letacq ; ce catalogue est suivi
d'un tableau dichotomique lequel permettra aux
chercheurs locaux une facile et prompte détermi-
nation de ces superbes et intéressants insectes. Le
tout paraîtra dès que les circonstances le per-
mettront
Nous donnons aujourd'hui le résultat de quatre
années de recherches sur plusieurs familles de
névroptères planipennes.
— 251 —
Panorpides. Panorpa vulgaris Imh. et Labr. est
commun partout, de mai en août, dans les haies
et les bois ; plusieurs formes sont très distinctes
par la maculature des ailes. Panorpa communis L.
est beaucoup moins répandu ; même station,
même saison.
Les Panorpa cognata Rambur. et Panorpa germa
nica Linné sont rares et peut être locaux, nous ne
possédons du premier qu'une femelle prise à
Fresnay-sur-Sarthe en juillet et du second que
deux mâles pris à la Chatterie, sur Assé-le-Boisne,
Sarthe, en juin. Le Panorpa alpina Rambur. est à
rechercher : il doit être, s'il existe, rare et local.
Millet, dans sa Faune du Maine-et-Loire, indique
dans sa région relativement voisine de la nôtre,
le Panorpa communis (détermination à contrôler).
I
Le R. P Longinos Xavas, dans sa liste de névro-
ptères parue en mars 191 1 dans la Feuille des Jeunes
Naturalistes, d'après les captures faites aux envi-
rons de Saint-Nazaire par M. G. Revelière. cite les
P. communis, vulgaris, germanica. Plus au Sud.
dans TOuest encore, à Niort, M. Joseph Lacroix
cite le P. communis var. aperta Lacroix, var. Cou-
loni Lacroix, var. sécréta Lacroix ; P. germanica
var. sécréta Lacroix. P. communis aperta est indi-
quée dans le Calv :dos. (Les variétés de M. Lacroix
sont fondées sur les variations des taches de l'aile :
In Insecta, (mars 1913 . M. J. Lacroix cite Je cognata
comme « peu abondant ». 11 ne parle pas du val-
garis (Feuille des Jeunes Naturalistes : Contribu-
tion à l'étude des Névroptères de France, février
et mars 1914).
— 252 —
Le docteur Laboulbène rencontra le 5 août 1882
dans le Sud de la Mayenne, à Saint-Denis-d'Anjou,
une éclosion de Bitlacus. Il soumit ces insectes à
Mac Lachlan, le célèbre neuroptérologiste anglais,
qui reconnut le Bittacus tipularius Fabricius. Il y
eut un écho de la trouvaille du Dr Laboulbène aux
Bulletins d'août et de septembre 1882 de la Société
Entomologique de France.
M Gerbault au commencement de juillet 1917
recueillit un exemplaire unique de cet insecte à
Assé-le-Boisne (Sarthe) à l'endroit dit la Cohue,
loin de tout point d'eau. L'insecte est de toutes
façons rare et peut être local dans nos limites.
Est à rechercher le Bittacus Hagenl Brauer qui,
s'il existe, est encore plus rare.
Millet (/. c.) indique seulement le tipularius et
encore avec un point de doute : des communica-
tions lui ont été faites, mais il ne l'a pas vu.
J. Lacroix (/. c.) a trouvé le tipularius dans
les Deux-Sèvres ainsi que M. Gelin ; M. Lacroix
annonce avoir rencontré le Hageni plus au Sud,
dans l'Ouest, près de Royan.
Le Boreus hiemalis L. dont certains entomolo-
gistes font le prototype d'une famille, les Boréides,
est à rechercher dans nos limites.
Sialides. La famille des Sialides est représentée
par le Sialis lutaria L-, très commun d'avril en
juillet.
Sialis fuliginosa Pictet est à rechercher.
Les Raphidia, que certains auteurs récents rap-
portent à la famille des Raphidiides, sont repré-
sentés chez nous par le Raphidia ophiopsis Geer.
253
dont M. Letacq possède plusieurs exemplaires de
la forêt d'Ecouves, dans les endroits humides. Cet
insecte n'a pas été trouvé au Sud d'Àlençon ; il
semble assez rare.
Millet (/. c.) indique comme seuls Semblides
(Sialides) le Raphidia ophiopsis Geer, qu'il dit assez
commun, et le Semblis (Sialis) lutaria L., signalé
comme très commun
Longinos Navas (/. c.) cite seulement le Sialis
lutaria. Ni l'un, ni l'autre de ces auteurs n'indique
le Sialis fuliginosa, dont M. J. Lacroix prétend
avoir pris plusieurs rares exemplaires dans les
Deux-Sèvres. Le fuliginosa est assez commun en
Belgique (Lameere, Faune de Belgique, II, p. 219);
cet insecte paraît en somme devenir rare dans
l'Ouest,
Les Osmylines de la famille des Hémérobiides sont
représentées par YOsmylus chrysops Linn- (== ma-
culatus Fabricius), un bel insecte, relativement
gros (envergure 40-50 rnill.) qui n'est pas rare le
long des cours d'eau.
Abbé LETACQ. — Superposition de deux
Psalliotes Psalliota campestris,L.
Notre confrère M. Raoul Le Sénéchal m'a envoj <;
ces jours derniers un très curieux échantillon de
cette espèce recueilli au Merlerault (Orne) ; il pré-
sente deux champignons exactement superposes
l'un à l'autre par le chapeau.
— 254 —
Le champignon inférieur s'est développé d'une
façon normale; le chapeau mesure 6 centimètres
de diamètre et le pied muni de son anneau 4 cen-
timètres de longueur. La couleur du pied, du cha-
peau, des lamelles et de la chair n'a rien qui les
distingue du type.
Le champignon supérieur est de proportions
beaucoup moindres; le chapeau n'a que 4 centi-
mètres de diamètre ; les lamelles et la chair sont
de couleur normale, mais les lamelles ne sont pas
contigûes au pied, réduit lui-même, par suite de
l'insuffisance d'alimentation, à un petit moignon
ayant 6 millimètres de longueur sur :i d'épaisseur.
Les deux champignons se sont développés en
même temps ; la chair est continue et la cuticule
commune. L'étranglement qui marque la limite
entre les deux chapeaux mesure 2 cent. 5 de
diamètre
M. H. Pierre a décrit et figuré un fait à peu près
semblable observé sur le Russula olivacea Schœf.
Bull. Soc. mycol. Fr., T. XXXIV (1918), p. 74. Moi-
même j'ai vu, il y a quelques années, dans les bois
de l'Isle près d'Alençon un Gortinaire présentant
une anomalie du même genre, mais le champi-
gnon était trop vieux pour être bien déterminé et
décrit d'une façon précise; voilà pourquoi je ne
l'avais pas signalée.
*
* *
M. Viguier fait une communication relative à
une Guttifère, Rheedia Laka Viguier et Humbert,
dont il présente des échantillons fleuris, et qui
2X\ —
constitue le type d'une section nouvelle du genre
Rheedia.
M. Sève indique qu'une station importante de
Jasione montana L. et de Dianthus prolifer L. s'est
constituée aux portes de Caen, à Cormelles, sur
du ballast siliceux.
M. Moutier signale l'abondance de la variété à
fleurs blanches de la Bourrache en un point de
Louvigny, près Caen.
René VIGUIER et Henri HUMBERT. — Le Rhee-
dia Laka.
Nous avons donné le nom de Rheedia Laka(\)
à un arbre malgache dont nous avions récolté les
échantillons dans la forêt d'Analamazaotra En
l'absence de fleurs, la présence de deux sépales à
la base du fruit ainsi que l'organisation de la
graine, nous avaient permis d'attribuer au genre
Rheedia la nouvelle espèce en question.
Un herbier forestier important a été recueilli
l'an dernier, dans cette même forêt d'Analama-
zaotra, par les soins de M. Thouvenot et adressé,
par M. Fauchère, au Muséum de Paris. M. Lecomte
a très obligeamment mis à notre disposition ces
échantillons et nous avons retrouvé parmi
eux des exemplaires fleuris de notre espèce dont
(1) R. Yiguier et H. Humbert. {Bull. Soc. Bot. France),
4e sér., T. XIV, p. 131, 1914.
— 256 —
nous pouvons ainsi compléter la description (2).
Les inflorescences forment des sortes d'ombelles
à 4-6 fleurs axiliaires, à pédoncules très courts ou
presque nuls ; elles peuvent se développer après
la chute de la feuille axillante.
Les fleurs sont unisexuées et les nouveaux échan-
tillons ne comportent que des fleurs mâles. Le
pédïcelle, de 4 à 6 % de longueur, est articulé à la
base, glabre; les deux sépales sont concaves orbi-
culaires, légèrement apiculés au sommet, subco-
riaces, de 5 % environ, et montrent des lignes
noires de glandes internes. La corolle est composée
de 4 pétales en deux paires. Les pétales externes
recouvrent largement les internes et sont arrondis,
presque tronqués au sommet tandis que les
internes sont obtus ; ils sont plus petits que les
sépales, blancs, à peu près égaux, striés eux aussi
de glandes noires.
L'androcée est formé de quatre faisceaux d'éta-
mints ; chaque faisceau est une sorte de lame
oblongue épaisse, couverte, sur les deux faces
aussi bien que sur les côtés, d'une multitude de
petites anthères sessiles à déhiscence transverse
ou oblique.
Le centre de la fleur est occupé par un pistillode
épais, dilaté au sommet, en forme de chapeau de
champignon; le pied en est subquadrangulaire et
le chapeau, qui recouvre les étamines, se présente,
vu de face, comme un rectangle de 2 X 1 %•
(2) Ils portent le n° 110 Thouvenot, lévrier 1910, (fl.), Ana-
lamazaotra; Fauchère comm.
257
Ce type d'organisation florale est intéressant,
car il était inconnu dans le genre Rheedia.
Les monographes des Guttifères considèrent
comme rapprochés les genres Ochrocarpus, Gar-
cinia et Rheedia ; le genre Ochrocarpus est carac-
térisées) par ses fleurs à calice entièrement clos,
gamosépale jusqu'au sommet, à étamines répar-
ties également tout autour de l'ovaire ou diverse-
ment soudées en faisceaux, ainsi que par ses
graines dont l'embryon est pourvu de deux gros
cotylédons bourrés de réserves et plus ou moins
soudés par leur face interne-
Dans les deux autres genres, c'est la tigelle qui,
tuberculisée, constitue la masse de l'embrvon,
tandis que les deux cotylédons sont réduits à l'état
de minuscules écailles presque avortées ; on dis-
tingue essentiellement les Rheedia des Garcinia
par les fleurs, à deux sépales libres sur presque
toute leur longueur et quatre pétales dans les pre-
miers, et à quatre ou cinq sépales et pétales dans les
seconds ; de plus, les étamines des Garcinia sont
presque constamment soudées en faisceaux ou en
masse, tandis que celles des Rheedia sont distri-
buées également autour de l'ovaire.
L'intérêt particulier qui s'attache au Rheedia Laka
réside dans ce fait que le calice est organisé comme
celui de tous les Rheedia et que l'androcée est du
type Garcinia; cette espèce réalise ainsi un terme
de transition entre les deux genres.
(3) R. Viguier et H. Humbert. Observations sur quelques
Guttifères malgaches. Rev. gèn. Bot. T. XXV bis, p. 629, (1914)-
17
— 258 —
Il y a donc lieu de distinguer deux sections dans
le genre :
Tetradelpha nov. sect. : Etamines disposées
en quatre faisceaux (Rheedia Laka) ;
Eurheedia nov. sect. : Etamines libres situées
également tout autour de l'ovaire (les
autres espèces).
Si on veut bien se souvenir, d'autre part, que
certains Rheedia, comme le R. mangorensis R. Vig.
et H. Humb., ont deux petites bractées appliquées
contre les sépales et alternant avec eux, et que
certains Garcinia ont été décrits comme avant les
deux sépales externes plus petits que les internes,
on peut se demander si l'organisation florale n'est
pas identique dans les deux cas : les petites
bractéoles situées sous le calice dans la fleur de
certains Rheedia et les sépales externes, plus petits,
de certains Garcinia ont la môme valeur. Nous
croyons donc que le monographe qui voudra re-
prendre l'étude des espèces de ces deux genres sera
conduit à n'admettre que le seul genre Garcinia;
notre intention n'étant pas de faire ce travail de
révision, nous préférons nous en tenir à la
distinction habituelle.
*
* *
Nous ajouterons que, dans la même forêt d'Ana-
lamazaotra, les indigènes Bezanozano désignent
sous le. nom de Laka, une autre espèce de Guttifère
qu'ils confondent probablement avec la précé-
dente ; des échantillons de cet autre Laka se
— 25Ô —
trouvent également dans la collection Fauchère (1).
Par son port, la forme de 'ses feuilles, la plante
ressemble au Rheedia Laka, mais à première vue,
on peut constater que les fleurs, beaucoup plus
grosses, de 15 % de diamètre, ont le calice gamo-
sépale clos des Ochrocarpus : une fleur ouverte
montre que les étamines sont en quatre faisceaux,
caractère propre aux espèces de la section Para-
garcinia.
Nous avons comparé cette plante aux échantil-
lons authentiques des 0. decipiens H. Bn. et
0. multiflorus 0. Hoffm.; les différences signalées
entre ces deux espèces sont assez importantes
d'après les diagnoses, mais s'atténuent singuliè-
rement quand on compare les échantillons ; les
feuilles sont de même taille; elles seraient obtuses
ou émarginées au sommet dans YO. maltiflorus ,
brièvement acuminées dans YO. decipiens ; or, le
premier a des feuilles atténuées, obtuses au som-
met, mais parfois nettement pourvues d'un
acumen ; Y Ochrocarpus maltiflorus aurait des fleurs
plus grosses, un ovaire avec un style bref couronné
par un stigmate capité, tandis que YO. decipiens
aurait des fleurs plus petites, des étamines soudées
en plus de quatre faisceaux ; en comparant les
fleurs de ces deux espèces, on constate qu'elles
offrent les plus grandes ressemblances : la taille
plus réduite des fleurs de YO. decipiens semble ne
tenir qu'à leur développement moins avancé,
(1) Thouvenot, n° 127, février 1919, (fi.). Analamazaotra ;
Fauchère comm.
2tfO
certaines pouvant avoir à peu près le même dia-
mètre ; les étamines, de plus, étaient groupées en
quatre faisceaux dans une fleur disséquée; enfin,
nous avons vu un pistillode en chapeau de cham-
pignon, et non un ovaire dans YO. multiflorus ; il
ne reste que des différences secondaires notam-
ment dans la forme du pistillode, organe avorté,
et qui peuvent être individuelles ; les pédicelles,
presque nuls et les pédoncules plus grêles de
YO. decipiens doivent vraisemblablement s'allon-
ger dans le développement ultérieur, l'exemplaire
connu n'ayant que des fleurs jeunes. Il est préfé-
rable de réunir sous le nom, plus ancien, d'O.
decipiens ces deux prétendues espèces-
La plante d'Anamalazaotra ne diffère guère des
précédentes que par ses feuilles : le pétiole épais
mesure environ 10 % de longueur et le limbe,
oblong ou obovale, atténué à la base, est largement
arrondi au sommet, maisv n'est ni acuminé, ni
même obtus ; il est, en outre, plus coriace ; ses
dimensions les plus grandes sont 90X4-0 %.
Nous considérons ce Laka comme une simple
variété de YO. decipiens : ce sera la variété rotun-
datus nov. var. (5).
(5) Folia oblonga, v. obovata apice rotundala.
SÉANCE DU 8 NOVEMBRE 1920
Présidence de M. le D1 Moutier, président
La séance est ouverte à 17 heures 30 et levée à
18 heures 45.
Y assistent : MM. Bigot, Bugnon, Chemin, Dr Gidon,
LORTET, MAZETIER, MERCIER, DrM0UTIER, POISSON, SÈVE,
VlGUIER.
Les ouvrages reçus depuis la dernière séance sont
nombreux, les Sociétés correspondantes de l'étranger
reprenant peu à peu leurs envois. Le secrétaire signale
en particulier un deuxième envoi de la Société d'Histoire
naturelle de Fribourg-en-Brisgau.
Correspondance. — Le secrétaire annonce qu'il a reçu
de notre confrère, M. Chevalier, la notice biographique
d'Octave Lignier. Cette notice sera soumise a l'examen
de la Commission d'impression, qui doit se réunir pro-
chainement pour étudier, d'autre part, l'importante
question de l'impression des publications de la Société.
Nécrologie. — Le président fait part delà mort récente
de notre confrère, M. Œhlert, correspondant de l'Ins-
titut ; le savant directeur du Musée de Laval était
membre honoraire de la Société depuis 1897. Les regrets
de la Société seront inscrits au procès-verbal.
Distinctions honorifiques. — Le président invite la
Société à se joindre à lui pour féliciter chaleureusement
nos nouveaux confrères, MM. Hédiard et Warcollier,
qui viennent d'être nommés chevaliers de la Légion
d'honneur. Cette distinction n'est que la juste récom-
pense des éminents services qu'ils ont rendus pendant
la guerre.
— 262 —
Présentation. — M. A. Davy de Virville, rue Crossar-
dière, 40, à Laval (Mayenne) est présenté par MM. Viguier
el Bugnon pour devenir membre correspondant de la
Société.
Dépôt de travaux. — M. Viguier remet entre les mains
du secrétaire un manuscrit de M. Allorge intitulé :
Contribution à, l'étude de la flore normande, etM. Mazetier,
un manuscrit de M. Antoine, intitulé : Notes entomo-
logiques.
COMMUNICATIONS
M. Mercier fait une communication relative à
des formes nouvelles, rares ou intéressantes de
Diptères de la Faune du Calvados et présente les
échantillons correspondants.
A propos des remarques que les mœurs de
YAnopheles maculipennis Meig. ont suggérées à
M. Mercier, M- le Dr Moutier expose les observa-
tions que sa longue carrière médicale lui a permis
de faire sur le paludisme en Normandie ; il
rappelle également les faits relatifs aux épidémies
de suette miliaire.
Le Dr F. Gidon communique sur le même sujet
un ensemble de faits qu'il a résumés comme suit :
la région de Troarn a offert encore assez récem-
ment des foyers d'endémie paludéenne. On disait,
il y â trente ans, que le bourg de Saint-Samson,
sur une hauteur, était indemne, mais qu'on
prenait la fièvre assez souvent dans les prés du
fièvre paludéenne était encore assez
répandue vers 1850 dans la vallée d'Aure. Le
— 263 —
Dr Gidon père en fut atteint, dans sa jeunesse, à
Colombières, près de Trévières. Le DrF. Gidon a
souvent entendu sa grand'mère, née au même
lieu en 1815, parler de la « fièvre tremblante »
comme d'une maladie extrêmement répandue de
son temps dans cette région, quoique sans gravité.
On attribua la diminution de sa fréquence à des
travaux entrepris à une certaine époque à Isigny,
et qui eurent pour effet d'empêcher la marée de
refouler l'eau de l'Aure inférieure. On trouverait
des renseignements pour le xvme siècle dans la
« Collection d'observations, etc.. » de Lépecq de
la Clôture, qui exerça la médecine à Caen, puis à
Rouen, et qui a conservé beaucoup de renseigne-
ments sur les épidémies rurales de toute nature
ayant eu lieu à cette époque. Vers 1770, Caen était
une localité palustre, avec fièvres tierces, doubles-
tierces et quotidiennes. A propos de Lépecq de la
Clôture, le Dr F. Gidon signale son ouvrage
comme une des sources à consulter sur les « fon-
taines » ayant existé dans le périmètre urbain de
Caen, pour l'époque intermédiaire à celle de
Daniel Huet et à celle, beaucoup plus récente de
Dufeugray, qui n'a pas connu l'ouvrage de
Lépecq.
M. Chemin fait ensuite, en son nom et au nom
de M. Hédiard, une communication relative à la
Cuscute du Lin dans le Calvados, avec présenta-
tion d'échantillons parasités et de graine de lin
commerciale mélangée d'une assez forte propor-
tion de graines du parasite.
M. Chemin présente d'autre part une collection
— 264 —
d'algues marines récoltées par dragage sur la côte
de Luc-sur-Mer, au cours de l'été 1920-
M. le Dr Moutier fait passer sous les yeux des
membres présents une petite coquille fossile bien
conservée de Patella, trouvée dans le Bradfprdien
de Giberville, une coquille soiariforme inconnue
provenant du même niveau et une coquille de
Hyalinia septentrionalis.
L. MERCIER. — Faune du Calvados. — Dip-
tères (Formes nouvelles, rares ou intéres-
santes).
L'étude des Diptères du département du Calvados
présente un double intérêt. Tout d'abord, le voi
sinage de la mer permet la capture de formes très
spéciales, comme celles recueillies par notre
regretté collègue Chevrel (1), et dont la biologie,
pour beaucoup, est imparfaitement connue. En
raison du rôle de régulateur de température que
joue la mer, il est également intéressant de
rechercher l'influence que peut avoir son voisi-
nage sur la répartition géographique de certaines
espèces.
Si maintenant, nous envisageons le côté pratique
(1) Chevrel. — Sur un Diptère marin du genre Clunio Hal.
{Arch. zool exp., 3° S. T. 2. 1894, p. 583).
Scopelodromus isemerinus. Genre nouveau et espèce nou-
velle de Diptères marins {Arch. Zool. exp., 4' S. T. 1, 1903'
M).
— 265 —
de cette étude, il me suffira pour montrer son
intérêt de rappeler que beaucoup de Diptères
jouent un rôle très important dans la propagation
de certaines maladies microbiennes de l'Homme
et des Animaux, que beaucoup également, s'atta-
quent aux Végétaux. Or, dans le Calvados, pays
d'élevage et de grande culture, ces questions ne
sauraient nous laisser indifférents.
Je me propose dans cette note de signaler la
capture d'un certain nombre d'espèces de Diptères
nouvelles, rares, ou dont la présence est pratique-
ment intéressante à connaître.
Lucina fasciata Meig.
Deux exemplaires capturés en fauchant sur les
Graminées, le long de la dune, à Bernières-sur-
Mer, le 17 septembre 1920-
Lucina fasciata Meig. est un Diptère de la
famille des Muscidae connu surtout du sud de
l'Europe. Sa capture dans le nord-ouest de la
France pourrait faire songer tout d'abord à une
migration récente à mettre en parallèle, par
exemple, avec celle de Mantis religiosa. Mais cette
hypothèse doit être abandonnée quand on sait
que l'existence de cet Insecte a été signalée en
Irlande. Lucina fasciata, par sa distribution géo-
graphique, appartient donc à la faune dite « faune
lusitanienne », c'est-à-dire à cette faune préglaciaire
qui s'étendait du Portugal à l'Irlande alors que
celle-ci n'était pas encore séparée du continent.
— 266 —
Œdoparea (Heteromyza-Heterostoma) buccata Fall.
Nombreux exemplaires capturés tout le long de
la côte de Oyestreham à Courseulles-
0. buccata (Muscidae) est considéré par Yer-
bury (1) comme une forme marine. En effet, cette
espèce ne s'éloigne pas de la côte où on la capture
soit sur les paquets d'Algues rejetés par le flot,
soit en fauchant sur les herbes du bord des dunes
ou des falaises.
Cette mouche est considérée comme très rare et
cela est dû, sans doute, ainsi que me l'écrivait
M. le Dr Villeneuve, à ce qu'elle est « une bête
<( d'hiver qui échappe aux dilettantes de la belle
« saison ». A Luc, 0. buccata était très abondante
en décembre 1919, janvier et février 1920.
0. buccata existe en Angleterre (Yerbury) et à
Helgoland (Schiner).
Cœlopa eximia Stenh.
Cœlopa eximia me paraît être également une
espèce localisée à la côte. J'en ai capturé deux
exemplaires l'un en mai 1919, l'autre en jan-
vier 1920, en retournant des paquets d'Algues
rejetés parle flot. L'espèce vivait là en compagnie
de Cœlopa frigida Fall. et de C. pilipes Hal.
Gadeau de Kerville (2) a capturé cette Muscidae
(1) Yerbury. — Seashore Diptera. Journal of the Marine
Biological Association, New Séries. Vol. XII, n* 1, 1919, p. 141-
de Kerville. — Recherches sur les faunes
marine et maritime de la Normandie, 3* voyage, Paris,
Baillière, 1901, p. 205.
- 267 -
qu'il considère comme rare à Omonville-laRogue
(Manche) dans les fleurs de Silène inflata Sm., au
bord de la mer en juin 1899. Schiner l'indique
de Suède et d'Angleterre.
Platycephala planifions F.
Un exemplaire capturé en fauchant sur les
herbes, dans la prairie de Colleville en août 1920.
Cette Muscidae est assez rare.
Porphyrops discolor Zett.
Deux exemplaires capturés à Bernières-sur-Mer
en fauchant sur les herbes, dans la prairie, en
arrière de la dune, le 16 août 1920.
Cette Dolichopidae, aux couleurs métalliques,
est une espèce nouvelle pour la France. Elle a été
décrite pour la première fois par Zetterstedt sur
des exemplaires provenant de Laponie.
Les deux individus que j'ai capturés sont dans
la collection duDr Villeneuve.
Rhyphus punctatus F.
Un exemplaire capturé à Bernières, en fauchant
sur les herbes, dans la prairie, en arrière de la
dune, le 16 août 1920.
Espèce beaucoup plus rare que Rhyphus fenes-
tralis Scop que l'on capture fréquemment dans
les appartements, voletant contre les vitres.
Rhyphus punctatus, d'après Schiner, serait une
forme commune dans les régions montagneuses.
— 268 —
Anophèles maculipennis Meig.
L'existence d'Anophèles maculipennis Meig., le
principal vecteur du paludisme en Europe, est
bien connue dans le Calvados. Si je signale la
présence de ce Diptère, c'est surtout en raison des
circonstances particulières qui accompagnèrent
sa capture,
Au cours d'une excursion à Golleville(août 1920)
mon attention fut attirée par un habitant de cette
localité sur le fait suivant : ce ses lapins étaient
« saignés à blanc par des Moustiques qui, durant
« le jour, se tenaient immobiles à la face inférieure
« du toit du clapier. »
La voracité des Moustiques était telle que le pro-
priétaire avait dû transporter dans un nouveau
local de jeunes lapereaux qui s'amaigrissaient à
vue d'oeil. En vain il avait tenté de détruire les
Moustiques en les brûlant à la flamme d'une
lampe. Après capture des Moustiques, je reconnus
qu'il s'agissait d' Anophèles maculipennis Meig.
L'existence de cette espèce de Diptère à Golle-
leville ne doit pas surprendre qui connaît la topo-
graphie de la région et en particulier l'existence
des marais.
Mais les rapports des Anophèles et des Lapins
me remirent en mémoire des observations très
intéressantes de mon savant collègue Roubaud(l),
- Antagonisme du bétail et de l'homme dans
la nutrition sanguine de Y Anophèles maculipennis.
Le rôle antipaludique du bétail domestique. Compt. Rend
Acad. Se, T. 169, 1919, p. 483.
— 269 —
observations qu'il est bon, je crois, de répandre
et de faire connaître.
Roubaud a constaté que les Anophèles piquent
avant tout le bétail, exceptionnellement l'Homme.
Par ordre de préférence, ils recherchent en pre-
mier lieu les Porcs, puis viennent les Bovins, les
Chevaux, les Chèvres et Moutons, les Lapins, les
Chiens Aussi Roubaud admet que dans nos
régions « le bétail domestique joue un rôle anti-
« paludique de premier ordre en fixant sur lui
« l'immense majorité des Anophèles ».
Cette affirmation est pleinement confirmée par
l'observation que j'ai faite à Colleville, car, bien
que le clapier en question fût contigu à l'habita-
tion de son propriétaire, celui-ci ne s'est nulle-
ment plaint d'être piqué par les Anophèles. Ces
derniers préféraient les Lapins.
Mais si les Lapins, inconsciemment il est vrai,
protégeaient leur maître, celui-ci les défendait
bien mal En effet, ainsi que Roubaud l'a constaté,
la population anophélienne d'un local donné se
renouvelle chaque nuit en raison du rythme d'ac-
tivité crépusculaire de l'espèce.
Il était donc illusoire de tenter de faire dispa-
raître les Anophèles du clapier en brûlant ceux qui
s'y trouvaient de jour, car la nuit suivante ils
étaient remplacés.
Slomoxys calciirans L.
Exemplaires capturés en fauchant sur les herbes
à Courseulles, le 18 juillet 1920.
Cette Muscidae sanguicole est caractérisée par sa
— 270 —
grande trompe très semblable à celle des Glossines
ou Tsétsés, principaux agents de transmission des
trvpanosomoses animales et humaines en Afrique.
S. calcitrans pique l'Homme et les Animaux et
peut être également un dangereux agent de trans-
mission de maladies microbiennes.
{Laboratoire de Zoologie. Faculté des Sciences de Caen.)
E. CHEMIN et L HÉDIARD. — La Cuscute du
Lin, Cuscula Epilinum Weihe, dans le
Calvados.
HISTORIQUE
De Brébisson, dans sa flore, signale le Cuscuta
Epilinum parasite sur le lin, la cameline. à Falaise
et Vassy. Hardouin, Rcmou et Leclerc, rapportent
l'observation de de Brébisson, et Corbière ne fait
qu'ajouter que ce parasite est très rare en Nor-
mandie et y est introduit avec le lin de Riga.
Le petit nombre des observations faites dans le
Calvados tient à ce que la culture du lin n'y a
jamais été fort importante. Un document statis-
tique trouvé aux archives départementales montre
cependant qu'en 1855 ce textile occupait 331 hec-
tares dans le département, dont 133 dans l'arron-
dissement de Lisieux et 151 dans celui de Vire, en
particulier dans le canton de Vassy Le lin était
alors produit pour alimenter les industries exis-
à Lisieux et à Vire, et qui ont disparu depuis.
— 271 —
Il était presque inexistant dans les arrondisse-
ments de Baveux, Caen et Falaise.
En 1893, malgré les encouragements accordés
à la culture du lin, en vertu de la loi du 13 janvier
1892, les ensemencements n'ont porté que sur 48
hectares. D'autre part les statistiques agricoles
annuelles n'enregistrent plus que 15 hectares de
lin en 1900 et 8 hectares en 1910. Peu à peu le lin
était donc ahandonné par les cultivateurs du
Calvados.
En 1911 une famille belge loue une ferme à
Cagny, près de Caen, et y installe un rouissage-
teillage. Cette cause, ainsi que plusieurs autres,
provoquent une légère reprise de la culture du lin,
dont les ensemencements annuels varient de 1911
à 1915 entre 21 et 48 hectares.
Depuis 1916 l'extension a été plus rapide, sous
l'impulsion de cours plus élevés dus à l'absence
totale des lins russes et momentanée des lins
belges, aux besoins créés par la guerre, et les sur-
faces cultivées passent à :
87 hectares en 1916
150 — — 1917
168 — — 1918
332 — — 1919
pour atteindre environ
400 hectares en 1920.
Mais la distribution géographique est tout autre
qu'autrefois. La culture du lin est aujourd'hui
pratiquée surtout dans les plaines de labours des
arrondissements de Caen et Falaise.
Ce nouvel et rapide développement de la pro-
272
duction du textile, dans une période où furent
négligés les soins à donner aux semences et aux
cultures; devait être favorable à la réapparition de
la Cuscute dans le Calvados.
Le parasite n'a été remarqué à nouveau
qu'en 1920. Il nous a été signalé de divers côtés au
début de juillet, dans l'arrondissement de Caen et
nous 1\ avons observé, d'une part dans la région
de la côte (communes de Tailleville, Dernières,
Saint-Aubin-sur-Mer et Douvres), d'autre part dans
le canton de Boiirguébus (communes deFontenay-
le-Marmion, Poussy, Bourguébus).
Certains champs furent totalement envahis,
notamment chez M- Ecalard, à Fonte nayle-Mar-
mion. Le parasite n'existait pas partout aussi
abondamment. Dans de nombreux champs parais-
sant indemnes on pouvait à peu près touj ours en
découvrir quelques individus- Nous avons constaté
en tous cas que la présence ou l'absence de Cuscute
était liée à l'origine de la semence.
CARACTÈRES
La tige est filamenteuse, peu ramifiée, elle
s'étend moins en surface que Cuscuta Epilhymum
Murr. ; elle est légèrement verdâtre, ce qui explique
qu'avant la floraison elle peut passer inaperçue-
Son enroulement est senestre ; elle enserre forte-
ment les tiges, pétioles ou fruits qui sont à sa
portée; aux points de contact elle se renfle et
envoie dans la plante nourricière de nombreux
suçoirs.
— 273 —
Elle ne s'attaque pas seulement au lin, Nous
l'avons observée fréquemment avec suçoirs adhé-
rents et bien développés sur la Cameline, Camelina
saliva Fr. (autre plante autrefois cultivée dans le
Calvados et réintroduite comme impureté de la
semence de lin), sur Sinapis arvensis L , Convol-
vulus arvensis L., A nagallis arvensis L., Ranunculus
bulbosus L., Papaver Rhœas L., Cirsium arvense
Scop , divers Chenopodium et Polygonum; nous
l'avons vue décrire quelques tours despire autour
d'un rameau d'Equisetum arvense L. On peut dire
qu'elle se fixe sur toutes les plantes qu'elle peut
rencontrer et si elle ne s'observe que là où le lin
est cultivé elle ne s'attaque pas uniquement à ce
dernier.
Les fleurs apparaissent en juillet. Elles sont
groupées en glomérules de 5 à 10 fleurs non pédi-
cellées, serrées les unes contre les autres ; à la base
de chaque glomérule se trouve une bractée trian-
gulaire. Les fleurs sont régulières, du type 5, calice
charnu, corolle urcéolée, étamines incluses,
écailles petites digitées, ovaire à deux loges avec
deux ovules dans chaque loge, deux styles et deux
stigmates un peu plus courts que l'ovaire.
Le fruit mûrit en même temps que celui du lin.
Galice et corolle ont persisté et se sont desséchés.
L'ovaire, également desséché, s'ouvre par pression
suivant un cercle irrégulier transversal voisin de
la base ; la calotte supérieure se détache, empor-
tant et laissant échapper les graines. Celles-ci sont
arrondies, bossuées, de 1 % environ de diamètre,
18
— 274 —
et de couleur terreuse ; souvent les deux graines
d'une même loge restent accolées.
SUÇOIRS
Les suçoirs sont des renflements de la tige qui
pénètrent à l'intérieur de l'hôte. On peut y distin-
guer extérieurement des replis préhenseurs dont
les cellules épidermiques se sont allongées per-
pendiculairement à la surface pour former des
papilles adhésives et intérieurement le cône de
pénétration. Ce cône n'a généralement pas la
forme massive, à contour régulier, se terminant
en pointe qu'a vu et figuré Chatin (l): la figure
donnée d'après Sachs par Engler et Prantl (2) est
plus exacte. Il s'étale largement à la surface des
masses ligneuses, et ses éléments latéraux péné-
trent dans les parenchymes corticaux et libériens
en se dissociant et prenant ainsi la forme en pin-
ceau. Au centre du cône, on observe des files de
trachéides, cellules légèrement allongées à parois
lignifiées réticulées, en relation avec les vaisseaux
de la tige-mère et s'étendant jusqu'à l'extrémité du
suçoir.
Les suçoirs semblent attirés par les faisceaux
libéro-ligneux de l'hôte. Sur une tige d'Anagallis
arvensis les suçoirs se fixent aux angles vis-à-vis
d'un faisceau libéro-ligneux dont ils atteignent
G. À. Ghatin. — Anatomie comparée des végétaux,
Paris, 1862.
(2). Engler et Prantl. Die natùrlichen Pflanzenfami-
lien, 4» part., 3 a.
— 275 —
facilement le bois sans le pénétrer. De même, sur
un pétiole de Convolvulus arvensis, un suçoir s'était
développé sur la saillie formée par l'un des bords
et s'était dirigé vers un des petits faisceaux libéro-
ligneux latéraux.
Sur Ranunculus bulbosiis, c'est encore générale-
ment aux angles de la tige, vis-à-vis des gros
faisceaux libéro-ligneux, que les suçoirs se déve-*
loppent. Mais, une gaine continue de scléren-
chyme entourant chaque faisceau, le suçoir ne
peut pénétrer dans le liber ou se mettre en contact
avec les vaisseaux ligneux, et il s'étale dans le
parenchyme des rayons médullaires. Le même cas
se présente sur les siliques de Sinapis arvensis où
les suçoirs sont fréquents. Souvent des fibres
cellulosiques ou ligneuses viennent former
obstacle à la pénétration. Lorsque le liber est
seulement coiffé d'un paquet de fibres soit cellu-
losiques comme dans les tiges de Sinapis arvensis
soit lignifiées comme dans les tiges de Camelina
saliva, les suçoirs contournent ces îlots, pénétrent
latéralement dans les faisceaux et s'étendent dans
le liber et à la surface du bois. Si les fibres forment
autour du liber un anneau presque complet, la
pénétration est plus difficile Dans le lin, où les
fibres sont cellulosiques et où l'anneau s'amincit
par places et présente des lacunes, la pénétration
dans le liber est la règle à peu près générale Dans
le Convolvulus arvensis, où les fibres sont également
cellulosiques, nous avons observé quelques suçoirs
qui s'étaient infléchis sur l'anneau et s'étaient
épanouis dans le parenchyme cortical seulement.
— 276 -
Enfin, là où l'anneau extra-libérien est scléreux,
épais et continu, comme dans Cirsium arvense et
Papaver Rhœas, il n'est pas perforé par le suçoir
qui s'aplatit contre lui et reste dans l'écorce.
La pénétration est due à une action digestive
comme l'a montré M. Mirande (1) pour d'autres
espèces du même genre. Les cellules parenchyma-
teuses à parois minces sont facilement perforées
et leur contenu digéré; collenchyme et scléren-
chyme à parois plus épaisses ne sont pas atteints.
Nous avons observé sur le lin des fibres cellulo-
siques en contact avec le suçoir dont les parois
étaient amincies et affaissées, à lumen plus grand;
elles n'avaient pas été perforées cependant. Il est
vraisemblable que l'amincissement n'était pas dû
à une action digestive du parasite, mais à un
défaut de nutrition de la fibre provoqué par la
présence de celui ci L'affaissement résultait mani-
festement de la pression des éléments du suçoir.
La même particularité s'observe, mais beaucoup
plus rarement, sur les éléments ligneux. Dans tous
les cas cette action est toujours très localisée-
Laction à distance du parasite sur l'hôte est
très faible ; au contact du suçoir les éléments de
l'hôte n'ont subi aucune modification apparente ;
les réserves figurées, telles que l'amidon, sont
encore intactes. Les papilles adhésives n'exercent
aucune action visible sur les cellules superficielles
de l'hôte ; elles obturent quelques stomates et par
là diminuent l'intensité des échanges gazeux.
VI. Mirande. — Recherches physiologiques et anato-
miques sur les Cuscutacées Th. Paris 1901.
— 277 -
En résumé, le parasite recherche dans tous les
cas la région de l'assise génératrice libéro-
ligneuse ; lorsqu'il n'y peut parvenir il se nourrit
aux dépens des parenchymes. Nous n'avons jamais
remarqué cependant une continuité entre les
vaisseaux de l'hôte et ceux du parasite comme
J. Peirce (1) l'a signalée chez Cuscata americana en
particulier. D'ailleurs, comme l'a dit M Mirande,
le parasite ne trouve pas dans son hôte une nour-
riture loute préparée; il élabore, aux dépens des
principes qu'il rencontre, les aliments dont il a
besoin. Il n'y a pas simple passage, d'un individu
à l'autre, même après sélection ; le parasite digère
les éléments de l'hôte, les absorbe et souvent les
met en réserve sous une forme différente de celle
où il les a trouvés- Ainsi nous avons toujours
observé une grande abondance d'amidon dans la
partie externe du suçoir, alors que dans les
organes-hôtes examinés l'amidon était rare ou
même absent-
Nous n'avons remarqué aucune réaction de
l'hôte au parasite, réaction qui est fréquente
autour des suçoirs de Lafhrœa-
EFFETS SLR LE LIN
Engler et Prantl considèrent la Cuscute comme
très nuisible au lin.
Nous n'avons pas remarqué qu'elle lue les indi
vidus siii' lesquels elle se fixe. Mais ces individus
(t) J. Peirce — On the structure of (lie Haustoria of
some Phanerogamic Parasites. Aimais of liolany, 18!
— 278 —
sont toujours moins vigoureux; leur tige est
moins haute, moins grosse, elle mûrit et se des-
sèche plus vite. En août, alors que les tiges non
atteintes sont encore vertes, on distingue facile-
ment les pieds parasités à leur plus petite
taille, à leur couleur jaunâtre et à ce fait qu'ils
sont moins rigides et se couchent sur les pieds
voisins à la fois sous le poids de la cuscute et par
suite de leur moindre résistance. Les pieds para-
sités présentent moins de capsules ; les capsules
sont moins grosses, quelques-unes ne renferment
aucune graine, les autres n'en offrent qu'un
nombre réduit.
A maturité, au moment de l'arrachage du lin,
nous avons prélevé en trois points d'un champ
un certain nombre de pieds parasités et dans le
voisinage immédiat des pieds indemnes Voici les
résultats :
Nombre Nombre Nombre Poids
îantillo
ns Nalure
de
de
de
des liges
^^_
pieds
capsules
graines
décapsnlé(
N° 1
parasité
non parasité
17
17
11
36
30
220
1 gr. 70
3 gr. 06
N°2
parasité
non parasité
26
26
34
r»4
157
380
4 gr. 00
5gr. 16
N° 3
parasité
non parasité
45
45
52
67
262
45?
7 gr. 26
7 gr. 35
L'action du parasite sur le poids des tiges est
faible dans le 3e échantillon. Cela provient vrai-
semblablement de ce que ces tiges n'ont été
atteintes qu'assez tardivement. Pour éliminer ces
variations, totalisons les résultats pour les trois
échantillons. On trouve que la présence de la
— 279 —
Cuscute a ramené le nombre des grains de 1.052 à
449 et le poids des tiges de 15 gr. 57 à 12 gr. 96. Le
rendement en graines a donc été réduit de 57 % et
le rendement en paille de 16 %.
La réduction du rendement en paille est plus
élevée encore dans les échantillons photographiés
ci-dessous, provenant de M. Girard, vétérinaire et
agent de culture du lin et prélevés par lui dans un
champ de Bénouville. La longueur moyenne de
30 tiges non parasitées y est de 70 centimètres,
alors que cette longueur moyenne n'atteint que
50 centimètres à peine pour un lot de 30 tiges cus-
cutées. La réduction est donc ici de 28 %.
Dans la paille, ce qui importe, ce sont les fibres
textiles et ce sont elles qui sont surtout altérées.
Non seulement l'épaisseur de leurs parois peut
être réduite et leur résistance à la rupture dimi-
nuée, mais les fibres atteintes se séparent diffici-
lement lors du rouissage et des opérations ulté-
rieures; elles sont empâtées par les débris du
suçoir et elles restent adhérentes au bois comme
on peut le voir en décortiquant une tige sèche :
chaque suçoir laisse une tache brune allongée à la
surface du bois, dans laquelle on peut reconnaître
des paquets de fibres altérées.
On peut donc estimer que la présence de la cus-
cute diminue le rendement en grains d'au moins
50 % et le rendement en filasse de 2" % environ.
Une récolte moyenne de lin fournissant par
hectare environ 500 kilos de graine et 600 de filasse,
la perte à l'hectare peut être évaluée approxima-
tivement ainsi qu'il suit, aux cours actuels :
LjLIBRARYiso
— 280 -
250 kilos de graine à 2 fr le kilo,
au minimum . , 500 fr.
150 kilos de filasse à 10 fr. le kilo,
au minimum . 1.500 fr.
Préjudice total (minimum et suscep-
tible de grandes variations) . . 2.000 fr.
CONCLUSION
L'invasion de Cuscute dans les champs de lin
est due à la semence employée. Dans des échan-
tillons de graines de lin livrées aux cultivateurs
du Calvados, nous avons pu reconnaître et faire
germer de nombreuses graines de Cuscute, avec
des graines de cameline et de moutarde. Il importe
donc d'examiner soigneusement les semences
proposées et de n'employer que des semences pures.
Il n'est guère à craindre que la Cuscute persiste
dans une pièce de terre après une culture de lin :
1° Parce que la Cuscute est enlevée à l'arrachage
et avant d'avoir émis ses graines, qui ne sont
généralement libérées qu'au moment du battage ;
2° Parce que le lin ne revient qu à longue
échéance dans la même parcelle et que les cultures
de céréales qui lui succèdent, directement ou indi-
rectement, se prêtent mal à la fixation du parasite
Toutefois il est bon de nettoyer avec soin les
anciens champs de lin, à la fois pour les débar
rasser de la cameline, de la moutarde blanche et
si possible de la moutards des champs, et pour
supprimer en même temps des plantes qui, en
offrant asile à la cuscute, faciliteraient son main-
tien et peut-être son extension.
Deux bottillons de lin arrachès\dans une même culture. — A
gauche, lin non cuscute et non décapsulé ; à droite, lin para
site, les capsules ont été enlevées pour ne laisser parai Le
que les glomérules de la cuscute.
— 282 —
E CHEMIN. — Les Algues de profondeur.
Pendant l'été de 1920 nous avons pu faire
quelques dragages en mer avec le bateau « la
Cypris » du laboratoire maritime de Luc, et grâce
au concours dévoué des marins attachés à ce labo-
ratoire qui ont été mis très obligeamment à notre
disposition par le Directeur, M. le Professeur
Mercier.
Ces dragages ont été effectués à quelques milles
du rivage, dans les passes à fond caillouteux, qui
ne découvrent jamais et dont la profondeur, au-
dessous du niveau des basses eaux, est de 2 à 3 m.
Il ne fallait pas songer à draguer sur les rochers
voisins toujours submergés ; la drague s'y serait
brisée sans rien arracher vraisemblablement.
Les Algues ramenées étaient en bon état. Les
unes étaient encore fixées à des cailloux ou à des
coquilles ; d'autres avaient été manifestement
arrachées de leur support; toutes pouvaient être
considérées comme vivant à ce niveau.
Voici la liste des espèces identifiées :
Chlorophycées. — I espèce
Ulva lactuca Le Jol. Larges et belles frondes,
d'un vert sombre, peu déchiquetées. Cette espèce,
qui se rencontre à tous les niveaux, ne supporte
pas la dessication ; elle exige toujours un peu
d'eau ou un substratum humide. Elle s'accommode
bien d'un fond profond et caillouteux où elle n'est
283
pas gênée par le développement des Laminaires.
Quelques individus présentaient des taches peu
nombreuses de Myrionema vnlgare Thuret, et l'une
d'entre elles portait à sa base des taches rouges
assez étendues appartenant à un Melobesia.
Phéophycées. — o espèces
Cladostephus vertiçillatus Lyngb — Quelques
individus seulement. Cette espèce, moins abon-
dante que sa congénère, C spongiosus, croît aussi
à un niveau plus bas. Hariot (1) la range dans les
espèces de basse-mer; elle descend plus bas
encore puisqu'on la rencontre dans des fonds qui
ne découvrent jamais.
Sporochnus pedunculatus Ag- estime espèce rare.
Elle est signalée à Luc par Debray (2) mais sans
indication de nom d'auteur. Son nom figure dans
le fascicule n° 25 de l'Herbier Bertot (3) mais aucun
(I). P Haiuot. — Flore algologique de la Hougue et de
Tatihou. An. de l'Institut océanographique
(2) F. Debrai. — Florule des Algues marines du Nord de
la France.
(3) N. B. — L'herbier Bertot déposé à l'Institut botanique
de Caen est difficile à consulter. Il est formé de livraisons
ficelées et enveloppées dans du papier-journal. Chaque
livraison comprend 5 espèces groupées sans ordre apparent
En 11)14, avec l'autorisation de M. Lignier, nousavonsextrait
un ou plusieurs échantillons de chaque espèce suivant
l'abondance. Nous les avons groupées en trois carions en
suivant l'ordre adopté par de Toni. C'est ce que M. llouard
a appelé le « petit herbier Bertot » (Bull, de la Soc. Lin. de
IVorm., 1919, p. 07).
284
exemplaire n'y existe plus. Pour Hariot elle « n'a
jamais été recueillie en place avec certitude » à
Saint-Vaast ; mais « il est probable qu'elle croît
dans le voisinage » parce qu'elle a été trouvée par
le Dr Bornet « en très bon état, très fraîche, fixée
encore à un pelit caillou ». Le 24 août la drague en
a ramené 3 échantillons en bon état, encore fixés
à leur support; le 11 septembre un nouveau dra-
gage a fourni quelques exemplaires dépouillés des
touffes de poils qui terminent chaque tubercule.
L'espèce ne semble pas très rare, mais elle croît
au-dessous du niveau des plus basses mers d'où
elle est accidentellement rejetée.
Laminaria saceharina La rnour, ; quelques échan-
tillons sous la forme jeune de l'ancien L. Phyllilis
Lamour-
Dictyota dicholoma Lamour. ; très abondant, la
drague en certains cas en était presque remplie.
Sa répartition verticale est donc assez grande,
allant de la zone de mi-marée jusqu'au delà des
plus basses-mers.
Diclyopteris polypodioides Lamour. ; quelques
beaux échantillons avec sporanges à tous les états
de développement. C'est une espèce peu commune
qui se rencontre à différents niveaux.
Floridées. — Il espèces
Scinaïa furcellala Biv. ; un seul échantillon de
petite taille sur une coquille d'huître Cette espèce
végète donc difficilement à cette profondeur ; elle
— 285 —
se rencontre plus abondamment à un niveau plus
élevé dans les flaques d'eau.
Naccaria Wigghii Endi. : un seul échantillon en
très bon état. C'est une espèce considérée comme
très rare par Debray qui la signale à Luc seulement
d'après Chauvin. Nous l'avions vainement recher-
chée depuis une dizaine d'années. L'herbier Bertot
en renferme quelques exemplaires ramassés à
Cricqueville. Elle se rencontre à Saint-Vaast le
plus souvent comme épaves d'après Hariot. Cet
auteur rapporte qu'un échantillon distribué par
Lenormand porte l'inscription « inter rariores
rarissima ». Hariot la cite parmi les espèces crois-
sant à mi-marée en faisant suivre cette indication
d'un point d'interrogation ; il la place également
parmi les espèces de très basse-mer. C'est à ce
dernier niveau quelle commence à croître, et c'est
dans les régions inaccessibles à la main qu'on a le
plus de chance de la rencontrer.
Champia parvula Harv. ; quelques échantillons
avec tétrasporanges. C'est encore une espèce de
1res basse-mer, peu abondante en notre région où
elle a été signalée à Langrune par Chauvin et
rejetée à Arromanches (Bertot).
Gastroclonlum ovale Kiïtz. ; quelques spécimens
avec tétrasporanges. Debray considère cette espèce
comme rare ; nous l'avons trouvée assez fréquem-
ment au niveau des basses-mers. Hariot la signale
en hiver et au printemps à Tatihou ; à Luc elle
fructifie en été-
Plocamium coccineum Lyngb. ; Espèce très
commune partout, qu'on trouve fréquemment
— 286 —
rejetée, mais qui ne se rencontre en place qu'à
très basse-mer. La drague en a ramené bon
nombre d'échantillons présentant des tétras-
poranges.
NUophyllum laceratam Grev. est également une
espèce commune de basse-mer; elle peut croître
beaucoup plus bas car chaque dragage en a fourni
de nombreux échantillons dont quelques-uns
portaient des tétrasporanges.
Polysiphonia elongata Grev. ; nombreux échan-
tillons de toute taille fixés sur coquilles ou cailloux.
C'est une espèce commune qui se rencontre à peu
près à tous les niveaux à partir de la zone
movenne.
Heterosiphonia coccinea Falk ; belles touffes
fixées sur cailloux, sans organes de fructification.
Comme le P. coccineum c'est une espèce commune
de très basse-mer que Ton ramasse le plus souvent
en épaves.
Sphondylothammion multifidum Nseg. ; espèce de
très basse-mer, déjà signalée à Luc et Langrune
où nous l'avons récoltée plusieurs fois- Un seul
échantillon a été ramené, il possédait des tétras-
poranges.
Antithamnion plumulaThur. ; Nombreux échan-
tillons les uns avec cystocarpes, les autres avec
tétrasporanges. C'est aussi une espèce de très basse-
mer ; elle flotte aisément et on la rencontre surtout
rejetée à la côte.
— 287 —
*
* *
Nous n'avons pas la prétention d'avoir donné la
liste complète des Algues marines vivant en pro-
fondeur. Notre liste ne comprend d'ailleurs, nous
le répétons, que les espèces du faciès caillouteux,
à l'exclusion du faciès rocheux.
Bien qu'incomplètes, nos observations nous
autorisent cependant à formuler les conclusions
suivantes :
1° Vers 3 mètres au-dessous du niveau des plus
basses-mers, la lumière est suffisante pour assurer
le développement des algues quelle que soit la
couleur de leur pigment Le nombre des espèces
(nous ne tenons pas compte du développement
particulier de chacune d'elles) est cependant plus
grand pour les algues rouges, moindre pour les
algues brunes, faible pour les algues vertes ; mais
les nombres dans chaque classe sont à peu
près dans le même rapport que les nombres
des espèces récoltées à différents niveaux (A. Luc
le nombre des espèces connues est approvimati-
vement le suivant : Floridées, 67 ; Phéophycées, 3 1 :
Chlorophycées, 7).
2° Certaines espèces de profondeur (Ulva, Dic-
tyota, Polysiphonia) ont une grande extension
verticale ; d'autres (Sporochnus, Naccaria) sont
localisées dans la zone qui ne découvre jamais et
c'est ce qui explique principalement leur rareté
dans les herbiers.
Il y aurait intérêt à multiplier les dragages, à les
faire en toute saison et en un grand nombre de
— 288 —
points de profondeur variable. Il serait désirable
de connaître un dispositif permettant d'explorer
les fonds rocheux où la végétation est certainement
plus abondante ; on y trouverait vraisemblable-
ment les Gelidium, le Delessaria sangainea qui ne
sont encore connus dans notre région qu'à l'état
d'épaves.
A. -Pierre ALLORGE. — Contribution à l'étude
de la flore normande.
Un nombre déjà important d'herborisations
faites dans le pays de Bray et les grandes forêts de
Haute-Normandie m'a permis de consigner, avec
des observations phytogéographiques plus géné-
rales, quelques remarques sur la répartition de
plusieurs plantes vasculaires rarement signalées
en Normandie ou nouvelles pour cette province-
Avant de publier, en collaboration avec mon
excellent confrère et ami R. Gaume, un travai*
monographique sur la végétation des grands
massifs forestiers du Bassin de Paris, travail qui
nécessitera encore de multiples courses, j'ai cru
bon de signaler ici, dès à présent, quelques espèces
intéressantes pour la flore normande.
J'ajouterai que les grandes forêts de Haute-
Normandie semblent avoir assez peu sollicité
l'attention des botanistes locaux, sans doute à
cause de l'apparente uniformité de leur flore. Or,
elles présentent un grand intérêt, non seulement
— 289 -
parceque leur végétation est beaucoup plus variée
qu'où ne le croit, mais encore parce que leur étude
attentive permet d'élucider quelques importants
problèmes de synécologie, plus particulièrement
ceux qui ont trait à la valeur de l'association (ou
des associations) du hêtre en plaine.
Cardamine silvatica Link. — Cà et là dans la
forêt de Brotonne, dans les laies humides et
ombragées (S.-I.) (1).
Linum alpinum L. var. Leonii F. Schuitz —
Pelouse crayeuse à Château-sur-Epte (Eure) avec
Avena pralensis, Ononis Natrix, Linum tenaifo-
llum, etc. Très rare à cette localité, la plante se
retrouve, assez abondante, sur la rive gauche de
l'Epte, dans la petite vallée du Gudron, entre
Saint-Clair sur-Epte et Buchet (S -et-O). Cette
espèce, non encore signalée en Normandie, paraît
atteindre ici sa limite nord-occidentale; elle est
surtout répandue dans l'Europe centrale, d'où elle
s'avance jusque sur les collines calcaires de l'Est
et du Centre de la Fiance.
Hypericum Desetangsii Lamotte (== H. interme-
dium Bellynck). — Lisières des forêts, haies
fraîches: forêt de Pont-de l'Arche (Eure); f. de
Bray, d'Eawy, de Brotonne, Cuy-St-Fiacre (S.I.).
Tetragonolobus siliquosus Rolh. — Pelouses
crayeuses à Quièvrecourt près Neufchàtelen-
(i) Celte forêt s'élend sur le territoire de la Seine-Inférieure
cl non sur celui de l'Eure comme l'indiquent plusieurs flores
ou catalogues locaux.
19
— 290 —
Bray(S.-I). Espèce très rare en Haute-Normandie
où elle n'est signalée qu'à Fourges fi 4] ! Quant à
la localité de Chambors (!) citée par Niel [13], elle
se trouve, en réalité, dans le département de
l'Oise.
Cette Papilionacée. dont la station habituelle
est le pré marécageux calcaire, se rencontre par-
fois dans des stations sèches, comme c'est le cas
dans la localité de Quièvrecourt. Elle partage,
du reste, cette particularité écologique avec
d'autres espèces telles que Parnassia palustris,
Herminium Monorchis, Polygala amara, dytnmadenia
conopea, Hypnum molliiscunu H. protensum, etc.
Agrimonia odorata Mill - Lisières des forêts,
bords des chemins boisés : foret de Brotonne, vers
le Landin (trouvé par R. (iaume) ; forêt «le Bray,
forêt de Saint-Saëns CS.-I. )
Tillaea muscosa L. — Chemins sablonneux frais
et découverts des forêts et des landes : forêt de
Pont-de-Larche(Eure) : forêts de Bray, de Brotonne,
du Trait (S.-L).
C'est un des éléments caractéristiques d'une
association très bien individualisée et composée
en majorité de petites plantes annuelles à évolu-
tion estivale comme Centunculus minimus, Cicendia
flliformis, C. pusilla, Janciis bafonius, ./• Tenageia,
J. capitatus, Radiola linoides , Scirpus setaceus, etc.
Ce groupement, fréquent dans toute l'Europe occi-
dentale (Pusillœjunceturn de Gadeceau [8]), est
particulièrement bien représenté dans le Bassin
de Paris [3,9].
— 291 —
Epilobiu.m lanceolatam Séb. et Maur. — Haies
à Mésangueville (S.-L), avec E. roseum et E. obs-
curum. Çà et là dans la partie du Bray situé dans
l'Oise (Goincourt! Ons-en-Bray ! Guigy-en-Bray !)
et dans le Vexin français [1].
Carum verticillatum Koch — Dans plusieurs
prairies tourbeuses acides entre Mésangueville et
Hodeng-Hodenger et dans les laies herbeuses
humides de la foret de Bray (S.-L). Signalé à
Forges-les-Eaux par Blanche et Malbranche [3].
Helosciadium repens Koch — Prairie inondée
l'hiver à la ferme de Vaux, près Gisors (trouvé par
R. Gaume) ; marais de Bray- Lu (Eure). M. Jeanpert,
conservateur de l'herbier Gosson, a également
rencontré cette espèce dans la vallée de l'Epte, à
Giverny, où elle semble ne plus exister.
Lappa nemorosa Kœrnicke — Forêt de Lyons à
Lisors (Eure) ; forêt d'Eawy, çà et là, bois des
Houx près Argueil (S.-I.).
La répartition de cette espèce dans le Bassin
de Paris est assez mai connue ; elle est rarement
citée dans les travaux régionaux et il est probable
qu'elle a été souvent négligée ou confondue
avec Lappa major. Elle en est cependant bien
distincte par son inflorescence en grappe, ses
calathides subsessiles, ses akènes noirs à disque
non ondulé Non signalée en Bretagne [12], elle a
été rarement observée en Normandie : Bec-Thomas
(Izambert) [5],forêtde Louviers(Saint-Amand) [6] ;
aux environs de Paris, elle se rencontre çà et là
[1,11]
- 292 —
Localisée dans les clairières des bois argileux,
elle y forme souvent, avec Epilobium spicatum,
Rubus Idœus, Galeopsis Tetrahil, Verbascum
Thapsus, Urlica dioica, un groupement dont le
développement est lié à la nitrification abondante
qui s'opère dans les sols forestiers avec l'accrois-
sement de l'intensité lumineuse : ce sont des
espèces nitratophiles comme les appelle H- Hessel.
mann dans ses belles recherches sur les forêts
suédoises [10].
Juncus tenuis Willd. - Cette espèce, d'origine
nord-américaine, est maintenant commune dans
le Bassin de Paris [1, 9, H]. Dans la ilore de Cor-
bière et ses suppléments, quatre localités nor-
mandes figurent seulement. Je l'ai trouvée en
abondance, mais uniquement le long des voies
forestières, dans les forets de Vernon, de Pont de-
l' Arche, de Lyons (Eure) ; forêts de Bray, de
Saint-Saëns, de Brotonne, <ln Trait (S.-I.)*
Wolffia arhiza L. Mare auLandin (Eure), près
la maisên forestière. J'ai également récolté cette
curieuse Lemnacée dans la mare d'IIaricourt
(Eure), d'après les indications de M. l'abbé Tous-
saint [14], et au Marais-Yernier, sous la conduite
expérimentée de M. A- Duquesm
Carex lœvigataSm.- Bois deLéon près Beaubec
la-Rosière (S. L), sur des pentes tourbeuses, avec
Osmunda regalis, Nephrodium dilatalum, Sphagnum
recurvum, Plagiothecium undulnhim, etc. Rare en
Haute-Normandie, ce Carex est abondant en Vexin
— 293 -
français, dans les bois tourbeux des hautes buttes
tertiaires.
C strigosa Huds. — Laies humides des grandes
forêts : forêts d'Eawy et de Brotonne (S.-I ), en plu-
sieurs places, avec Lysimachia nemorum, Chrysos-
plenium oppositifolium, Car ex remota. Signalé en
Haute-Normandie, dans la forêt d'Eu (Dr Bour-
geoisj et à Archer (Ebran) [4], ce Carex a du être
négligé et existe vraisemblablement dans la plu-
part des grandes forêts de l'Eure et de la Seine-
Inférieure.
Aspidium angulare Kit. — Chemins creux et
talus des bois siliceux : le Landin, forêt de Pont-
de -l'Arche (Eure) ; forêts de Bray, d'Eawy, de Saint-
Saëns (S.-I.).
Nephrodium cristatum Michx. — Bois de Léon,
près Beaubec-la-Rosière (S.-I.) dans une Moliniaie
à Sphaignes, avec Oxycoccos palustris, Erica
Tetralix, Eriophoram angustifolium, Nephrodium
spinulosum. M. de Vergnes, qui a également visité
cette localité, y a rencontré quelques pieds de
l'hybride N. cristatum X N. spinulosum (= N. uli-
ginosum Rouy). Le N- cristatum est une Fougère
assez rare en France : çà et là dans le Nord, le
Nord-Est et le Centre, elle n'existe pas en Bretagne
[2] et n'avait pas encore été rencontrée en Nor-
mandie. Quant à l'hybride, on n'en connaît que
quelques localités en France (Rambouillet, Alsace) .
Polypodium Phegopteris L. — Talus siliceux
frais, dans les grandes forêts : forêt d'Eawy où elle
abonde en plusieurs places (grande allée des
— 294 —
Limousins, route d'Ardouval), forêt de Brotonne
(laie du Faon, 1. de la Réserve, route d'Hauville).
Déjà signalé dans cette dernière forêt au rond de
Nagu par M. Duquesne [7]. Là où je l'ai observée,
cette intéressante Fougère était associée à Polypo-
dium Dry opter is, Blechnum Spicant, Athyi ium Filix-
Femina.
Il n'est pas douteux que cette espèce ne se
retrouve dans la plupart des hétraies de Haute-
Normandie; sa ressemblance, d'ailleurs très super-
ficielle, avec certaines formes jeunes et stériles
d'autres Fougères a dû la faire souvent mécon-
naître.
BIBLIOGRAPHIE
[1] àllorge (A. P.). — Notes sur quelques plantes inté-
ressantes du Vexin français. Bull Soc. bot Fr.,
LXVI, 1917).
[2] Allorge (A. P.). — Les Associations végétales du
Vexin français. Etude desynécologie comparée.
Sous presse.
[3] Blanche et Malëranche. — Catalogue des plantes
cellulaires et vasculairesde la Seine-Inférieure.
Rouen, 1864.
[4] Corrière (L.)'. - Nouvelle Flore de Normandie,
Caen, 1893.
[5J Corrière (L ). Additions et rectifications à la
Nouvelle Fore de Normandie {Bull. Soc. Linn.
Norm., 4e Série, 9, 1895).
Corrière (L.). — Deuxième supplément à la Nou-
velle Flore de Normandie {ibid.,ïe série, 11, 1897).
— 295 -
[7] Duquesne (A.). - Catalogue des plantes de l'arron-
dissement de Pont-Audemer {Bull. Soc. Amis
Se. Nat, Rouen, 1884).
[8] Gadeceau (Em.). — Le Lac de Grand-Lieu, Nantes
1909.
[9] Gaume (R.). — Contribution à létude de la flore de
Brie {Bull. Soc. bot. Fr., LXVII, 1920).
[10] Hesselmann (H.). — Studier over Salpeterbild-
ningen i naturliga Jordmaner och dess Bety-
delse i vâxtekologisk Auseende [Etudes sur la
nitrifîcation dans les sols naturels et son impor-
tance au point de vue phytécologique] Meddel.
fran. Statens Skogsfôrsek anstalt, 13-14, Stock-
holm, 1917).
[11] Jeanpert (Ed.). — Vade-mecum du botaniste dans
la région parisienne, Paris, 1911.
[12] Lloyd (J.). — Flore de l'Ouest de la France, 5e éd.,
par E. Gadeceau, Nantes, 1898.
[13] Niel (E.). — Catalogue des plantes phanérogames
vasculaires et cryptogames semi-vasculaires
croissant spontanément dans le département de
l'Eure. Bull. Soc. Amis Se. nat. Rouen, 1888).
[14] Toussaint (abbé) et Hoschedé (J. P.)- — Flore de
Vernon et de la Roche Guyon (ibid,, 1897.
SÉANCE DU 6 DÉCEMBRE 1920
Présidence de M Mazetier, trésorier
La séance est ouverte à 16 heures et levée à 17 heures.
Y assistent: MM. Bugxon, Chemin, D'Gidon. Hédiard.
Lortet, abbé Lucas, Marie, Mazetier, Merciek,
Poisson, Sève, Viguier. Le vice-secrétaire présente les
excuses de M. Bigot, secrétaire, empêché de prendre
part à la réunion.
M. Hédiard présente les remerciements de M. War-
collier, et les siens, pour les félicitations dont ils ont
été l'objet au cours de la dernière séance de la Société
et qui figurent au procès verbal.
Commission d'impression. — La Commission d'impres-
sion, dans sa réunion du 15 novembre 1920, après
examen de la notice biographique d'Octave Lignier
rédigée par notre confrère M. Chevalier, a émis l'avis
que cette notice pourra figurer sans modification clans
les publications de la Société et prendre place dans le
prochain volume de Mémoires.
La Commission, abordant ensuite l'étude des ques-
tions financières qui se posent à propos des publica-
tions de la Société et constatant notamment :
1° Que les recettes normales de 1920 seront épuisées
pour payer l'impression du Bulletin de 1919;
2° Que le Bulletin de 1920, en cours d'impression,
sera beaucoup plus important que celui de 1919 et
devra être réglé au prix de 240 francs la feuille de
16 pages ;
— 297 —
3° Que ces hauts prix d'impression persisteront vrai-
semblablement encore pendant quelque temps;
Propose, pour faire face à ces dépenses qui ne sont
plus en rapport avec les ressources de la Société :
1° Pour assurer le paiement du Bulletin de 1920, de
faire appel à une contribution facultative des auteurs
ainsi qu'à la générosité de tous les membres de la
Société, et de compléter la somme ainsi obtenue, s'il y
a lieu, par l'emploi d'une partie des réserves ;
2° Pour les Bulletins suivants, et temporairement :
a) de restreindre les dépenses, en obtenant de l'impri-
meur une meilleure utilisation du papier ainsi que les
prix les plus bas que pourra fournir l'appel à la con-
currence; en ne réimprimant plus dans le Bulletin le
contenu des procès-verbaux adressés aux membres après
chaque séance; en n'accordant plus aux auteurs que
8 pages de texte à titre gratuit dans chaque Bulletin,
le surplus, ainsi que les figures, restant entièrement à
leur charge ;
b) D'acccroître les recettes, en portant la cotisation
des membres nouveaux à 12 francs pour les membres
correspondants et 20 francs pour les membres résidants,
ainsi que pour les membres correspondants qui se
feraient inscrire pour le service des Mémoires; en envi-
sageant également, si c'est nécessaire, la même élévation
de la cotisation pour les membres actuels de la Société.
Ces propositions, soumises à l'approbation de la
Société, sont adoptées.
L'attention des membres est particulièrement appelée
sur la décision prise en ce qui concerne les procès-ver-
baux des séances : à partir de 1921, les procès-
verbaux, non réimprimés dans le Bulletin, devront
être conservés pour être réunis aux volumes au
moment de la reliure. En témoignage de reconnais-
— 298 —
sance aux membres qui auront répondu à l'appel fait
en faveur du Bulletin de 1920, la Société décide que le
nom des donateurs et le chiffre de leur contribution
seront publiés.
Correspondance. — Le vice-secrétaire donne communi-
cation d'une lettre adressée au secrétaire par M. E. Li-
gnier pour remercier la Société de ce qu'elle fait pour
honorer la mémoire de son père.
Nécrologie. — Le président fait part du décès de
M Bansard des Bois, de Bellême (Orne), qui était
membre correspondant de la Société depuis 1888. Les
regrets de la Société seront inscrits au procès-verbal.
Admission. — M. A. Davy de \ iryille est admis
comme membre correspondant de la Société.
Don à la Bibliothèque. — Brochure offerte par son
auteur :
Letacq (A.-L.). Le préhistorique aux environs d'Alençon
(Imprimerie Alençonnaise, Alençon, 1920).
Section d'Alençon. — M. l'abbé Letacq adresse le procès-
verbal de la séance du 17 novembre 1920 de la section
d'Alençon.
Dépôt de Travaux. — Abbé Letacq. — Observations
mycologiques faites durant l'automne 1920 aux envi-
rons d'Alençon.
Ed. Gerbault. — Sur le Sedum acre de la Hague.
R. Yiguier. — Plantes récoltées à Madagascar
en 1912 par MM. René Viguier et Henri
Humbert.
— 299 —
COMMUNICATIONS
M. Mercier présente :
1° Un Hareng capturé à Luc sur-Mer et dont la
glande génitale est hermaphrodite. Cette glande
est principalement constituée par un testicule ;
l'ovaire ne forme qu'un petit lobe antérieur et
renferme des œufs ayant atteint leur taille défini-
tive- Il est regrettable que Ton ne se soit aperçu de
cette particularité qu'après cuisson, ce qui a rendu
tou te étude anatomique et histologique impossible.
2° Un Crabe (Carcinus msenas) dont la cavité
orbitaire droite est occupée par une Moule. La
présence de ce Mollusque a déterminé l'atrophie
du pédoncule oculaire. M. Mercier rappelle
qu'une observation identique a déjà été faite
en 1889 sur un Carcinus mœnas capturé dans
l'étang de Caronteprès Marseille (Marius Courtin,
Cas de parasitisme chez les Crustacés et les Mol-
lusques. Feuille des Jeunes Naturalistes, 20e A ,
p. 11)
M. Bugnon donne ensuite lecture de la Note
suivante :
M. DALIBERÏ. - Lépidoptères du Calvados
Localités nouvelles (1)
Je signale avoir trouvé (fin août 1920) une
(I) Cf., ma troisième communication du "2 décembre 1918;
Bull. S. L. N., 1918, p. 60. — On sait que la bibliographie
relative aux Lépidoptères du Calvados se compose essen-
— 300 —
chrysalide du Papilio MachaonL. (1) à Secqueville-
en-Bessin (Balleroy est la plus voisine des localités
signalées par M- F. Moutier) et Anthocaris carda-
mines L. a*, 1< mai 1920 (2), dans la même com-
mune (même observation pour les localités citées
antérieurement). Précédemment j'avais trouvé
cette espèce printanière en diverses localités :
dans la forêt de Cinglais et le long des routes de
de Peti ville à BobehommeetdeMervilleà Bréville.
Il semble qu'on puisse avec M. Dumans (cité en
note) la considérer comme « assez commune »
dans notre département, du moins dans l'arron-
dissement de Caen (surtout exploré par moi).
M. Bugnon présente ensuite des échantillons secs
de quelques plantes rares de la Normandie
(Desmares tia Ugalata Lamour. , Lathyrus silvestris L.
var. platyphyllus Betz, Selariaglauca P. B.,. Sparllna
Townsendi Groves) et décrit particulièrement la
tiellement des catalogues de M. Fauvel (Diurnes et Crépus-
culaires), Mém. S. L. N:, 1862-03, t. 13, Caen; Paris, 1864;
F. Moutier. Contribution à l'étude des Lépidoptères du Cal-
vados, Bull. S. L. N. 1902, p. 222-358, et Dumans, Liste des
Lépidoptères du Calvados, Caen, Delesque, 1908. — V. aussi
Ch. Oberthùr et C. Houlbert, Faune entomologique
armoricaine, Lépidoptères, 1" fascicule, Rhopalocères (en
cours de publication dans le Bulletin de la Société Scienti-
fique et Médicale de l'Ouest), pour les arrondissements de
Vire et de Falaise, que les auteurs dudit ouvrage rattachent
au massif armoricain.
(1) Observé aussi, au même endroit, mais non capturé,
un imago de la môme espèce.
(2) J'en ai trouvé dans l'arrondissement un exemplaire le
24 mars 1918; cette date est plus précoce que celles citées
par M. Moutier précité, p. 228.
— 301 —
répartition géographique actuelle et les caractères
biologiques de cette dernière espèce, récemment
introduite à l'embouchure de l'Orne, et qui ne
tardera sans doute pas à modifier notablement la
végétation des vases salées de Sallenelles.
M. Sève présente des échantillons desséchés
d'un Androsème qui pousse assez abondamment
dans une haie abandonnée près de l'ancien moulin
à vent de Ranville (Calvados). Il s'agit vraisembla-
blement d'une variété horticole naturalisée dont
les caractères sont intermédiaires entre ceux de
l'Androsœmum officinale Ail. et ceux de VA. hir-
ci'iiim L-, peut être d'un hybride entre ces deux
espèces. En particulier les sépales sont obtus et
persistants après la floraison comme dans A. offi
cinale, mais les fruits sont ovoïdesoblongs et se
dessèchent comme ceux de VA . hircinurn. Les styles
sont à peu près égaux aux: pétales. Reiehenbach a
représenté dans ses Icônes un ,4. Webbianum qui
pourrait bien être l'espèce qui pousse à Ranville.
M. Hédiard signale à la Société que le service
du génie rural a dû étudier récemment un projet
de captation des eaux du ruisseau d'Olendon, qui
se perdent entre Olendon et Sassy, en vue de leur
amenée dans cette dernière commune. L'ouverture
de tranchées dans la vallée sèche, à peu de distance
du bois où les eaux disparaissent, a révélé l'exis-
tence à la profondeur de 2m50 environ d'une cana-
lisation souterraine en poterie semblant se diriger
vers le vieux Château de Sassy. Il serait intéressant
de pouvoir déterminer l'âge probable de cette
canalisation et le but pour lequel on l'avait établie.
Section d'Alençon
SEANCE DU 17 NOVEMBRE 1920
La Section Alençonnaise de la Société Linnéenne s'est
réunie au Musée d'Histoire naturelle (maison d'Ozé) et
a tenu séance de 14 à 16 heures.
Présents : MM. Focet, Hébert, Leboucher, Lemée,
Lexoir et l'abbé Letacq, membres de la Société ;
MM. Clément, pharmacien à Alençon, Jean et Pierre
Hébert, invités.
MM. Aubert, Gerbault, l'abbé Langlais et Lescuyer,
s'excusent par lettres de ne pouvoir assister à la séance.
M. Gerbault prie M. Letacq de donner lecture des
notes qu'il adresse à la Section. — M. Lemée est nommé
président de séance et M. l'abbé Letacq, secrétaire. — Le
procès- verbal de la dernière séance (25 novembre 1919)
est lu et adopté.
OBSERVATIONS DIVERSES
ZOOLOGIE
Hérisson. — Le Hérisson {Erlnaceus europœus L )
s'apprivoise parfaitement et aisément (Cf. Brehm,
Les Mammifères, art. Hérisson). M Gerbault qui
a possédé longtemps un de ces petits mammifères
pareillement domestiqué a observé que lorsque
ranimai, ayant mangé ou léché quelque chose qui
ne lui convient pas, veut expectorer, il se tourne de
flanc, lèche ses piquants à rebours et obtient ainsi
— 303 —
un résultat qui rappelle le résultat bien connu
obtenu par des chiens, qui coupent et avalent des
pointes d'herbe
Oiseaux. — Les mâles du Troglodyte mignon
(Anorthura troglodytes L.) très abondant dans nos
régions, se livrent de violents combats aux époques
des amours. En avril dernier, M- Gerbault surprit
de la sorte deux mâles Ils se battaient avec un tel
acharnement qu'ils tombaient à terre, et leur
attention était tellement absorbée par l'ardeur de
la bataille que notre Collègue s'empara d'eux sans
difficulté.
M. Leboucher dit qu'il a vu un Cormoran [Phala-
crocorax carbo Dum.) tué récemment sur un sapin
dans le parc de Chauvigny à Saint-Germain-du
Corbéis. M. Letacq observe que cet oiseau séden-
taire et assez commun sur le littoral se voit presque
chaque année au bord de nos étangs ou de nos
rivières ; ainsi dernièrement un individu mâle fut
tué à Couterne sur la Mayenne.
M. Letacq dit que la Perdrix rouge (Perdlx
rubra Briss) autrefois desséminée sur toute la
surface du département de l'Orne, n'y paraît
plus aujourd'hui que d'une façon accidentelle ;
mais comme elle reste commune dans la majeure
partie du département de la Sarthe, il n'y a guère
d'année où plusieurs couples ne viennent nicher
aux environs d'Alençon : ainsi en 1920, on en a vu
à Saint-Céneri-le-Géret, à Cirai et sur nos limites
à Villepail (Mayenne).
Lacerta stirpium Daud. — M. Letacq présente un
— 304 -
exemplaire du Lézard des souches capturé dans
les bois de la Jouxtière à Hesloup. Cette nouvelle
observation montre que l'espèce, sans être for*
abondante, se voit sur plusieurs points autour
d'Alençon ; elle a été en effet trouvée dans les bois
de Noë-de Gesnes, des Aulnais, de l'isle, sur la
butte Ghaumont et en Ecouves-
Brochet. — M. LetAcq montre la photographie
d'un Brochet (Esox Inclus L) pris au lancer le
22 mars 1920, à l'étang du Mortier, près d'Alençon :
longueur 1 m 12, largeur 0m22 ; poids 14 kilos. Il en
signale un autre capturé en juin dernier, dans la
Sarthe, à Saint-Céneri-le Géret, mesurant 1 m04 de
longueur et du poids de 8 kilos.
Guêpes. — M- Leboucher dit que les Guêpes
vulgaires (Vespa vulgaris L.) furent très rares cette
année et ne se sont montrées qu'assez tard, vers le
15 août, mais qu'en revanche les Frelons (Vespa
crabro L.) furent très communs.
M. Letacq montre un nid de Poliste française
(PolistesgaUicaL.) pris au Chevain, en juillet der-
nier, sur un arbrisseau
Mollusques. — M. Letacq montre un exemplaire
de Umax fulvus Norm et dit qu'il a trouvé cette
année en assez grande abondance sur les champi-
gnons celte espèce regardée comme rarissime. Les
dernières observations lui ont prouvé que Limax
arboram Bouch. et Arion tenellus Mill. sur la répar-
tition géographique desquels on n'avait encore
que des notions peu précises, devaient être rangés
parmi nos espèces communes.
— 305 —
BOTANIQUE
M. Letacq donne lecture d'une communication
de M. Gerbault Sur le Sedum acre L. de la Hagae.
Parnassia palustris L. — M. Gerbault a signalé
dans un récent Bulletin de la Société une station
de Parnassia patustris anormaux. Notre Collègue
est retourné plusieurs fois à la station signalée de
l'Ouzier. 11 est de plus en plus persuadé que les
anomalies tiennent à la présence à cette station
d'une ou de plusieurs lignées de plantes fasciées
mêlées aux plantes normales. La méiomérie et la
pléiomérie signalées sont des degrés différents du
balancement du même phénomène, qui suit la
gradation suivante : fleurs 4-mères ; fleurs o-mères ;
fleurs 6-mères ; fleurs 7 et peut-être 8-mères. Entre
chacune de ces formes bien déterminées existent
des formes intermédiaires avec déformation de
certains organes La forme 7 (et peut-être 8) — mère
s'accompagne d'une division ± — longue du
pédoncule et de synanthie.
Plantes des environs d'Alençon. — M. Letacq expose
plusieurs espèces rares de la région recueillies
clans des localités nouvelles :
Ranunculus chœrophyllos L. — Abondant sur le
pâtis de la Guillotine à Bérus ; sur les schistes de
Saint-Evroult (commune de Gesne-le-Gandelain).
Cucubalas baccifer L. — Ça et là dans les haies au
voisinage de l'étang de Malefïre à Bérus.
Trapa nalans L. — Mares à Couptrain.
Chondrilla juncea-L. — Bords du chemin de
Condé-sur-Sarthe au Pont-Percé.
20
— 306 —
Gratlola officinalis L. — Bords de la Mayenne à
Couptrain.
Teucrium scordium L. -- Etang de Maleffre à
Bérus.
Rumex maritimus L — Ibid.
Crupina vulgaris Cass. Jardins (M. Leboucher).
Plante adventice.
Physcometrella patens R. B. elRiccia crystallina L.
— Sur la vase à l'étang de Maleffre.
Gui. — M. Lemée signale le Gui sur le Cornus
siberica Lodd. dans le parc de Vervaine à Condé-
sur-Sarthe et M. l'abbé Letacq sur le Mespilus
germanica L. dans le jardin du presbytère de Bérus.
Excursions dans la France méridionale. — M. Focet,
qui a exploré l'été dernier les environs d'Auch et
quelques unes des hautes cimes des Pyrénées dans
les départements de l'Ariège et des Pyrénées-
Orientales, fait connaître les très intéressants
résultats de ses voyages. Il nous montre les espèces
récoltéesennousdonnantdes indications détaillées
sur l'habitat de chacune d'elles et sa répartition
géographique dans les régions étudiées.
Champignons. — M. Letacq indique les espèces
rares ou nouvelles pour nos régions qu'il a
recueillies durant l'automne 1920 ; on trouvera le
résumé de ses recherches dans une note annexée
au procès-verbal.
Il expose une série de Champignons recueillis
la veille lors d'une excursion faite avec MM. Hébert
et Leboucher aux Gâtées sur l'emplacement de la
scierie de bois établie pendant la guerre par les
— 307 —
Canadiens. On y remarque entre autres les espèces
suivantes : Amanita pantherina DC, Tricholoma
nudam Bull., T. saponaceum H., Pleurotus con-
chatus Bull., Canthareltus aurantiacus var lac-
teus Q., Marasmius prasiosmus Fr., Hebeloma meso-
phacum À., Slropharia œruginosa Curt., S. ster-
coraria Fr., Pholiota marglnala Ratsch. , Boletus
luridus Schaeff.
Abbé LETAGQ. — Observations mycologiques
faites durant V automne 1920 aux environs d Alen-
çon.
Ce nouvel article ne signale que les espèces
nouvelles ou rares pour la région, et je réduis au
strict minimum les remarques sur les affinités etles
caractères locaux de nos champignons. Le Buisson
en Perseigne et les Gâtées en Ecouves, où les
Canadiens avaient établi des scieries de bois ont
été l'objet de fréquentes visites. J'ai fait la plupart
des excursions avec mes amis MM. Hébert et
Leboucher, d'Alençon, Légué et Georges Hutrel,
du Mans, Albert Leclerc, de Bellême.
Lepiota Badhami Berk. — Sur la sciure de bois au
Buisson. — Cette espèce à caractères variables sur
lesquels les auteurs sont loin d'être d'accord, n'est
d'après M. Boudier qu'une variété de L. meleagris
Sow. (Bull. Soc. mycoL, 1901, p. 176).
Tricholoma elytroides Scop- — Sur la terre, près
du Buisson, dans la forêt de Perseigne. M. l'abbé
— 308 —
Bourdot, à qui j'ai communiqué ce champignon,
le regarde comme une variété de T. saponaceum Fr.
commun d'ailleurs dans la localité-
Collybia atrata Fr. — Sur la terre dans les bois
de Vervaine à Condé sur-Sarthe.
Pleurolus tremulus Sch. — Sur la terre parmi les
mousses : La Jouxtière-en-Hesloup. Le Dr Quélet
dit que le chapeau est tomenteux à la loupe (1), ce
qui se vérifie bien sur mes exemplaires, tandis que
Fries l'indique comme lisse et glabre (2).
Pleurotus conchatas Bull. — Toujours très abon-
dant sur la sciure de bois au Buisson et aux Gâtées.
J'ai trouvé dans cette dernière localité nombre
d'exemplaires d'une forme des plus remarquables :
« Touffes très fournies ; chapeau de 10 centimètres
légèrement tomenteux au sommet ; à bords repliés
en dessous, à lamelles ochracées crispées par la
sécheresse ; chair spongieuse, un peu jaunâtre ;
spores moitié moins longues que dans le type,
6 \x. »
Nyctalis asterophora Fr. — Bois de Saint-Germain
près Fresnay-sur-Sarthe ; parasite sur Russala
nigricans Bull.
Lactarius flexuosus var. roseozonatus Fr. Bosquets
près de la gare de Saint-Denis-sur-Sarthon. Type
et variété encore inconnus dans notre région.
(1) Dr Quélet, Flore mycologique de France. Paris, O. Doin,
1888, in-8, p. 330.
.2) E. Fries, Hymenomycetes europaei, Upsaliae, 1874, in-8,
p. 177.
— 309 —
Lactarius deiiciosus Q. — Je ne mentionne ici ce
champignon comnun dans nos régions, très
comestible, mais sur la saveur duquel les gourmets
ne s'accordent pas malgré son nom, que pour
signaler l'article d'une revue américaine d'après
lequel le Lactaire délicieux serait une espèce des
plus anciennement connues. On en aurait trouvé
une peinture sur un vieux mur de Pompéi (t).
Russula amœna Q. — Sous les sapins : Forêt de
Perseigne, près du Buisson ; Bois de la Noè-de-
Gesnes, à Arçonnay. — Espèce connue jusqu'alors
seulement dans les bois de conifères des monta-
gnes : Jura, Vosges, Pyrénées ; j'en dois la
détermination à M. l'abbé Bourdot
Les caractères spécifiques répondent bien à la
description de Quélet, sauf les lamelles qui n'ont
pas « le liseré violet » indiqué par cet auteur. Mais
dans la même espèce les formes montagnardes
présentent souvent sur les Champignons, comme
sur les autres végétaux, des différences sensibles
avec celles des plaines : ainsi chez nous le Russula
Queletii décrit par Fries sur des échantillons
recueillis au printemps dans les pineraies du
Jura, n'a presque jamais les lamelles tachées de
bleu azuré comme dans les hautes altitudes.
(1) L.-G. Krieger, Common Mushrooms of the United States.
The national Géographie Magazine. Washington.volXXX VII,
n° 5, May 1920, pp, 387-409. On peut juger aussi en lisant
cet article de la large dispersion des végétaux de la classe
des champignons ; les espèces communes sont les mêmes
que dans 'nos régions.
— 310 -
Volvaria gloiocephola D. C — Bois de Saint-
Germain, près Fresnay-sur-Sarthe- — Cette espèce
des plus vénéneuses, presque toujours mortelle,
semble heureusement rarissime dans nos régions.
Entoloma nidorosum Fr. — Le Buisson en Per-
seigne.
Leptonia sericellum Fr., L. latnpropus Fr. — Ces
deux espèces étaient abondantes cette année sur
les gazons dans les parcs de Beauvais, à Hesloup
et des Courtilloles à Saint Rigomer-des- Bois.
Eccilia Mougeotii Fr. — Prairies près du Gué-
aux-Biches, à Saint-Michel-des-Andaines.
Pholiota cuvvipes Fr. — Sur du bois pourri, au
Buisson.
P. logularis Bull. — Prairies près du château de
Courtilloles.
P. margidata Batsch. — Abondant sur la sciure
de bois de sapin aux Gâtées et au Buisson. Sur une
autre essence ce serait Pholinfn unicolor FI. dan.
Les deux plantes sont probablement variétés d'une
même espèce.
Cortinarius orichalceus Batsch. — Bois de la
Noë-de-Gesnes, à Arçonnas
C. fulgens A. et S. — Le Buisson.
C. camurus Fr. — Le Buisson.
C. sublanatus Sow. - Très abondant cette année
dans les bois de la Noë-de-Gesnes.
Flammula sœpinea Fr. — Sur la sciure de bois
- 311 —
au Buisson. La spore est plus petite que ne l'in-
dique les auteurs 5-7,5 X ^>5 p..
F. alnicola var. mitis Q. — Souches d'aulne dans
les bois de Chauvigny à Saint-Germain-de-Corbéis.
i
F. fusa Batsch. — Sur la sciure de bois au
Buisson.
Pralella xunthoderma Genev. — Abondant dans
la forêt de Courtilloles. D'après Quelet cette plante
ne serait que le Pratella flavescens de Gillet, dont
il ne fait d'ailleurs qu'une simple variété de
P. cretacea.
Hypholoma sublateritiam L. — Champignon
croissant en touffes sur la sciure de bois au
Buisson et aux Gâtées, différant du type par son
pied écailleux et surtout ses spores 10-12 X 6 y- qui
indiqueraient une affinité dans le sens de Psilobe
ericœa Pers. ; il y a des intermédiaires entre les
deux groupes
Psilocybe ericœa Pers. — Abondant cet automne
dans les bois de l'isle au bord de la route d'Hesloup.
Psatyra ccLopilea Fr. — Forêt de Perseigne :
bords de la route entre Saint-Rigomer et le
Buisson.
Polyporus amorphus Fr. — Souches de pins à
Bourg-le-Roi, près de l'ancienne forteresse.
Bolcfus nigrescens B. et M., B. purpureus Fr. —
Le Buisson.
Merulius tremellosus Schrad. — Toujours très
abondant sur la sciure de bois ; aux Gâtées il n'y
— 312 -
avait pas une excavation qui ne fut couverte par
les plaques de cette espèce.
Hydnun cœraleum FI. dan. — Dans les pineraies
de Bourg-le-Roi, près de l'ancienne forteresse.
Dét par M. l'abbé Bourdot.
Phlebia merismoides Fr. — Sur des troncs d'ar-
bres, au Buisson et dans le bois des Aulnais, à
Saint-Germain-du-Corbéis.
Clavaria condensaia Fr. — Le Buisson-
Hymenochœte rubiginosa Bull. (Stereum). — Sur
des bois travaillés dans la futaie d'Hauteclair, à
Arçonnay et aux Gâtées.
Éd. GERBAULT. — Sur le Sedum acre de
la Hague.
4
Lafloredela Hague semble mériter une attention
spéciale. On a souvent mis en relief le caractère
méridional de cette flore, expliquant la douceur
du climat par le voisinage du Gulf-Stream. De
fait, de nombreuses plantes méridionales sont
acclimatées à Cherbourg.
Le caractère particulier de cette flore se dénote
soit par la présence de species méridionaux, soit
par la présence de sabspecies différents de ceux
qui représentent le species à l'intérieur des terres.
Il y aurait lieu de rechercher s'il y a eu un appel
véritable de plantes méridionales, ou s'il y a
simple survivance, favorisée par les conditions
— 313 —
locales, de plantes antérieures à l'époque où le
Canal n'existait pas, où les Iles Anglo-Normandes
se trouvaient rattachées au continent, où une
végétation xérophy tique prospérait dans la région
de Caen. (Cf. plusieurs articles du Dr Gidon au
Bulletin de la Société Linnéenne de Normandie).
Le 10 mai 1919, mon honorable et savant
ami M- Corbière, notre collègue, me fit récolter
sur les dunes de Biville, sous le nom de Sedarn
acre, une plante qui spécifiquement se rapporte
sans doute possible à ce Sedum, mais qui a un
aspect très particulier et subspécifiquement paraît
Fig. 1. Sépales 1) de Sedum acre sexangnlare ; 2) de
Sedum acre genuinum. — Pétales 3) de Sedum acre
sexangnlare ; 4) de Sedum acre genuinum. — Car-
pelles 5) de Sedum acre sexangulare ; 6) de Sedum
acre genuinum. — Grossissement 8/1 environ -
(Ad naluram).
— 314 -
très différent du Sedum acre de l'intérieur. Pouvant
supposer une morphose due à la station sablon-
neuse, je cultivai ce Sedum dans l'intérieur à côté
du Sedum acre local. Il conserva ses caractères. Il
n'y a pas de doute possible.
Les deux Sedum acre semblent se rapporter à
deux plantes déjà distinguées par Grenier et
Godron.
Plante de lintérieur. Sedum acre L subspecies
sexangulare Godron (= S. acre L. a. sexangulare
Godr .). Végétation hivernale des rameaux sem-
blable à la végétation estivale. Feuilles proportion-
nellement moins longues, étroitement imbriquées,
sépales et pétales proportionnellement plus larges
et moins longs. Même remarque concernant les
carpelles-
Plante de la Hague. Sedum acre L. subspecies
genuinum Godron (== S. acre L. {3. genuinum Godr).
Végétation hivernale bien différente de la végé-
tation estivale et caractérisée par des rameaux
grêles, nus, terminés par un globule de feuilles
imbriquées. Feuilles estivales non-imbriquées,
distantes, un peu atténuées, proportionnellement
plus longues et moins larges, sépales et pétales en
moyenne plus longs et moins larges. Même
remarque pour les carpelles.
Grenier et Godron sub Sedum acre L. (3. genui-
num Godr. écrivent : « Plante très acre ». Je n^ai
pas noté ce caractère chez nos plantes. Peut-être
l'âcreté tient-elle à une morphose. Détail à
contrôler.
Fresnay-sur-Sarthe, 15 Octobre 1920.
315
P. BUGNON. — Contributions à la connais-
sance de la flore de Normandie : Observa-
tions faites en 1920.
I. - ALGUES MARINES
Desmarestia ligulata Lamour.
Un exemplaire de grande taille (75 % de lon-
gueur environ) de cette Phéophycée a été recueilli
sur la plage de Langrune sur-Mer le 25 juillet 1920.
La base du stipe était solidement fixée à une valve
de moule ne dépassant pas 3 % 5 de longueur. Il est
vraisemblable que l'algue s'est développée sur la
moule vivante et qu'elle n'a été rejetée qu'à la
suite de la mort accidentelle de l'animal. Le fait
mérite d'être noté, car il indique le niveau où la
plante a pu croître.
Cette algue n est signalée sur la côte du
Calvados dans la Flore de Debray (1899) (1) qu'à
Grandcamp; la localité la plus voisine à l'est serait,
d'après le mêm ; auteur, Bruneval (Seine-Infé-
rieure).
L'état de fraîcheur de l'échantillon au moment
de sa récoite permet d'admettre qu'il provenait
d'une station plus voisine. Cette espèce est donc à
rechercher en place dans la zone des moules aux
abords de Langrune (2).
(1) Voir l'index bibliographique à la fin du travail.
(2) L'échantillon a été préparé pour prendre place dans
l'herbier algologique du Laboratoire maritime de Luc-
su r-Mer
— 316 —
II. - PHANÉROGAMES
Arabis hirsuta Scop.
Nouvelle localité à ajouter à celles de la liste que
j'ai déjà établie (P. Bugnon, 1914) pour les envi-
rons de Caen : Bellengreville (le Bas de), sur un
mur en bordure de la route, non loin de la sortie
du village du côté de Ghicheboville.
Lalhyms silvestris L. var. platyphyllus Retz
Cette variété à folioles très larges (4 % et plus)
n'est indiquée que dans une seule localité nor-
mande par Corbière (1893, 1895, 1897), sur les
basses falaises de Sainte-Adresse (Le Havre, Seine-
Inférieure), d'après Thériot.
J'en ai vu quelques pieds le 1er août 1920 sur le
talus qui borde la route de Creully à la sortie
d'Arromanches (à mi-côte, à droite, en montant) (1).
Setaria glauca P. B.
Cette Graminée, assez rare en Normandie, est
indiquée par Corbière (loc. cit) seulement aux
environs de Lisieux et de Falaise pour le Calvados.
J'en ai observé une touffe le 12 août 1920, à la
gare de Caen-Etat, sur le quai en bordure du
trottoir de l'Avenue de la Gare (2).
(1) Des échantillons secs de cette provenance ont pris
place sous le numéro 26 dans le '.Nouvel Herbier de Nor-
mandie de rinstitut Botanique de Caen.
(2) Un échantillon sec de cette provenance a pris place sous
le numéro 522 dans le Nouvel Herbier de Normandie de
rinstitut Botanique de Caen.
- 317 —
Spartina Townsendi H. et J. Groves
Cette Graminée a été introduite depuis peu de
temps dans les vases salées de Sallenelles, à
l'embouchure de l'Orne (1).
Décrite il y a environ 40 ans par les frères
H. et J. Groves (1881) sur des échantillons récoltés
à l'ouest de la baie de Southampton, près de
Hythe (Angleterre), cette plante a attiré depuis
l'attention des botanistes, surtout par le problème
de son origine et par ses propriétés biologiques.
Dans la première localité française signalée
(environs de Garentan, à l'embouchure de la
Taute et de la Vire [Corbière, 1906, 1910]), le
5 Townsendi fut trouvé associé au S. slricta
Roth ; la question pouvait donc se poser de savoir
s'il s'agissait d'une apparition sur place, à
partir de l'espèce primitive, S. stricla, dont le
S. Townsendi ne serait alors qu'une simple variété
comme Husnot (1896-1899) l'a admis, ou s'il
s'agissait au contraire d'une introduction à partir
de la côte anglaise ; c'est cette hypothèse qu'exige-
rait la nature hybride admise par d'autres auteurs
(1) La première indication bibliographique qui se rapporte
à cette localité paraît être due à P. Le Brun (1920) : la
découverte de la plante remonterait à 1918 et aurait été faite
par M. Janowicz.
Je l'ai récoltée moi-même à Sallenelles pour la première
fois le 9 août 1920 et des échantillons de cette provenance
ont été présentés à la séance du G décembre 1920 de la
Société Linnéenne de Normandie ; ils ont pris place sous le
numéro 23 dans le Nouvel Herbier de Normandie de
l'Institut Botanique de Gaen.
— 318 —
[voir notamment Rouy, 1913; Stapf, 1908] pour le
S. Townsendi puisque le deuxième générateur
supposé de l'hybride, le S. alterniflora LoiseL,
n'existe pas sur le littoral normand.
En ce qui concerne Sallenelles, la naturalisation
est évidente puisque le S. Townsendi y est le seul
représentant du genre ; on n'a donc à se préoccu-
per que du mode d'importation et du lieu d'ori-
gine de cette plante. Il semble bien que les agents
responsables du transport soient ici les oiseaux,
comme l'indiquent la distribution actuelle des
touffes de la plante et leur localisation dans une
anse où la mer n'accède qu'indirectement, qui est
éloignée des agglomérations habitées et des routes,
et qui est le refuge habituel de beaucoup d'oiseaux
aquatiques pendant la mauvaise saison : c'est à
cette époque de l'année que les grains sont dissé-
minés et que, collés par exemple aux pattes des
oiseaux par la vase, ils peuvent être portés au
loin. Il est plus difficile de faire une hypothèse
vraisemblable quant à la localité d'où l'impor-
tation s'est faite, maintenant que la plante paraît
s'être répandue en divers points des côtes nor-
mandes et bretonnes : embouchure de la Seine
[Le Brun, 1920], embouchure de l'Elorn (Finistère)
[Letacq, 1920].
Mais le ^principal intérêt offert par le 5. Town-
sendi réside dans sa puissance de végétation, dans
la rapidité de son extension et dans son influence
à l'égard du milieu où il peut croître.
C'est ce qui explique que cette espèce ait déjà été
étudiée en détail au point de vue de son anatomie
- 319 -
physiologique [Sutherland et Eastwood, 1916] et
c'est ce qui justifie également la publication de la
présente Note.
Les auteurs anglais [en particulier Stapf, 1908
et 1913] ont exposé les principales données écolo-
giques relatives au S. Townsendi La plante peut
croître sur les vases salées, en eaux peu agitées,
entre les niveaux où elle est recouverte respecti-
vement de 1/3 de mètre et de 1 mètre d'eau
environ aux grandes marées- Des quelques espèces
de Phanérogames adaptées à ce milieu spécial,
c'est elle qui peut descendre le plus bas ; elle est,
en fait, complètement isolée sur de vastes espaces
à Sallenelles. Elle se révèle ainsi comme un pion-
nier dans la conquête du sol : en stabilisant et en
consolidant les vases, en favorisant leur dépôt et
leur accumulation par diminution de la vitesse
des courants, en laissant dans la vase d'abondants
résidus de végétation, elle exhausse peu à peu le
terrain et le rend finalement accessible à d'autres
plantes.
Vers la limite supérieure de son extension, elle
entre en compétition avec les autres espèces et
parvient à s'y créer une place importante, quel-
quefois au détriment de ses parents présumés
[Stapf, loc. cit.].
A Sallenelles, où les touffes les plus impor-
tantes ne dépassent cependant pas encore un
diamètre de 3m50 à 4,n, toute la région centrale des
touffes qui ont réussi à s'installer parmi les espèces
préexistantes ne contient plus trace d'individus
étrangers Le mécanisme de 1 élimination totale
- 320 —
des premiers occupants peut être saisi, au moins
en partie, surtout quand la lutte s'établit avec une
autre Graminée, le Glyceria maritima Wahlberg,
qui forme elle même une couverture dense sur de
larges espaces des vases salées. A la périphérie
des touffes circulaires de Sparlina, le gazon de
Glyceria est peu à peu soulevé et rejeté extérieure-
ment par les tiges verticales vigoureuses de la
première espèce, qui naissent nombreuses et
serrées sur des rhizomes croissant en direction
centrifuge.
Le Spartina Townsendi joue donc non seulement
un rôle particulièrement actif dans la transfor-
mation progressive d'un rivage vaseux en sol sec,
mais cette espèce peut modifier directement la
composition floristique de la végétation et, par
voie de conséquence, la faune.
Le temps relativement court (40 ans) pendant
lequel on a suivi ses progrès en Angleterre a suffi
pour qu'on puisse constater de profonds change-
ments de cette nature ; il est à présumer qu'ils se
produiront de même sur nos côtes. Il est donc
important de fixer avec quelque précision les
conditions actuelles pour fournir un terme de
comparaison qui pourra être particulièrement
intéressant dans quelques décades.
C'est dans ce but que je donne ci-dessous :
1° La liste des espèces des vases salées de Salle-
nelles (ces espèces sont nommées et classées
d'après la Flore de Corbière [1893]) :
- 321 —
Cochlearia anglica L.
Spergularia marginala Ror.
Aster Tripolium L.
Statice Limonium L.
Plantago maritima L.
Obione portulacoides Moq.
Salicornia herbacea L.
Suœda maritima Dura.
Triglochin maritimum L.
Spartina lownsendi H. et J. Groves
Glyceria maritima Wahlberg
Agropyrum pungens Rœm. et Sch.
2° Une carte de l'embouchure de l'Orne portant
indication de la distribution actuelle de la plante :
j'ai indiqué les régions à Spartina par des croix (+)
sur la carte au 1/50,000° ; aux abords immédiats de
21
— 322 —
Sallenelles, 3 touffes isolées existent seules en ce
moment ; leur emplacement a été indiqué par des
points D carrés et elles ont été numérotées 1 , 2 et 3.
r
3° Des photographies dont la lrc donne, en vue
panoramique, l'aspect actuel des touffes de Spar-
tina Townsendi dans l'anse où la plante est le mieux
— 323 —
représentée. Cette photographie a été prise dans
la direction indiquée par la flèche a sur la carte
précédente. L'herbe gazonnante qui se trouve au
premier plan est essentiellement composée de
Glyceria marilima ; des Aster Tripolium, dont on
voit les sommités fructifiées blanches, y sont dis-
persés en assez grande abondance. Plus avant
clans la vase, les petites touffes isolées représentent
des Salicornia herbacea et des Suœda marilima.
Des deux photographies suivantes, celle de
droite montre le Spartina vers sa limite supé-
rieure : quelques touffes se sont installées au
milieu du gazon de Glyceria ; celle de gauche
représente la touffe n° 3 isolée en face de Salle-
nelles et la flèche b, sur la carte, indique la
direction suivant laquelle cette photographie a
été faite.
Toutes ces photographies ont été prises en
novembre 1020 et je les dois à la complaisance de
M. Sève, professeur-adjoint de physique à la
Faculté des Sciences de Caen. Je lui en adresse ici
mes plus vifs remerciements.
INDEX BIBLIOGRAPHIQUE
Bugxon (P.). — Station d'Arabis hirsuta à Brette-
vi lie-sur- Laize. [Bull. Soc. Lin. Norm , 6e sér., t. VII,
Caen, I91U, p. 74).
Corbière (L.). — Nouvelle Flore de Normandie (1893).
— Additions et rectifications à la Nouvelle Flore de
Normandie. [Bull. Soc. Lin. Norm., U" sêr., 9e vol.,
1895, p. 76).
— Deuxième supplément à la Nouvelle Flore de
— 324 —
Normandie. — [Bull, Soc. Lin. Norm , 5e série, 1er vol..
1897, p. 150).
— [Mém. Soc. nat. se. nat. et math. Cherbourg, 36,
1906-1907, p. U35).
— [Bull. Soc. Lin. Norm., 6esér.,Ue vol., année 1910,
p. XXI).
Debray (F.)- — Florule des Algues marines du Nord
de la France. (Bull, scientif. de la France et de la
Belgique, t. XXX II, 1899).
Husnot (T.). — Graminées. [1896-1899, p. 13).
Le Brun (P.). — Au sujet de Spartina Townsendi
Groves. [Le Monde des Plantes, 21e année, n° 126,
1920, p. 2).
Letacq (A.)- — Note sur le Spartina Townsendi Groves
trouvé aux environs de Brest. [Le Monde des Plantes,
21e année, n° 125, 1920, p. 8).
Rouy (G.). - Flore de France. [XIV, 1913, p. 27).
Stapf (0.). — Spartina Townsendi. [The Journal of
Botany, vol. U6, 1908, p. 76).
— Townsend's grass or rice grass [Spartina Town-
sendi). [Proc. Bournemouth Nat. Sci. Soc, 5, 1913).
(Analysé dans The Journal of Ecology, vol. II, 191U,
p. 192).
Sutheriand (Geo. K.) and Eastwood (A.). — The
physiological anatomy of Spartina Townsendi. (Annals
of Bot., vol. 30, 1916, p. 333).
item W3 _^oa, d, c
n
— 325 —
René VIGUIER et Henri HUMBERT. — Plantes
récoltées à Madagascar en 19,12.
INTRODUCTION
Le travail dont nous commençons la publication
est le répertoire méthodique des plantes que nous
avons récoltées au cours d'un voyage botanique à
Madagascar effectué pendant le second semestre
de 1912.
Chargés de mission par le Ministère de l'Instruc"
tion publique, nous nous étions proposés de
visiter, dans le court laps de temps dont nous
disposions, le plus possible de régions variées, de
façon à acquérir une connaissance satisfaisante
des caractères de la flore malgache.
Sans entrer ici dans des considérations d'ordre
phytogéographique qui sortiraient du cadre de
cette introduction, rappelons en quelques mots
que les grandes régions botaniques, telles qu'elles
ont été esquissées par Baron et précisées par les
explorations de Perrier de la Bâthie, forment trois
bandes principales allongées du Nord au Sud : ce
sont les régions de l'Ouest, du Centre et de l'Est,
auxquelles s'adjoignent d'une part, depuis Moron-
dava jusqu'aux environs de l'embouchure du
Mandrare (S-O. de Fort-Dauphin), la région très
particulière du Sud Ouest, bande d'une centaine
de kilomètres de profondeur au maximum, à
— 324 —
Normandie. — {Bull, Soc. Lin. Norm., 5e série, ltx vol..
1897, p. 150).
— (Mém. Soc. nat. se. nat. et math. Cherbourg, 36,
1906-1907, p. U35).
— {Bull. Soc. Lin. Norm., 6esér.,be vol., année 1910,
p. XXI).
Debray (F.)- — Florule des Algues marines du Nord
de la France. {Bull, scientif. de la France et de la
Belgique, t. XXXII, 1899).
Husnot (T.). — Graminées. {1896-1899, p. 13).
Le Brun (P.). — Au sujet de Spartina Townsendi
Groves. {Le Monde des Plantes, 21e année, n° 126,
1920, p. 2).
Letacq (A.)- — Note sur le Spartina Townsendi Groves
trouve aux environs de Brest. {Le Monde des Plantes,
21e année, n° 125, 1920, p. 8).
Rouy (G). — Flore de France. {XIV, 1913, p. 27).
Stapf (0.). — Spartina Townsendi. {The Journal of
Botany, vol. U6, 1908, p. 76).
— ïownsend's grass or rice grass {Spartina Town-
sendi). (Proc. Bournemouth Nat. Sci. Soc, 5, 1913).
(Analysé dans The Journal of Ecology, vol. II, 191U,
p. 192).
Sutherland (Geo. K.) and Eastwood (A.). — The
physiological anatomy of Spartina Townsendi. (Annals
of Bot., vol. 30, 1916, p. 333).
— 325 -
René VIGUIER et Henri HUMBERT. — Plantes
récoltées à Madagascar en 1912.
INTRODUCTION
Le travail dont nous commençons la publication
est le répertoire méthodique des plantes que nous
avons récoltées au cours d'un voyage botanique à
Madagascar effectué pendant le second semestre
de 1912.
Chargés de mission par le Ministère de l'Instruc"
tion publique, nous nous étions proposés de
visiter, dans le court laps de temps dont nous
disposions, le plus possible de régions variées, de
façon à acquérir une connaissance satisfaisante
des caractères de la flore malgache.
Sans entrer ici dans des considérations d'ordre
phytogéographique qui sortiraient du cadre de
cette introduction, rappelons en quelques mots
que les grandes régions botaniques, telles qu'elles
ont été esquissées par Baron et précisées par les
explorations de Perrier de la Bâthie, forment trois
bandes principales allongées du Nord au Sud : ce
sont les régions de l'Ouest, du Centre et de l'Est,
auxquelles s'adjoignent d'une part, depuis Moron-
dava jusqu'aux environs de l'embouchure du
Mandrare (S-O. de Fort-Dauphin), la région très
particulière du Sud Ouest, bande d'une centaine
de kilomètres de profondeur au maximum, à
— 326 —
partir de la côte, et, d'autre part, dans le N.-O. de
l'île, une sorte de coin constitué par le bassin du
Sambirano, dont la flore est nettement différente
de celle du reste de la région Ouest et rappelle
celle de l'Est.
*
* *
Pour couper les trois grandes régions floris-
tiques il fallait donc traverser l'île de l'Océan
indien au Canal de Mozambique, en obliquant
soit vers le S -0-, soit vers le N.-O , pour visiter
l'une des deux autres régions précitées. Aussi,
avions-nous primitivement projeté, choisissant
la première de ces deux alternatives, de partir de
Tamatave pour aboutir à Morondava. Mais, faute
de temps, nous dûmes nous limiter, et c'est pres-
que uniquement dans les régions de l'Est et du
Centre que s'est déroulé notre itinéraire Dans ces
deux régions, nous avons coupé tous les étages de
végétation, depuis le bord de la mer jusqu'aux
sommets des plus hautes montagnes.
Toutefois, avant de quitter le vapeur Ile- de- la-
Réunion, de la Cie Havraise Péninsulaire, qui nous
conduisait de Marseille à Tamatave, nous avons
pu profiter d'une escale de trois jours à Majunga
pour mettre pied sur la région de l'Ouest ; en
outre, deux courtes escales, à Hellville (Nosy-Be)
et à Diego-Suarez, nous ont permis de recueillir
quelques plantes aux environs immédiats de ces
deux villes.
Nous avons rapporté de ce voyage plus de
2. 000 numéros différents, presque uniquement de
- 327 —
plantes vasculaires, sur lesquelles nous avons
porté surtout notre attention ; beaucoup d'espèces
sont nouvelles. Pour chaque plante, nous avons
soigneusement noté les caractères fugaces ou
invisibles en herbier (couleur des fleurs, dimen-
sions des grandes plantes, etc.). les conditions de
station, la localité précise et la date de récolte,
enfin l'altitude. Toutefois, nous n'avons pas
mentionné l'altitude pour les plantes recueillies
dans les régions basses, c'est-à-dire, en l'espèce,
celles des environs de Majunga, Hellville, Diego-
Suarez, Tamatave, Brickaville et Anivorano,
récoltées à moins de 200 m. s. m.
Il est fort regrettable que la plupart des anciens
voyageurs à Madagascar aient omis de donner ces
renseignements, en particulier ceux relatifs au lieu
de récolte : s'ils avaient toujours été notés, il serait
dès maintenant possible, pour beaucoup d'espèces
largement représentées dans les grands herbiers,
de se faire une idée assez satisfaisante de leur aire
géographique, et, pour les autres, de savoir au
moins à quelle région botanique elles appar-
tiennent, ce qui est souvent encore incertain.
Plus de la moitié de nos récoltes est actuellement
déterminée. L'étendue du travail et les difficultés
que l'on éprouve pour faire imprimer un travail
scientifique, nous ont décidé à faire cette publi-
cation par tranches successives, sans nous
astreindre à suivre* l'ordre habituel des familles.
Une table méthodique permettra ultérieurement
de se reporter aux différents genres et aux familles.
Nous ne donnerons pas seulement de simples
— 330 —
la compagnie, nous ayant aimablement donné
toutes facilités de parcours sur cette ligne et ayant
mis un lorry à noire disposition, la plupart des
gares échelonnées sur le parcours sont devenues
pour nous un petit centre d'excursions.
Nous avons ainsi exploré d'abord les environs
d'Anivorano, pays de collines qui appartiennent
déjà au grand massif cristallin dont elles consti
tuent les premiers contreforts ; nous avons gravi
le piton éruptif de Vohilonjo, près Fétromby, dont
le sommet (430 m. d'alt.)est couvert d'un lambeau
de forêt, témoin de l'antique sylve qui s'étendait
autrefois sur tout le pays ; nous avons également
vu un autre de ces débris de forêt aux alentours
des sources de la rivière Sahandranolana, près
d'Ambohitromby.
A l'Ouest d'Anivorano, le pays devient de plus
en plus accidenté et son altitude moyenne s'élève
graduellement ; nous avons visité successivement
les environs de Lohatiandava, village situé au
confluent de la Mantana et de la Vohitra, d'Ande-
kaleka, d'Ambatovola f vallée de la Sahantandra),
de Fanovana, où la Sahantandra, encaissée entre
des pentes de 300 m. de hauteur environ, forme
les magnifiques chutes de Koma (vers 600 m. d'alt.).
Enfin, près de Fanovana, nous avons abordé la
grande forêt, que le chemin de fer coupe perpen-
diculairement à son grand axe.
Allongée du Nord au Sud de l'île sous forme
d'une bande de largeur variable, couvrant les
montagnes qui donnent accès aux hauts plateaux
de la région centrale, cette magnifique forêt, de
— 331 —
jour en jour entamée par ses deux bords, tend à
se restreindre de plus en plus par suite de l'action
dévastatrice de l'homme, et sans les pluies pres-
que continuelles que déversent sur elles les nuées
venues de l'océan, les incendies l'auraient déjà
anéantie comme ils ont détruit les forets des
régions plus sèches ; d'ailleurs, le déboisement,
sous prétexte d'exploitation, s'étend chaque année:
les alentours de la voie ferrée sont ravagés et le
voyageur qui se contente de suivre le parcours du
chemin de fer ne peut se faire qu'une bien piètre
idée de ce qu'est réellement la foret malgache
encore vierge.
C'est la station forestière d'Analamazaotra, où
nous avons trouvé auprès de M. Louvel, chef du
service forestier, et de M. Thouvenot, garde, le
plus cordial accueil, qui, pendant plus d'un mois
(Octobre-Novembre), a constitué notre centre
d'excursions. La station est située au sommet d'un
mamelon défriché. du haut duquel le regard s'étend
à perte de vue sur la forêt qui couvre de sa sombre
futaie toujours verte et de son inextricable fouillis
de lianes les croupes montagneuses dont l'alti-
tude varie de 900 à 1.000 m. L'exploration d'un
grand nombre de ces croupes, et des vallons qui
les séparent, nous a fourni un gros contingent
d'espèces très intéressantes : nous y avons recueilli
près de 400 numéros, se rapportant pour la plu-
part, soit à des arbres, dont la variété est extrême,
soit à des Fougères, qui abondent dans cette forêt
chaude et humide
Sur la lisière Ouest de la forêt d'Analamazaotra,
— 332 —
nous avons parcouru un tronçon de la vallée de la
rivière Sahamarirana, aux environs d'Ampa-
simpotsy.
Au-delà, s'étend la dépression dénudée du
Mangoro, pays de plaines et de coteaux de faible
relief que nous avons visité aux environs d'Anka-
refo (ait. 800 à 900 m-).
Le seuil abrupt qui, de la dépression du Man-
goro, donne accès aux hauts plateaux par une
dénivellation rapide d'environ 600 mètres, est
couvert de forêts ou plutôt de débris de forêts dont
il ne restera bientôt plus que le souvenir L'un de
nous a abordé lune d'elles, non loin d'Ambato-
laona, à la limite de la région orientale et de la
région centrale
La région centrale présente, comme la région
occidentale, deux saisons bien tranchées, mais
avec une température moyenne beaucoup moins
élevée : pendant la saison sèche, les nuits pré-
sentent des minima voisins de 0°.
Ambatolaona est à 1.450 m. d'alt, sur le bord
oriental des hauts plateaux, dont la surface dénu-
dée ne présente qu'une végétation pauvre et mono-
tone, formée surtout de maigres touffes de gra-
minées, ne masquant pas même la teinte rougeâtre
du sol latéritique ; de loin en loin, se montrent des
arbustes de faible taille; les vallonnements de ces
plateaux ondulés sont souvent marécageux et
partiellement transformés en rizières ; quant aux
forêts, il n'en reste plus que de maigres et rares
vestiges dont toute trace aura bientôt disparu.
C'est surtout dans une autre partie de notre
— 333 —
itinéraire que nous avons étudié la llore de ces
hauts plateaux : d'Ambatolaona, nous nous som-
mes directement rendus à Tananarive, où le géné-
ral Riou et sa famille nous ont offert une hospi-
talité que nous avons dû écourter à regret : mais,
nous tenions à pousser plus avant et nous avons
gagné, sans autre arrêt, Antsirabe.
Région d Antsirabe et de Betafo. (Vakinankaratra).
— Le 16 Novembre, accompagnés d'une vingtaine
de porteurs qui allaient parcourir avec nous plus
de 500 kilomètres, nous quittions Antsirabe pour
entreprendre une tournée de près d'un mois à
travers les hautes montagnes qui surmontent le
plateau central, ayant renoncé pour cette fois, par
suite de notre retard sur l'itinéraire primitivement
prévu, et de la lenteur des moyens de transport,
à traverser la région occidentale.
Entre Antsirabe et Betafo sont échelonnés de
nombreux volcans éteints donnant au paysage
l'aspect exact de la chaîne des Puys, en Auvergne.
L'un d'eux, le Tritrive, offre un cratère-lac remar-
quable ; d'autres, comme l'Iantsifitra, offrent des
coulées de laves d'une fraîcheur de formes remar-
quable, véritables « cheires » couvertes d'une
végétation adaptée à l'extrême sécheresse" qui y
règne pendant de longs mois, et à l insolation
intense de ces hautes régions. Nous avons fait
d'amples récoltes dans ces diverses stations.
A une trentaine de kilomètres au Sud d' Antsi-
rabe se dresse l'imposante masse du mont Ibity,
dont les quartzites arides s'élèvent à 2.250 mètres.
L'exploration de ces hautes crêtes nous a procuré
— 334 —
des plantes très intéressantes, plusieurs inconnues
jusqu'alors.
D Antsirabe à Ambatolampy par les Vavavata et
VAnkaratra. — Rentrés à Antsirabe, nous en
repartions le 24 Novembre pour traverser l'Anka-
ratra après avoir parcouru les crêtes gneissiques
des Vavavata qui culminent à 2.100 m., au Nord
de Betafo.
L'Ankaratra est un haut massif volcanique
analogue aux massifs du Mont-Doreou du Cantal,
et dont le plus haut sommet, le Tsiafajavona,
s'élève à plus de 2.600 m Ces montagnes sont
presque entièrement dépourvues de végétation
arborescente. Cependant, il existe encore sur le
versant Est quelques lambeaux de forêts toujours
vertes comme celles de la région orientale avec
laquelle elles étaient certainement en continuité
autrefois, mais la futaie est moins élevée et beau-
coup moins variée. Au-dessus de 2.200 m., limite
de la végétation arborescente, jusqu'aux sommets,
les pentes sont couvertes de graminées et de
plantes herbacées ou plus rarement suffrutescentes,
dont beaucoup appartiennent à des genres de
régions tempérées.
D' Ambatolampy à Tsinjoarivo et de là à Tanana-
rive par Tsiafahy. — C'est dans cette région que
nous avons plus spécialement étudié la flore des
hauts plateaux dont nous avons esquissé l'aspect
à propos des environs d Ambatolaona, et sur
lesquels nous ne reviendrons pas. Mais Tsinjoa-
rivo, à 1.650 m.d'alt , sur le bord même de ces
— 335 —
plateaux et à la lisière Ouest de la grande forêt
orientale, mérite une mention spéciale : nous y
avons retrouvé la flore forestière, moins luxu-
riante et un peu moins variée qu'à Ànalamazaotra,
ce qui s'explique par la différence d'altitude : près
de Tsinjoarivo, comme près d'Ambatolaona, la
forêt présente un faciès intermédiaire entre celui
des derniers témoins de forêts de l'Ankaratra et
celui de la forêt orientale, d'altitude moyenne,
comme celle d'Analamazaotra
De Tananarive au lac Iiasy. — Le lac Itasy est
situé à près de 100 kilomètres au Sud-Ouest de
Tananarive, dans un pays volcanique. Nous n'y
avons fait qu'une rapide excursion qui ne nous a
pas procuré beaucoup de plantes non encore vues.
De Tananarive à Tamalave. — Enfin, au milieu
de Décembre, nous redescendions de Tananarive
à Tamatave, où nous devions réembarquer pour
la France, ne récoltant, dans les lieux déjà visités
à l'aller, que quelques plantes, non encore fleuries
lors de notre premier passage
Le long travail de la détermination nous a été
facilité par l'aimable hospitalité que nous offre,
à l'Herbier du Muséum, M le Professeur H Lc-
comtc auquel nous adressons nos plus vifs remer-
ciements. M. Danguy, Assistant au Muséum, qui
s'occupe spécialement des plantes de Madagascar,
et s'est chargé d'un certain nombre de détermina-
tions, ainsi que quelques botanistes dont le nom
sera indiqué dans le cours de ce travail, notam-
— 336 —
ment MM Allorge,le prince R. Bonaparte, Cardot,
Chermezon, Denis, Jeanpert, Patouillard ; nous
leur exprimons toute notre gratitude.
GYMNOSPERMES
CYCADACÉES
CYGAS L.
Cycas Thouarsii R. Br. — Province et district
d'àndovoranto : Sur le cordon littoral de
sables entre la lagune d'Ampitabe et l'océan
(n° 2.000, 13 Décembre 1912).
Nous avons trouvé cette espèce en assez grande
abondance dans la forêt littorale de cette région ;
c'est une caractéristique exclusive de l'Association à
Barringtonia.
Nom indigène : Faho
PODO€ARPA€ÉES
PODOCARPQS L'Hér.
Podocarpus madagascariensis Raker. — Province
de Tananarive, district de Manjakandriana :
Dans la forêt à l'Est d'Ambalolaona, vers
1.500 m. d'alt. (n« 1.26U, 11 Novembre 1912).
Nom indigène : Hetatra.
ANGIOSPERMES
KENOACUEACÉES
CLEMATIS L.
Clematis scabiosaefolia DC — Province de Tana-
narive, district de Manjakandriana : Côtes
dénudées autour d'Ambatolaona, vers 1.400 m.
— 337 —
d'altitude, ça et là (n° 1 .215, 11 Novembre 1912.
— Province du Vakinankaratra, district de
Betafo : Dans la steppe à Graminées, près des
Vavavato, vers 1.900 m. d'altitude (n° 1.553,
24 Novembre 1912). — Province de l'Itasy,
district du Kitsamby : Pentes herbeuses sur le
flanc Ouest de VAnkaratra, entre Ambatofolsy
et le Tsiafajavona, vers 2 000 m- d'altitude
(n° 1.682, 27 Novembre 1912). — Province du
Vakinankaratra, district d'Antsirabe : Pentes
du mont IbUy, vers 1.400-2000 m. d'altitude
(nos 1.U70 et 1 .470 bis, 21 Novembre 1912):
Fleurs blanches. — Il s'agit d'une espèce dont la
synonymie est considérable, car elle comprend des
plantes très polymorphes ; ces Clématites, poussant
dans des parties dénudées et dévastées par les incen-
dies, ne sont en général pas grimpantes et se présentent
comme profondément modifiées par les feux de
brousse. On peut dire que chaque échantillon rapporté
par un voyageur a été considéré comme le type d'une
espèce. Les matériaux et les notes de M. Perrier de la
Bâthie ont permis à l'un de nous d'effectuer une
révision des Clématites qui sera publiée ultérieurement.
Le n° 1.21') montre plusieurs tiges partant d'une
souche, quelques unes sont rameuses et flexueuses ;
les folioles hirsutes, ont des segments très variables,
mais relativement larges, les sépales sont relativement
petits; rappelle C. longipes de Freyn.
Le n° 1.553 a des tiges rameuses et des sépales beau-
coup plus longs.
Le n° 1.682 a de grandes fleurs comme le précédent
mais des folioles à segments beaucoup plus étroits. Ces
deux n08 correspondent à C. Iriflda Ilook.
22
— 338 —
Les n08 1.470 et 1.470 bis qui correspondent à
C. oligophylla Hook., par des feuilles à segments
linéaires, différent légèrement l'un de l'autre, le
n° 1U10 bis ayant des segments un peu plus larges.
RANUNCULUS L.
Ranunculus pinnatus Link. — Province d'Andovo-
RANTO, DISTRICT DE MûRAMANGA '. Forêt d' Atiala-
zaotra, fonds et clairières humides, vers
900 m- d'altitude (ri0 768, 17 Octobre 1912) —
Province de Tananarive, district de Manja-
kandriana : Ambatolaona, fossés humides à la
lisière de la forêt, vers 1.500 m. d'altitude
(n° 1.241, 11 Novembre 1912). -- Province du
VAKINANKARATRA , DISTRICT d'AmBATOLAMPY I
Flanc Est de Y Ankaratra, vers 1.900 m. d'alti-
tude {n° 1.651, 28 TNov. 1912) (det Danguy).
Ranunculus madagascariensis Freyn — Province
du Vakin ankaratra, district d'Antsirabe :
Ruisseaux et dépressions humides autour
iïAntsirabe, vers 1.400 m. d'altitude (n° 1.322,
16 Novembre 1912). . — Province du Vakinan-
karatra, district d'Ambatolampy : Bords d'un
ruisseau dans la forêt à 3-4 km. en aval de
Tsinjoarivo dans la vallée de ïOnive, vers
1.550 m. et çà et là aux bord des rizières
(n° 1.848, 30 Novembre 1912) (det. Danguy).
ANOUACÉES
HEXALOBUS DC.
Hexalobus callicarpus H. Bn. — Province d'Ando-
VORANTO, DISTRICT DE MORAMANGA : Forêt
— 339 -
d1 ' Analamazaotra, à 2 km. au Sud de la Station
forestière, vers 900 m. d'altitude (n° i.OUà,
28 Octobre 1912).
Cette plante n'a été récoltée qu'à la fin du
xvme siècle, par Chapelier, dans l'Est ; elle serait rare
dans la forêt & Analamazaotra où nous ne l'avons
trouvée qu'une fois. C'est une liane de 8-10 m., et non
un arbre comme il est dit dans la description : les
feuilles sont coriaces, translucides, à nervures non
saillantes. Les fruits, remarquables par leur tomentum
velouté marron foncé, sont extrêmement durs ; leur
chair, d'un blanc jaunâtre, devient rapidement brune
après avoir été sectionnée ; les graines ont un albumen
blanc, ruminé.
IHI I I \l%< I l>
HIBBERTIA Andr.
Hibbertia coriacea H. Bn. — Province de Tana-
NAR1VE, DISTRICT DE MaNJAKANDRIANA '. Toute
une colonie sur un coteau à 3 km. au Sud
à'Ambatolaona, vers 1400 mètres d'altitude
{n° 1.967). — Province et district d'àndovo-
ranto : Entre Antanlfotsy et Antampina, à
45 km. au Sud de Tamatave (n° 2.005,
14 Décembre 1912).
Nom indigène : Friandrivavala (i).
Cette espèce a été récoltée par de nombreux voya-
geurs dans l'ïmerina et dans la région orientale. C'est
(1) Ce nom s'applique aussi à une composée irutescente,
Senecio Brownii Viguier et Humberl (cfr. Bull. Soc. Bol
Fr., 1914).
— 340 —
un arbuste de 0m8 à lm5 de hauteur ; les feuilles
coriaces ont les nervures imprimées en creux à la face
supérieure et ont la face inférieure couverte d'un
tomentum blanchâtre plus ou moins rouillé ; les péta-
les et les staminodes sont du jaune des pétales de
Y Helianthemum vulgare et les anthères sont d'un jaune
Safran.
< ueiopiit 3 1 1 1 s
CERASTIUM L.
Cerastium africanum Oliver. — Province du
Vakinankaratra, district de Betafo : Lieux
herbeux humides, près du sommet du pic de
Vohimalaza, près Betafo, vers 1.650 m. d'alti-
tude 0° 1.372, 18 Novembre 1912). — Province
du Vakinankaratra, district d'Ambatolampy
(sur la limite de la province de i'Itasy) : Dans
le massif de YAnkaratra sur le sommet termi-
nal du Tsiafajavona, vers 2.650 m. d'altitude
(n° 1.678, 27 Novembre 1912)
Petite herbe à fleurs blanches ; le n° 1.678 est une
forme un peu particulière.
STELLARIA L.
Stellaria emirnensis Danguy nov. sp. (1). — Pro-
vince d'Andovoranto, district de Moramanga :
Forêt & Analamazaotra dans un fond maré-
cageux, vers 900 m. d'altitude, avec Carex
sphœrogyna, Selaginella lœvigata, Ranunculus
(1) ^.fr. H. Lecomte, Notulœ Systematicœ, III, n° 5, 1915.
341
plnnatus, Rumex nepalensis, Physcomytrium
dilatalum, etc. (n° 940, 22 Octobre 1912). — Pro-
vince du Vakinankaratra, district d'Amrato-
lampy : Bords d'un ruisseau, dans la forêt, à
3 4 km. en aval de Tsinjoarivo, dans la vallée
de VOnive, vers 1.550 m. d'altitude (n° 1.845,
30 Novembre 1912).
Cette petite herbe est remarquable par ses fleurs
blanches tétramères, à 3-4 étamines et à 2 styles et ses
capsules quadrivalves, à 4-7 graines.
DRYMARIA Willd.
Drymaria cordata Willd — Province dAndovo-
ranto, district d'Anivorano : Bords des rizières
autour de Brickaville(n° 442, 3 Octobre 1912). —
Province de Tananarive, district de Manja-
kandriana : Talus buissonneux, près à'Amba-
tolaona, vers 1.400 m. d altitude (n° 1.236,
H Novembre 1912). — Province du Vakinan-
karatra, district de Betafo : Pentes herbeuses
près du sommet du pic de Vohimalazo, aux
environs de Betafo, vers 1.500 m d'altitude
(n° 1 361, 18 Novembre 1912).
Herbe à fleurs blanches, de divers pays tropicaux.
POLYCARPiEA Lam.
Polycarpaea corymbosa Lam. — Province d'Ando-
VORANTO, DISTRICT DE MoRAMANGA : Pelouses
arides entre Analambolo et Bevalanirano, dans
la vallée de la Sahamarina, vers 900 m. d'alti-
tude (n° 1.000, 24 Octobre 1912).
Petite herbe : pétales rouge-minium, anthères jaunes.
— 342 —
PAPAVÉR.tCÉES
ARGEMONE L.
Argemone mexicana L. — Province et district de
ïamatave : Lieux sablonneux des enviions de
Tamatave (n° 235, 28 Septembre 1912).
Herbe introduite de 0m5 de hauteur environ, à
feuilles souvent panachées, qui se rencontre dans les
sables de la route près du bord de la mer et jusque
dans les rues de la ville. Fleurs jaunes ; latex orangé.
Seule Papavéracée connue à Madagascar.
CRUCIFÈRES
GARD AMINE L.
Cardamine africana L. — Province d'Andovo-
RANTO, DISTRICT DE MORAMANGA I Forêt (VA Mlla-
mazaotra, vallons humides, berges des ruis-
seaux vers 900 m. d'altitude (n° 897, 21 Octo-
bre 1912). — Province de Tananarive, district
de Manjakandriana : Lieux frais, dans la forêt
à l'E. d' ' Ambatolaona, vers 1.500 m. d'altitude
(n° 1.222, 11 Novembre 1912). — Province du
Yakinankaratra, district d'Ambatolampy :
Tsinjoarivo, lieux humides des bois, près de la
« Source de la Reine », vers 1.630 m. d'alti-
tude (n° 1.895, 30 Novembre 1912).
Petite herbe à sépales d'un vert plus ou moins
violacé ; pétales d'un jaune verdâtre pâle (897) ou
blancs (1.222, 1.895). Largement répandue en Afrique-
— 343 —
SENEBIERA Poir.
Senebiera pinnatifida D. G. — Province d'Andovo-
RANTO, DISTRICT DE MORAMANGA \ Forêt d' Andlci-
mazaotra, près de la gare de Permet et près de
la Station forestière, vers 950 m. d'altitude
(n° 866, 21 Octobre 1912). — Province de
Tananarive, district de Manjakandriana :
Bord des routes et chemins, ça et là autour
à'Ambatolaona, vers 1.400 m. d'alt. (n° 1.202,
11 Novembre 1912).
Naturalisée.
NASTURTIUM R. Br.
Nasturtium millefolium Baker. — Province du
Vakinankaratra, district d'Antsirabe : Bord
des rizières, près du lac Andraikiba, vers
1 .400 m . d'altitude(rc° / .307, 1 6 Novembre 1 912).
Très petite herbe annuelle, à fleurs d'un jaune pâle,
récoltée antérieurement par Baron et Hildebrandt,
également dans la région centrale. Endémique.
s%! % IGESIAC1 ■;■■>
SAUVAGESIA
Sauvagesia erecta L. — Province et district de
Tamatave : Environs de Tamatave, sur le bord
des dépressions de la plaine, dans les parties
encore sableuses (n° b05, 27 Septembre 1912).
Fleurs blanc rosé. Herbe d'Afrique et d'Amérique.
— 344 -
< OWAKM ÉES
AGELŒA Soland.
Agelaea pentagyna H. Bn. — Province et district
de Tamatave : Çà et là dans la plaine entre la
lagune et la mer, aux environs de Tamatave
(n° 306, 25 Septembre 1912 ; n° 1.999,
13 Décembre 1912).
Arbuste haut de 2-3 m., à rameaux plus ou moins
sarmenteux ; feuilles à trois folioles grandes, coriaces;
Inflorescences en grappes composées ; boutons bru-
nâtres ; corplle blanche ; fruits rouges.
CNESTIS Juss.
Cnestis polyphylla Lamarck. — Province d'Ando-
voranto, district de Moramanga : Vallée de la
Sahamarirana , près d1 ' Ampasimpotsy , vers
900 m. d'altitude (n° 1 Otà, 24 Octobre 1912);
Forêt d1 ' Analamazaotra, vers 900-1.000 m.
d'altitude (n0 î.i$% 5 Novembre 1912).
Noms indigènes : Voapika, Hazovoalavo.
Arbuste d'abord dressé à l'état jeune mais devenant
rapidement une liane. Pédicelles et sépales d'un vert
bronzé sombre; sépales d'un vert tendre intérieurement
et corolle d'un blanc sale, légèrement jaunâtre. Anthères
d'un jaune marron. Cette espèce qui semble assez
fréquente dans la région orientale, serait extrêmement
dangereuse : son action serait très singulière (Salvat).
— 345 -
LÉGUMINEUSES
I. — 1II1IOSÉES
MIMOSA L
Mimosa pudica L. — Province et district de
Tamatave : Environs de Tamatave, çà et là,
chemins (n° 292, 25 Septembre 1912).
Plante introduite. Nous l'avons également observée à
Nossi-Bé, dans les environs d'Hellvilte, et à divers
arrêts du vapeur Ivondro-Brîckaville.
Mîmosa asperata L. — Province et district de
Tamatave ; environs de Tamatave, non loin
du village d' Ampanalana [n° 358, 26 Septembre
1912). — PROVINCE d'ÀNDOVORANTO, DISTRICT
d'Anivorano: Çàetlà sur les pentes des coteaux
de la rive gauche de la Vo/iUra, près d'Ani-
vorano(n° U97 , 5 Octobre). — ProvInce d'Ando-
VORANTO, DISTRICT DE MORAMANGA ! rOChei'S
dans le lit du Mangoro, près d'Ankarefo, vers
800 m. d'altitude (n° 1161, 9 Novembre 1912).
Mimosa nossibiensis Benth. — Province et dis-
trict de Majunga : Forêt d'Aiïtetikala, canton
de Katsepe (/i° 4i, 7 Septembre 1912).
Fleurs blanches. — Déjà signalé à Nosy-Bé et à Fort-
Dauphin.
LEUGffiNA, Benth.
Leucaena glauca Benth. — Province et district
de Majunga : Environs de Majunga, haies picr-
— 346 —
reuses le long de la falaise de la « Pointe du
Caïman » (n° 27, 6 Septembre 1912).
Fleurs d'un blanc jaunâtre. — Espèce introduite.
ENTADA, Adans
Entada scandens Benth. — Province du Vakinan-
karatra, distrigt d'Antsirare : Bords d'unjsen-
tier, près d'un village de la haute vallée de la
Sahalana, vers 1 300 m. d'altitude (n° 1.477,
21 Novembre 1912).
Arbres à fleurs jaunâtres. — Planté (?).
JHCHROSTACHYS D. G.
Dichrostachys tenuifolia Benth — Province d'An-
DOVORANTO, DISTRICT DE MORAMANGA : Forêt
d'Analamazaotra, çà et là (n° 88à, 21 Octobre
1912, et iv 948, 22 Octobre 1912) ; bords de la
Sahamarirans, entre Ampasimpotay et Bevala-
nirano, vers 900 m. d'altitude (n° 988, 24 Octo-
bre 1912).
Petit arbrisseau : fleurs périphériques des capitules à
pétales et filets des étamines violets ; fleurs centrales à
pétales et filets des étamines jaunes.
II. — CES4LPIMIÉES
CASSIA L.
Cassia laevigata Wild. — Province d'Andovoranto,
district d'Anivorano : Pentes sud du pic de
Vohllonjo, près Fetromby, vers 250-300 m.
d'altitude (/i° 528, 6 Octobre 1912).
Arbuste de 1 m. 5 ; fleurs jaunes.
- 347 -
Cassia occidental is L. — Province d'Andovoranto,
district d' Anivorano : Lieux frais, près de
Lohariandava, vers 250 m. d'altitude (n° 6bi
12 Octobre 1912).
Arbuste ; fleurs jaunes.
Cassia mimosoides L. — Province et district de
Tamatave: Environs de Tamatave ; pentes
rocheuses de la rive droite de VIvoloina (n° 199,
20 Septembre 1912) ; çà et là dans la plaine
(n° 289, 25 Septembre 1912).
Petite herbe à fleurs jaunes; commune. Introduite.
OffiSALPINIA L.
Caesalpinia Bonducella Fleming. — Province et
district de Tamatave: Entre les dunes mari-
times et la lagune, près du village à'Ampana-
lana fn°362, 26 Septembre 1912).
Commun. Tous les exemplaires fructifies.
m — ivirii io\ vi i i>
GROTALARIA L
Crotalaria refusa L — Province et district de
Majlnga : Pentes sèches de la colline de la
« pointe du Caïman », près Majunga (itn 18,
(3 Septembre 19 12). — Province et district de
Tamatave : Lieux sableux, ça et là le long de
la route de VIvoloina (n° 226, 23 Septembre
1912).
Espèce commune, introduite ; fleurs jaunes; gousses
noires.
— 348 -
Crotalaria xanthocladaBojer. — Province du Vaki-
NANKARATRA, DISTRICT cl' ÀMBATOLAMPY I Pentes
de Y Ankaratra, en dessous du Tsiafajavona
(n° 1709, 27 Novembre 1913); bords herbeux
d'un marais à 15 km. environ au S -E. de
Tsinjoarivo, vers 1.600 m- d'altitude (n° 1*766,
29 Novembre 1912)
Petite plante à port de Lotus par la couleur jaune de
ses fleurs et les dimensions de ses stipules ; vue
plusieurs fois dans l'Ankaratra de 1.700 à 2.550 m.
d'altitude ; vue également au Mont Ibity et dans la
chaîne des Vavavato, ainsi que près de Tsinjoarivo.
Crotalaria striata D. C - Province et distrIct de
Tamatave : Environs de Tamatave, bords de la
route de Ylvoloina, haies, vers le km. 2 (n° 424,
27 Septembre 1912). — Province d'Andovo-
ranto, district d'Anivorano : Pelouses, coteaux
de la rive gauche de la Vohitra, près Bricka-
ville, (n° 464, 4 Octobre 1912). •
Arbuste, fleurs jaunes. Introduite.
Crotalaria Bernieri H. Br — Province d'An-
DOVORANTO, DISTRiCT DE MORAMANGA ! PeloUSeS
arides près d'Analambolo, entre ce village et
Bevalanirano (n° 1001, Octobre 1912); bords
des chemins, près Ankarefo, vers 800 m.
d'altitude (n° 1.U4, 9 Novembre 1912).
Rameaux raides, fleurs jaunes ; étendard plus ou
moins lavé d'une teinte lie de vin. Non encore signalé
en cette partie de l'ile. Endémique; diffère du C lan-
ceolataE. Mey. africain, avec lequel il a été confondu.
Crotalaria diosmaefolia Benth. — Province du
Vakinankaratra : Pentes de la montagne à
349
l'Ouest d'Ambohiponana (n*1Â23, 20 Novem-
bre 1912). — Province du Vakinankaratra,
district d'Ambatolampy : Dan s la plaine à
graminées, près d'Ambotolampy^ers 1600 m.
d'altitude (n° 1.695, 28 Novembre 1912) ; çà et
là, le long de la route d'Ambatolampy à Tsin-
joarivo, vers 1.600 m. d'altitude (n° 4-797,
29 Novembre 1912). — Province de Tananarive,
district d'Andramasina : Coteaux près de
Tsiafahy, vers 1.450 m. d'altitude (n° 1 937,
4 Décembre 1912).
Fleurs jaunes. Sous-arbrisseau remarquable par son
tomentum soyeux. Endémique.
Crotalaria spinosa Hochst. —Province de l'Itasv,
dîstrict du Mamolakazo : Bord d'un chemin
entre Manazary et- Ambohimandroso, vers
1 300 m. d'altitude (n° 1 .948, 8 Décembre 1912).
Arbrisseau à fleurs jaunes. Espèce africaine.
Crotalaria ibityensis R. Vig. et H. Humbert nov.
sp. — Province du Vakinankaratra, district
d'Antsirabe : Crête dxxMont Ibity, vers 2.100 m.
d'altitude, à 25 km. environ au Sud d'Antsi-
rable {n° 1.462, 20 Novembre 1919).
Nous avons décrit cette espèce dans le Bulletin de la
Société Botanique de France (4e série, Tome XIV, p. 94,
1914). C'est un sous-arbrisseau à feuilles trifoliolées,
coriaces, comme vernissées à la face supérieure bien
que présentant de petits poils blancs appliqués ; les
fleurs, groupées par 2-4, ont des pétales jaunes avec
l'extrémité de la carène rouge-brun.
— 350 —
ARGYROLOBIUM E. et XL
Argyrolobium emirnense Baker. — Province
D'ANDOVORANTO , DISTRICT DE MORAMANGA :
Pelouses arides entre Analambolo et Belavari-
rino, vers 900 m. d'altitude (n° 1.004, 24 Octo-
bre 1912). — Province du Vakinankaratra,
district d'Ambatolampy : Sommet du Tsia-
fajavona, vers 2.600 m. d'altitude (n° 1.734,
28 Novembre 1912). — Province de Tanana-
rive, district de Manjakandriana : Environs
d'Ambatolaona, vers 1.400 mètres d'altitude
(n° 1.962, 10 Décembre 1912).
Herbe. Endémique.
LEBEGKIA Thunb.
Lebeckia retamoides Baker. — Province du Vaki-
nankaratra, district d'Antsirabe : Talus de
latérite à quelques kilomètres du village
d'Ambohiponana, vers 1.400 m. d'altitude
(n° 1.415, 20 Novembre 1915). — Province de
l'Itasy, district du Kitsamby : Dans la brousse
à graminées, près du zoma d'Ambatondra-
dama, vers 1.800 m. d'altitude {n° 1.633,
26 Novembre 1912).
Plante habituellement aphylle à fleurs d'un rose vio-
lacé, commune et croissant dans les stations arides
périodiquement incendiées ; nous en avons également
observé de très nombreux individus entre Tsinjoarivo
et Ambohimasina.
INDIGOFERA L.
Indigofera An il L. — Province d'Andovoranto, dis-
trict d'Anivorano : Coteaux de la rive gauche
— 351 -
de la Vohitra, près d'Anivorano (n° 490,
5 Octobre 1912) ; ravins près du chemin de
fer, entre les gares de Rogez et de Junk, vers
300 m. d'altitude (n° 697, 12 Octobre 1912).
Petit arbrisseau de lm-lm5 ; corolle à ailes roses,
carène verdâtre, étendard verdàtre lavé de rose. —
Espèce introduite.
Indigofera endecaphylla Jacquin. - Province et
district de Tamatave : Environs de Tamatave,
sables maritimes (n° 230, 23 Septembre 1912).
Se trouve dans les sables maritimes et ça et là dans
la plaine ; fleurs d'un rouge un peu vineux. Les exem-
plaires recueillis sont fasciés.
Indigofera Lyallii Baker. — Province du Vakinanka-
ratra, district d'Antsirabe : Pentes Est du
Mont Ibity, vers 1.600 m- d'altitude (ai0 1.483,
21 Novembre 1912).
Petit arbuste haut de 1 m. environ, à fleurs d'un
rouge pourpré.
Indigofera stenosepala Baker. — Province d'Ando-
voranto, district de Moramanga : Lieux herbeux
près d'Ankarefo, vallée du Mangoro, vers
800 m. d'altitude (n° 1.146, 9 Novembre 1912).
Petites fleurs en épis rosés.
Indigofera Bojeri Baker. — Province du Vakïnanka-
ratra, district d'Antsirabe : Talus près du lac
Andraikiba, vers 1 400 m. d'altitude (n° 1.326,
16 Novembre 1912). — Province du Vakinanka-
— 352 —
ratra, district de Betafo : Pentes des Vavavato,
vers 2.000 m. d'altitude (n° 1.580, 25 Novem-
bre 1912).
Sous arbrisseau dressé ; fleurs du même rouge que
Onobrychis sativa.
Indigofera leucoclada Baker. — Province du Vari-
nanraratra, district de Betafo : Pentes Nord du
pic de Vohimalaza, près Betafo, vers 1500 m.
d'altitude (n° 1.350, 18 Novembre 1912).
Arbuste de 2 m. de hauteur environ ; fleurs d'un
rose violacé.
Indigofera thymoides Baker — Province du Vari-
NANRARATRA, DISTRICT d'AmBATOLAMPY '. Sommet
du Tsiafajavona, vers 2.600 m. d'alt. (n° 1.702,
28 Novembre 1912).
Petite herbe ténue ; fleurs d'un rouge minium et non
violettes comme l'indique Drake del Castillo.
Indigofera pedunculata Hils. etBojer. — Province
de Tananarine, district d'Andramasina : Entre
Andramasina et Tsiafahy, vers 1.450 m. d'alti-
tude (ai0 1945, 4 Décembre 1912).
Plante suffrutescente haute de 75 cm. ; pétales d'un
rose pourpré.
Indigofera pinifolia Baker- — Province du Varinan-
raratra, district de Betafo : Pentes des Vava-
vato, vers 2 000 mètres d'altitude (ai0 1573,
25 Novembre 1912). — Province du Varinanra-
ratra, district d'Ambatolampv : Sommet du
— 353 —
Tsiafajavona, vers 2.600 m. d'altitude (n° 1.643,
28 Novembre 1912).
Herbe étalée sur le sol ; pétales d'un rouge minium
ou un peu orangé.
TEPHROSIA Pers.
Tephrosia leucoclada Scott Elliot. — Province de
Diégo-Suarez, district d'Antsirane : Environs
d'Antsirane, chemins et rues (n° 144, 13 Sep-
tembre 1912).
Petit arbuste. Fleurs roses.
Tephrosia pumila Persoon (Tephrosia Commersoni
Scott Elliot). — Province et district de Tama-
tave : Sables maritimes du côté de la lagune,
près d' Ampanalana(n° 345, 26 Septembre 1912).
Petite espèce vivace à fleurs pourprées lavées de
jaune ; vu un seul pied. Récoltée antérieurement à
Fort-Dauphin par Commerson, puis par Scott Elliot,
Tephrosia linearis Persoon — Province d'Andovo-
ranto et district de Moramanga : Moramanga,
au Nord de la gare, vers 900 m. d'altitude
(n° 1.040 bis, 26 Octobre 1912).
Plante vivace, à folioles linéaires, soyeuses, à fleurs
violacées-verdàtres.
Tephrosia Lyallii Baker. — Province du Vakinanka-
ratra, district d'Ambatolampy : Sur la route
d'Ambatolampy à Tsinjoarivo à 12 km d'Am-
batolampy environ, parmi les graminées, vers
23
— 354 —
1 600 m. d'altitude (n° 1793, 29 Novembre
1912).
Souche ligneuse; feuilles unifoliolées; fleurs pourpres.
MUNDULEA D. C.
Mundlllea pauciflora Baker. — Province du Vakinan-
karatra, district d'Amratolampy : Dans une île
boisée de YOnive, au-dessus des chutes de
Tsinjoarivo, vers 1.600 m. d'altitude, et sur les
coteaux voisins (n° 1.907, 1er Décembre 1912)
Arbuste haut de 1 m. 5 environ, à fleurs rouges ;
espèce non indiquée par Drake del Gastillo ; notre
échantillon correspond tout à fait à la plante de Baker.
Mundlllea revoluta Baker. — Province du Vakinan-
karatra, district de Betafo : Rochers des Vava-
vaio, vers 2 000-2.100 m. d'altitude [n° i. 604,
25 Novembre 1912).
Plante ligneuse plus ou moins étalée sur les rochers ;
feuilles luisantes en dessus, blanches-argentées soyeu-
ses en dessous. Etendard argenté grisâtre ; ailes et
carènes violettes avec une tache jaune verdâtre à la
base de la carène.
.ffiSCHYNOMENE L
£schynomene Sensitiva Swartz. — Province et
district de Tamatave : Entre les dunes mariti-
mes et la lagune près du village (ÏAmpanalana,
au bord d'un ruisseau (n° 390, 26 septembre
1912). — Province d'Andovoranto, district de
Moramanga : Lieux herbeux, aux environs
— 355 —
d'Ankarefo, dans la vallée du Mangoro, vers
800 m. d'altitude (n° 1 A 50, 9 Novembre 1912).
Arbuste à fleurs jaunes, étendard rayé de pourpre.
dEschynomene brevifolia Lamarck. — Province et
district de Tamatave : Commun dans les envi-
rons de Tamatave (n° 307, 25 Septembre 1912).
>Eschynomene Heurckeana Baker. — Province de
Tananarive, district d'Andramasina : Sur la route
d'Andramasina à Tsiafahy, à 2 km. environ
d'Andramasina, vers 1450 m. d'alt. (n° 1.942,
4 Décembre 1912).
Plante suffrutescente à fleurs blanc-jaunâtre; de 1 m.
de hauteur environ.
SMITHIA Ait.
Smithia Strigosa Benth. — Province d'Andovoranto,
district de Moramanga : Vallée de la SahamarL
rana, près d'Ampasimpotsy, vers 900 m. d'alti-
tude (n° 987, 24 Octobre 1912).
Smithia Sensitiva Ait — Province du Vakinanrara-
tra, district d'Ambatolampy : Le long de la route
entre Ambatolampy et Tsinjoarivo, vers I 000 m.
d'altitude (n° 1759, 29 Novembre 1912).
Plante vivace, à tiges grêles, à fleurs jaunes.
Smithia Chamaecrista Benth. — Province de Tana-
narive, district d'Andramasi n a ! Bords d'un
ruisseau entre Ambohimasina et Andramasina,
— 356 -
vers 1.500 m. d'altitude (n° 1920, 2 Décembre
1912).
Arbuste de 1 m.-l m. 25 de hauteur à fleurs jaunes.
STYLOSANTHES Siv.
Stylosanthes Bojeri Vogel. — Province et district
deMajunga: Majunga, carrières et bords des
chemins entre la Poste et le mât de T. S. F.
(n° 10, 6 Septembre 1912).
Plante trouvée autrefois par Bojer, et citée sans indi-
cation de localité.
ZORNIA Gmel.
«
Zornia diphylla Persoon. — Province d'Andovoranto,
district de Moramanga : Forêt & AnalcimazaQtra,
chemins, près de la station forestière, vers
1.000 m. d'altitude (n° 923, 21 Octobre 1912) ;
pelouses arides près d'Analambolo, entre ce
village et Bevalanirana, vers 900 m. d'altitude
{n° 1.008, 24 Octobre 1912) ; environs de Mora-
manga, au nord de la gare, vers 900 mètres
d'altitude f/i° 1.038 bis, 26 Octobre 1912).
Tiges grêles ; étendard et ailes orangés, plus ou moins
lavés de rouge ; carène jaune. Espèce commune dans
beaucoup de régions chaudes.
DESMODIUM Desv.
Desmodium lasiocarpum D.C. — Province d'Ando-
voranto, district d'Anivorano : Pentes d'un
coteau sur la rive gauche de la Vohitra, près
d'Anivorano (n° 500, 5 Octobre 1912) ; Lieux
(A suivre).
LISTE DES COMMUNICATIONS
par nom* d'Auteur*
Allorge (A. Pierre^ : Contribution à l'étude de la
flore normande, p. 288.
Bédel (L.) : Présentation de plantes, p. 156.
Bugnon (P.) : Contributions à la connaissance de la
flore de Normandie. Observations faites
en 1920, p. 315.
Chemin (E.i : Organisation florale et pollinisation chez
les Lathrœa, p. 125. — Anomalies florales
dans le genre Daphne, p. 218. — Lathrœa.
p. 242. — Monotropa hypopitys, p. 2i3. —
J\eollia Nidus-avîs, p. 244. — Les Algues
de profondeur, p. 282.
Chemin (E.) et Hédiard (L.) : La Cuscute du Lin,
Cuscuta Epilinum Weihe, dans le Cal-
vados, p. 270.
Chermezon (11.) . Aperçu sur la végétation du littoral
asturien, p. 159.
Dallrert (M.) Observations entomologiques, p. 110. —
Lépidoptères du Calvados. Localités
nouvelles, p. 299.
Focet : Excursions dans la France- méridionale, p. 306.
Gerrault (Ed.) : Observations sur l'état de la végéta-
tion pendant l'hivor 1919-1920, p. 216. —
Hérisson, p, 302. — Troglodyte, p. 303. —
Parnassia palustris L., p. 305. — Sur le
Sedum acre de la Hagne, p. 312, — (Voir
Letacq et Germai i.i •),
— 358 —
Gtdon (Dr F.) : Paludisme en Normandie, p. 263.
Hédiard (L.) : Canalisation ancienne, p. 301. — (Voir
Chemin et Hédiard).
Houel (Ph.) : Le problème des sources et des cours
d'eau danssesrapports avec l'atmosphère,
le sol et la végétation, p. 11.
Humbert (H.) : (Voir Viguier et Humbert).
Leboucher : Cormoran, p. 303. — Guêpes, p. 304.
Lemée : Gui, p. 306.
Letacq (Abbé) : Liste de Champignons recueillis aux
environs d'Alençon durant les mois de
Mars, Avril et Mai 1920, p. 247. — Super-
position de deux Psalliotes [Psalliota
campes tris L.), P- 253. — Cormoran,
p. 303. — Perdrix rouge, p. 303. —
Lacerta stirpium Daud.,p.303.— Brochet,
p. 304. — Nid de Poliste, p. 304. —
Mollusques, p. 304. — Plantes des envi-
rons d'Alençon, p. 305. — Gui, p. 306. —
Champignons, p. 306. — Observations
mycologiques faites durant l'automne 1920
aux environs d'Alençon. p. 307.
Letacq (Abbé) et Gerbault (Ed.) : Sur plusieurs
Névroptères Planipennes de la Haute-
Sarthe, p. 250.
Mercier (L.) : Mas norvegicas, p. 109. — Sur deux
espèces de Thysanoures nouvelles pour
la faune de Normandie, p. 110. — Contri-
bution à l'étude de la faune du départe-
ment du Calvados (Turbellariés), p. 244.—
Faune du Calvados. — Diptères (Formes
nouvelles, rares ou intéressantes), p. 264. —
Hareng hermaphrodite, p. 299. — Moule
sur Crabe, p. 299.
— 359 -
Mercier (L.) et Poisson (R.) : Documents biologiques
fournis par letude de la tourbière sous-
marine de Bernières-sur-Mer, p. 149.
Moutier (Dr A.) : Spondyle, p. 124. — Fossiles p. 148. —
Pedina gigas, p. 215. — Paludisme en
Normandie, p. 262. — Fossiles, p. 264.
Poisson (R.) : Gigantisme chez une Grégarine [téphaloi-
dophora talitri Mercier), p. 115. — (Voir
Mercier et Poisson).
Sève (P.) : Daphne Mezereum, p. 147. — Androsème,
p. 30L
Viguier (René) et Humbert (Henri) : Le Rheedia Laka,
p. 255. — Plantes récoltées à Madagascar
en 1912, p. 325.
TABLE DES MATIÈRES
Pages
Composition du Bureau de la Société pour
l'année 1920 1
Membres décédés pendant l'année 1919 2
Liste générale des Membres de la Société au
1er janvier 1920 3
PROCÈS- VERBAUX DES SÉANCES
Séance du 12 janvier 1920 107
2 février 1920.... 121
— 1er mars 1920 146
— 3 mai 1920 214
— 7juinl920 240
— 5 juillet 1920 249
— 8 novembre 1920 261
— 6 décembre 1920 297
SecnoN d'Aletxçon
Séance du 17 novembre 1920 302
- 361 —
Assises de Caumont : p. 146.
Budget : p. 123,
Commission d'impression : p. 296.
Comptabilité : p. 241.
Correspondance : p. 121, p. 214, p. 240, p. 261, p. 298.
Dépôt de travaux: M. Chermezon, p. 147; M. l'Abbé
Letacq, p. 241; M. Allorge, p. 262; M. Antoine,
p. 262; M. l'Abbé Letacq, p. 298; M, Gerbaulfr
p. 298: M. Viguier, p. 261.
Distinctions honorifiques : MM. Hédiard et Warcollier,
Dons à la Bibliothèque : p. 121, p. 298.
Elections : p, 107.
Etat de l'impression du Bulletin de 1919 : p. 146, p. 241.
Excursion annuelle de 1920 : p. 215, p, 241.
Nécrologie: M. Langlais, p. 122; M. Boudier, p. 146;
M. Renault, p, 249; M. Œhlert, p. 261 ; M. Bansard
des Bois, p, 298.
Présentations et Admissions : M. Bouygues, p. 108 ; M. le
Dr Vigot, p. 108 ; M. Denis, p. 108 ; Mme Gatin.
p. 108; M. Humbert, p. 108; M. Le Testu, p. 108
et 122; M. Audigé, p. 109 et 122; M. le Dr Lemanis-
sier, 109 et 122: M. le Dr Desbouis, p. 109 et 122;
M. Guilliermond, p. 109 et 122; M. Chermezon,
p. 109 et 122; M. l'Abbé Langlais p. 123 et 146;
M. Warcollier, p. 147 et 215; M. Thériot, p. 215 et
241; M.Gaume, p. 241 et 249; M. Hédiard, p. 250;
M. Davy de Virville. p. 262 et 298.
Réunion annuelle : p. 241.
Section d'Alençon : p. 298.
Soutenance de thèse : p. 214.
- 362 —
OBSERVATIONS DIVERSES
Pages
Mercier (L.), Mus nowegicus 109
Dalibert (M.), Observations entomologiques 110
Moutier (Dr A.), Spondyle 114
Sève (P.), Daphne Mezereum 147
Bédel (L.)» Floraison précoce 148
Moutier (Dr A.), Fossiles 148
'Moutjer (Dr A.), Pedina gigas 215
Chemin (E .), Lathrœa 242
Chemin (E.), Monotropa Hypopitys 243
Chemin (E.). Neottia NHus-avis 244
Moutier (Dr A.)» Paludisme en Normandie 262
Gidon (Dr F.), Paludisme en Normandie 262
Moutier (Dr F.). Fossiles 264
Mercier (L ), Hareng hermaphrodite 299
Mercier (L.), Moule sur Crabe 299
Sève (P.), Androsème. 301
Hédiard (L.)» Canalisation ancienne 301
Gerbault (Ed.), Hérisson 302
Gerbault (Ed.), Troglodyte 3)3
Leboucher, Cormoran 303
Letacq (Abbé), Cormoran 303
Letacq (Abbé), Perdrix rouge 303
Letacq (Abbé), Lacerta stirpium Daud 303
Letacq (Abbé), Brochet 304
Leboucher, Guêpes 304
Letacq (Abbé), Nid de Poliste 304
Letacq (Abbé), Mollusques » 304
Gerbault (Ed.), Parnassia palmtris L 305
Letacq (Abbé), Plantes des environs d'Alençon . . 305
Lemée, Gui 306
Letacq (Abbé), Gui 306
Focet, Excursions dans la France méridionale. . . 306
Letacq (Abbé), Champignons 306
— 363 —
COMMUNICATIONS
Pages
Houel (Ph.), Le problème des souvces et des cours
d'eau dans ses rapports avec l'atmosphère, le
sol et la végétation 11
Mercier (L.), Sur deux espèces de Thysamoures
nouvelles pour la faune de Normandie 110
Poisson (R), Gigantisme chez une Grégarine
(Cephaloidophora talitri Mercier) 115
Chemin (E.), Organisation florale et pollinisation
chez les Lathrœa 125
Mercier (L.) et Poisson (R ), Documents biologi-
ques fournis par l'étude de la tourbière sous-
marine de Berniêres-sur-Mer 149
Bédel (L.), Présentation de plantes 156
Chermezon (H.)» Aperçu sur la végétation du lit-
toral asturien, 159
Gerbault (Ed.-L ), Observations sur l'état de la
végétation pendant l'hiver 1919-1920 216
Chemin (E.), Anomalies florales dans le genre
Daphne 218
Mercier (L.), Contribution à l'étude de la faune
du département du Calvados (Turbellariésj . 244
Letacq (Abbé), Liste des Champignons recueillis
aux environs d'Alençon durant les mois de
Mars, Avril et Mai 1920 237
Letacq (Abbé) et Gerbault (Ed.-L.), Sur plusieurs
Névroptères Planipennes de la Haute-Sarthe. 250
Letacq (Abbé), Superposition de deux Psalliotes
[Psalliota campestris L.) 253
\ iguier (René) et Humbert (Henri , Le Rheedia
Laka 255
Mercier (L.), Faune du Calvados. — Diptères
(Formes nouvelles, rares ou intéressantes) . . ^04
— 364 —
Pages
Chemin (E.) et Hédiard (L.), La Cuscute du Lin,
Cuscata Epilinum Weihe, dans le Calvados. . 270
Chemin (E.), Les Algues de profondeur 282
Allorge (A. -Pierre), Contribution à letude de la
flore normande 288
Dalibert (M.). Lépidoptères du Calvados. Loca-
lités nouvelles 299
Letacq (Abbé), Observations mycologiques faites
durant l'au toirme 1920 aux environs d'Alençon 307
Gerbault (Ed.-L.), Sur le Sedum acre de la Hague 312
Bugnon (P.), Contributions à la connaissance de
la flore de NoTmandie. Observations faites
en 1920.. 315
Viguier (René) et Humbert (Henri), Plantes ré-
coltées à Madagascar en 1912 325
Liste des Communications par noms d'auteurs . . 357
le
bon a tirer
de ce bulletin
a été donné
LE 26 IV
1921
Caen. — Imprimerie E. LAN1ER, 31, Boulevard Bertrand.
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DE LA
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FONDÉE EN 1823
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E. LANIER, Imprimeur
31, Boulevard Bertrand, 31
1919
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Les Auteurs peuvent faire faire un tirage à part de
leurs communications à leurs frais et aux conditions
suivantes.
L'Auteur devra en faire la demande expresse et par
écrit soit en tôle de son manuscrit, soit en tète du pre-
mier placard, soit par une lettre spéciale qu'il adressera
en même temps que le premier placard.
Tout tirage à part devra porter la mention « Extrait
du Bulletin de la Société Linnéenne de Normandie »
suivie de l'indication du volume.
Les tirages à part seront payés directement à l'Impri-
meur conformément au tarif ci-après :
NOMBRE DE FELILLES
NOMBRE D'EXEMPLAIRES
25
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1 feuille de 16 pages .
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(SaUnage, brochage, pliage compris)
Composilion et impression dan faux litre, 6 fr. 50.
Changement de folios, i franc par feuille de 16 pages.
Nouvelle mise en pages pour une feuille de 1(3 pages,
8 fr. 25 ; pour une fraction quelconque de feuille, 5 fr.
Nouvelle correction : 2.^5 l'heure.
Pour toute communication dont l'importance sera de
plusieurs feuilles, l'imprimeur de la Société s'engage à
faire une diminution suc le tarif ci-dessus. Celle dimi-
nution sera proportionnée au nombre de feuilles de la
communication.
Les auteurs sont priés de s'entendre directement avec
l'imprimeur de la Sociélé.
INTERCALATION DE PLANCHES
Chaque planche collée ou avec
onglet replié . .
— avec onglet ajouté
Chaque pli en sus
50 EXEMPL.
1 50
2 50
4 50
100 EXEMPL.
2 50
4 50
2 50
Le papier employé pour les tirages à part sera le
même que celui du Bulletin.
Pour les tirages de luxe et les changements de papier
ou de format, les prix en seront donnés à l'avance sur
la demande de l'Auteur.
Sommaire des derniers volumes de Mémoires :
T. XIX. — G DOLLFIS. Observations géologiques faites aux
environs de Louviers, Vernon et Paey-sur-Eure (47 p., 12 fig.,
1 pi.). — E.-.l. LEGER, Recherches sur l'origine et les trans-
formations des éléments libériens, 1er Mémoire (132 p., 7 pi.). —
Acli. TALXLEGE.1RD, Recherches sur les Tétrarhynques
(191 p., 9 pi.).
T. XX. — F. G1DOI, Essai sur l'organisation générale et le dé-
veloppement de l'appareil conducteur dans la tiae et dans la
feuille des Nyctaginees (120p., 6 pi.). —A. TISON, Recher-
ches sur la chute des feuilles chez les Dicotylédones (108 p., 5 pi.).
— O. EIGNIER, Végétaux fossiles de Normandie.— M. Etmle
anatomique du Cycadoidea myeromyela Moi-. (65 p., 1 pi.).
T. XXI; 1er fascicule (108 p., 4 pi.). — A. TISON, Sur le mode
d'accroissement de la tige en lace des faisceaux foliaires après la
chute des feuilles chez les Dicotylédones. — O. EIGNIER,
Le fruit du Wiliiàmsonia gigas Carr. et les Benettitales. —
A. TISON, Les traces foliaires des Conifères dans leurs rap-
ports avec l'épaississement de la tige. — A. BIGOT et
E. RRASIE, Contributions à l'étude de la faune jurassique
de Normandie : 3me mémoire : Description de la faune des sables
jurassiques supérieurs du Calvados (1er article).
Le ime fascicule du t. XXI paraîtra ultérieurement.
T. XXII (333 p., 23 pi.). — H. 1IATTE, Recherches sur l'ap-
pareil lihéro-ligneux des Cycadacées. — O. EIGNIER, Végé-
taux fossiles de Normandie — IV. Bois divers (lr° série).
T. XXIII (160 p., 10 pi. , nombr. fig. d ms le texte). — O. EIGNIER,
Végétaux fossiles de Normandie, V. Nouvelles recherches sur le
Propalmophyllum liasinum Lignierv — 1E COSS1IANN, à
propos de. Cerithium cotnucopise Sow. — A. §111111
NVOORNVARD, On some remains of Pachycormus and
Hypsoconnus from the Jurassic of Normandy. — II. MATTE,
sur le développement morphologique et anatomique des germi-
nations des Cycadacées. — E. RRASIE et G. PEAIE-
TIER, le. Zèbre du Muséum d'histoire naturelle de Rouen,
Et/ uns Burchelli Pococki. — Robert DOUILLE, Cépha-
lopodes Calloviens d'Argences. — A. TISON, sur le Saxe
Gothœa conspicua Lindley.
Prix de chacun de ces volumes 20 fr.
®f
La Société possède encore en magasin un certain nombre de volumes
de son Bulletin ; elle les met en vente aux prix suivants :
Tomi
' 1,
II,
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IV,
v.
VI,
VII,
VIII,
IX,
x,
7
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lie Série.
1-855-56 4 fr
1856-57 .... 4
1857-58 ; très rare).
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1859-60 (très rare). 10
1860-61 (rare) . . 6
1861-62 (rare) . . 7
1862-63 . . . (épuisé)
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1863-64
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2e Série.
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II,
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1867 .
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1868-69
8 fr
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Tome V, 1869-70 .... 6 fr.
». VI, 1870-72 .... 6
». VII, 1872-73 .... 8
» VIII, 1873-7 1 .... 7
» IX, 1874-75 (rare) . . 7
» X, 1875-76 . . . (épuisé)
3e Série.
Tome I, 1876-77 (rare) . . 6 fr.
III,
IV,
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II, 1877-78 (très rare). 10
1878-79
1879-80
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1885-86
(rare)
(épuisé)
. 10 fr.
. 6
. 7
. 11
. 6
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Les volumes des 4e et 5' Séries sont vendus chacun . 10 fr.
Pour toute demande d'achat, s'adresser à M. Rigot. secrétaire, rue
de Geôle, 28, à Caen (1).
(1) Afin de permettre à ses Membres de compléter leur collection, la Société
leur accordera une réduction de 1/5 sur les prix ci-dessus.
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BULLETIN
DE LA
SOCIÉTÉ LINNÉENNE
DE NORMANDIE
FONDEE EN 1823
fil reconnue d'utilité publique par décret du '2'2 avril 1863
7e série. — 2e volume
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E. LANIER, Imprimeur
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Avis relatif aux tirages à part
Les Auteurs peuvent faire faire un tirage à part de
leurs communications à leurs frais et aux conditions
suivantes.
L'Auteur devra en faire la demande expresse et par
écrit soit en tête de son manuscrit, soit en tête du pre-
mier placard, soit par une lettre spéciale qu'il adressera
en même temps que le premier placard.
Tout tirage à part devra porter la mention « Extrait
du Bulfetin de la Société Linnéenne de Normandie »
suivie de 1 indication du volume.
Les tirages à part seront payés directement à l'Impri-
meur conformément au tarif ci-après :
NOMBRE DE FEUILLES
NOMBRE D'EXEMPLAIRES
25
50
100
200
500
1 feuille «le 16 pages . .
24 »
30 »
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3/4 — 12 — . .
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Couverture imprimée . .
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27 »
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sans impression
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{Satinage, brochage, pliage compris)
Composition et impression d'an faux titre, io francs.
Changement de folios, 'i francs par feuille de 16 pages.
Nouvelle mise en pages pour une feuille de 16 pages,
i5 fr. ; pour une fraction quelconque de feuille, 9 Ir.
Nouvelle correction : 3.5o l'heure.
Pour toute communication dont l'importance sera de
plusieurs feuilles , l'imprimeur de la Société s'engage à
faire une diminution sur le tarif ci-dessus. Celte dimi-
nution sera proportionnée au nombre de feuilles de la
communication.
Les auteurs sont priés de s'entendre directement avec
l'imprimeur de la Société.
INTERCALATION DE PLANCHES
50 EXEMPL. 100 EXEMPL
8
»
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)>
5
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9
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3
»
5
»
Chaque planche collée ou avec
onglet replié . .
avec onglet ajouté
Chaque pli en sus.
Le papier employé pour les tirages à part sera le
même que celui du Bulletin .
Pour les tirages de luxe et les changements de papier
ou de format, les prix en seront donnés à l'avance sur
la demande de l'Auteur.
/
Sommaire des derniers -volumes de Mémoires :
T. XIX. — G.DOLLFl]§, Observations géologiques faites ,
environs de Louviers, Vernon et Pacy-sur-Eure (47 p., 12 t
1 pi.). — L.J, EECiER, Recherches sur l'origine et les tra
formations des éléments libériens, 1er Mémoire (132 p., 7 pi.).
Ach. VAULLEGEARD, Recherches sur les ïétrarhynq
(191 p., 9 pi.).
T. XX. — F. GIDOM, Essai sur l'organisation générale et le
veloppement de l'appareil conducteur dans la tige et dans
feuille des Nyctaginées (120 p., 6 pi.). — A. TISON, Recl
ches sur la cbute des feuilles chez les Dicotylédones (108 p., 5 pi
— O. E14-NIER. Végétaux fossiles de Normandie. — 111. Etu
anatomique du Cycadoïdea mycromyela Mor. (65 p.. 1 pi.), i
T. XXI; 1" fascicule (108 p.. 4 pi.). — A. TISON, Sur le nu
d'accroissement de la tige en lace des faisceaux foliaires aprèi
chute des feuilles chez les Dicotylédones. — O. MONTE
Le fruit du Williamsonia gif/as Carr. et les Iknettitales.
A. TISON, Les traces foliaires des Conifères dans leurs i
ports avec l'épaississement de la tige. — A. BIGOT
E. BRASIE, Contributions à l'étude de la faune jurassi
de Normandie ; 3me mémoire : Description de la faune des sa
jurassiques supérieurs du Calvados (1" article).
Le 2mo fascicule du t. XXI paraîtra ultérieurement.
T. XXII (333 p., 23 pi.). — II. I1ATTE, Recherches sur I
pareil libéro-ligneux des Cycadacées. — O. EICàNIER. V'
taux fossiles de Normandie — IV. Bois divers (1" série).
T. XXIII (160 p., 10 pk, nombr. fig. dans le texte). — O. EIGN1I
Végétaux fossiles de Normandie, V. Nouvelles recherches si
Propalmophyllum liasinum Lignier. — il. COSSU AN:
propos de Cerithium coinucopiae Sow. — A. SUE
WOODWARD, On some re mains of Pachy connus
Hypsocormus from the Jurassic or" Normandy. — 11. II ATI
sur le développement morphologique et anatomique des sre
nations des Cycadacées. — E. BRASIE et «i. E*ENÏ
TIER, le Zèbre du Muséum d'histoire naturelle de Ro
Etjuus Burchelli Pococki. — Robert DOUV1LLE, Ce
lopodes Calloviens d'Argences. — A. TISON, sur le
Gothœa conspicua Lindley.
Prix de chacun de ces volumes 20 fr.
AVIS
La Société possède encore en magasin un certain nombre de
de son Bulletin : elle les met en vente aux prix suivants :
lre Série.
Tome I, 1855-56 . . . .
Il, 1856-57 . - . . .
» III, 1857-58 (très rare).
»> IV, 1858-5!) (très rare}.
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4
7
7
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V, 1859-60 (très rare). -10
VI, 1860-61 (rare)
VII, 1861-02 (rare)
VIII, 1862-63 . .
IX, 1863-64 . .
X, 1864-65 . .
2e Série.
Tome
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H,
III,
IV,
1865-66
1867 .
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1872-73 . .
1873-74 . .
1874-75 (rare)
1875-76 . .
3e Série.
Tome I, 1876-77 (rare) .
II, 1877-78 (très rare
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»» IV, 1879-80 ...
V, 1880-81 (rare) .
VI, 1881-82 . . .
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»
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VII,
VIII,
IX,
x,
Les volumes des 4e et 5* Séries sont vendus chacun . 10 f
Pour toute demande d'achat, s'adresser à M. Bigot, sécrétai
de Geôle, 28, à Cacn (1).
(1) Afin de permettre à ses Membres de compléter leur collection, k
leur accordera une réduction de 1/5 sur les prix ci-dessus.
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BULLETIN
DE LA
SOCIÉTÉ LMNÉENNE
DE NORMANDIE
FONDEE EN 1823
Kt reconnue d'utilité publique par décret du '±'± «vrii 18G3
7e série.
3e volume
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31, Boulevard Bertrand, 31
1921 .
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Avis relatif aux tirages à part
Les Auteurs peuvent faire faire un tirage à part de
leurs communications à leurs frais et aux conditions
suivantes.
L'Auteur devra en faire la demande expresse et par
écrit soit en tête de son manuscrit, soit en tête du pre-
mier placard, soit par une lettre spéciale qu'il adressera
en même temps que le premier placard.
Tout tirage à part devra porter la mention « Extrait
du Bulletin de la Société Linnéenne de Normandie »
suivie de l'indication du volume.
Les tirages à part seront payés directement à l'Impri-
meur conformément au tarif ci-après :
NOMRRF DE FFUII I FS
NOMBRE D'EXEMPLAIRES
25
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100
200
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1 feuille de 16 pages . .
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Couverture imprimée . .
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— sans impression
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3 50
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{Satinage, brochage, pliage compris)
Composition et impression d'un faux titre, io francs.
Changement de folios, i francs par feuille de 10 pages.
Nouvelle mise en pages pour une feuille de 10 pages,
i5 fr. ; pour une fraction quelconque de feuille, 9 (r.
Nouvelle correction : 3.5o l'heure.
Pour toute communication dont l'importance sera de
plusieurs feuilles , l'imprimeur de la Société s'engage à
faire une diminution sur le tarif ci-dessus. Celte dimi-
nution sera proportionnée au nombre de feuilles de la
communication.
Les auteurs sont priés de s entendre directement avec
l'imprimeur de la Société.
INTERCALATION DE PLANCHES
50 EXEMPL. 100 EXEMPL
3
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9
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3
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Chaque planche collée ou arec
onglet replié . .
— avec onglet ajouté
Chaque pli en sus
Le papier employé pour les tirages à part sera le
même que celui du Bulletin.
Pour les tirages de luxe et les changements de papier
ou de format, les prix en seront donnés à l'avance sur
la demande de l'Auteur.
Sommaire des derniers volumes de Mémoires :
T. XXI; 1" fascicule (108 p., 4 pi.). — A. TISON, Sur le mode
d'accroissement de la tige en face des faisceaux foliaires après la
chute des feuilles chez les Dicotylédones. — O. EIGMIER,
Le fruit du Williamsonia gigas Carr. et les Benettitales. —
A. TISOW, Les traces foliaires des Conifères dans leurs rap-
ports avec l'épaississement de la tige. — A. BIGOT et
E. BRAS1L, Contributions à l'étude de la faune jurassique
de Normandie ; 3mo mémoire : Description de la faune des sables
jurassiques supérieurs du Calvados (1" article).
Le 2me fascicule du t. XXI paraîtra ultérieurement.
T. XXII (333 p., 23 pi.). — H. MATTE, Recherches sur l'ap-
pareil libéro-ligneux des Cveadacées. — O. EIGMIER, Végé-
taux fossiles de Normandie — IV. Bois divers (1" série).
T. XXIII (160 p., 10 pi., nombr. fig. dans le texte). — O. EIGMIER,
Végétaux fossiles de Normandie, V. Nouvelles recherches sur le
Propalmophyllum liasinum Lignier. — IM. COSS1IAMW, à
propos de Cerithium comucopise Sow. — A. SMITH
W'OODWARD, On some remains of Pachy connus and
Hypsocormus from the Jurassic of Normandy. — H. MATTE,
sur le développement morphologique et anatomique des eetmi-
nations des Cycadacées. — E. BRASIE et G. I»EMME-
T1ER, le Zèbre du Muséum d'histoire naturelle de Ptouen,
Equus Burchelli Pococki. — Robert DOIJVILLE, Cépha-
lopodes Calloviens d'Aigences. — A. TISOI, sur le Saxe
Gothaea conspicua Lindlev.
T. XXIV (179 p., 0 pi.). — 6. IK.MIK, Végétaux fossiles de
Normandie : VI, Flore jurassique de Ma mers (Sarthe) 48 p., 2 pi. —
A. TlSOJi, Remarques sur les gouttelettes collectrices des ovules
des Conifères (18 p., 2 pi.). — O. EIGMIER, Cycadeoidea Fabre-
Tonnerrei (sp. nov.) (8p., 1 pi.). E. BRASIE, Contributions
à la connaissance des Cétacés observés sur les côtes de France : I.
Grampus griseus (Cuv.) (26 p.). — A. BIGOT et E. SE DRY,
Structure et conditions de dépôt des Calcaires cambriens de Basse-
Normandie (19 p., 2 pi.)." — O. EIGMER, Lu nouveau sporange
séminiforme, Mittagia seminiformis, gen. et sp. nov. (20 p., 1 pi.). —
O. EIGMIER, Végétaux fossiles de Normandie : VII, Contribu-
tion à la Flore jurassique (41 p., 1 pi.).
Prix de chacun de ces volumes : 20 fr. (majoration de 40 "/• en plus)'
'*%
AVI»
La Société possède gneore en magasin un certain nombre de volumes
de son Bulletin : elle les met en vente aux prix suivants, avec majoration
de 40 7. en plus :
lre Série.
(très rare
Tome I, 1855-56
II, 1856-57
»> III, 1857-58
» IV, 1858-59 (très rare)
V, 1859-60 (très rare)
» VI, 1860-61 (rare) .
». VII, 1861-62 (rare)
» VIII, 1862-63 . .
» IX, 1863-64 . .
X, 1864-65 . .
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(épuisé)
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2e Série.
Tome
L
11,
III,
IV,
1865-66
1867 .
1868 .
1868-69
8fr
7
6
6
Tome V,
VI,
1869-70
1870-72
1872-73
1873-74
. 6 fr.
. 6
. 8
. 7
. 7
(épuisé)
». VII,
.» VIII,
»» IX, 1874-75 (rare)
» X, 1875-76 . .
3e Série.
Tome I, 1876-77 (rare)-. . 6 fr.
II, 1877-78 (très rare). 10
»> III, 1878-79 .... 7
1879-80 . . . (épuisé)
1880-81 (rare) . . 10 fr.
1881-82 .... 6
»
»
»
IV,
V,
VI,
VII,
VIII,
IX,
x,
1882-83
1883-84
1884-85
1885-86
7
11
6
7
Les volumes des 4e et 5* Séries sont vendus chacun . 10 fr.
Pour toute demande d'achat, s'adresser à M. Bigot, secrétaire, rue
de Geôle, 28, à Caen (1).
(1) Afin de permettre à ses Membres de compléter leur collection, la Société
leur accordera une réduction de 1/5 sur les prix ci-dessus.
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